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Bonne et sainte année 2019 ! Mais sommes-nous vraiment en 2019 ?

Par l'historien Jean-Claude Dupuis Ph. D. — Photo : Jordan Benton/Pexels

Nous avons vu, dans notre dernière chronique, que Jésus-Christ est fort probablement né un 25 décembre. Mais il n’est pas certain qu’il soit né en l’An 1 de l’ère chrétienne. Jésus serait paradoxalement né quelque part entre 4 et 7… avant Jésus-Christ. Comment expliquer ce paradoxe ?

Plusieurs types de calendriers étaient en usage dans l’Antiquité. Les Romains comptaient les années à partir de la fondation de Rome, qui correspond à l’année 753 av. J.-C. de notre calendrier chrétien. Les Grecs comptaient plutôt les années à partir des premiers Jeux olympiques, qui auraient eu lieu en 776 av. J.-C. Les Juifs retenaient, quant à eux, l’année de la création d’Adam, qui correspondrait, suivant une interprétation de la Torah, à 3761 av. J.-C. Les calendriers babyloniens et égyptiens étaient encore en vigueur au temps de Jésus.

Les spécialistes de l’histoire de l’Antiquité ont souvent du mal à fixer les dates de certains événements à cause des différences de calendriers. Par exemple, les chroniques romaines et juives nous indiquent des dates divergentes pour le début du règne d’Hérode le Grand (37 ? à 4 av. J.-C.).

En 525, le pape Jean 1er avait demandé au savant moine Denys le Petit (470-550) de calculer l’année de naissance du Christ, pour mieux déterminer la date de Pâques. Mais Denys a commis une erreur dans la fixation de l’An 1 (Anno Domini), qu’il faisait correspondre à l’année 753 de la fondation de Rome.

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En 1582, le pape Grégoire XIII décréta une réforme du calendrier julien (qui datait du temps de Jules César) pour rectifier le décompte des années bissextiles. Le nouveau calendrier, surnommé « grégorien », correspondait mieux au cycle solaire. Sa valeur scientifique est incontestable puisque l’ONU en a fait le « calendrier international », malgré son origine catholique. Lors de l’entrée en vigueur du calendrier grégorien, le monde passa du mercredi 4 octobre au jeudi 15 octobre 1582. Sainte Thérèse d’Avila eut ainsi le privilège de décéder dans « la nuit du 4 au 15 octobre ». Mais les pays orthodoxes et protestants n’ont pas accepté rapidement le nouveau calendrier parce qu’il venait de Rome. « Les protestants, disait Johannes Kepler, aiment mieux être en désaccord avec le soleil qu’en accord avec le pape. » L’Angleterre ne l’a adopté qu’en 1752, et la Russie en 1918. C’est pourquoi la Révolution d’Octobre 1917, selon le calendrier julien, eut lieu au mois de novembre, selon le calendrier grégorien.

Le jésuite allemand qui avait dirigé les travaux scientifiques de la réforme du calendrier, Christophorus Clavius (1538-1632), connaissait l’erreur de chronologie de Denys le Petit. Mais le Saint-Siège a jugé préférable de ne pas corriger la datation des années pour ne pas perturber les habitudes. Ce fut déjà assez difficile de supprimer 10 jours dans le calendrier, surtout pour le paiement des salaires et des loyers ! Il ne fallait pas trop en demander au peuple.

Notre Seigneur est probablement né entre 6 et 4 av. J.-C., car nous savons avec certitude, par l’historien judéo-romain Flavius Josèphe, que le roi Hérode, qui fit massacrer les Saints Innocents, est mort en 4 av. J.-C. Les Évangiles ne mentionnent pas la date précise de la naissance du Sauveur. Le but de la Sainte Écriture est de nous procurer un enseignement théologique et moral, et non pas un cours d’histoire. La Bible ne peut pas faire d’erreur historique, mais elle ne nous fournit pas nécessairement tous les détails de l’histoire.

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