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Le Christ est ressuscité — Il est vraiment ressuscité !

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le Dimanche de Pâques) ― Photo : Musée des Beaux-Arts de Tours/Wikimedia Commons

La résurrection du Christ est pour tous les hommes de bonne volonté, auxquels le salut a été promis, la source de la joie la plus pure et la plus profonde. L’Agneau de Dieu immolé pour les péchés du monde a triomphé de la mort et de celui qui a introduit la mort dans le monde. Que tous les cœurs droits s’associent aux anges pour chanter la victoire de l’Agneau et leur propre délivrance !

Par sa résurrection, le Fils de Dieu recouvre la gloire infinie dont il s’était dépouillé en s’incarnant, et en triomphant de la mort, il donne la preuve la plus éclatante de sa divinité. La résurrection du Christ est le sceau divin apposé sur toute son Œuvre rédemptrice. Si Jésus n’était pas ressuscité, les Écritures annonçant autant la glorification finale du Sauveur que ses indicibles humiliations et souffrances n’auraient pas été accomplies : l’humanité devrait donc attendre sa rédemption d’un autre Sauveur. Toute notre foi, perdant son plus solide appui, serait vaine, comme dit saint Paul (I Cor. 15, 17). Les sacrements ne seraient que de purs symboles : on serait encore, au temps des figures. La religion vers laquelle le monde entier devrait se tourner dans l’espérance du salut serait la religion juive. Les hommes seraient encore emprisonnés dans les ténèbres de leurs péchés et esclaves de Satan, « le prince des ténèbres ». Beaucoup ne pourraient jamais être convaincus que, par-delà la mort, Dieu les appelle, dans son immense miséricorde, à participer durant toute l’éternité, à sa vie de bonheur et de gloire. Car la résurrection glorieuse du Christ est le principe et le gage de notre propre résurrection. « La mort est entrée dans le monde par un homme, écrit saint Paul, par un homme aussi commence la résurrection des morts ; et de même que tous sont morts en Adam, ainsi tous recouvrent la vie dans le Christ. » (I Cor. 15, 21-22).

L’agneau pascal des juifs, figure de la véritable Pâque, cède aujourd’hui la place à la réalité. De même qu’en Égypte, les juifs ont été épargnés par l’ange exterminateur à la vue du sang de l’agneau dont ils avaient marqué les portes de leurs maisons, ainsi maintenant tous ceux qui sont marqués du sang de Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu immolé et toujours vivant, ont la vie sauve, sont délivrés de la servitude du Pharaon, c’est-à-dire du démon, et peuvent marcher librement vers la terre promise, c’est-à-dire le ciel. Les juifs mangeaient l’agneau pascal, en souvenir de leur délivrance d’Égypte. En souvenir du mystère de leur rédemption, les chrétiens sont également invités à manger l’Agneau pascal qui les a sauvés. Mais dans l’un et l’autre cas, le souvenir n’est pas le même, et l’agneau pascal n’est pas le même. Chez les juifs, le souvenir de leur délivrance d’Égypte ne produisait aucun fruit salutaire. Chez les chrétiens, le souvenir de leur délivrance spirituelle est non seulement un repas sacré commémoratif mais un véritable sacrifice, dans lequel toute l’œuvre de la rédemption est de nouveau présente avec ses mérites infinis, qui leur sont appliqués. L’Agneau pascal des chrétiens c’est le Christ, l’Agneau de Dieu immolé, vivant et vivifiant, nourrissant les âmes et rendant les corps capables de vie éternelle. Réjouissons-nous ! Alléluia ! Le Christ, notre Pâque est vraiment ressuscité. Qu’Il daigne remplir notre âme de sa joie pascale !

J.-R.B.

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Participer à la folie d’amour du divin Roi

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le Dimanche des Rameaux) ― Photo : Wikimedia Commons

