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Nous ne serons jamais assez humbles

Par l’Abbé J.-Réal Bleau — Photo : vvoe/AdobeStock

Peut-on trop parler de l’humilité? Oui, si on en parle sans s’efforcer sincèrement de la mettre en pratique. Non, si y voyant la moelle de l’évangile, on en parle d’une manière qui puisse allumer dans les cœurs le vif désir de devenir vraiment humbles. Car nous ne le serons jamais assez, puisque sans cette vertu, aucune union véritable avec Dieu n’est possible. En réalité, c’est l’humilité qui est le fondement de toutes les autres vertus. En tant que les autres vertus se fondent en elle et se greffent sur elle, elle constitue l’ossature de l’organisme spirituel, qui leur permet de se développer d’une façon harmonieuse, comme l’illustre la Règle de saint Benoît.

De toutes les vertus, l’humilité est la plus nécessaire en ce sens que sans elle, les plus belles vertus perdent toute valeur salutaire. La charité à l’égard de Dieu et du prochain reste bien la Reine des vertus, la plus haute, la plus belle, la plus rayonnante, la plus divine, celle que saint Jean identifie même avec Dieu en affirmant que « Dieu est Amour » (Deus Caritas est). Il est l’Amour infini et éternel. Mais sans l’humilité, toute charité envers Dieu et le prochain est illusoire; c’est alors une fausse charité, qui n’ouvrira à personne les portes du ciel.

L’humilité étant la condition essentielle de la charité, elle l’est pareillement de la foi absolue en la Parole de Dieu, de cette foi qui n’admet aucun doute et sans laquelle quiconque ne peut être sauvé. Elle conditionne également la vérité de la vertu d’espérance, dont la plénitude est une confiance sans bornes et inébranlable en la bonté de Dieu, qui atteint son sommet dans l’abandon complet de sa vie à la divine Providence, quels que soient les dangers qui nous menacent, les orages les plus terribles qu’il nous fera affronter, et les épreuves de toutes sortes.

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L’Humilité, source de la divine sagesse

Par L’Abbé J.-Réal Bleau — Photo : Unsplash

L’humilité chrétienne revêt plusieurs aspects. Elle brille dans toute sa perfection en Jésus-Christ, le Fils de Dieu qui, renonçant à la gloire de sa divinité, s’est abaissé d’une façon prodigieuse en se faisant homme. « Il s’est anéanti, dira saint Paul, se faisant obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix » (Phil. 2. 8), pour réconcilier l’humanité avec Dieu et faire resplendir d’un éclat nouveau l’image de Dieu dans le cœur des hommes. Le plan d’amour surabondant de Jésus-Christ sur l’humanité avilie par le péché n’a pas été seulement de lui rendre sa dignité première, mais de l’élever à une dignité bien supérieure, en la faisant participer réellement à sa divinité.

Le principal obstacle à cette divinisation de l’homme, c’est-à-dire à sa participation personnelle à la nature divine par la grâce du Christ, — on ne le soulignera jamais assez — est l’orgueil.

L’orgueil enferme l’homme en lui-même, dans son « moi » détestable, qui pense et agit comme s’il avait toujours raison, comme s’il était au-dessus de toute autre autorité. Pour l’orgueilleux, et nous le sommes tous à un certain degré, la Parole de Dieu est toujours de quelque manière interprétée d’après des critères subjectifs, ses critères à lui, soit d’ordre intellectuel ou d’ordre affectif. Ainsi, les affections désordonnées de quiconque, parce qu’elles font passer l’objet de ces affections, — comme l’argent, les honneurs, le pouvoir, les plaisirs, — avant Dieu et sa loi d’amour, l’empêchent de discerner la volonté de Dieu, et lui font poursuivre aveuglément, en tout ce qu’il fait, sa propre volonté tout en le laissant dans l’illusion qu’il est en parfait accord avec la volonté de Dieu. D’autre part, par manque d’humilité, la divine doctrine du salut, qu’ont toujours prêchée, à la suite des apôtres, les fidèles serviteurs de Jésus-Christ, est souvent interprétée faussement pour des motifs d’ordre intellectuel, comme l’attachement excessif à des traditions culturelles et religieuses d’origine humaine, mais particulièrement en subordonnant la foi à la science. La science, c’est-à-dire toutes les données des sciences naturelles, est alors érigée en critère supérieur pour juger de la foi. Une autorité absolue est ainsi donnée à la science au détriment de la foi. On ne croit plus réellement à la Parole de Dieu, mais à la Parole « infaillible » et « toute-puissante » de la science.

