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L’existence de Dieu peut être connue à la lumière de la raison naturelle


Saint Thomas d'Aquin.

Par Matthew McCusker — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : National Gallery/Wikimedia Commons

8 février 2024 (LifeSiteNews) — Dans les parties précédentes de cette série, nous avons vu que :

  1. L’existence de Dieu n’est pas connue de nous immédiatement et intuitivement, mais que
  2. L’existence de Dieu est quelque chose qui peut être démontré.

Il est maintenant temps de démontrer l’existence de Dieu par des arguments philosophiques.

Dans sa Somme théologique, saint Thomas d’Aquin résume les cinq manières de réaliser cette démonstration.

Chacune de ces « cinq voies » est une preuve irréfutable, qui commence par l’examen d’une vérité qui peut être connue avec certitude à partir de l’observation du monde qui nous entoure. Chacune des « cinq voies » cherche à démontrer l’existence de Dieu — « la cause » — à partir de l’étude de la création matérielle — qui est « l’effet ». Il s’agit donc d’arguments a posteriori du type de ceux dont nous avons parlé dans l’article précédent.

Les « cinq voies » ne sont pas les seules manières de démontrer l’existence de Dieu. Mais elles sont suffisantes pour montrer que Dieu existe certainement et que la raison de l’homme, sans l’aide de la lumière de la révélation divine, peut parvenir à la connaissance certaine de ce fait.

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Parfois, la simplicité et la puissance des cinq voies échappent aux lecteurs modernes en raison d’un manque de familiarité avec la terminologie utilisée.

Dans cet article, j’expliquerai la « première voie » dans un langage qui nous est familier.

L’argument du mouvement (ou du changement)

La première des cinq voies est l’argument du mouvement. Cette preuve a été exposée pour la première fois par le philosophe grec Aristote. Saint Thomas d’Aquin la considérait comme la « voie la plus manifeste », c’est-à-dire la plus évidente, et l’a examinée à plusieurs reprises dans différents ouvrages.

Le mot « mouvement » est une pierre d’achoppement pour de nombreuses personnes.

Les lecteurs modernes peuvent supposer que le mot « mouvement » désigne uniquement le déplacement d’un objet dans l’espace et le temps, c’est-à-dire le mouvement d’une comète dans le ciel, d’une voiture sur la route ou d’une feuille tombant d’un arbre. Cependant, le sens du mot tel qu’il est utilisé par saint Thomas est plus large que cela.

Le sens du mot « mouvement », tel qu’il est utilisé dans la « première voie », est mieux reflété par notre mot « changement » — le mouvement d’une chose d’un état à un autre — et c’est pourquoi j’utiliserai le mot « changement » de manière interchangeable avec le mot « mouvement » dans le reste de cet article.

Les choses dont nous faisons l’expérience sont sujettes au changement

Tout le monde peut observer que les choses qui nous entourent sont sujettes au changement. Comme l’affirme saint Thomas :

Il est certain et évident pour nos sens que certaines choses sont en mouvement. [1]

L’eau, laissée au soleil, s’évaporera ou, si elle est laissée à une température suffisamment froide, gèlera. Le bois, laissé dans un environnement humide, pourrira, ou le bois sec, s’il est exposé au feu, brûlera. Les fruits poussent, mûrissent et pourrissent, et de leurs graines naissent de nouveaux arbres. Les êtres vivants naissent, grandissent et meurent.

Aucun être humain ne peut nier l’existence du changement. C’est une réalité que nous reconnaissons tous.

Les choses changent de certaines manières, mais pas d’autres

Une autre réalité que nous reconnaissons tous est que lorsqu’une chose change, elle ne peut changer que d’un nombre limité de façons.

L’eau peut geler ou s’évaporer, mais elle ne devient pas de l’huile ou, en l’absence d’additif, ne devient pas violette ou toxique. De même, un morceau de bois peut brûler ou pourrir, mais il ne se transformera pas en fromage ou en crème glacée, ni ne commencera à parler.

