M'INSCRIRE
DONNER

Joignez-vous au mouvement

CQV défend la personne humaine, de la conception à la mort naturelle.

ou

×

Les plus illustres Princes du Divin Roi

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête de saint Pierre et saint Paul) ― Photo : Jorge Elías/Flickr

Les deux apôtres Pierre et Paul, comme des flammes ardentes, ont illuminé l’Église naissante. C’est par leur courage allant jusqu’à l’effusion de leur sang qu’ils ont fait resplendir la lumière du Christ dans la Rome maîtresse de l’univers mais en même temps plongée dans les ténèbres du paganisme.

Saint Pierre fut, en tant que premier Vicaire de Jésus Christ sur la terre, le détenteur d’un pouvoir infiniment supérieur à celui des plus puissants empereurs romains. Parce qu’il fut le premier des apôtres à proclamer la foi en Jésus Fils de Dieu et Messie envoyé par le Père pour sauver l’humanité entière, Jésus lui manifesta, de son côté, son identité personnelle correspondant à sa mission providentielle. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église… ». C’était la réponse du Sauveur à l’homme auquel Dieu le Père avait révélé l’identité de son Fils unique. La foi de Pierre en la divinité de Jésus Christ et en l’œuvre du salut du monde qu’Il venait accomplir demeure le fondement solide de la seule véritable Église, que toutes les forces du mal conjuguées ne pourront jamais détruire. La foi de Pierre, comme une arme invincible a renversé la puissance de la Rome païenne et en a fait la plus glorieuse de toutes les villes, la Ville éternelle, d’où devait s’étendre dans le monde entier la souveraine autorité du Christ, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.

Saint Paul, une fois converti du judaïsme à la foi chrétienne, n’eut d’autre ambition que de prêcher jusqu’aux confins de la terre qu’il n’y a d’autre Nom donné aux hommes par lequel ils puissent être sauvés que le saint Nom de Jésus, devant lequel s’agenouillent toutes les créatures au ciel, sur terre et dans les enfers. Il ne voulait tirer aucune gloire de ses travaux apostoliques, plus admirables que les exploits des plus grands héros, mais ne se glorifier que dans la croix de Jésus-Christ. Il montrait Jésus crucifié et ressuscité comme étant la seule source de salut, de vie, et de résurrection. Les plus grandes épreuves n’ont jamais refroidi son ardeur à suivre et à imiter Jésus, ni ralenti son élan à le faire partout connaître et aimer.

Saint Pierre nous rappelle aujourd’hui que, pour obtenir la grâce d’une foi victorieuse de tout ce qui peut s’y opposer, il faut toujours d’abord obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Il faut, certes, obéir aux autorités civiles et religieuses légitimes, mais dans la mesure où elles ne contreviennent pas aux lois divines qui sont au-dessus de toutes les lois humaines. C’est l’autorité suprême de Dieu, du Christ-Jésus, le Fils unique de Dieu qui doit avant tout guider notre conduite dans l’observance des lois et de toutes les consignes pouvant venir des autorités humaines qui nous gouvernent.

Quant à lui, saint Paul nous recommande de tout faire, quelques soient nos actions, au nom de Jésus, de nous référer constamment à Jésus, de l’imiter au point que ce ne soit plus nous qui vivions, mais Lui en nous et nous en Lui, auquel seul soit rendu tout honneur et toute gloire !

Saint Pierre et saint Paul, illustres Princes du divin Roi, glorieux vainqueurs dans le combat de la foi que vous avez soutenu dans la plus entière fidélité à la grâce, aidez-nous de votre prière du haut du ciel afin que nous aussi, dans la crise affreuse que traverse l’Église actuellement, nous conservions la vraie foi et puissions partager avec vous la joie infinie de notre divin Sauveur.

J. -R. Bleau, ptre.

Laissez un commentaire

Louange et prière à notre patron national : saint Jean-Baptiste

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête de saint Jean-Baptiste) ― Photo (rognée) : Web Gallery of Art/Wikimedia Commons

La naissance de saint Jean-Baptiste a été célébrée dans l’Église avec une particulière solennité dès les premiers siècles. L’Église-mère de Rome, la Basilique Saint-Sauveur du Latran, est en même temps dédiée à saint Jean-Baptiste. Au jour de sa naissance, on y célébrait au moins trois messes, commençant par une messe de minuit, comme la coutume s’était établie pour la Nativité du Sauveur lui-même.

La raison de cette dévotion spéciale de l’Église primitive à saint Jean-Baptiste est son rôle de Précurseur immédiat du Christ, par lequel il surpasse en dignité tous les prophètes de l’Ancien Testament. Revivait en lui, au témoignage de Notre-Seigneur Jésus lui-même, l’esprit du prophète Élie, unanimement considéré par le peuple d’Israël comme le prophète par excellence.