La Semaine sainte s’ouvre par la proclamation publique de la royauté de Jésus venant accomplir à Jérusalem son œuvre rédemptrice. Le Roi immortel des siècles, à qui tout est soumis au ciel et sur la terre, ne portant d’autres insignes que ceux de la pauvreté et de l’humilité, fait son entrée dans la Ville sainte, où dans quelques jours, il remportera la plus éclatante des victoires. Les enfants des Hébreux célèbrent déjà cette victoire du Christ-Roi sur le prince de ce monde. Ils l’acclament, des palmes à la main, en chantant : « Hosanna au plus haut des cieux ! Hosanna, Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Mais Jésus, le Roi d’amour, reconnu et loué par les enfants et les petites gens du peuple juif, est méconnu et méprisé par les princes des prêtres, par les chefs de la nation, par les savants pharisiens et leurs disciples. En eux, il n’y a qu’une sombre jalousie et une haine mortelle à l’égard de celui qu’ils considèrent comme un séducteur du peuple, un hérétique et un blasphémateur. Au milieu des honneurs qui lui sont faits, Jésus demeure grave et triste. À la vue de la Ville qui sera unanime pour rejeter sa divine royauté et le condamner au plus affreux des supplices, il ne peut contenir ses larmes. On n’a jamais vu un roi pleurer en un jour de triomphe. Jésus, le Christ-Roi, pleure au jour de son entrée triomphale à Jérusalem, non sur lui-même, non sur sa Passion imminente, mais sur l’ingratitude et la méchanceté de ses persécuteurs. Il pleure sur les juifs perfides et sur tous ceux, non moins perfides, qui se ferment volontairement à la grâce du salut, qui leur est offerte. Il voit, à travers les siècles, toutes les nations de la terre qui se ligueront ensemble pour détruire le royaume qu’Il a fondé sur la terre pour être la seule société surnaturelle du salut, sa sainte Église. Il pleure sur l’apostasie générale des peuples chrétiens. Il voudrait tant leur épargner le malheur des malheurs : la perte définitive de la Présence parmi eux d’un Dieu qui n’est que Lumière et Amour, et leur chute pour l’éternité dans l’enfer de la haine et de la plus lugubre des noirceurs, qu’ils auront fabriqué eux-mêmes.

Le triomphe terrestre du Christ-Roi fut de courte durée, car Jésus n’était pas venu sur la terre pour être servi, mais pour servir. Il n’était pas venu pour être comblé d’honneurs, mais d’humiliations. Il n’était pas venu pour jouir, mais pour souffrir et donner sa vie pour nous. C’est pourquoi, dans sa folie d’amour pour nos âmes, il s’est si profondément abaissé au point de se dépouiller de sa souveraine majesté, de sa gloire immense, et de s’anéantir en se faisant obéissant jusqu’à la mort de la croix.

Durant cette Grande semaine, spécialement consacrée au souvenir et à la contemplation de la Passion, n’ayons en nous d’autres sentiments que ceux du Cœur très aimant de Jésus. Compatissons à toutes ses peines. Unissons-nous à lui dans chacune des étapes de sa douloureuse montée vers le Calvaire, de l’offrande et de la consommation de son sacrifice. Suivons-le pas à pas dans le chemin de la souffrance, avec l’ardent désir de participer intimement à sa folie d’amour, pour ensuite prendre part à la joie de sa gloire.

J.-R.B.

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Compatir aux souffrances du Christ

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 5e dimanche du Carême — Dimanche de la Passion) ― Photo (rognée) : Andreas Praefcke/Wikimedia Commons

Aujourd’hui, il est trop évident qu’on n’aime pas penser à la Passion de Jésus et à sa mort : il semble bien qu’on craigne, en contemplant les souffrances de Jésus, de devenir dépressifs, de broyer du noir. Et pourtant, l’histoire nous démontre que la contemplation de la Passion de Jésus est la voie qu’ont suivie tous les saints pour arriver à la paix profonde de l’âme et à la joie parfaite. Quand saint Paul écrit : « Pour moi, puissé-je ne pas me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Gal. 6 h 14), c’est parce que le sacrifice de Jésus en croix était le centre de sa vie. Saint François d’Assise, le saint joyeux par excellence, était si profondément attaché à Jésus crucifié qu’il obtint la grâce insigne d’être une copie vivante du divin Rédempteur, c’est-à-dire d’être un crucifix vivant. La charité, source de paix et de joie, ne se puise nulle part ailleurs que dans le Cœur de Jésus transpercé. C’est pourquoi les âmes qui veulent aimer vraiment Jésus sont attirées par sa croix. C’est Jésus crucifié qui fait les âmes séraphiques. Sainte Thérèse d’Avila fut blessée au cœur d’un trait de feu qui venait du Cœur brûlant d’amour de Jésus en croix. Sainte Catherine de Sienne contemplait Jésus crucifié, lorsque des traits de lumière partirent des cinq plaies du Christ pour s’imprimer en elle. Les plaies de Jésus crucifié, son cœur transpercé, son sang précieux l’appelaient constamment à s’immoler avec son divin Époux afin d’obtenir miséricorde pour l’Église.