Certes, il ne s’agit nullement de mépriser tout ce que les sciences humaines peuvent nous apporter de connaissances, toujours précieuses pour notre perfectionnement intégral lorsqu’elles sont certaines, mais plutôt de ne pas leur donner une autorité absolue qui n’appartient qu’à Dieu. L’orgueil « scientifique » est sûrement aujourd’hui l’obstacle majeur à la foi simple et vécue à la Parole de Dieu, qui est nécessaire au salut de tout homme, qu’il soit un très grand savant, un moyen savant ou un tout petit savant. Nous devons tous réapprendre, en notre temps d’apostasie générale, qui est la grande et unique source de la vraie noirceur culturelle et sociale, à redonner à la Parole de Dieu sa primauté absolue, sachant que cette divine Parole s’est faite chair en Jésus-Christ, qui vit toujours parmi nous réellement présent dans sa très sainte Eucharistie. Dans la foi à la Parole de Jésus-Christ, hors de laquelle il n’y a de salut pour personne, il nous faut tomber à genoux devant la Présence de sa Face eucharistique pour être illuminés de la divine Lumière qui seule éclaire la route qui conduit au ciel. C’est dans l’adoration de Jésus-Eucharistie que toutes les âmes, indépendamment de leur science humaine, sont invitées à boire aux eaux vives de la divine sagesse, qui est au-dessus de toutes les sciences, parce qu’elle s’identifie au grand feu d’amour où Dieu habite et se donne aux humbles.

J.-R.B.

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Ensemble, avec Jésus, nous vaincrons !

Allocution de l’Abbé J.-Réal Bleau lors de l’épluchette de blé d’Inde à Campagne Québec-Vie, le 15 août 2021 — Photo (modifiée) : Flickr

Ensemble, avec Jésus, nous vaincrons !

Car nous, citoyens catholiques du Québec et du Canada, devons faire face à une véritable guerre, non seulement contre nos droits humains fondamentaux, protecteurs de notre liberté personnelle et sociale, mais par-dessus tout contre les valeurs chrétiennes qui ont bâti notre pays. La dictature sanitaire que nous subissons, se couvrant du devoir de justice et même de charité, qu’ont tous les citoyens de coopérer à la santé publique, devient de plus en plus insupportable. Car le simple bon sens est de plus en plus outragé par les mensonges de ceux qui sont parvenus à constituer un gouvernement mondial. Le but ultime de ce gouvernement mondial est d’établir un « nouvel ordre mondial » devant se substituer à l’ancien ordre, principalement inspiré du christianisme. La vraie guerre à laquelle nous devons faire face vise avant tout notre foi en Dieu, en Notre-Seigneur Jésus-Christ et en l’Église qu’Il a fondée comme unique société surnaturelle du salut pour tous les hommes. La guerre qui est faite actuellement à l’Église catholique, dont le but est de rassembler l’humanité entière dans la même foi en Jésus-Christ pour le salut du monde, est, en fait menée depuis les origines par l’Adversaire du divin Sauveur : Satan.

Regardant l’évolution de l’histoire humaine jusqu’à son époque, saint Augustin dira : « L’amour a fondé deux Cités : l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi a fondé la Cité de Dieu. Et l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu a fondé la Cité de Satan ». Il s’agit de deux royaumes, dont les principes sont radicalement opposés et ne pourront jamais se réconcilier. Les principes fondamentaux de la Cité de Dieu sont les commandements de Dieu, confirmés et perfectionnés par les préceptes du saint Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Les principes de la Cité de Satan sont l’orgueil et la désobéissance à l’autorité de Dieu, que le diable inspire toujours et souvent par des tentations très subtiles, en les dissimulant dans toutes sortes de mensonges qu’il est habile à décorer du prestige de la science. Car, Satan, qui en est le Père, ne remporte toutes ses victoires que par le mensonge. C’est par le grand mensonge qui a entraîné le péché de nos premiers parents qu’a commencé effectivement son règne sur la terre.