Outre sa mission unique de Précurseur, qui le distingue parmi tous les amis de l’Époux divin du nouveau peuple de Dieu, Jésus a déclaré saint Jean-Baptiste le plus grand des hommes nés de la femme. Il apparaît au terme de l’Ancienne Alliance comme l’âme la plus élevée qu’elle ait pu produire, résumant en lui toutes les vertus caractérisant l’Attente d’Israël, et tout particulièrement l’esprit de pénitence. « Faites pénitence, prêchait-il à la foule de ceux qui venaient se faire baptiser par lui, car le Royaume de Dieu est proche. »

La pénitence qu’il réclamait comme étant la condition indispensable pour accueillir le Christ signifiait une conversion profonde du cœur, s’exprimant par un repentir sincère de tous ses péchés avec la volonté de se conformer totalement à la volonté de Dieu. Son baptême, bien que n’étant pas un sacrement pouvant remettre les péchés, était un signe extérieur de la contrition intérieure, qui dispose l’âme au pardon divin.

Dieu n’a pas les mêmes critères de grandeur que les hommes. À ses yeux, on est grand dans la mesure qu’on se fait petit, qu’on s’abaisse. Jésus, à la fois Dieu et homme, est Celui qui s’est le plus abaissé : il ne peut exister d’abaissement plus prodigieux que l’incarnation du Fils de Dieu. C’est pourquoi aucun homme ne peut lui être comparé. Il est infiniment au-dessus de tout ce que le monde ne pourra jamais considérer de grand. Saint Jean-Baptiste était pénétré de cette vérité. À cause de sa réputation extraordinaire de sainteté, plusieurs de ses disciples l’honoraient comme étant le Christ. Mais lui, de leur rétorquer vivement : Je ne suis pas le Christ ; je ne suis même pas digne de m’incliner à ses pieds pour délier les courroies de ses sandales. Je ne suis qu’un souffle qui s’évanouit, la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur. Il doit grandir de plus en plus dans votre estime. Quant à moi, il faut que je diminue, que je m’efface totalement devant Lui. Allez donc à Lui. Lui seul est l’Agneau sans tache envoyé par Dieu pour porter sur lui et expier tous les péchés du monde, et ainsi sauver l’humanité entière.

Laissez un commentaire Lire la suite

Le sens premier de la dévotion au Sacré-Cœur

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour la fête du Sacré-Cœur) ― Photo : Lloydbaltazar/Wikimedia Commons

« Dieu est Amour », nous dit saint Jean, l’apôtre qui a pénétré le plus profondément dans le mystère de Dieu. Et l’amour ineffable de Dieu pour nous s’est manifesté dans le don qu’Il nous a fait de son Fils unique qui est sa parfaite image, l’expression éternelle et la révélation vivante des richesses insondables de sa sagesse et de son amour. Le Verbe de Dieu fait chair, Jésus-Christ, ne pouvait être que le plus grand don de Dieu fait à l’humanité, la plus éclatante preuve de son amour sans bornes pour tous les hommes. Jésus Lui-même en a témoigné à Nicodème, ce pharisien sincère qui cherchait la vérité : « Dieu a tellement aimé le monde, qu’Il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ». À la samaritaine, Jésus déclare : « si tu savais le don de Dieu ».

Qu’est-ce donc qui a poussé Dieu à se faire homme, demande saint Anselme ? Rien d’autre que son amour absolument gratuit et sans aucune limite. Et quelle a été la mission de l’Homme-Dieu sur la terre ? Jésus-Christ est venu nous faire connaître et aimer Dieu, comme Lui, son Fils unique, Le connaît et L’aime, et nous rendre ainsi participants de sa propre vie divine. Voilà le but de la seule religion voulue de Dieu, que Jésus-Christ est venu fonder : que l’amour infini de Dieu qui brûle son divin Cœur enflamme tous les cœurs des hommes, au point qu’ils soient transformés par ce feu sacré et ne fassent plus qu’un dans le Cœur de Jésus. Aucune autre religion que la religion catholique d’origine immédiatement divine ne pouvait avoir un but si sublime : enflammer l’univers entier du feu de l’amour qui consume le Cœur du Christ.

Tel est le sens premier de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Ce n’est pas une dévotion comme les autres, qui sont toutes excellentes dans la fin particulière qu’elles poursuivent. La dévotion au Sacré-Cœur embrasse en fait toutes les autres dévotions et entend les mener à un amour de plus en plus ardent du Christ-Jésus, mieux connu dans tous ses mystères, aimé vraiment et profondément, et imité de plus en plus parfaitement. La dévotion au Sacré-Cœur est un universel appel à l’amour pour répondre à l’amour infini du seul véritable Dieu, dans lequel il ne peut y avoir que de l’amour. Elle est une invitation constante de Dieu notre Père d’aller boire à la source du Sauveur l’amour divin seul capable de porter remède aux terribles maux dont souffre l’humanité, et par là de renouveler en profondeur l’Église et d’apporter au monde la justice et la paix. Prendre d’abord une vive conscience de la miséricorde incommensurable de Jésus pour tous et chacun des hommes afin que tous n’aient pas peur d’ouvrir spontanément leur cœur, aussi misérable soit-il, au don inouï qu’Il veut leur faire de son propre Cœur, c’est le motif fondamental de la dévotion au Sacré-Cœur.

