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La catastrophe du «contrôle de la population»

Par Jeanne Smits (Le blogue de Jeanne Smits) — Photo : Maurício Mascaro/Pexels

J’ai été indignée, mais non stupéfaite, de trouver sur Boulevard Voltaire du 25 janvier un entretien de Nicolas Gauthier avec Alain de Benoist où celui-ci se fait le chantre de la dépopulation. Non pas stupéfaite, parce que ce discours malthusien et fondamentalement raciste sied bien à la « Nouvelle Droite » dont Alain de Benoist est aujourd’hui l’un des maîtres à penser (comme le temps passe !). Indignée, parce que contrairement au mot que l’on prête à Voltaire, je ne crois pas en la liberté de tout dire (qui aboutit toujours à faire taire ceux qui ne disent pas n’importe quoi). Mais puisque la liberté d’expression existe, et que vous êtes ici sur un blog pro-vie, allons-y pour une petite mise en lumière de ce que dit et sous-entend le propos d’Alain de Benoist.

« Passé un certain seuil, toute augmentation en nombre entraîne un “saut qualitatif” qui se traduit par un changement de nature. Comme chacun le sait, la population mondiale augmente régulièrement, mais, surtout, elle augmente de plus en plus vite. Vers 1700, on comptait moins de 700 millions d’habitants sur Terre. En 1900, on en était à 1,6 milliard. Aujourd’hui, avec plus de 250 000 naissances par jour, on a dépassé les 7,7 milliards », affirme-t-il.

Admettons qu’il puisse exister un saut qualitatif lié au nombre : il reste tout de même à déterminer le seuil où celui-ci se constate. Alain de Benoist ne s’y risque pas. Il ne nous dit même pas ce qui aurait changé, ou va changer, de nature. L’homme lui-même ? Sa manière de vivre ? Sa valeur intrinsèque ? Sa morale ? Son éthique ? Sa place relative dans l’univers du vivant ?

Et relevons une erreur, et un non-dit. L’erreur est d’affirmer que la population mondiale augmente « de plus en plus vite ». En 1927, elle était de 2 milliards. Depuis, même si les chiffres augmentent, avec aujourd’hui l’ajout d’un milliard à peu près tous les quinze ans, la croissance n’est pas exponentielle. Elle est passée de 2,1 % par an en 1968 à 1,1 % aujourd’hui : autrement dit, elle a été divisée par deux.

La proportion de l’augmentation ne cesse de se réduire… tout comme le taux de fécondité mondial. Celui-ci était de 5 enfants par femme en 1965 ; en 2010 il n’était plus que de 2,5 enfants par femme, et il ne cesse de tomber : 2 432 enfants par femme en 2017. C’est à peine plus que le taux de remplacement des générations : 2,1 enfants par femme. Encore cela ne vaut-il que pour les pays développés. Dans les pays non développés, où la mortalité maternelle et infantile et celle des jeunes sont importantes, le taux effectif de remplacement des générations peut atteindre les 3,5 enfants par femme.

Aujourd’hui, 80 % de la population mondiale vit dans des pays où l’on compte moins de 3 enfants par femme, et une personne sur deux vit dans un pays où le renouvellement des générations n’est pas assuré.

Quant au non-dit, il tient au fait qu’une part non négligeable de la croissance globale est imputable au vieillissement de la population, lui-même lié à l’amélioration de l’espérance de vie (qui soit dit en passant met en évidence que globalement, on vit aujourd’hui dans de meilleures conditions de santé et d’environnement que lorsque l’humanité était moins, beaucoup moins nombreuse). Nous sommes aussi nombreux non parce que la procréation croît de façon exponentielle, mais parce que nous ne mourons plus comme des mouches. En 2018, pour la première fois de l’histoire, le nombre de personnes âgées de plus de 64 ans a dépassé celui des enfants âgés de moins de 5 ans au niveau global. Globalement, le nombre des jeunes devrait rester stable ou décroître d’ici à 2100, tandis que celui des 25-64 ans augmentera modérément, et que celui des 65 ans et plus progressera nettement plus vite. Le problème principal sera d’ailleurs la diminution de la part de la population active par rapport à cette masse de « retraités ».