Ces saints, qui ont eu des grâces spéciales d’union à Jésus, livrent à tous les chrétiens, en particulier à ceux de notre temps, un message très clair, à savoir qu’il est impossible d’être véritablement chrétien si l’on ne compatit pas à la Passion de Jésus. Compatir à la Passion de Notre-Seigneur, porter notre croix en communiant à ses souffrances n’est pas facile à notre nature avide de plaisirs. Mais c’est pourtant une condition indispensable de notre résurrection spirituelle, de notre passage à la vie éternelle. Les saints sont nos modèles, nos aînés, qui nous aident à marcher à la suite de Jésus jusqu’au Calvaire. Mais au-dessus de tous les saints, nos frères, nous avons une mère, qui fut tellement unie à Jésus son divin Fils dans l’œuvre de la Rédemption, qu’elle mérite le titre de Co-rédemptrice. Dire que Marie est co-rédemptrice du genre humain n’est pas peu dire. Cela signifie que nous lui devons tous notre salut. Certes, par son sacrifice rédempteur, Jésus fut la cause parfaite et surabondante du salut universel. La coopération intime de Marie à l’œuvre rédemptrice n’était donc pas nécessaire. Mais cette coopération fut voulue de Dieu. Saint Éphrem, méditant sur le rôle providentiel de Marie en regard du salut du monde, la salue en ces termes : « Par toi, nous avons été réconciliés au Christ, mon Dieu, ton Fils. Tu es la rédemption des captifs et le salut de tous. Je te salue, paix, joie et salut du monde. Je te salue, médiatrice très glorieuse. Je te salue, réconciliatrice de l’univers entier. »

J.-R.B.

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Un cri de joie

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 4e dimanche du Carême — dimanche Lætare) ― Photo (modifiée) : National Gallery of Ireland/Wikimedia Commons

Au milieu du carême, retentit dans l’Église un cri de joie. « Lætare », c’est-à-dire réjouissez-vous ! Cet appel à la joie, qui résonne comme un coup de clairon, est la première parole du chant d’entrée de la messe. Le principal motif de cette invitation à la joie est la proximité de la grande fête de Pâques. Dans notre montée vers Jérusalem où notre divin Sauveur va triompher, par sa résurrection, du Prince des ténèbres et de la mort, nous sommes parvenus à mi-chemin. La joie, venant de l’assurance que, partageant le combat du Christ, nous partagerons la gloire de sa victoire nous apporte aujourd’hui un surcroît de courage et de force. Continuons donc le jeûne du carême non seulement avec courage, mais avec enthousiasme. Celui qui a nourri d’immenses foules avec quelques petits pains nous promet aujourd’hui de nous admettre à son banquet pascal, où il nous servira lui-même de ses propres mains le Pain de vie. Ce Pain descendu du ciel est le pain des forts, qui nous assure de prendre part à l’entière victoire du Christ sur le démon, et il est le gage de notre entrée future dans la joie éternelle.

Soyons heureux d’être fils de l’Église, enfants de la nouvelle Jérusalem, puisque, grâce au sacrifice rédempteur du nouvel Isaac Jésus-Christ, le ciel nous est grand ouvert. Que toute notre vie soit une joyeuse ascension vers le ciel ! « Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : nous irons dans la maison du Seigneur » (Ps. 121). Que ni les épreuves, ni les persécutions ne ralentissent notre marche vers Jésus ressuscité, et qu’elles n’éteignent pas la joie de notre espérance ! De même que Notre Seigneur et les apôtres ont été persécutés par les juifs infidèles, il est inévitable que nous soyons persécutés nous aussi, si nous voulons rester fidèles à notre divin Maître, à sa doctrine et à ses commandements, surtout à celui de la charité, qui n’exige rien de moins que de l’héroïsme, puisqu’il nous demande d’aimer notre prochain, comme Jésus nous a tous aimés, jusqu’à mourir pour nous. Les persécuteurs de l’Église, qui sont à l’œuvre actuellement, manipulant habilement l’opinion publique, sont vaincus d’avance dans la lutte acharnée et obscure qu’ils mènent contre Jésus-Christ et son Église. Ils n’entreront pas dans la Jérusalem céleste, à moins qu’ils ne se convertissent. Pour ne pas encourir la même condamnation qui pèse sur leurs têtes, restons inébranlablement fidèles, quoi qu’il en coûte, à l’Évangile de Notre Seigneur Jésus Christ !