J.-Réal Bleau, ptre.

Laissez un commentaire

La Merveille des merveilles

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche de la solennité de la Fête-Dieu) ― Photo : Fennec/Wikimedia Commons

« Une grande solennité s’est levée sur le monde : la Fête-Dieu. Ainsi l’ont appelée nos Pères ; vraiment fête de Dieu, mais aussi fête de l’homme, étant la fête du Christ médiateur présent dans l’Hostie pour donner Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. L’union divine est la plus grande aspiration de l’humanité ; à cette aspiration, ici-bas même, Dieu a répondu par une invention du ciel. L’homme célèbre aujourd’hui cette divine merveille. » (Dom Prosper Guéranger.)

La merveille de la Très Sainte Eucharistie résume en réalité toutes les autres merveilles accomplies par Dieu en faveur de l’humanité. Le Verbe divin y prolonge le mystère de son incarnation, car en ce saint Sacrement sont réellement présents le Corps et le Sang du Fils de Dieu, qui s’est fait chair dans le sein de la Vierge Marie. La chair qui est donnée en aliment de vie aux hommes en l’Eucharistie est identique à celle que le Verbe a puisée en Marie. C’est l’humble Vierge Marie qui a préparé pour le monde le banquet sacré de la divine Eucharistie, c’est elle qui invite tous les hommes à venir se nourrir de son Jésus, afin que tous en reçoivent la vie éternelle. Dans les premières Vêpres de cette belle fête, l’Église chante le rôle providentiel de Marie, à laquelle nous devons le glorieux Corps et le Sang précieux de Jésus, se livrant à nous dans l’Eucharistie : « Chante, ô ma langue, le mystère du glorieux Corps et du Sang précieux que le Roi des nations, fils d’une noble mère, a versé pour la rédemption du monde. Il nous fut donné, il est né pour nous de la Vierge sans tache ; il vécut avec les hommes et après avoir jeté la semence de sa parole, il termina son pèlerinage par une admirable merveille ».

Dans la Sainte Eucharistie, Jésus, qui y prolonge son incarnation, renouvelle aussi sa Passion pour nous tous, pauvres pécheurs, qui attendons de Lui notre salut. L’oraison et l’épître de la messe marquent particulièrement l’unité de la Très Sainte Eucharistie et du Sacrifice de la Croix. L’Église nous fait demander aujourd’hui le sens de l’adoration, c’est-à-dire la grâce d’adorer Jésus réellement présent dans la sainte Eucharistie avec une foi si grande que nous puissions continuellement ressentir en nous les fruits de la rédemption. Ressentir continuellement en nous les fruits de la rédemption, cela signifie éprouver la joie incomparable des âmes purifiées de toute souillure et illuminées par la lumière du Christ. Ce n’est rien d’autre que d’avoir un avant-goût du bonheur du ciel.

La très sainte Eucharistie est la plus admirable invention du Cœur du divin Sauveur de toute l’humanité, parce que par ce sacrement Il s’approche de tous les hommes qui cherchent vraiment Dieu jusqu’à venir dans l’intimité de leur cœur. Une telle intimité de Dieu avec les hommes ne se trouve dans aucune autre religion que la religion catholique, comme le remarque saint Thomas d’Aquin. Par l’Eucharistie, Dieu ne fait pas que s’abaisser pour être avec ses créatures, Il entre vraiment en elles, pour qu’elles entrent en Lui et vivent en Lui. « Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui », nous assure Jésus Lui-même. Où peut-on trouver une autre religion où Dieu élève à ce point ses serviteurs qu’Il leur fait part de sa dignité de Roi des rois et de Seigneur des seigneurs, en les divinisant ? N’a-t-il jamais été possible qu’un fondateur de quelque autre religion se soit donné en nourriture pour que ses adeptes vivent par lui ? Jésus seul, Fils unique et bien-aimé du Père céleste peut dire : « De même que le Père vivant m’a envoyé, et que moi je vis par le Père ; ainsi celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi ».

La très sainte Eucharistie, dans laquelle sont présentes et agissantes toutes les merveilles accomplies par Jésus-Christ par amour pour nous, est au cœur de notre sainte religion le plus grand Signe de sa divinité et de son exclusive vérité.