Ce règne de Satan, introduit dans le monde par le péché originel, aurait finalement conquis l’univers et aurait été sans remède, si dès le début de l’histoire humaine, Dieu n’avait pas fait la promesse, qu’Il a réalisée, d’un Rédempteur, et prononcé cette sentence définitive de condamnation contre celui qui est l’ennemi et de Dieu et de la nature humaine ; « Alors Dieu dit au serpent : “Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu… Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu le mordras au talon” ». Même s’il est prédit par Dieu que Satan mordra au talon la descendance de la femme, c’est-à-dire le Christ né de la Vierge Marie — le Christ et les membres de son Corps — il n’en est pas moins certain que Celui-ci lui écrasera à jamais la tête, remportant sur lui une victoire complète. Cette victoire finale du Christ sur Satan, est affirmée plusieurs fois dans l’Apocalypse, à partir du chapitre 12, décrivant l’intervention de l’Archange saint Michel, débarrassant le ciel de la présence arrogante du Dragon et de ses anges. Au verset 7 et suivants de ce chapitre 12, il est écrit : « Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta avec ses Anges mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’Antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. Et j’entendis une voix clamer dans le ciel : “Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu et la domination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Mais eux l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Mais gare à la terre et à la mer, parce que le Diable est descendu chez vous, agité d’une terrible rage, sachant que ses jours sont comptés” » (Ap. 2, 7-12).

L’Apocalypse de saint Jean nous révèle le sens de l’histoire. Depuis que l’Archange saint Michel a triomphé de Satan et de ses Anges, en les jetant en bas du ciel, la lutte de milliards de démons, sous la conduite de leur chef, le prince des ténèbres, est engagée contre la terre et la mer, c’est-à-dire contre toute la création, contre tous les continents, tous les pays et tous les hommes en particulier. Et saint Jean, qui écrit après l’éclatante victoire du Christ sur son adversaire, après la glorieuse naissance de l’Église qui s’est faite dans la souffrance et l’effusion abondante du sang des martyrs (qui a coulé à flots dans tous les pays soumis à l’Empire romain), saint Jean voit l’avenir de l’Église, où la lutte satanique contre elle deviendra furieuse. Et il nous met en garde contre les assauts sournois et cruels de l’ennemi de Dieu, qui augmenteront à mesure que nous approcherons de la fin. C’est le sens de ces paroles : « gare à la terre et à la mer, parce que le Diable est descendu chez vous, agité d’une terrible rage, sachant que ses jours sont comptés. » Mais, en même temps, tout le livre de l’Apocalypse est comme un grand cri de victoire proclamant la victoire éternelle de Jésus-Christ et de son Église sur toutes les forces du mal, à laquelle les croyants de tous les siècles sont appelés à participer. Nous sommes tous, par notre consécration à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, lors de notre Baptême, incorporés à Jésus-Christ, et par suite associés à jamais à notre divin Sauveur et participant déjà à sa victoire et à sa gloire, si nous lui restons fidèles jusqu’au bout, jusqu’à la fin de notre vie. L’Apocalypse a le sens de la plus forte consolation que nous puissions avoir dans l’épreuve. Les paroles divines de ce livre inspiré veulent nous encourager, nous fortifier, nous appeler à ne pas baisser les bras devant l’Ennemi de la vérité, de la justice et du véritable amour universel qui ne se trouve que dans le Christ-Jésus, notre divin Roi. Pourquoi ne pas perdre courage, pourquoi ne pas déserter notre sainte Église catholique romaine, qui est aujourd’hui attaquée en plein cœur, et qui peut nous sembler en passe de mourir ? Pourquoi rester fidèles à l’Église catholique que Notre Seigneur Jésus-Christ a fondée dans le sang de sa croix ? — Parce qu’elle seule dit toute la vérité dans son magistère authentique et qu’elle est associée pour toujours à la victoire du Christ sur Satan et ses serviteurs.

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L’humilité de l’Apôtre bien-aimé

Par L’Abbé J.-Réal Bleau — Photo (modifiée) : Wikimedia Commons

Les premiers disciples de Jésus reçurent d’abord le baptême et l’enseignement spirituel de saint Jean-Baptiste. Comme beaucoup, en Israël, ils attendaient la venue prochaine du Messie. Mais eux, ils l’attendaient avec l’enthousiasme de cœurs purs et droits, prêts à suivre le Christ, déjà certains d’avoir la joie de le rencontrer, de le voir en personne et d’écouter sa voix. Selon la prédication du Précurseur, ils se préparaient à ce grand bonheur en faisant pénitence.

