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La Révolution industrielle du Moyen Âge

Par l'historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo (rognée) : Stefdn/Wikimedia Commons

Georges Orwell écrivait : « Il contrôle le présent celui qui contrôle l’histoire. » Les régimes totalitaires ont toujours cherché à réécrire l’histoire pour justifier leur idéologie. Un « monde nouveau » commençait avec eux : 1789, 1917 ou 1933 devenait l’An Un de l’Humanité. N’a-t-on pas fait un peu la même chose avec l’année 1960, au Québec ?

Notre société, soi-disant libérale, devient de plus en plus totalitaire. La désinformation historique y est omniprésente, et elle vise presque toujours la même cible : l’Église catholique.

L’un des thèmes de la légende noire anticatholique est l’idée que l’Église aurait freiné le progrès de la science et de la technique. Cette calomnie circule depuis le Siècle des Lumières. On nous ressort constamment le mythe de l’Affaire Galilée, qui a pourtant été réfuté par les études historico-scientifiques les plus sérieuses. L’ouvrage de Jean Gimpel, La Révolution industrielle du Moyen Âge (1975) ébranle les préjugés sur le prétendu « obscurantisme clérical ». L’auteur démontre que la Chrétienté médiévale a été une brillante époque de découvertes et d’innovations.

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La dernière superstition : un livre coup de foudre qui réfute l'athéisme

et affirme la foi et la morale chrétiennes

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Les païens avaient une vision négative du travail manuel. À leurs yeux, les activités de l’esprit, les « arts libéraux », étaient les seules occupations dignes d’un homme libre. Le travail physique était réservé aux esclaves. Les savants de l’Antiquité ne se préoccupaient nullement de soulager, par des améliorations techniques, le sort de ces sous-hommes. Dans le Gorgias, Platon soulignait le mépris du philosophe pour l’ingénieur.

Mais les chrétiens avaient plus d’estime pour la classe laborieuse parce que leur modèle, Jésus-Christ, avait été lui-même charpentier. Les savants du Moyen Âge, généralement d’humbles moines bénédictins qui ne signaient même pas leurs œuvres, ont fait beaucoup pour soulager la misère matérielle du peuple.

La plus grande découverte médiévale fut sans doute l’assolement triennal (800), le principe de la rotation des cultures de céréales qui permet au sol de s’épuiser moins vite et à l’agriculture d’être plus productive. Cette « révolution verte » a fait doubler la population de l’Europe au XIIIe siècle.

Gimpel souligne aussi l’importance de l’invention de l’horloge mécanique (1300). La Révolution industrielle du XIXe siècle n’aurait jamais été possible si les hommes avaient ignoré la mesure du temps. Comment les trains auraient-ils pu arriver à l’heure ?

Et combien d’autres inventions datent du Moyen Âge : les étriers, l’arbre à cames, le fer à cheval, le soc de charrue en métal, les moulins à eau et à vent, la cheminée, la boussole, le navire à voile triangulaire sans rameurs, le métier à tisser avec pédales, les croisements d’animaux d’élevage, la brouette, le papier, la reliure en codex, les lunettes, l’imprimerie, et même la fourchette et la rose, car il n’y a pas de vie chrétienne sans classe ni beauté.

Mais le progrès technique s’est ralenti à l’approche de la Renaissance néo-païenne du XVIe siècle. Jean Gimpel trace de cette époque de déclin un portrait qui ressemble étrangement au monde actuel.

« La croissance démographique se ralentit, les pionniers se raréfient. Dans certaines industries, les pratiques restrictives sont introduites. L’agitation ouvrière s’organise dans de grands centres de travail. La production d’énergie et la mécanisation atteignent un stade avancé de développement, puis l’industrialisation est freinée. L’inflation s’installe. Les monnaies sont dévaluées et des banques connaissent la faillite. Les valeurs morales traditionnelles s’écroulent. L’esprit civique fléchit. Les esthètes se substituent aux pionniers. Des cultes nouveaux, ésotériques, multiplient leurs adeptes. Le rationalisme est battu en brèche par le mysticisme. »

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