J.-Réal Bleau, ptre

Laissez un commentaire

La Très sainte Trinité : Mystère de l’Amour infini de Dieu

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche de la Très sainte Trinité) ― Photo (modifiée) : Dorotheum/Wikimedia Commons

Jésus-Christ seul, en tant que Fils unique de Dieu, pouvait révéler au monde le secret impénétrable de la vie intime de Dieu, le mystère de son amour infini.

Plusieurs fois, dans le saint Évangile, il est fait mention des trois personnes divines. Lors de son baptême, le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe, vient se poser sur la tête de Jésus, et du ciel la voix puissante Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». C’est la solennelle inauguration de la mission divine du Sauveur. Au cours de sa vie publique, Jésus lui-même nomme souvent le Père qu’Il appelle son Père au sens propre du terme, au point que les juifs se scandalisaient de ce qu’Il se faisait Fils de Dieu, et qu’il faisait de Dieu son Père. Jésus affirme sa consubstantialité avec le Père, en disant : « celui qui me voit, voit aussi le Père » (Jn 14 9) : « Ne croyez-vous pas que le Père est en moi, et que je suis dans le Père » (Jn 14 11) ; « le Père et moi, nous sommes un » (Jn 10 30). Il révèle la personne divine du Saint-Esprit, distincte du Père et de lui-même ; Il l’appelle « l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas » (Jn 14 17). Il assure qu’une fois retourné au Père, il demandera au Père de l’envoyer pour poursuivre sa mission et pour suppléer au défaut de sa présence, en qualité de parfait Consolateur, de Défenseur et de Docteur : « Le Paraclet, l’Esprit-Saint que mon Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit, et Il vous conduira à la vérité toute entière » (Jn 14 26). Jésus parle aussi des trois personnes divines ensemble de la façon la plus claire, la plus explicite dans la mission qu’Il donne à ses apôtres avant de monter au ciel : « Allez, enseignez toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28 19).

Sans la révélation du Fils de Dieu incarné, la raison humaine n’aurait jamais pu même soupçonner ce mystère, qui se dresse devant ses prétentions de pouvoir tout comprendre comme le défi suprême. Ce mystère qui défie la raison est par ailleurs tout à fait raisonnable en ce sens que, loin de s’y opposer, il lui apporte une très vive lumière dans sa recherche de la vérité sur l’homme que Dieu a fait à son image et ressemblance, et aussi sur le sens de l’univers, qui selon saint Bonaventure, porte dans tous les êtres qui le composent la marque de la très sainte Trinité, c’est-à-dire du seul Dieu véritable, qui est tout entier Amour.

Certes, l’amour n’existerait pas en Dieu, s’il ne pouvait s’exprimer, se dire. Or, l’expression éternelle de l’amour infini du Père est son Verbe qui est sa parfaite image. C’est ce Verbe qui, de toute éternité exprimant parfaitement l’amour infini du Père, et qui n’est Lui-même qu’amour, s’est incarné en Jésus-Christ. Il s’est fait homme pour sauver tous les hommes par pur amour, en les recouvrant de la miséricorde infinie du Père.

Par ailleurs, sans un échange éternel d’amour entre le Père et le Fils, il n’y aurait pas entre eux de parfait amour. C’est l’Esprit-Saint qui est le souffle de l’amour infini que se disent de toute éternité le Père et le Fils. Ainsi, le mystère de Dieu est le mystère de l’amour dans toute sa plénitude. L’amour infini de Dieu-Trinité est la source éternellement jaillissante de tout amour véritable qui — au-delà de tous les malheurs, conséquences du péché — remplit tout l’univers. L’amour des trois Personnes divines remplit tout l’univers d’abord dans la magnificence de la création et plus admirablement encore dans l’immense miséricorde de la rédemption gratuitement offerte par Dieu au monde entier.

Il s’ensuit que les cieux et la terre témoignent sans cesse de l’amour infini de Dieu pour l’humanité. C’est la seule Grande Réalité qui doit retenir par-dessus tout notre attention, nous consoler dans le mal que nous voyons et souffrons présentement, et nous plonger dans le silence de l’adoration devant l’immensité de l’amour de Dieu pour nous.

J.-Réal Bleau, ptre

Laissez un commentaire

Les merveilles accomplies par l’Esprit Saint

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche de la Pentecôte) ― Photo : Bildindex der Kunst und Architektur/Wikimedia Commons

Lors de la Pentecôte, l’Esprit de Dieu, qui habitait en Jésus, manifesta d’une façon éclatante la divinité de sa personne et de sa doctrine, et mit le sceau de Dieu sur toute son œuvre rédemptrice. Aussi, le même Esprit divin, qui conduisait constamment le Christ à ne faire en toutes choses que la volonté du Père, devait-il être répandu sur son Église pour en être l’âme, la source perpétuelle de sa beauté et de sa fécondité, et pour la rendre victorieuse du combat qu’elle mène pour le triomphe de la vérité.