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Alain de Benoist poursuit : « Pour la fin du siècle, les estimations moyennes tournent autour de douze milliards, les estimations hautes autour de seize milliards. »

Non. Selon les dernières projections moyennes de l’ONU, la croissance va ralentir de manière importante au cours du XXIe siècle : il faudra attendre 2030 pour atteindre les 8,5 milliards, 2050 pour atteindre 9,7 milliards et 2100 pour atteindre 10,9 milliards. Ces projections médianes supposent une décroissance de la fertilité là où elle est aujourd’hui la plus haute, une remontée là où elle est basse (et même désastreuse) et une réduction systématique de la mortalité pour toutes les classes d’âge. L’estimation globale basse pour 2100 est de 9,4 milliards d’hommes, l’estimation haute de 12,7 milliards, avec 95 % de chances pour que le chiffre réel se situe à l’intérieur de cette fourchette. Et il y a 27 % de chances (ce sont plutôt des risques) pour que, avant la fin de ce siècle et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la population mondiale commence à décroître. Certains parlent d’un milliard perdu tous les vingt ans.

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Alain de Benoist poursuit : « Bien entendu, on peut discuter à perte de vue sur le nombre de bipèdes qui peuvent vivre sur cette planète. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a une limite : pas plus qu’il ne peut y avoir de croissance matérielle infinie dans un espace fini, la population ne peut s’accroître indéfiniment sur une étendue limitée. Malheureusement, nous sommes à une époque qui ne supporte pas les limites. Malthus (Essai sur le principe de population, 1803) ne se préoccupait que de l’épuisement des ressources. Aujourd’hui, c’est le nombre qui, à lui seul, pose problème : la quantité est plus que jamais le contraire de la qualité. Avec trois ou quatre milliards de bipèdes en moins, le monde se porterait beaucoup mieux ! »

La question des limites est en effet brandie depuis Malthus, qui envisageait carrément d’augmenter la mortalité chez les pauvres en les entassant dans des villes aux rues étroites et aux maisons insalubres, de leur recommander des pratiques antihygiéniques, et de construire les nouveaux villages dans des zones humides et malsaines (Livre IV, chapitre V du Principe de population). Il proposait aussi de « réprouver des remèdes spécifiques aux maladies ravageuses ». Lui aussi pensait qu’il y avait trop de « bipèdes », pour reprendre le terme d’Alain de Benoist, et qu’il n’y aurait jamais assez pour nourrir tout ce monde. Certes il favorisait la réduction volontaire de la taille des familles pour améliorer leur qualité de vie, et brandissait ses menaces mortelles comme le prix à payer faute d’action face à une procréation qu’il présentait comme débridée. Il n’empêche : il était clairement dans une logique eugéniste.

C’est celle brandie par Alain de Benoist pour qui une personne sur deux est déjà de trop sur cette terre, et nuit à la « qualité » de l’ensemble. On veut des noms !

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En revanche, on peut dire qu’il reprend les poncifs les plus « mainstream » de la Deep Ecology, substrat idéologique de l’écologie actuelle, quand il nous annonce des catastrophes en série :

« Il n’y a déjà plus de réserves de productivité en matière agricole, l’extension des terres agricoles est en train d’atteindre ses limites et les ressources halieutiques des océans s’épuisent également. Plus de 90 % de toute la biomasse produite annuellement dans le monde sont d’ores et déjà exploités. »

Il n’apporte pas de sources. D’autres vous diraient que mise en valeur et correctement exploitée, la seule Afrique pourrait nourrir le monde entier. Saviez-vous que les Pays-Bas, 5 fois plus densément peuplés que la France et grands comme la Bretagne, sont le 2e exportateur agricole et agroalimentaire du monde derrière les Etats-Unis ? Qu’ils produisent 9 % du lait de l’Union européenne ? Qu’ils sont les premiers producteurs mondiaux de tomates et de poivrons ?