Parmi le groupe des jeunes formés à la pénitence par le Baptiste, et qui devinrent les premiers appelés par Jésus à venir à sa suite, il y en eut trois que le Seigneur s’attacha particulièrement. Parce que, sans doute, ils étaient les plus fervents. Ce sont Simon, Jacques et Jean. Simon, alliant au témoignage de sa foi en la divinité de Jésus une autorité naturelle, allait devenir le fondement visible de l’Église du Christ, sa pierre de fondation. C’est pourquoi Jésus changea son nom en celui de Pierre. Les deux frères Jacques et Jean furent surnommés par Jésus les « fils du tonnerre » en raison de l’ardeur particulière qui les animait au service du Christ. Dans le royaume de Dieu, que Jésus venait établir, ils ambitionnaient les premières places, comme le laisse entendre clairement l’intervention de leur mère auprès du Seigneur : « Ordonne, lui dit-elle, que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ton royaume ». (Mt. 20, 21).

Répondant à l’indignation des autres apôtres, Jésus, les ayant tous appelés près de lui, leur dit : « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour donner sa vie en rançon pour une multitude ». (Mt.20 24-28).

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L’humilité de saint Jean-Baptiste

Par L’Abbé J.-Réal Bleau — Photo : Lawrence OP/Flickr

L’humilité consiste à avoir de bas sentiments de soi-même, à ne s’attribuer aucune vertu ni aucun bien, car nous avons tout reçu de Dieu. Pour qui que nous soyons, la vérité est que nous ne sommes rien et ne pouvons rien par nous-mêmes. Nous sommes tous très fragiles par quelque côté, et en raison des conséquences du péché originel, nous sommes portés au mal dès notre jeunesse, à moins d’être favorisés d’une grâce tout à fait spéciale qui nous préserverait du mal, comme Dieu est bien libre de l’accorder à des âmes choisies par Lui pour manifester l’entière gratuité de sa miséricorde. Il demeure que pour tous les hommes, sans la grâce de Dieu, ils ne peuvent rien faire de ces actes surnaturels de foi et de charité qu’il est absolument nécessaire d’accomplir pour obtenir le salut éternel.

L’orgueil est le mensonge fondamental, où un esprit créé se ment à lui-même et s’enferme dans la fausse certitude que la grâce de Dieu ne lui est pas absolument nécessaire pour bien vivre. Il n’aurait pas besoin du secours habituel de Dieu. Ce mensonge rend incapable tout esprit, quel qu’il soit, de porter un témoignage sans équivoque à la Vérité absolue, qui est Dieu, et donc à Jésus Christ, le Verbe de Dieu incarné,

Saint Jean-Baptiste a été purifié de tout péché et sanctifié dans le sein de sa mère pour être le premier grand témoin infaillible de la Vérité infinie, incarnée en Jésus-Christ. L’apôtre saint Jean nous le présente ainsi : « Il y eut un homme envoyé de Dieu. Son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui ». (Jn. 1, 6-7). Le témoignage que saint Jean Baptiste rend à la Vérité est parfait et infaillible. Il est parfait parce qu’il est tout entier l’œuvre de Dieu en lui. Il est infaillible, parce que lui étant inspiré par l’Esprit Saint, il est transmis par lui dans la plus parfaite humilité, en n’y mêlant rien de ce qui viendrait de lui-même. Non seulement les juifs mais tous les hommes peuvent s’appuyer sur son témoignage pour croire que Jésus est le Fils de Dieu, l’Agneau de Dieu immolé pour le salut du monde.

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L’humilité de saint Joseph

Par l’Abbé J.-Réal Bleau ― Photo : Paris Musées/Wikimedia Commons

Personne ne démontre autant que saint Joseph — dont la gloire n’a pas d’égale après celle de la très sainte Vierge son Épouse immaculée — que l’humilité consiste à mourir à soi-même pour cacher sa propre vie en Dieu.