Mais le Saint-Esprit ne peut exercer dans les membres du Corps mystique de Jésus-Christ — quelle que soit leur situation et leur fonction dans l’Église — sa merveilleuse action que s’il n’y rencontre aucune résistance. Or, on résiste ouvertement aujourd’hui au Saint-Esprit, par une mise en question audacieuse des vérités fondamentales de la foi, par une désobéissance généralisée aux commandements de Dieu, par une ouverture libérale à l’esprit du monde tout à fait contraire à celui de Jésus-Christ. D’où un manque d’esprit surnaturel omniprésent, beaucoup plus grave chez les pasteurs qui devraient être les modèles de leur troupeau, comme vient de le souligner Mgr Athanasius Schneider. Si le catholicisme n’était pas entravé aujourd’hui dans son rayonnement par tant de froideur, d’indifférence, d’absence de convictions profondes, et même de trahisons pour être bien vus des puissants qui contrôlent le monde ou pour obtenir quelque avantage temporel, aujourd’hui encore, des gens de toutes nations, races et langues pourraient dire avec étonnement des prédicateurs de l’Évangile : « nous entendons tous proclamer dans nos propres langues les merveilles de Dieu » (Ac 2 6-8).

Dans la crise actuelle de l’Église, il n’est pas rare que la divine doctrine de Jésus-Christ, les sacrements institués par Lui, les lois les plus saintes de la tradition catholique soient méprisés, foulés aux pieds. Ce ne peut être que le résultat d’une résistance massive au Saint-Esprit. Sous le prétexte de renouveler l’Église, on détruit souvent avec un zèle aveugle et impie les œuvres admirables que le Saint-Esprit y a produites au cours des siècles, notamment dans le domaine de la sainte liturgie tout ordonnée, principalement par la sainte messe et les sacrements, à la louange de Dieu et à la sanctification des âmes. Ce qui aggrave cette erreur est d’attribuer cette destruction au Saint-Esprit lui-même. Si on y réfléchit bien, laisser entendre que l’Esprit de vérité contredit aujourd’hui ce qu’il a dit dans le passé, qu’il démolit aujourd’hui ce qu’il a édifié hier, cela ne diffère nullement d’un blasphème. Car le même Esprit Saint, qui a parlé par les prophètes, et par-dessus tout par Jésus Christ, a parlé aussi par les Apôtres, les Pères et Docteurs de l’Église et tous les témoins authentiques de la doctrine de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est pourquoi la grande tradition catholique, conçue comme la transmission fidèle de toutes les richesses spirituelles de l’Église, est infaillible, puisqu’elle est l’œuvre tout à fait merveilleuse de l’Esprit Saint, entièrement ordonnée au salut éternel de tous les hommes.

Laissez un commentaire Lire la suite

Le désir de voir Jésus

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le dimanche après l’Ascension) ― Photo (rognée) Andreas Praefcke/Wikimedia Commons

Les jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte ne sont pas des jours tristes mais des jours pleins de la nostalgie de l’Au-delà. Le Christ nous a quittés en montant au ciel ; notre cœur et nos yeux sont entièrement tournés vers Lui. Jusqu’à l’heure où le Consolateur promis par Jésus viendra pour parfaire en nous son œuvre, nous sommes comme des orphelins, qui cherchent à revoir la figure aimée d’un père qui leur a été soudainement ravi. Pénétrés du souvenir de tout ce qu’a fait pour nous notre divin Sauveur, nous le prions ainsi : « Écoutez Seigneur ma voix qui vous invoque. Mon cœur vous a parlé, mes yeux vous ont cherché ; toujours, Seigneur, je chercherai votre visage ; ne détournez pas de moi votre face » (chant d’entrée).

Nous n’avons pas eu, comme les apôtres, la joie de contempler le visage de Jésus, de converser avec Lui, et de Lui toucher. Notre désir de contempler ses traits divins est d’autant plus grand. Comme il l’a dit, il demeure toujours avec nous réellement, mais nous ne pouvons le voir et l’entendre, le rencontrer, et converser avec Lui que dans l’obscurité de la foi. Et pourtant, ses paroles retentissent aussi fort à nos oreilles qu’à celles des apôtres. Et toute son œuvre rédemptrice, renouvelée à chaque messe, est aussi réelle et efficace aujourd’hui que sur le Calvaire. Tous les jours, il nous manifeste son amour sans bornes et son immense miséricorde. Que de fois, il nous est donné d’expérimenter la tendresse infinie de son Cœur ! Mais ce n’est pas assez encore pour nous. Nous voulons le voir, et nous ne serons jamais pleinement heureux tant que nous ne le verrons pas sans voile, tel qu’Il est.