Saviez-vous, aussi, que la quantité de nourriture disponible par tête est aujourd’hui plus importante que lorsque nous étions quatre milliards ? Il se produit aujourd’hui de quoi bien nourrir quotidiennement 10 milliards d’êtres humains. Ceux qui souffrent de la faim font les frais des guerres, de choix politiques, d’absence de mise en valeur des ressources d’eau ou de terre… Et dans de nombreux pays, on paie même les agriculteurs pour qu’ils laissent leur terre en friche.

*

Alain de Benoist dit encore que « la plupart des écologistes autoproclamés se comportent comme si la démographie et l’environnement étaient des sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés ».

Là, les bras m’en tombent. Cela fait des années que je suis les proclamations et les travaux des défenseurs de « la Planète » et de ceux qui, au nom de l’écologie, déplorent la « surpopulation ». Si le sujet est dans une certaine mesure tabou, c’est que les mesures pour contrer efficacement cette « surpopulation » (ou plus exactement, pour réduire la population) seraient de nature totalitaire et qu’on hésite à les exposer. Mais les organismes de pouvoir supranational favorisent systématiquement tout ce qui contribue à la chute de la natalité : cela va du fait d’avoir fermé les yeux devant les politiques de contrôle de la population coercitives pratiquées en Chine ou en Inde, à la propagation des « contraceptifs modernes » et de la stérilisation volontaire dans le monde entier, avec un accent particulier mis sur l’Afrique. C’est le fait du Fonds des Nations unies pour la population, FNUAP, des institutions européennes, des institutions dites caritatives de dimension quasi étatique comme la Bill & Melinda Gates

Foundation et bien d’autres du même acabit, sans compter d’innombrables associations nationales et internationales au service de cette même politique.

A cela s’ajoute la propagande mondiale pour l’avortement « sûr et légal », et l’action d’organismes « caritatifs » comme Marie Stopes International qui tue des petits d’hommes dans les pays pauvres sous couleur de bienfaisance.

Dès 1968, Paul Ehrlich publiait The Population Bomb, qui annonçait de terribles famines dans le monde entier et la disparition du cinquième de l’humanité à l’horizon 1980 du fait de la multiplication des « bipèdes », pour reprendre encore une fois le mot choisi par Alain de Benoist. Ses prédictions de malheur se révélèrent toutes fausses, mais il reste une voix très écoutée dans le petit monde très puissant de la « lutte contre le réchauffement climatique ».

Contemporain d’Ehrlich, le Club de Rome créé en 1968 publiait en 1972 son rapport Les limites à la croissance, vendu à 12 millions d’exemplaires, annonçant la fin du pétrole et du gaz pour 1970 et d’autres catastrophes étalées à travers les décennies à venir. Soutenu notamment par la fondation Rockefeller, le Club de Rome désignait notamment la croissance de la population comme responsable de tous ces malheurs putatifs et prônait le contrôle de la population par la diffusion massive des contraceptifs.

Rappelons au passage que celle-ci fut pleinement réussie dans les pays développés dont bon nombre sont aujourd’hui en terrible déficit démographique.

Club de Rome, Rockefeller, ONU… Alain de Benoist est en bonne, sinon sympathique compagnie et on l’imagine applaudissant à pleines mains toutes leurs initiatives (et elles sont nombreuses) visant à persuader les petites Africaines et Sud-Américaines qu’il ne faut pas faire d’enfants et plutôt accepter des implants contraceptifs financés par les fondations des grandes multinationales.

Bien sûr, Alain de Benoist peut arguer de sa fondamentale bienveillance en expliquant qu’il déplore qu’une part croissante de l’humanité se retrouve dans les mégapoles d’« un monde proprement invivable qui se dessine ». Cela relève cependant d’abord non du trop-plein d’hommes, mais de choix politiques qui dictent les choix individuels de ceux qui pensent qu’ils vivront de toute façon matériellement mieux dans les villes qu’à supporter l’inconfort et la pauvreté des arrière-pays, surtout dans les pays qui ne se développent pas. En même temps, la pauvreté globale diminue à mesure que la population augmente : paradoxal, non ?

Suit de la part d’Alain de Benoist une description de richesse démographique africaine, qui représentait selon lui 17 % de la population mondiale et atteindra, en 2100, le tiers de la population mondiale avec 4,2 milliards d’habitants.