En ce dimanche « Lætare, » que notre joie soit celle de cœurs entièrement donnés à Jésus Christ, disposés à tout souffrir et à mourir avec Lui, afin que les œuvres de Satan soient anéanties et que l’œuvre de miséricorde du divin Crucifié triomphe dans le monde entier. Redoublons de foi en la très sainte Eucharistie, qui est Jésus Lui-même réellement présent parmi nous avec son Corps, son Sang, son âme et sa divinité. « Si Dieu est avec nous, affirme saint Paul, qui peut-être contre nous ? » (Rom. 8, 31). Les circonstances actuelles laissent présager que la persécution contre l’Église ira s’amplifiant. Fuir alors, aller se cacher dans des refuges peut être parfaitement inutile. Pour goûter la paix et la joie des serviteurs fidèles, il nous suffira de demeurer avec Jésus, de rester, quoiqu’il arrive, en sa divine Présence.

J.-R.B.

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Avec le Christ passer des ténèbres à la Lumière


Descente du Christ aux Enfers.

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 3e dimanche du Carême) ― Photo : © Ralph Hammann/Wikimedia Commons

Temps de solitude, de prière, de pénitence et de combat contre Satan, la grande retraite du carême conduit, en fait, toute l’Église au sacrifice de la Croix et à la gloire de la Résurrection. La Transfiguration spirituelle des baptisés, par le rayonnement en eux de la lumière de Jésus ressuscité est le but de tous les travaux du carême. La fin du carême est donc le passage de notre âme des ténèbres, où la retiennent nos péchés, à la pleine lumière du Christ.

Saint Paul nous rappelle que nous étions autrefois ténèbres, c’est-à-dire esclaves du démon et que nous sommes maintenant enfants de lumière, et que nous devons par conséquent nous comporter en toutes choses comme tels. Une dangereuse tentation de notre temps est, comme le soulignait le pape émérite Benoît XVI au tout début de son pontificat, le relativisme, qui consiste au plan spirituel à tenter de marier ensemble ténèbres et lumière, vices et vertus, soumission au démon et service de Jésus-Christ. Saint Paul reprochait fortement aux Corinthiens de s’être laissés prendre dans ce piège diabolique : « Ne vous attachez pas à un même joug avec les païens, leur écrivait-il. Car quelle société y a-t-il entre le Christ et Bélial ? » (2 Cor. 6 14-15). C’est sans doute la plus grande tentation dans l’Église actuellement que de vouloir concilier ce qui restera toujours inconciliable : l’esprit de Jésus et l’esprit du monde, la vérité et l’erreur. Le service de Notre Seigneur n’admet pas les demi-mesures. Notre divin Maître exige que nous lui fassions par amour le don total de notre corps, de notre cœur, de notre esprit. Nous ne serons jamais de véritables enfants de lumière mais nous resterons plutôt esclaves de nos anciennes ténèbres si nous ne produisons pas les fruits de la lumière, qui consistent, selon saint Paul, en une parfaite bonté, dans la justice et la vérité. Ce qui n’est bon, juste et vrai qu’à moitié n’a aucune valeur aux yeux de Dieu, car il n’y a alors rien d’autre que tiédeur, corruption de la vertu et concessions faites au démon.

Le temps présent, où un très grand nombre de fidèles sont privés des sacrements, met à dure épreuve notre foi catholique. Les sacrements sont ce qu’il y a de plus précieux dans l’héritage que nous avons reçu de Jésus Christ et de son Église, car par ces signes sensibles porteurs de sa grâce, c’est Jésus lui-même qui agit directement dans les âmes pour les purifier, les éclairer, les fortifier, les refaire à son image et leur donner sa vie. Les sacrements, étant d’origine divine, sont les remèdes les plus puissants à tous les maux de l’âme et du corps. Voilà pourquoi nous ne saurions nous habituer à en être privés, et nous devons les réclamer fortement comme étant les besoins les plus essentiels que nous puissions avoir. La situation actuelle de l’Église qui, en réalité est réellement persécutée, sous le couvert de mesures sanitaires tout à fait déraisonnables, nous impose le devoir de réclamer fermement nos droits et de défendre notre foi injustement attaquée par un gouvernement qui, tournant le dos à la lumière du Christ, qui illuminait autrefois notre pays, ne peut que détruire la civilisation chrétienne que nos ancêtres ont si courageusement bâtie. Si nous voulons que la Lumière du Christ triomphe de la grande noirceur qu’un « nouvel ordre mondial » antichrétien tend à imposer à l’univers entier, il nous faut résister fermement et concrètement aux forces du mal conjuguées spécialement contre l’Église catholique, qui seule porte en son sein la Lumière divine élevée au-dessus de toutes les nations pour leur apporter la Paix.