Lorsqu’un cœur s’est laissé prendre dans les liens de l’amour de Jésus, il soupire après le jour où il lui sera uni à jamais, sans aucune crainte d’être séparé de Lui. Comment ne peut-il pas désirer ardemment voir un Dieu si grand, si puissant, si bon, infiniment aimable ? Comment ne peut-il pas désirer contempler le visage d’un Dieu si humble qu’il s’est revêtu de notre nature humaine, s’abaissant pour nous jusqu’à la mort de la croix ? Comment ne pas désirer admirer la face humaine de Jésus-Christ, « ce visage d’une grâce, d’une splendeur, d’une douceur incomparable, d’une beauté si parfaite qu’elle surpasse infiniment tout ce qu’on peut désirer et souhaiter en cette vie » (Vénérable Louis de Blois). Contempler Dieu tel qu’il est, voir Jésus, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, dans toute sa gloire, est la fin même de notre vie. Voilà pourquoi le désir de voir la beauté du visage de Jésus devrait en quelque sorte nous obséder, et nous stimuler puissamment à marcher avec enthousiasme, et même à courir joyeusement dans la voie difficile, et parfois héroïque, qui conduit au ciel.

Si l’amour de Jésus nous presse, si notre pauvre cœur, au moins par un ardent désir, brûle de cet amour que Jésus est venu répandre sur la terre, n’ayons peur d’aucune difficulté, d’aucune persécution, d’aucun virus, eut-il été fabriqué comme une arme satanique de destruction massive. Car, avec Jésus notre Chef, nous qui sommes ses membres, sommes déjà entrés au ciel. Jésus dans sa gloire nous y attend pour nous faire partager la joie infinie de sa victoire.

J.-Réal Bleau, ptre.

Laissez un commentaire

La Prière toute-puissante

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le cinquième dimanche après Pâque) ― Photo (côtés flous rajoutés) : National Gallery/Wikimedia Commons

Toute la liturgie de l’Église en ce temps pascal qui se poursuit jusqu’à la Pentecôte nous invite à la prière, et à une prière de plus en plus fervente et persévérante.

Que faut-il demander à notre Père du Ciel ?

D’abord, d’écouter avec beaucoup d’attention sa Parole. De l’écouter longuement dans le silence, pour qu’elle s’imprime dans nos cœurs. La Parole de notre Père du ciel, c’est son Fils, le Verbe éternel de Dieu qui s’est incarné en Jésus-Christ. « Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous », prêche l’apôtre saint Jean, au début et dans tout son Évangile. Et cette Parole, qui annonce le salut à tous les hommes de bonne volonté, résonne aujourd’hui et résonnera toujours dans l’univers jusqu’à la fin des siècles. Qui ne l’écoute pas, c’est-à-dire refuse de l’écouter, restera dans ses péchés durant toute l’éternité. Comme nous ne pourrons jamais assez y penser, c’est le seul malheur qui est tout à fait sans remède, et dont il faut se garder absolument, si nous comprenons le moindrement jusqu’à quel point Dieu notre Père nous aime avec une infinie tendresse et ne veut perdre aucun de ses enfants. Il ne veut surtout pas perdre ceux qui ne croient pas en Lui, ou y croyant, sont révoltés contre Lui.

Et pourquoi sont-ils révoltés contre leur souverain Seigneur, qui est la douceur même ? Parce qu’ils ne Le connaissent pas. Parce qu’ils ne connaissent pas sa bonté infinie. C’est son Verbe fait chair qui, venant d’auprès de Lui, a reçu la mission de le faire connaître au monde. Pour apprendre à connaître le seul vrai Dieu qui n’est qu’Amour et miséricorde, et pour être progressivement illuminés de sa bienheureuse lumière, qui est l’unique source immaculée de paix et de joie, il nous faut rester à l’écoute de Jésus-Christ, et pour cela savoir fermer nos oreilles à tant de voix discordantes et confuses, qui laissent nos cœurs froids et vides.

Et encore, que faut-il demander à notre Père du ciel ?

Si nous ne faisions que nous réjouir en écoutant Jésus, sans mettre en pratique sa Parole, sans en vivre, sans que Lui-même Jésus soit notre Vie, notre religion serait vaine, nous dit aujourd’hui l’apôtre saint Jacques.

Il faut donc que nous demandions sans cesse à notre Père du ciel de mettre en pratique l’enseignement de Jésus, dont tous les actes sont la parfaite illustration.

Écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique, découvrir Jésus et vivre en sa Présence, ne jamais l’offenser volontairement, mais plutôt s’attacher à Lui de tout notre cœur, de manière à être si intimement unis à Lui qu’on n’écoute que sa voix, voilà ce qu’il faut demander aujourd’hui en priorité à notre Père du ciel. D’être épargnés du coronavirus et de ses conséquences désastreuses, il faut aussi le demander, mais après la grâce, qui est la seule d’une importance absolue, à savoir le salut éternel de notre âme.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus, s’adressant à ses apôtres, nous recommande à tous de prier d’une manière nouvelle, tellement efficace qu’il n’y a pas de grâce qu’elle ne puisse obtenir. La condition pour que notre prière devienne ainsi toute-puissante, c’est qu’elle soit faite au nom de Jésus. « Jusqu’ici, dit-il à ses apôtres, vous n’avez pas prié en mon nom… Tout ce que vous demanderez en mon nom, mon Père vous le donnera ». Cette promesse de Jésus nous est faite sous la forme solennelle d’un serment : « En vérité, en vérité, je vous le dis… » C’est comme s’Il disait : « Je vous le jure, avec mon autorité infaillible de Fils de Dieu. N’en ayez donc aucun doute ».

Toute prière faite au nom de Jésus est donc toujours exaucée. Mais pour prier au nom de Jésus, qui est l’unique Sauveur du monde, il faut d’abord adresser toutes nos demandes, quelles qu’elles soient, à notre Père du ciel en vue de notre propre salut et du salut de ceux pour qui nous prions. Par ailleurs, prier au nom de Jésus exige absolument de notre part une conversion profonde, qui fait que notre pauvre cœur ne fait plus qu’un avec le Cœur de Jésus, que notre âme ne veut plus avoir d’autres sentiments ni d’autres intérêts que ceux de Jésus. Nous avons l’extraordinaire pouvoir de prier au nom de Jésus, si nous désirons tellement l’aimer que ce soit Lui notre seul Maître et Seigneur, le Grand Roi d’amour qui nous a séduits pour toujours et auquel nous pouvons dire avec saint Thomas : « Mon Dieu et mon Tout ».

J.-Réal Bleau, ptre.

Laissez un commentaire

La Sagesse Chrétienne

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le quatrième dimanche après Pâque) ― Photo : Elke Walford/Wikimedia Commons

L’apôtre saint Jacques nous instruit aujourd’hui de la signification de la sagesse chrétienne. Cette sagesse, à la différence de toutes les autres sagesses, vient de Dieu. Elle est ce don parfait qui descend du Père des lumières pour faire de nous des enfants de lumière. Elle consiste en une parfaite connaissance du Christ et de la vérité. Cette connaissance n’est pas seulement théorique mais elle est, selon l’expression de saint Cyrille, « toute brûlante d’amour de Dieu ». On l’acquiert par une foi vivante en Jésus-Christ, qui est la Sagesse éternelle. De même que Dieu le Père, Jésus-Christ est Lumière — Lumière née de la Lumière — et source constante de cette divine lumière qui illumine les cœurs. Il est le même aujourd’hui qu’il était hier et qu’il sera pour tous les siècles. Sa doctrine est immuable. Autant dans le Fils que dans le Père et l’Esprit-Saint, il ne peut y avoir de changement, ni l’ombre même d’une variation. Car ce qui est divin est absolument parfait, et par suite ne peut changer. Ainsi, ne peuvent changer les vérités de notre foi, parce qu’elles viennent de Dieu, qui les a révélées au monde.

La sagesse chrétienne nous faisant participer à une connaissance toujours plus claire et profonde du plan d’amour de Dieu sur l’humanité a pour but de nous conduire à une vie nouvelle d’union avec Dieu sur la terre, à nous apprendre à voir tous les évènements à la lumière de Dieu. Elle nous fait comprendre que ce qui se passe présentement est une parole de Dieu qui retentit dans le monde entier pour l’appeler à la conversion, avant qu’il ne soit trop tard. La fin approche, et l’extrême danger que courent l’immense majorité des hommes concerne beaucoup plus la mort de leur âme pour l’éternité que la mort de leur corps, aussi désastreuse soit-elle. Oui, il faut protéger notre vie physique et la vie de notre prochain des graves dangers de contagion qui nous menacent tous. Notre vie corporelle est un bien extrêmement précieux, qui nous est donné par Dieu, mais elle n’a pas sa fin en elle-même, elle est ordonnée à la vie éternelle.

La mort éternelle, de laquelle très peu d’hommes se soucient concrètement aujourd’hui, est la privation de la vie divine pour toute l’éternité, c’est-à-dire le plus grand de tous les malheurs, le malheur des malheurs, absolument irréparable. S’il nous reste un peu de sagesse chrétienne, inappréciable héritage reçu de nos ancêtres, il ne peut s’agir seulement pour nous, dans les circonstances actuelles, de prendre les précautions pour être sauvés d’une contagion qui peut tuer notre corps. Il ne suffit pas de nous laver souvent les mains, de porter des gants de latex pour éviter tout contact suspect, de porter des masques s’il le faut, de nous distancer des porteurs éventuels d’un mystérieux virus. Car ayant fait tout cela, quelle tristesse, quelle cuisante déception, quel désespoir et remords sans fin, si nous ne sauvons pas notre âme du suprême virus qui, spécialement depuis l’apparition de l’hérésie moderniste, s’est répandu sur toute la surface de la terre, et qui consiste essentiellement dans la perte, l’abandon de la foi en Jésus-Christ Fils de Dieu, l’unique Sauveur du monde.