La mission confiée par Dieu à saint Joseph surpasse, bien au-delà de ce que notre raison peut apprécier, celle des plus grands et saints personnages qui ont vécu et vivront sur cette terre. On ne pourra jamais comprendre à quelle grandeur Dieu l’a élevé en l’appelant à être le Père virginal de son Fils unique incarné en Marie immaculée, sa véritable épouse, toujours vierge.

Époux de la Mère de Dieu, Père légal de Celui qui, de toute éternité, ne peut avoir pour Père que Dieu lui-même dont la majesté est infinie, qui aurait pu s’élever à une telle dignité par les mérites de ses propres vertus ? En raison de cette dignité souveraine, l’autorité paternelle de saint Joseph ne s’arrête pas au gouvernement de la Sainte Famille mais s’étend très certainement à toutes les familles de la terre depuis le commencement jusqu’à la fin du monde. Père — en vertu de la Loi sacrée de la première Alliance — de Jésus le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, et époux de Marie Mère de Dieu et Reine de tout l’univers créé, l’humble saint Joseph, le pauvre charpentier de Nazareth, participe intimement à tant de grandeur d’origine divine. Cela, il ne peut l’ignorer, car durant toute sa vie, il est entré progressivement dans la profondeur du mystère de l’incarnation. Peu à peu, il a vu ce grand mystère de l’amour gratuit de Dieu pour les hommes se déployer devant ses yeux. Et il a constaté le rôle spécial qu’il devait y jouer de par la volonté de Dieu.

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La toute humble Vierge Marie

Par l’Abbé J.-Réal Bleau ― Photo (côtés flous rajoutés) : Sailko/Wikimedia Commons

L’humilité, qui aime à être ignorée et à cacher sa grandeur aux yeux des hommes, est la vertu la plus éclatante de beauté aux yeux de Dieu. C’est la vertu qui rend l’âme la plus semblable à Dieu, dans le mystère de sa propre humilité, qui est inséparable de son amour infini. Car l’amour de Dieu ne connaît pas de joie plus profonde, pour ainsi dire, que de s’abaisser auprès de ce qu’il y a de plus bas pour l’élever au-dessus de tout ce que l’esprit humain juge de plus haut. L’Esprit de Dieu, dans son amour absolument gratuit, est attiré irrésistiblement vers ce qu’il y a de plus humble.

C’est parce que La Vierge Marie était, dans son Cœur immaculé, la plus humble de toutes les créatures, la plus entièrement détachée d’elle-même et de tout bien créé, que Dieu l’a choisie pour être, entre toutes les femmes, sa Fille bien-aimée, l’Épouse chérie de son Cœur, et qu’Il l’a aimée au point de s’incarner en elle par l’opération de son divin Esprit. Que peut-il exister de plus élevé, de plus grand et de plus glorieux pour une créature que de devenir la Mère du Créateur ?

Le mystère ineffable de la maternité divine de Marie s’enracine dans son humilité. Ce rapport de la gloire à l’humilité, qui la fonde, est le principe divin de toute véritable grandeur. C’est la loi qui prévaut en matière de primauté dans le royaume de Dieu. Elle a été proclamée par Jésus-Christ devant ses apôtres, lorsqu’il leur a dit : « celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est le plus grand ». (Luc 11 11 ; 22 26).

Totalement oublieuse de sa grandeur unique de Mère de Dieu, qui la situe incomparablement au-dessus de tout ce que les hommes estiment de plus grand, la Vierge au Cœur immaculé ne songe qu’à s’humilier. Elle ne se voit que comme une petite servante et chante à pleine voix sa reconnaissance au Seigneur. Son humilité se traduit en action de grâces. C’est dans la mesure qu’une âme est humble que, détachée de tout amour propre, elle renvoie au Seigneur, comme en leur seule source, tous les dons de son amour dans un cantique perpétuel de louange et d’action de grâces.

Par ce retour d’amour continuel au Principe des dons divins, qui est l’Esprit-Saint, l’humilité est source de joie vive pour l’âme, et la fait chanter sans cesse, au sein même des épreuves : « Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit exulte de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu’Il a jeté les yeux sur son humble servante… ». (Luc 1 46-48). L’humilité, dont la Vierge Marie est le plus parfait modèle, est le meilleur remède à cette espèce de tristesse négative, qui déprime l’âme et la pousse au découragement et au désespoir. C’est pourquoi saint Ambroise recommandait fortement aux âmes qu’il dirigeait de porter en elles l’âme de Marie, de vivre en communion avec les sentiments de son Cœur, dans la joie pleine de reconnaissance de son constant Fiat à la volonté du Père.