Mais une part non négligeable de cette croissance est imputable non seulement à l’augmentation des naissances, mais à l’allongement de la durée de vie liée, comme nous l’avons souligné plus haut, à l’amélioration des conditions de vie. Les Africains seraient-ils par nature incapables de faire fructifier leurs terres si immensément riches ? Seraient-ils par nature « de trop » ?

*

Certes, par sa part de la population mondiale l’Afrique écrasera démographiquement l’Europe comme le souligne Alain de Benoist, mais c’est parce que la plupart des pays européens sont déjà en voie de suicide démographique.

« Que l’Europe soit moins peuplée n’est pas un drame, loin de là ; ce qui est un drame, c’est qu’elle vieillit inexorablement », écrit-il.

Mais il est impossible d’avoir l’un sans l’autre. Le vieillissement est la conséquence inéluctable de la politique et de la mentalité des berceaux vides.

*

Pour finir, Alain de Benoist s’en prend au « Croissez et multipliez-vous », le commandement donné par Dieu à toute l’humanité dès l’origine, si central dans son plan divin qu’Il ne priva jamais l’homme, même après le péché originel, de la bénédiction qui couronne le mariage et s’exprime dans le don de la progéniture.

Les temps ont changé, dit de Benoist en substance ; il faut rejeter le « dogme » et retenir seulement que c’était un principe valable pour son époque.

Et il précise : « C’est la raison pour laquelle, dans nombre de milieux, la surpopulation est un sujet tabou : au nom de l’“accueil de la vie” et de la critique du “malthusianisme”, on préfère se mettre un bandeau sur les yeux. Or, le laisser-faire nataliste est aujourd’hui irresponsable, et le “respect de la vie” ne saurait s’étendre à ceux qui ne sont pas encore conçus. Quelle est, alors, la solution ? »

La réponse est déjà dans la question : il ne faudrait plus proclamer l’accueil de la vie, il faut lire Malthus et ses diatribes contre la fécondité des plus pauvres, il ne faut plus laisser le choix de donner, ou non, la vie aux couples à travers le « laisser-faire nataliste ». Il faut donc encadrer la procréation. Qui ? Comment ? L’Etat ? L’ONU ? Avec quelles sanctions ? Avec quelle propagande sinon celle qui sévit déjà dans de nombreux pays pauvres, où l’on explique aux braves gens que les enfants sont un poids, pas une richesse ? Dans quels contours ? Faut-il également contrôler les naissances des Blancs, des Asiatiques et des Noirs, des lecteurs d’Eléments et des habitants des banlieues ethniques ? Se contentera-t-on de supprimer les allocations familiales à partir du troisième enfant comme au Royaume-Uni, ou de mettre les pères de famille à l’amende et de les priver de leur emploi de fonctionnaire comme en Inde ?

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La réponse d’Alain de Benoist mérite une mention spéciale : « Avec des mesures coercitives, la Chine est parvenue à freiner sa natalité, mais les “incitations” à ralentir la croissance démographique sont généralement des vœux pieux, surtout dans les pays où les enfants sont l’équivalent d’une assurance-vieillesse. »

Nous avons bien lu, et attentivement : il faut des « mesures coercitives », comme en Chine, parce qu’elles seules sont efficaces. A savoir un contrôle permanent de la part des pouvoirs publics de la fécondité féminine, des stérilisations forcées, des avortements forcés jusqu’au terme, une armée de fonctionnaires pour vérifier le respect de ce qui fut la politique de l’enfant unique, des sanctions lourdes et des amendes colossales pour les contrevenants. Le contrôle de la population en Chine s’est faite au moyen d’une tyrannie sans nom dont les conséquences sociales sont terribles : génocide des petites filles par avortement ou infanticide, dramatique déséquilibre de la population, pénurie de femmes en âge de se marier, vieillards et surtout veuves dans la misère, diminution de la population active… Il fallait bien un gouvernement communiste pour mettre en place un programme aussi inhumain.