Ainsi, nous voyons que tout ce qui existe a un certain nombre de façons potentielles d’être en mouvement (changer), mais que l’éventail de ces potentialités est limité par la nature de la chose.

Acte et puissance

La discussion ci-dessus nous permet de reconnaître qu’à tout moment, une chose peut être considérée : (i) telle qu’elle est maintenant et (ii) telle qu’elle pourrait devenir.

Lorsque nous parlons de l’état actuel d’une chose à un moment donné, nous parlons de son état « en acte ».

Et lorsque nous considérons la façon dont une chose peut potentiellement changer, nous considérons sa « puissance ».

Nous pouvons donc conclure que toutes les choses dont nous avons une connaissance sensorielle sont un composé d’acte et de puissance, de ce qu’elles sont maintenant et de ce qu’elles pourraient devenir.

Lorsque la potentialité d’une chose est actualisée, on dit qu’elle a été « réduite en acte ». L’utilisation du mot « réduite » indique que si les potentialités d’une chose sont nombreuses, elle n’est actualisée que comme l’une d’entre elles à ce moment précis.

Ainsi, lorsque l’on fait bouillir de l’eau ou que l’on brûle du bois, un changement potentiel particulier a eu lieu, à l’exclusion des autres. Si l’eau bout, elle ne peut pas aussi geler ; si le bois est réduit en cendres, il ne peut pas aussi être en train de pourrir.

Un agent est nécessaire pour réduire la puissance à l’acte

Maintenant que nous avons reconnu que toutes les choses dont nous avons une connaissance sensorielle sont un composé d’acte et de puissance, nous sommes prêts à remarquer quelque chose d’autre.

Nous remarquerons que chaque fois qu’une chose change, c’est en raison d’une autre chose qu’elle-même. Par exemple, l’eau ne bout que parce qu’un agent, tel qu’un feu ou une cuisinière au gaz, lui a communiqué de la chaleur. De même, si l’eau gèle, c’est parce que quelque chose a changé dans les conditions environnementales et a réduit la température. L’eau ne bout pas en l’absence de chaleur, pas plus qu’elle ne gèle en présence d’une chaleur suffisante. Par conséquent, nous pouvons dire, avec saint Thomas :

Rien ne peut être amené à l’acte autrement que par un être en acte, comme un corps chaud en acte, tel le feu, rend chaud en acte le bois qui était auparavant chaud en puissance, et par là il le meut et l’altère.

En outre, une chose qui est potentiellement dans un état est actuellement dans un état différent. Elle ne peut pas être à la fois potentiellement et actuellement la même chose au même moment. Par exemple, l’eau qui est à 10 °C ne peut pas être à 100 °C au même moment. Le bois ne peut pas être à la fois « en feu » et « pas en feu ». Comme le dit saint Thomas :

Or il n’est pas possible que le même être, envisagé sous le même rapport, soit à la fois en acte et en puissance ; il ne le peut que sous des rapports divers ; par exemple, ce qui est chaud en acte ne peut pas être en même temps chaud en puissance ; mais il est, en même temps, froid en puissance.

Saint Thomas conclut :

Il est donc impossible que sous le même rapport et de la même manière quelque chose soit à la fois mouvant et mû, c’est-à-dire qu’il se meuve lui-même. Il faut donc que tout ce qui se meut soit mû par un autre.

Il est impossible que l’eau se mette à bouillir par elle-même parce que l’eau qui ne bout pas n’a pas l’énergie thermique suffisante pour bouillir. Si elle disposait de cette énergie, elle serait déjà en train de bouillir. Une source de chaleur est nécessaire pour mettre les molécules d’eau en mouvement, de sorte que l’eau commence à bouillir. Et cette source de chaleur doit être capable de fournir suffisamment de chaleur pour élever la température jusqu’au point d’ébullition. En d’autres termes, une cause doit être proportionnelle à son effet.