J.-R.B.

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Le Chemin de la Sainteté


Saint François d'Assise ?

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 2e dimanche du Carême) ― Photo : Wikimedia Commons

La principale et même la seule raison d’être de notre vie sur la terre doit être de procurer la gloire de Dieu en travaillant avec ardeur à nous sanctifier, car telle est la volonté de Dieu sur tous et chacun de nous. Dieu veut que nous soyons saints : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait », nous ordonne Notre Seigneur, qui nous a montré en Lui-même le chemin de la perfection. Pour devenir des saints, il faut marcher avec et en Jésus, car en dehors de Lui aucun chemin ne conduit à la parfaite adoration, en esprit et en vérité, de l’infinie sainteté du Père.

La route de la sainteté est une route montante, rude, pénible à notre nature avide de jouissances. Au sommet de cette route s’élève le Calvaire, où nous devons consentir à l’immolation complète de nous-mêmes avec le nouvel Isaac Jésus-Christ. Pour progresser dans cette voie d’amour sans réserve, qui aboutit au dépouillement absolu et à la mort glorieuse de la croix, il faut nous affermir afin de pouvoir surmonter tous les obstacles dressés sous nos pas. Les plus immédiats, les plus sensibles, et la plupart du temps les plus dangereux, sont constitués par les tentations innombrables qui éprouvent la pureté de nos corps et de nos cœurs.

La pureté est le reflet de la sainteté de Dieu dans l’homme, qu’Il a créé à son image et à sa ressemblance. L’impureté avilit l’homme, le fait déchoir de sa dignité d’image de Dieu, le rend semblable aux plus vulgaires des animaux. Dans l’enseignement qu’il nous donne aujourd’hui pour nous stimuler au progrès spirituel, saint Paul accuse tellement le lien entre la pureté et la sainteté qu’il en arrive à les identifier. Plus le cœur est impur, plus il est loin de la sainteté ; par contre, plus le cœur se purifie, plus il s’approche de Dieu. Ce n’est pas sans raison que dans toutes ses épîtres, saint Paul insiste sur la relation nécessaire entre la pureté et la sainteté, comme le remarque saint Jean Chrysostome : « Partout on trouvera cette pensée, autant dans sa grande épître aux Romains que dans toutes les autres. C’est qu’en effet l’impureté est pour tous, un mal pernicieux. Le porc, couvert de fange, répand sa saleté partout : sur son chemin, on ne voit plus, on ne sent plus que le fumier. C’est l’image de la fornication ; il est difficile de se laver de cette souillure. Quand il arrive que des hommes, des hommes mariés se livrent à cette honte, quel excès dans le mal ! Car la volonté de Dieu, dit à tous l’Apôtre, c’est votre sanctification ; c’est que vous vous absteniez de toute fornication. Il y a bien des espèces de dérèglements, bien des formes, des variétés de plaisirs que le discours se refuse à exprimer. En disant “de toute fornication”, l’Apôtre laisse le soin de comprendre, à ceux qui connaissent ces désordres. »

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Suivre Jésus au désert


Le Christ Jésus jeûnant au désert.

