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Jésus est-il vraiment né un 25 décembre ?

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo (rognée) : Wikimedia Commons

On entend souvent dire que Jésus-Christ ne serait pas vraiment né un 25 décembre. On prétend que l’Église aurait choisi cette date pour faire concorder Noël avec le solstice d’hiver, dans l’intention de substituer une fête chrétienne à une ancienne fête païenne du cycle solaire. Selon la « critique historique moderne », Jésus serait plutôt né au mois de mars.

Dom Prosper Guéranger (1805-1875) a réfuté cette légende dans L’année liturgique. Saint Jean Chrysostome (344-407) affirmait, dans un sermon prononcé en 386, que l’Église de Rome avait toujours célébré la naissance du Christ le 25 décembre. Mais les Églises d’Orient retenaient plutôt la date du 6 janvier. Au IVe siècle, les Orientaux ont fini par se rallier à la discipline liturgique de Rome. Les arguments romains devaient être très forts, car les Grecs acceptaient mal l’autorité du pape. Saint Jean Chrysostome dit que l’évêque de Rome avait réussi à retrouver, dans les archives impériales, les rapports du recensement ordonné par César-Auguste. Ces rapports indiquaient que le recensement de Bethléem avait eu lieu un 25 décembre. Les recenseurs ne restaient qu’un seul jour dans une ville, et ceux qui ne se faisaient pas inscrire étaient condamnés à l’amende. C’est pourquoi Marie et Joseph durent se rendre à Bethléem, le lieu de leur naissance, à une date précise, et ce malgré la grossesse avancée de Marie.

Malheureusement, les rapports du recensement d’Auguste ont disparu, comme toutes les archives impériales romaines, après l’arrivée des barbares. Nous ne pouvons donc plus avoir aujourd’hui une preuve directe de la date de naissance du Christ. Mais le sermon de saint Jean Chrysostome constitue une preuve indirecte qui est suffisante aux yeux de la méthodologie historique. Les historiens qui travaillent sur l’Antiquité ne disposent généralement pas d’archives. Ils doivent se contenter de sources indirectes, souvent postérieures de plusieurs siècles aux événements. Une des raisons, c’est que le papyrus, dont on se servait pour écrire dans l’Antiquité, résiste plus mal au passage du temps que le papier, qui a été inventé au Moyen Âge. Le plus ancien manuscrit que nous ayons de La Guerre des Gaules, de Jules César, ne date que du XIIe siècle. À cet égard, un esprit hypercritique pourrait même contester l’existence historique de Jules César, comme certains rationalistes ont tenté de le faire pour Jésus-Christ au XIXe siècle.

Les Grecs ont finalement admis que Jésus était né un 25 décembre. Toutefois, le pape leur a fait une concession en fixant au 6 janvier la fête de l’Épiphanie ou des Rois Mages. Puisque les Grecs avaient l’habitude de faire une grande célébration le 6 janvier, Rome leur a permis de conserver cette tradition en l’appliquant à une autre fête liturgique. Dans plusieurs nations d’Europe orientale, on donnait traditionnellement des cadeaux aux enfants à l’Épiphanie plutôt qu’à Noël, du moins avant que le Père Noël de Coca-Cola ne vienne ravager la fête chrétienne, là-bas comme chez nous.

On peut d’ailleurs se demander s’il vaut mieux donner des cadeaux aux enfants à la Saint Nicolas, comme les Polonais, à Noël, comme les Anglais, au Jour de l’An, comme les Canadiens français, ou à l’Épiphanie, comme les Grecs et les Russes. Lorsque j’ai posé la question à mes enfants, ils m’ont répondu de ne pas me casser la tête et de leur faire des cadeaux à chacune de ces grandes fêtes.

En vous souhaitant un Saint et Joyeux Noël.

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