La situation est à ce point dramatique que le gouvernement chinois prône maintenant une politique des deux enfants (avec la possibilité de contrôles tout aussi draconiens, et des témoignages confirmant la poursuite des avortements forcés), alors que certains experts estiment que sa population active se rétracte déjà depuis 2018. Du fait de la politique de l’enfant unique et du manque consécutif actuel de femmes en âge de procréer, il n’y a pas assez de mères potentielles. Vu le peu de fiabilité des statistiques officielles du PC chinois, certains remettent aussi en cause le taux de natalité actuel de la Chine, évaluée officiellement à 1,6 enfant par femme. Selon Yi Fuxian, professeur à l’université de Wisconsin-Madison, il se situerait plutôt à une moyenne de 1,18 enfant par femme entre 2010 et 2018.

Ce qui est certain, c’est que l’ajustement de la politique de la population en Chine ne donne pas les résultats escomptés, loin s’en faut. Après un petit mieux en 2016, année où la limite par famille fut portée à 2 enfants (espacés d’au moins quatre ans), les naissances se sont de nouveau rétractées en 2017 (17,2 millions de naissances contre 17,9 l’année précédente), alors même que le nombre de familles avec deux enfants progressait. En 2018, on tombait à 15,2 millions de naissances. Et les chiffres pour 2019 viennent de tomber : 14,6 millions de naissances en 2019.

Cet hiver démographique qui s’amorce en Chine annonce des problèmes qui semblent irréversibles : effondrement de la population active pendant que les personnes âgées se multiplient, décroissance économique, rétractation de la consommation nationale, répercussions sur l’économie mondiale…

Voilà donc le modèle prôné par Alain de Benoist ; un modèle que je n’hésiterai pas à qualifier de criminel puisque, au-delà de son échec catastrophique, il repose sur la mise à mort par avortement de 400 millions d’enfants conçus. Souvent des avortements forcés, et pour partie des avortements pratiqués sur des bébés viables. Aujourd’hui encore, la politique chinoise de la « naissance planifiée » interdit toute naissance hors mariage et toute grossesse qui n’aurait pas été précédée d’une autorisation : les contrevenantes sont avortées de force et stérilisées. La répression s’est même accrue, selon Steven Mosher du Population Research Institute ; les fonctionnaires du Parti communiste chargés de la population sont d’autant plus violents que le nombre de naissances illégales a mécaniquement diminué, car leurs revenus (alimentés par les « amendes ») ont commencé à fondre.

Indignation, oui, et colère, devant cette mouvance de la supposée « nouvelle » supposée « droite » qui, tout en multipliant les avances vers une certaine droite catholique, en vient à vanter le pire de la funeste planification communiste, et à souhaiter la disparition de « 3 à 4 milliards » d’hommes dans une pseudo-scientifique dénonciation des convictions pro-vie des catholiques et des hommes de bonne volonté.

C’est la haine de la vie qui se manifeste là, et plus encore la haine du Dieu vivant et des créatures humaines qui sont toutes appelées à partager son bonheur éternel.

Alain de Benoist achève son interview avec cette remarque à peine facétieuse : « L’émigration de masse vers d’autres planètes relève de la science-fiction. Que reste-t-il, alors ? Les épidémies, peut-être ! » Du moins ce païen revendiqué est-il brutal, honnête et en parfaite cohérence avec lui-même — et avec bon nombre de puissants de ce monde. Mais je vois mal quel terrain d’entente on peut trouver avec lui.

D’autres ont apporté la contradiction aux propos d’Alain de Benoist : Jean Pierre Maugendre, dans La Terre n’est pas surpeuplée mais mal gérée, sur renaissancecatholique.org ; Marion Duvauchel a proposé une intéressante réflexion sur La surpopulation, l’islam et les vieux, à lire sur Le Salon beige. Sans relation avec cette interview, mais permettant un éclairage possible, un récent livre du « traditionaliste » (au sens gnostique) belge Robert Steucker, Sur et autour de Carl Schmitt, avance la thèse selon laquelle l’aide au développement occidental a été un moyen par lequel les « thalassocraties » ont alimenté la surpopulation, surtout dans le Tiers-Monde, au service d’une politique « pyromane » qu’il faudrait contrer par l’« eurasianisme ». On se disait bien qu’il y avait de la géopolitique tapie derrière l’entretien d’Alain de Benoist !

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