J.-R.B.

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Jésus-Christ, Souverain Modèle de l’humilité

Par l’Abbé J.-Réal Bleau ― Photo : Wikimedia Commons

Le seul vrai Dieu, qui est tout Amour, Père, Fils et Esprit-Saint, est la source de l’humilité. Car dans sa bonté infinie, Dieu s’abaisse aussi profondément qu’est profond son amour à l’égard des hommes. Comme Il est l’Amour infini, son humilité est également infinie. Nous pouvons dire qu’Il est l’humilité même, et par suite la douceur même.

De l’humilité, Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné est le parfait modèle. Modèle à la fois divin et humain. C’est en Lui qu’on peut contempler l’humilité du Père, selon ce qu’Il a affirmé lui-même de son unité substantielle avec Lui : « Ne crois-tu pas que le Père est en moi et que je suis dans le Père ? Le Père et moi nous sommes Un. Qui me voie, voie le Père ».

En sa sainte humanité, l’humilité de Jésus est sans limite. Ce n’est qu’en regardant son Cœur doux et humble, qui inspire toutes ses pensées, tous ses sentiments, ses désirs, ses affections et ses actions, qu’il nous est possible d’apprendre la véritable humilité. Non, certes, la définition de l’humilité, mais l’humilité vécue, l’humilité concrète qui se parfait dans l’obéissance. Depuis sa naissance dans l’étable de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix, Jésus n’a fait qu’obéir en toutes choses, à tout moment, à la volonté du Père toute orientée vers le salut de l’humanité. Saint Paul résumera la vie de Jésus en disant : « Lui de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix » (Phil. 2. 8).

Il nous faut comprendre que dans sa plus haute signification, l’humilité veut dire, pour nous comme pour Jésus, obéir à Dieu en tout ce qu’il nous demande. Lorsque nous désobéissons à ses commandements, gravement ou même légèrement, nous manifestons le détestable orgueil qui nous anime plus ou moins dans nos pensées, nos désirs et nos actes. Si désobéir aux commandements de Dieu vient toujours de notre orgueil et de notre manque d’amour de Dieu, la vertu d’humilité que nous devons acquérir de toute nécessité pour aimer Dieu par-dessus tout exige de notre part que nous résistions fermement à tous les ordres, préceptes ou lois qui s’opposent à la volonté de Dieu, et avant tout à ses commandements, tant au plan religieux que civil. L’obéissance aux hommes, quels qu’ils soient, est une obéissance illusoire, lorsqu’elle n’est pas entièrement soumise à l’obéissance à l’autorité de Dieu.

C’est l’humilité qui fait les vrais témoins et défenseurs héroïques des vérités divines de la foi et de la morale, soit au niveau de la famille, de la communauté politique, et même de l’Église universelle. On ne peut pas témoigner de la vérité évangélique sans être prêt, comme Jésus, à subir de graves persécutions, incluant la perte de notre réputation, la prison et même la mort pour Jésus et son Règne. Ce que l’orgueil se rebutera toujours à accepter. L’humilité et l’amour sans limite se rencontrent de la façon la plus parfaite sur la sainte montagne du Calvaire, où du haut de la Croix, le Cœur ouvert de Jésus, si profondément humilié attire à Lui tous les hommes.

J.-R.B.

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À la Source de l’Humilité

Par l’Abbé J.-Réal Bleau ― Photo (côtés flous rajoutés) : Jürgen Howaldt/Wikimedia Commons

Pour progresser dans ma vie spirituelle, je réfléchis d’abord sur l’humilité, parce qu’elle en est le fondement. Et je me demande qu’elle en est la source.

À la Source de l’Humilité

À la source de l’humilité,

  • Il y a Dieu, le Père tout-puissant et infiniment humble,
  • Il y a l’Esprit de vérité et d’amour, par l’opération duquel la toute humble Vierge Marie a conçu dans sa chair le Fils unique et Bien-aimé du Père, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Dans le divin Cœur de Jésus doux et humble, l’Esprit-Saint a enfermé tous les trésors de la sagesse divine, « la plénitude de la grâce et de la vérité » (Jn 1 14).

