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L’inerrance historique de la Bible


Photo : Joconde database\Wikimedia Commons

Par l'historien Jean-Claude Dupuis Ph D.

Un peu de science éloigne de Dieu; beaucoup de science en rapproche.

Depuis le ténébreux « Siècle des Lumières », les pseudo-rationalistes s’évertuent à soulever de fausses contradictions dans la Bible pour discréditer son origine divine. Mais les historiens sérieux réussissent toujours à réfuter ces objections.

On lit dans l’Évangile de saint Luc que Jésus est né sous le règne d’Hérode, pendant que le gouverneur romain de Syrie, Quirinius, procédait au dénombrement de tous les habitants de la terre (au sens de l’empire romain), au temps de César-Auguste. La critique historique a signalé des invraisemblances chronologiques. Nous savons par des sources sûres qu’Hérode est mort en - 4; que Quirinius a été gouverneur de Syrie de + 6 à + 10, et que son recensement de la Judée a provoqué un soulèvement en + 6; que l’empereur Auguste a commandé trois recensements universels, en - 28, - 8 et + 14, mais que ceux-ci ne s’appliquaient qu’aux citoyens romains, et donc pas à Marie et Joseph.

Toutes ces dates, établies par la science profane, semblent contredire l’Évangile. Wikipédia nous dit, en partant, bien sûr, du principe que Dieu n’est pas le véritable auteur de la Bible, que « saint Luc a probablement commis une erreur ». Mais l’exégèse catholique a toujours affirmé la doctrine de l’inerrance historique de l’Écriture Sainte. Notons que je ne parle pas ici de l’inerrance scientifique, comme la question de la création du monde en six jours. Cela est une autre affaire.

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Wikipédia n’est pas toujours à date dans ses informations, car cette apparente contradiction a été éclaircie par un professeur du très « laïque » Collège de France, Ernest Desjardins (1823-1886), dans un article de La revue des questions historiques, en 1873*. Voici ses conclusions :

  1. Le célèbre historien de l’Antiquité romaine, Theodor Mommsen (1817-1903), a démontré par l’étude d’une inscription découverte à Tivoli, près de Rome, en 1764, que Sulpicius Quirinius avait été gouverneur de Syrie à deux reprises : de 4 à 1 av. J.-C. et de 6 à 10 ap. J.-C.
  2. Saint Luc ne parlait pas de l’un des trois recensements ordonnés par Auguste, et qui ne concernaient effectivement que les citoyens romains, mais plutôt du recensement cadastral commandé par Jules César, mais réalisé plus tard sous le règne d’Auguste. Ce recensement s’est échelonné sur 25 ans, et il portait sur tous les habitants de l’empire, tant ceux des provinces romaines que ceux des États vassaux, comme la Judée d’Hérode le Grand.
  3. Le texte de saint Luc parle du « premier » recensement de Quirinius, celui du temps de la naissance de Jésus (- 4). C’est le second recensement (+ 6) qui a provoqué le soulèvement rapporté par l’historien judéo-romain Flavius Josèphe.

Ernest Desjardins ajoute une hypothèse intéressante. Selon lui, Joseph et Marie n’étaient pas légalement obligés de se faire inscrire dans leur ville de naissance, à Bethléem. Il n’y avait aucune raison pour les Romains d’exiger un tel déplacement. Il suffisait que tous les habitants de l’empire soient enregistrés quelque part. Joseph et Marie auraient pu le faire à Nazareth. Mais ils sont allés à Bethléem pour montrer aux Juifs l’ascendance davidique de Jésus, et pour se conformer aux Prophéties qui annonçaient que le Messie naîtrait à Bethléem. Joseph et Marie ne se contentaient pas d’obéir aux lois humaines, ils cherchaient surtout à se conformer au plan divin.

Retenons qu’au regard de la véritable science historique, la Bible l’emporte encore une fois sur la vaniteuse critique historico-moderniste.


*http://www.mediterranee-antique.fr/Auteurs/Fichiers/DEF/Desjardins/Recensement_Quirinus/Recensement_Quirinius.htm

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