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 1er dimanche du Carême) ― Photo : Wikimedia Commons

L’Église nous appelle, aujourd’hui, à suivre Jésus au désert, à l’imiter dans son jeûne et ses combats. Depuis les premiers siècles, elle fait entendre aux chrétiens ce message de l’apôtre Paul : « Mes frères, nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu. Car il a dit : “Au temps favorable je t’ai exaucé, et au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut” ». Saint Léon le Grand commente ainsi ces paroles : « Bien qu’il n’y ait aucune époque qui ne soit riche de présents divins et que, par la grâce de Dieu, nous trouvions toujours accès à sa miséricorde, maintenant cependant, il faut que les âmes de tous les chrétiens s’excitent avec plus de zèle aux progrès spirituels, et qu’elles soient animées d’une très grande confiance, alors que le retour du jour auquel nous avons été rachetés nous invite à remplir tous les devoirs de la piété chrétienne. C’est ainsi que nous célébrerons avec des âmes et des corps purifiés, ce mystère, sublime entre tous, de la Passion du Seigneur. »

Le jeûne du carême a, en effet, pour but de réparer et d’expier nos fautes en nous unissant concrètement à l’immense pénitence que Jésus a faite pour notre salut par pur amour pour nous. Ce jeûne que nous demande l’Église ne doit pas consister seulement dans la privation d’un peu de nourriture, mais principalement dans le retranchement de tout ce qui fait obstacle en nous à l’amour de Dieu et du prochain. Il a donc d’abord et avant tout une finalité spirituelle : nous fortifier dans le combat spirituel que nous devons mener et nous disposer aux sacrifices, sans lesquels il ne peut y avoir de véritable vie chrétienne. Il s’agit pour nous de renoncer dans notre façon d’être et d’agir à l’esprit du monde tout à fait contraire à l’esprit de Jésus Christ, qui nous enseigne l’oubli complet de nous-mêmes en ne recherchant en tout que l’amour de Dieu et sa plus grande gloire. Ce qui caractérise au contraire l’esprit du monde est l’égoïsme, c’est-à-dire l’affirmation du moi, sans aucune référence à la volonté de Dieu, dans tous les domaines ; tout ce qu’on fait dans cet esprit n’est pas fait vraiment pour Dieu mais, malgré très souvent des apparences extérieures de vertu, pour en retirer quelque avantage humain ou une certaine gloire aux yeux des hommes.

« Dieu aime qui donne avec joie ». Entrons donc dans le saint temps du carême avec joie, soulevés par un ardent désir d’accomplir généreusement la volonté de Dieu. Car la pratique du jeûne quadragésimal, consacrée par Moïse, Élie, Notre Seigneur lui-même et les apôtres, est certainement voulue de Dieu, parce qu’elle est, sans doute, nécessaire à notre sanctification. Notre Seigneur a exprimé très clairement cette nécessité, lorsqu’il a dit : « Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous » (Lc. 3, 5). Le jeûne est la première manière, selon la tradition de l’Église, de faire pénitence, mais l’expression de « jeûne du carême » embrasse toutes les autres manières, comme l’aumône et les veillées de prières, l’adoration du Très saint Sacrement, la méditation des mystères du Rosaire, et les nombreuses occasions de renoncement qui s’offrent à nous chaque jour. De sorte que tous ceux qui ne peuvent jeûner physiquement doivent quand même faire pénitence, en multipliant les petits sacrifices, comme l’enseignait la très sainte Vierge aux enfants de Fatima. Dans le temps troublé que nous vivons, pour ne pas perdre notre paix, il importe de sacrifier tout ce qui ne fait que nourrir la curiosité, sans apporter aucun bien à l’âme, c’est-à-dire tout ce qui nous distrait de l’écoute constante de la Parole de Dieu et de sa mise en pratique.

JRB

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La grâce de souffrir pour la défense de notre foi


Le martyre de sainte Blandine par Pierre-Désiré Guillemet.

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche de la Sexagésime) ― Photo (côtés flous rajoutés) : Patrimoines en Occitanie/Wikimedia Commons

Un véritable disciple de Jésus-Christ ne doit pas avoir peur de souffrir avec et pour son divin Maître. Cette intrépidité dans le combat pour que triomphe la seule vraie religion ne signifie pas qu’on se sente fort devant la souffrance. Car nous sommes tous la faiblesse même, et les évènements de notre vie nous le démontrent quotidiennement. Sans Jésus, notre faiblesse nous enlèverait même le courage de faire le premier pas pour combattre. Mais l’union intime avec Jésus nous communique sa force, et c’est alors qu’au sein même de notre faiblesse sa grâce toute-puissante nous fortifie. Ainsi la patience chrétienne, enracinée dans la grâce du Christ, rend les plus faibles capables de souffrir avec et pour Jésus.