C’est donc dans le Cœur de Jésus d’une infinie douceur et humilité que nous devons tous aller puiser, comme en sa source première, l’humilité de cœur et d’esprit, dans laquelle s’enracinent toutes les autres vertus, dont la charité est la glorieuse reine.

Ce devoir, qui est pour nous tous, pauvres pécheurs, d’une absolue nécessité, si nous voulons mener tout simplement une vie raisonnable et chrétienne, nous jette tout de suite, aux pieds de Jésus, dans une attitude de prière et d’adoration.

La prière est essentiellement l’acte d’une âme pauvre devant Dieu, qui ressent un besoin urgent et constant de son aide, et avec foi et confiance crie son extrême indigence à son Seigneur infiniment riche et puissant, dont elle se sait tendrement aimée.

L’adoration, qui est l’attitude intérieure continuelle des anges au ciel, et qui doit être aussi celle de tous les hommes sur la terre, est d’abord l’aveu de son néant que fait toute créature intelligente devant son Créateur. Elle est aussi la reconnaissance de la souveraine majesté de Dieu, à qui seul doit être sans cesse rendue la soumission totale et aimante de toute la création. C’est ce qu’exprime la formule habituelle de l’acte d’adoration : « Mon Dieu, je vous reconnais pour mon Créateur, mon souverain Seigneur, et pour le Maître absolu de toutes choses ».

Par le baptême nous avons été marqués du sceau indélébile de Dieu Père, Fils et Esprit Saint, de sorte que dès ce moment béni entre tous, nous avons été consacrés pour toujours à ce grand Dieu d’amour, le seul vrai Dieu. Nous lui appartenons pleinement comme ses enfants et Il nous appelle à l’adorer nuit et jour, en esprit et en vérité, dans le Cœur doux et humble de Jésus-Christ Notre Seigneur.

J.R.B.

Prière pour demander l’humilité

O Dieu Sauveur, je vous en prie, donnez-nous l’humilité, vous qui avez toujours cherché la gloire de votre Père, aux dépens de votre propre gloire.
Aidez-nous à renoncer une fois pour toutes à nous complaire en vain dans les succès.
Délivrez-nous de l’orgueil caché et du désir que les autres nous estiment.
Nous vous supplions, Seigneur miséricordieux, de nous donner l’esprit de pauvreté.
Et si nous devons avoir des biens, faites que notre esprit n’en soit pas contaminé, ni la justice blessée, ni nos cœurs embarrassés.

Saint Vincent de Paul

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Le Triomphe final du combat de la foi

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le 3e Dimanche après Pâques) ― Photo (modifiée) : Wikimedia commons

Depuis notre première capsule réconfort, début avril 2020, une année complète s’est écoulée, où nos méditations se sont inspirées surtout des leçons toujours opportunes que nous livre chaque semaine l’enseignement spirituel si beau et si complet de notre sainte liturgie.

Avec l’Ascension qui approche, à la mi-mai, nous commencerons un nouveau cycle de réflexions bimensuelles dans le but de progresser dans notre vie spirituelle.

« Nos jours sont mauvais », disait déjà saint Paul, plongé dans les persécutions que l’Église naissante traversait et qui le frappaient personnellement de plein fouet.

La crise sanitaire actuelle s’accompagne d’une crise religieuse incomparablement plus dangereuse. Quiconque considère objectivement ce qui se passe dans le monde ne peut pas ne pas admettre que l’Église catholique qui, seule, est en possession des richesses infinies des grâces de la rédemption ordonnées au salut de tous les hommes, est très gravement persécutée aujourd’hui. Elle est persécutée par un pouvoir mondial dictatorial qui, sous prétexte de protection de la santé publique, enfreint sa liberté de droit divin d’accomplir, sans entraves extérieures, la mission de salut universel qu’elle a reçue directement du Christ-Jésus.