Une objection courante à l’affirmation selon laquelle « tout ce qui se meut doit être mû par un autre » est que les êtres vivants se déplacent eux-mêmes.

Cependant, en y regardant de plus près, nous verrons que cette objection est facilement surmontable.

Prenons l’exemple d’un chat qui poursuit une souris. Les pattes du chat ne courent pas d’elles-mêmes. Leur potentiel de course est actualisé par le système nerveux du chat. Cette réponse potentielle spécifique du système nerveux a été actualisée par le cerveau. Le potentiel du cerveau a été actualisé par la vue ou l’odorat du chat, qui ont détecté la présence de la souris, et ainsi de suite.

Faites l’expérience vous-même : pouvez-vous penser à quelque chose qui existe, dans lequel le changement trouve son origine dans la chose spécifique qui change, sans que le changement soit le résultat d’un autre agent ?

Si vous y réfléchissez, je pense que vous parviendrez à la même conclusion que saint Thomas

Il faut donc que tout ce qui se meut soit mû par un autre.

En quoi cela prouve-t-il l’existence de Dieu ?

Jusqu’à présent, nous avons vu que :

  1. Les choses dont nous avons la conscience sensorielle sont sujettes au changement (mouvement)
  2. Ces choses changeantes sont toutes composées d’acte et de puissance.
  3. Une chose est réduite de la puissance à l’acte par quelque chose d’autre qu’elle-même.

Saint Thomas poursuit sa démonstration comme suit :

Donc, si la chose qui meut est mue elle-même, il faut qu’elle aussi soit mue par une autre, et celle-ci par une autre encore.

Saint Thomas note ici qu’il y a une série de moteurs ; un mouvement donné peut être la conséquence d’une série de mouvements antérieurs. C’est-à-dire qu’un agent réduit quelque chose à agir, ce qui réduit quelque chose d’autre à agir, et ainsi de suite. Saint Thomas lui-même donne l’exemple d’une main qui déplace un bâton.

Le bâton bouge parce que la main bouge ; la main bouge parce que les muscles du bras bougent ; les muscles du bras bougent parce que le système nerveux bouge ; le système nerveux bouge parce que les zones appropriées du cerveau s’activent ; le cerveau s’active parce que la volonté dirige l’action qui nécessite ce mouvement, et ainsi de suite.

Dans une telle série, chaque agent ne peut réduire l’agent suivant à agir que parce qu’il est lui-même réduit à agir par l’agent précédent.

Le mouvement final — le mouvement du bâton — dépend de chacun des mouvements précédents. Si, par exemple, les muscles du bras n’étaient pas en mouvement, le bâton ne bougerait pas non plus.

Cette sorte de série — dont chaque membre dépend ici et maintenant de chaque moteur antérieur — ne peut être infinie, comme le dit saint Thomas :

Or, on ne peut ainsi continuer à l’infini, car dans ce cas il n’y aurait pas de moteur premier, et il s’ensuivrait qu’il n’y aurait pas non plus d’autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mûs par le moteur premier, comme le bâton ne meut que s’il est mû par la main. [2]

Cela pose un problème, car nous avons vu que tout ce dont nous avons l’expérience est réduit à l’acte par un autre agent.

Cependant, si tout est réduit de la puissance à l’action par quelque chose d’autre que lui-même, alors rien ne peut agir sur quoi que ce soit d’autre à moins qu’il n’ait d’abord été mû par un autre.

Mais si tout doit être mû par un autre avant de pouvoir agir lui-même, comment un agent peut-il être le premier moteur dans cette séquence ou dans toute autre séquence similaire ?

Pourtant, il doit y avoir un premier moteur car, comme le dit saint Thomas, s’il n’y a pas de moteur premier, « il s’ensuivrait qu’il n’y aurait pas non plus d’autres moteurs, car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mus par le moteur premier ».

