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Caq-ophonie sur les signes religieux


Photo : Myriams Photos (Pixabay)

Par Jean-Claude Dupuis, Ph. D. 

Le gouvernement Legault n’était pas encore assermenté qu’il se couvrait déjà de ridicule dans le dossier de la laïcité. Le matin, les enseignants qui porteraient un signe religieux visible seraient congédiés. Le soir, il n’était plus question d’imposer de sanctions. Le lendemain, la loi ne s’appliquerait qu’aux nouveaux enseignants. Comme si une clause d’ancienneté pouvait prévaloir sur les « valeurs québécoises ». Mais faut-il s’étonner qu’un homme d’affaires préfère marchander plutôt que réfléchir sur les principes qui devraient guider une société ?

Peut-on réglementer, pour des raisons idéologiques, la tenue vestimentaire des citoyens dans une société qui se réclame de la « laïcité ouverte » ?

La laïcité ouverte exige que l’État soit neutre sur le plan religieux pour mieux protéger le droit d’expression de toutes les religions, même dans l’espace public. La laïcité fermée demande à l’État de chasser toutes les religions de l’espace public pour les refouler dans la vie privée. Cela se rapproche de l’athéisme institutionnel des pays communistes. L’application de ces principes varie d’un pays à l’autre. La laïcité américaine est traditionnellement plus ouverte que la laïcité française. Le Québec oscille entre les deux modèles. Il a officiellement opté pour la laïcité ouverte, mais il y a chez nous des relents d’anticatholicisme dignes de la Troisième République française.

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La réforme du mode de scrutin


Photo: Niyazz, Shutterstock

Par Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

Les dernières élections nous amènent encore une fois à nous interroger sur la valeur du système électoral de type britannique, que l’on appelle « scrutin uninominal à un tour ». La distorsion entre le nombre de sièges obtenus et le pourcentage des voix est visible à l’œil nu.

Parti

CAQ

PLQ

QS

PQ

Députés

74

32

10

9

Pourcentage de voix

38%

25%

16%

17%

Pourcentage de sièges

59%

26%

8%

9%

Ne devrait-on pas adopter un mode de scrutin proportionnel pour avoir à l’Assemblée nationale une députation qui reflète plus exactement les résultats électoraux ? En Israël, un parti qui obtient 15 % des voix remporte 15 sièges sur 100 à la Knesset. Mais d’autres pays ont adopté des systèmes mitigés d’élections proportionnelles pour tenir compte de la représentation régionale. Il y a plusieurs formules possibles. Elles permettent d’éviter qu’un trop grand nombre de députés ne proviennent de la métropole. S’il y avait, au Québec, un système électoral purement proportionnel, Montréal serait surreprésentée, au détriment des régions ; et nous aurions habituellement des gouvernements minoritaires.

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Leçons électorales


Photo: LouisRoyQc, Wikipedia

Par Jean-Claude Dupuis, Ph.D.

L’élection québécoise de 2018 a été d’un ennui mortel. Aucun enjeu réel, aucun leader d’envergure, aucune vision d’avenir. Les programmes du PLQ, de la CAQ et du PQ se ressemblaient comme des clones. Québec-Solidaire se distinguait seulement par la bêtise de son discours. Nous pouvons néanmoins en tirer quelques leçons sur l’état de notre société.

Les Québécois ont élu François Legault par simple goût du changement. Ils auront probablement envie de s’en débarrasser très bientôt. Dans la Rome décadente, les empereurs montaient et descendaient rapidement du trône. La démocratie fait de même. On change de gouvernement comme on change de couleur de vêtements. Les mœurs de la société de consommation ont débordé sur la vie politique. L’électeur n’est plus un citoyen qui s’interroge sur le bien commun, mais un client volatile et toujours insatisfait. On discute des sondages plutôt que des programmes. Les journalistes commentent la « performance » des chefs au lieu de leurs idées. Le faible taux de participation révèle que la population croit de moins en moins au jeu électoral. La politique est devenue une sorte de sport-spectacle. Les médias doivent prédire une « lutte serrée » pour ranimer l’attention du public.

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