La patience dans le témoignage clair rendu à l’Évangile, dans la défense des vérités et des institutions divines sur lesquelles Jésus a fondé son Église, telle est la marque du véritable esprit catholique. Mais, tout comme il y a une fausse charité, il y a aussi une fausse patience qui sera, au jour du jugement, au lieu d’une source de gloire, plutôt source de confusion pour beaucoup de « bons chrétiens », qui auront toléré ce qu’il ne fallait pas tolérer ou qui n’auront pas combattu comme de vaillants soldats du Christ, alors que c’était leur devoir de le faire. Il est des maux, en effet, que la véritable patience ne saurait jamais tolérer.

La véritable patience ne saurait jamais supporter qu’on défigure Jésus-Christ, qu’on blesse son divin honneur, qu’on le détrône, qu’on le blasphème, qu’on change sa doctrine, qu’on détruise son œuvre. La véritable patience ne saurait jamais permettre à des mains sacrilèges de dépouiller l’Épouse de Jésus Christ, la Sainte Église, de sa magnifique robe sans couture, c’est-à-dire de ses divines richesses, et surtout du précieux trésor de salut que lui a légué son divin Époux dans le Saint Sacrifice de la messe, dans sa Présence réelle et substantielle se faisant pour nous Pain de vie éternelle. La véritable patience ne saurait jamais endurer, même au prix de tous les biens extérieurs, de condescendre à des doctrines étrangères qui conduisent à l’asservissement des âmes au grand Ennemi de leur salut, l’Adversaire du Christ.

Pour préserver ou défendre leur liberté purement temporelle, à quels lourds sacrifices les pays, du moins dans les temps où le bon sens est respecté, ne sont-ils pas prêts à consentir ! Or, il est une liberté supérieure qu’il n’est jamais permis de perdre : c’est la liberté chrétienne pour laquelle nous avons été délivrés du pouvoir tyrannique de Satan. Il n’y aura jamais de mérite, même si on en souffrait terriblement, à se laisser arracher cette liberté divine. Seront seules sources de gloire les souffrances supportées pour défendre le fondement même de notre liberté d’enfants de Dieu : la foi catholique dans toute sa plénitude.

J.R.B.

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La véritable Charité selon Jésus


Le retour du Fils prodigue par Leonello Spada.

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche de la Septuagésime) ― Photo (côtés flous rajoutés) : www.pintura.aut.org/Wikimedia Commons

La crise affreuse que connaît présentement l’Église est autant une crise de la charité qu’une crise de la foi. La foi catholique n’a jamais été autant bafouée, parce qu’on en a perdu le sens, en lui ôtant son origine divine, qui est le Verbe de Dieu, incarné en Jésus-Christ. En en faisant une croyance comme les autres, qui sont toutes d’origine humaine, on lui enlève son caractère de vérité absolue. « Les gens fidèles disparaissent d’entre les enfants des hommes, on ne fait que mentir, chacun à son prochain, lèvres trompeuses, langage d’un cœur double », gémissait jadis le Psalmiste. (Ps 12 2). Combien plus aujourd’hui les vérités les plus sacrées sont perverties, parce qu’on n’a plus guère le souci de la sainteté de la foi, parce que bien peu ont l’amour ardent de la vérité, première expression de la charité. On parle cependant beaucoup de charité, d’amour du prochain, mais très souvent cet amour du prochain se confond avec un vague humanitarisme qui ne dépasse pas celui des païens de l’Antiquité. L’amour du prochain est alors sentiment et parole, et il tend à se manifester extérieurement en une vaste action sociale philanthropique sans lien réel avec l’amour de Dieu.

La preuve en est qu’on ne se préoccupe pas d’offenser gravement Dieu sous prétexte d’amour du prochain. La charité à l’égard des personnes homosexuelles exigerait qu’on considère l’homosexualité active comme un comportement normal et même pouvant être agréable à Dieu, alors que ce très grave péché mène directement en enfer, à moins qu’il y ait sérieuse conversion et pénitence. Par ailleurs, la charité sociale justifierait aujourd’hui le contrôle des naissances par un recours systématique aux moyens anticonceptionnels. Et on a comblé d’honneurs certains milliardaires qui se sont faits les promoteurs de la contraception et ont cherché à faire imposer une politique contraceptive à des populations pauvres. La charité à l’égard des femmes ne désirant pas les enfants qu’elles ont conçus légitimerait le crime abominable de l’avortement. De même, la charité à l’égard des vieillards et des grands malades voudrait qu’on abrège leurs souffrances en leur faisant la faveur d’une aide médicale à mourir… Bientôt, ce sera toute personne handicapée ou atteinte de maladies dites incurables qu’on supprimera « par compassion », malgré elle.