Comme l’a écrit le théologien dominicain Sertillanges :

On peut inventer une infinité de causes intermédiaires, mais on ne fait que compliquer la série, sans établir une cause unique. Vous allongez le canal, mais il n’a pas de source. S’il n’a pas de source, alors les causes intermédiaires sont inefficaces, et aucun résultat ne pourrait être produit, ou plutôt il n’y aura ni causes intermédiaires ni résultat, ce qui signifie que tout a disparu. [3]

Son confrère, le théologien dominicain Garrigou-Lagrange commente :

Vouloir se passer de la nécessité d’une source revient à dire qu’une montre peut fonctionner sans ressort, pourvu qu’elle ait un nombre infini de roues, « qu’un pinceau peut peindre tout seul pourvu qu’il ait un très long manche ». [4]

La nécessité d’un premier moteur nous amène à conclure qu’il est absolument impossible qu’existe un univers composé uniquement d’êtres qui sont un composé d’acte et de puissance.

Car dans un tel univers, aucune série d’agents mobiles n’aurait jamais pu être réduite à l’acte.

L’Acte Pur

Pour rendre compte de l’univers que nous observons avec nos sens, nous devons postuler l’existence d’un être qui n’a pas la limitation inhérente aux composés d’acte et de puissance.

En fait, nous devons poser quelque chose de très spécifique. Il faut impliquer un être qui :

  1. réduit les autres êtres à agir
  2. n’a pas besoin d’être lui-même réduit à l’action.

Autrement dit, nous devons postuler un être qui, en lui-même, est acte sans puissance, un être qui, par sa nature même, est pleinement actualisé, sans aucune puissance à réduire.

Seul un tel être, que les philosophes appellent « Acte Pur », résout le problème exposé ci-dessus.

Un tel être doit exister pour que l’univers que nous observons existe. Une telle cause doit exister pour que les effets que nous observons existent.

Comme le conclut saint Thomas d’Aquin :

Donc il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit lui-même mû par aucun autre, et un tel être, tout le monde comprend que c’est Dieu.

L’être qui est le Moteur Premier est la cause de tous les mouvements, de tous les changements que nous observons dans l’univers. L’être qui est Acte Pur n’a pas de puissance parce qu’il est nécessairement pleinement actualisé. Il doit donc être éternel et immuable. C’est l’être « chez qui il n’y a pas de variation, ni d’ombre, ni de changement ». (Jacques 1,17)

C’est vraiment l’être qui est signifié par le mot « Dieu ».


Références

[1] Toutes les citations sont tirées du récit de saint Thomas sur la première voie, tel qu’il se trouve dans ST. I. q2. a3.

[2] Saint Thomas fait référence, comme indiqué, aux séries dans lesquelles chaque mobile est essentiellement dépendant du mouvement des mobiles précédents à un moment donné, ce que l’on appelle une série per se. Il ne fait pas référence à ce que l’on appelle une série per accidens, dans laquelle les mobiles de la série ne dépendent pas simultanément du mobile précédent. Cette distinction est étudiée plus en détail dans notre traitement de la « deuxième voie », https://www.lifesitenews.com/opinion/without-god-nothing-else-could-exist/

[3] Antonin Sertillanges O.P. cité par Reginald Garrigou-Lagrange O.P.,

Dieu : Son existence et sa nature, (traduit par Dom Bede Rose), (New York, 1936), p. 264.

[4] Garrigou-Lagrange, Dieu, p. 264. L’exemple du pinceau est de Sertillanges.

Les articles de la série :

  1. Série sur la philosophie catholique — les étapes
  2. Dieu existe. Mais son existence est-elle évidente en elle-même ?
  3. Est-il possible de prouver l’existence de Dieu ?
  4. L'existence de Dieu peut être connue à la lumière de la raison naturelle
  5. Sans Dieu, rien d’autre ne peut exister
  6. Les êtres créés ne peuvent pas être à l’origine de la création — seul Dieu peut l’être

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