Il y a présentement un danger réel qu’un bon nombre de fidèles, insuffisamment nourris spirituellement, ne pensent plus qu’à la santé de leur corps, menacée beaucoup plus par une peur morbide du coronavirus et de ses « variants » qu’en réalité. Voilà pourquoi il importe pour chacun de nous de veiller davantage au soin de notre vie spirituelle. Nous sommes nés, nous avons été baptisés pour mener le bon combat de la foi à la suite du Christ. Ce combat, dont l’enjeu est le ciel, exige d’abord la connaissance de nous-mêmes pour être en mesure de nous corriger énergiquement de nos défauts et de nos vices, dans lesquels s’enracinent nos faiblesses et nos misères. La lutte contre nous-mêmes, c’est-à-dire ce qu’il y a de mauvais en nous, nous est absolument nécessaire, si nous voulons acquérir la force invincible de l’Esprit-Saint devant les attaques de plus en plus insidieuses et audacieuses des ennemis de notre salut, Satan, avec tous ses anges révoltés et ses innombrables alliés humains, qui composent ensemble la Puissance des ténèbres.

J.R.B.

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Ce n’est qu’au jour du jugement qu’éclatera le triomphe de ceux qui auront mené courageusement jusqu’au bout le combat de la foi. Alors, ils se lèveront avec une force insurpassable à la face des impies qui les auront persécutés. Près du tribunal du Souverain Juge, ils manifesteront une pleine assurance : l’assurance que leur donneront la sainteté de la cause de Dieu qu’ils auront défendue, l’amitié du Christ dans laquelle ils auront vécu, la grâce du Saint-Esprit, à laquelle ils auront été fidèles, la société glorieuse de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints anges à laquelle ils seront réunis. Les justes seront pleins d’assurance parce qu’ils ne seront pas jugés. Les saints apôtres, en effet, siégeront avec Jésus-Christ pour juger les douze tribus d’Israël, c’est-à-dire toutes les nations. Les autres saints se tiendront autour du trône de l’Agneau de Dieu comme les trophées de sa victoire.

Devant eux, leurs persécuteurs, réunis à l’affreuse société des démons, seront saisis d’une crainte épouvantable. Tout tremblants et courbés sous le poids de leurs péchés, ils seront incapables de lever la tête. Ils regretteront amèrement d’avoir combattu Jésus-Christ, l’unique Sauveur du monde, et d’avoir tout fait pour détruire la prédication et les travaux apostoliques de ses fidèles serviteurs. Ceux qui se seront opposés à l’autorité suprême de Dieu et à la royauté du Christ sur toutes les nations, en se faisant les promoteurs insensés d’une société laïque, c’est-à-dire sans Dieu, seront « confondus par la face du Seigneur », écrit saint Paul (II Thess. 1 9). Tous les membres des sectes anticatholiques, tous ceux qui se seront dits athées, tous les païens, pour avoir refusé la grâce de la conversion, offerte à tous par le divin Sauveur jusqu’au dernier moment de leur vie, seront alors terriblement et à jamais condamnés. La seule présence du Seigneur sera pour eux un supplice et un tourment. Ils ne pourront pas soutenir la lumière du visage du Seigneur rayonnant de sa majesté divine. Consternés, « ils diront aux montagnes et aux rochers : tombez sur nous, et cachez-nous de la face de Celui qui siège sur le Trône et de la colère de l’Agneau. » (Apoc. 6, 16).

Secoués par des sanglots interminables, ils reconnaîtront publiquement la justice de Dieu, la justice du Christ et la justice de ses apôtres, martyrs et confesseurs, qu’ils auront cruellement méprisée. Tous ceux aussi qui, par fausse miséricorde, auront voulu changer les principes immuables de l’unique vraie religion, fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ, à quelque niveau de la hiérarchie qu’ils auront appartenu, seront rejetés en dehors du royaume de Dieu comme de malheureux renégats. Ils ne s’en prendront qu’à eux-mêmes d’avoir erré hors de la voie du salut, tracée par Notre-Seigneur Jésus-Christ et par l’enseignement constant de son Église, et donc d’avoir rejeté la vraie foi, qu’il faut absolument conserver et défendre si l’on veut plaire à Dieu (Hé. 11 6).

Si nous demeurons fidèles à cette vraie foi, quels que soient les sacrifices que cette fidélité puisse exiger de nous, la joie immense de participer à la victoire finale du Christ nous est assurée. Les yeux fixés sur Jésus-Christ et notre cœur goûtant déjà le bonheur éternel qu’il promet à ses amis, poursuivons donc notre route avec humilité et une force d’âme inébranlable !

J. R. B.

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