La déviation humanitaire de la charité est beaucoup plus grave lorsqu’elle s’exerce sur le plan de l’éducation, de la vie spirituelle et religieuse. Que de désastres cause aujourd’hui cette fausse charité qui ne corrige pas les enfants de leurs défauts pour ne pas leur faire de peine ou les frustrer ! Quel tort immense et souvent irréparable font les supérieurs religieux aux âmes qui leur sont confiées en ne redressant pas ce qui aurait besoin d’être redressé en elles ! Et quelle aberration, chez les pasteurs, de ne pas condamner fermement les vices et les erreurs qui répandent dans l’Église le poison hautement contagieux de l’ivraie de Satan. Aux plus grands pécheurs repentants, que soit accordée une miséricorde sans bornes, certes, comme nous l’enseigne Jésus, mais ne devons-nous pas aussi imiter Jésus, Lumière des intelligences et des cœurs, dans sa très nette opposition à tous les vices et dans sa condamnation sans équivoque des doctrines erronées, toujours promues hypocritement par le Père du mensonge ?

J.-R.B.

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La Victoire de l’Amour

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Lapidation de saint Étienne, le protomartyr.

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 3e dimanche après l’Épiphanie) ― Photo (modifiée) : Notre Dame de Paris/Wikimedia Commons

Nous sommes tous, un jour ou l’autre, confrontés au problème du mal. S’il s’agit d’un mal qui afflige la société et y engendre le désordre, on le déplore, on le condamne, on réclame des autorités civiles que justice soit faite, que l’ordre soit rétabli. Mais s’il s’agit d’un mal qui nous afflige personnellement, comme une grave injustice par exemple, notre réaction naturelle est habituellement d’exiger réparation immédiate, sinon de nous venger, de répondre au mal par le mal, en appliquant la loi du Talion : « œil pour œil, dent pour dent ». Mais que résulte-t-il de cette attitude de stricte justice ? La plupart du temps, une haine réciproque qui s’envenime, une guerre froide toujours prête à éclater. La haine est incapable de construire la paix véritable. Du reste, elle ne peut rien construire de positif.

Par contre, la charité qui, dans la mesure où elle est vraie, dispose toujours au pardon des offenses, a pour effet immédiat d’éteindre le feu de la colère. Seul l’amour surnaturel du prochain. — amour prenant sa source dans la vive flamme d’amour du Cœur de Jésus — est capable d’apaiser totalement les réactions naturelles de colère, et de vaincre par le bien le mal qui nous a été fait. La charité authentique ne se lasse jamais de vouloir du bien au prochain. C’est précisément ce qui la définit. Aimer vraiment son prochain, c’est lui vouloir du bien, quel qu’il soit et en toutes occasions. Si mon prochain s’est comporté envers moi en ennemi, en salaud, s’il m’a fait gratuitement du mal, et que je lui réponds en lui voulant toujours du bien et en ne cessant de lui en faire plutôt qu’en me vengeant, j’ai remporté une grande victoire sur lui, et sans doute d’abord sur moi-même : la victoire de l’amour. J’ai vaincu le mal par le bien, au lieu d’étendre le règne du mal en me vengeant. Si je me venge, le mal que m’a fait mon ennemi entre d’une certaine façon dans mon cœur et m’enlève la paix. En pardonnant à mon prochain et en répondant au mal reçu de lui par le bien, je n’ai pas permis au mal d’entrer dans mon cœur, qui est devenu un foyer rayonnant d’amour, ne faisant plus qu’un avec le Cœur de Jésus. C’est la magnifique leçon que nous donne aujourd’hui saint Paul, qui nous assure que la sagesse chrétienne consiste à triompher en toutes circonstances du mal par le bien, en somme que l’amour est et sera toujours plus fort que la haine.

Faisons donc du bien à tous. Aimons en Jésus, dans une union intime à son Cœur, ceux qui nous haïssent. Avec Jésus, bénissons ceux qui nous maudissent. Que la colère et la vengeance soient à jamais bannies de nos cœurs !

O Jésus, grand Dieu d’amour, inspirez-moi votre esprit de douceur et de pardon, afin qu’imitant votre charité sans bornes, je participe à la glorieuse victoire de votre amour sur le mal !

J.-R.B.

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