Laissez un commentaire Lire la suite

Être assoiffés du vrai bonheur

Par l’Abbé J.-Réal Bleau (pour le troisième dimanche après Pâque) ― Photo : joyfulheart/Wikimedia Commons

À propos du bonheur, nous avons tous un choix à faire durant notre vie sur la terre, où nous ne sommes que de passage, comme des voyageurs et des pèlerins. Aujourd’hui, c’est saint Pierre qui nous rappelle cette vérité au début de sa première épître.

Pèlerins et voyageurs, nous sommes en route vers notre véritable patrie, qui n’est pas ici-bas, car nous sommes d’origine divine. Un très grand nombre de personnes, sans en avoir pleinement conscience, même si elles se disent athées, aspirent à voir le Père infiniment grand, le Père d’une beauté majestueuse et d’une générosité infinie, qui leur a donné la vie. « Je veux voir Dieu », disait la toute petite Thérèse d’Avila, à peine âgée de quatre ans.

Cette aspiration à voir notre Père du ciel, dont le nom est AMOUR, à voir son Visage de lumière, à vivre tout près de Lui dans l’intimité de sa Présence, à goûter dans l’abandon total à son infinie tendresse le plus pur bonheur, qu’aucun nuage ne puisse ternir, cette aspiration correspond en fait au désir le plus profond de notre nature d’enfants de Dieu. Cette aspiration à goûter en Dieu la plénitude de la joie est présente dans toutes les créatures douées d’intelligence et de volonté — les anges et les hommes — que Dieu le Père a faites à son image pour qu’elles tendent de toutes leurs forces vers Lui et qu’elles trouvent en Lui, source du seul vrai bonheur, leur parfait repos. Cela signifie que tant que nous ne connaissons pas et ne cherchons pas à toujours mieux connaître notre Père du ciel dans son infinie douceur et bonté, nous ne pourrons pas être vraiment et profondément heureux.

Qu’est-ce donc à dire des bonheurs de la terre ? Quand ces bonheurs ne sont pas illusoires, c’est-à-dire apparents et mensongers, ils ne peuvent jamais être parfaits, parce que, dans la meilleure des situations, ils ne durent pas et demeurent toujours très fragiles. Un tout petit virus, qu’on ne peut même pas voir à l’œil nu, peut détruire des millions de vies et entraîner une catastrophe mondiale. À part ce genre de virus physique, il y a aussi une grande quantité de graves virus spirituels, c’est-à-dire de vices moraux publics, très contagieux au plan des maladies de l’âme, qui sont tolérés et même protégés légalement, mais par ailleurs peuvent gâcher et anéantir les plus beaux rêves de bonheur humain.

Dans notre société actuelle, jadis chrétienne, mais qui s’est largement détournée de Dieu et des valeurs spirituelles, l’enseignement de Jésus et de ses apôtres au sujet du bonheur apparaît absurde et totalement déconnecté de la réalité. La quête de bonheur s’exprime maintenant, comme on peut le constater, dans une course générale après l’argent, les plaisirs, les ambitions et les succès temporels, la liberté de faire ce qu’on veut, sans aucun égard aux droits de Dieu en Lui-même et à la loi divine naturelle. D’où la réapparition de l’antique civilisation païenne, un retour en arrière de plus de vingt siècles, où la peur et la fuite de la souffrance physique et de toute espèce d’incommodité justifient le meurtre cruel de petits enfants innocents, le suicide et l’homicide par compassion.

Aujourd’hui nous avons tous plus que jamais à choisir d’une part entre la recherche d’un bonheur fondé sur les « convoitises de la chair » qui en s’opposant à la loi divine, font la guerre à l’âme et tendent à profaner en elle l’image de Dieu, et d’autre part la quête du seul vrai bonheur, qui descend vers nous, du Cœur infiniment bon de Dieu notre Père, et s’incarne en Jésus-Christ. Car le bonheur, qui est dans sa source Dieu luimême, est réellement venu à nous en Jésus-Christ, qui est le seul chemin, la seule voie par laquelle les hommes peuvent entrer dans la joie infinie du Cœur du Père. Pour marcher et même courir dans la voie du vrai bonheur, il faut croire en Jésus-Christ, tenir toujours les yeux fixés sur lui, le suivre, l’imiter dans ses vertus, avec une liberté souveraine, sans dévier à gauche ou à droite, pour parvenir sûrement au but de notre pèlerinage sur la terre : le bonheur sans mélange et sans fin du Ciel.

J. R. Bleau

Laissez un commentaire