
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Canva
C’est ce qu’affirme Éric Duhaime dans une de ses publications sur les réseaux sociaux : « Avec les sorties de Marwah Rizqy, de Paul St-Pierre Plamondon et de Bernard Drainville, on voit qu’un consensus se forme sur la natalité. »
En effet plusieurs députés de différents partis (à part Marwah Rizqy qui est maintenant indépendante) et de chef de partis, dont Éric Duhaime, élèvent leur voix pour exprimer leur inquiétude face au déclin démographique du Québec, qui a atteint un seuil record de 1,33 enfant par femme.
Ce ne sont pas seulement des politiciens qui s’intéressent à la question, mais également des chercheurs ou des professeurs d’université. C’est d’ailleurs parmi ces derniers qu’a d’abord été évoqué le fait qu’un nombre significatif de femmes voudraient avoir plus d’enfants qu’elles n’en ont ou qu’elles prévoient en avoir, pour des raisons notamment économiques, ainsi que l’idée de mettre en place des politiques visant à aider les familles à avoir ces enfants désirés.
Guillaume Rousseau, avocat, professeur de droit à l’Université de Sherbrooke et directeur scientifique de l’Institut de recherche sur le Québec, disait en octobre de l’année dernière que le gouvernement doit aider les femmes à avoir tous les enfants qu'elles souhaiteraient avoir :
« Si on diminue l’immigration, il faudrait hausser la natalité si on veut éviter une diminution de la population. Mais attention: il n’est pas ici question d’inciter les femmes à vouloir plus de bébés. »
« L’objectif, ce serait que le nombre d’enfants conçus rattrape le nombre d’enfants voulus, (...) mettre en place des conditions qui permettent [aux femmes] d’avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent. »
Il semble que cette idée ait été reprise dans le milieu politique.
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Notons également la place que donnent à ces voix les grands médias comme Le Journal de Montréal ou qub radio, ou des médias indépendants comme Ian & Frank ou Libre Média.
Bien sûr, l’idée d’aider les familles qui le désireraient à avoir plus d’enfants a soulevé l’ire d’un certain féminisme qui voit d’un mauvais œil un retour à ce dont on a « libéré » les femmes, à savoir le foyer. Le professeur de philosophie, Xavier Brouillette, comparait dernièrement lors d’une émission de Radio-Canada (coïncidence !?...) les politiques envisagées par Paul St-Pierre Plamondon à une forme d’exploitation capitaliste du corps des femmes par le fait de les inciter à « produire » des enfants.
(Si donner le jour à un enfant est une bonne chose, en quoi est-il mal d’inciter à faire une bonne chose pour une bonne raison ?)
Cette critique féministo-marxiste a suscité la réaction, bien sûr celle des principaux intéressés comme PSPP, mais également d’autres féministes qui voient le fait qu’une femme choisisse de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants comme un choix licite et relevant de l’« émancipation », pour reprendre le mot de Marwah Rizqy.
Notons ici que PSPP a répondu de façon magnifique à cette attaque grotesque en louant la beauté de la famille :
« Choisir d’avoir des enfants et de se dédier à sa famille n’est ni une expropriation du corps des femmes par le capitalisme, ni un projet obscur qui serait l’œuvre de “tradwives”. C’est de se donner à la vie d’une autre personne et de les aimer inconditionnellement, la plus belle richesse que j’ai personnellement connue de toute ma vie. »
Il a également dénoncé l’idéologie défavorable à la famille largement présente dans le discours public : « mais il y a également la dévalorisation de la famille par des idéologies radicales, mais pourtant combien présentes dans le discours public, qui font la promotion de la déconstruction de notre société, notamment la déconstruction des familles. »
Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a, de son côté, souligné l’étrange alliance entre certains médias et certains cercles du monde académique qui voient la famille ordinaire d’un mauvais œil :
« Aujourd’hui, c’est cette étrange alliance entre la radiotélévision fédérale et ses immenses moyens, et le monde académique, essentiellement celui des sciences sociales, à la fois au niveau universitaire et collégial. C’est ce complexe institutionnel qui prétend fixer la direction morale de nos sociétés.
On trouve là une élite repliée sur elle-même, qui croit au progressisme dans ses différentes déclinaisons (féminisme, néo-marxisme, multiculturalisme, immigrationnisme, théorie du genre, etc.)... »
Citons évidemment Marwah Rizqy qui a vertement répondu, au micro de Richard Martineau, à la diatribe de Xavier Brouillette, comme quoi elle ne « produisait » pas d’enfants, mais qu’elle avait donné la vie par amour : « Moi je n’ai pas produit des enfants, j’ai donné la vie par choix et par amour, je n’ai aucun regret ».
La chroniqueuse au Journal de Montréal, Emmanuelle Latraverse, a elle aussi pris la défense de PSPP en opposant son féminisme au féminisme marxiste du malheureux Brouillette visiblement embrouillé.
Il est encourageant de voir que la natalité soit enfin reconnue comme un enjeu digne d’être débattu publiquement. Un consensus est effectivement en train de se former sur la nécessité d’encourager la natalité du Québec. Et qui veut remédier à la dénatalité doit se pencher sur les raisons de celle-ci. Ce processus, s’il était mené jusqu’au bout amènerait celui qui le suit à voir que le manque d’engagement à fonder une famille vient, non seulement de problèmes économiques, d’un système de travail contraire aux intérêts de la famille et d’une atmosphère sociale hostile à celle-ci, mais à constater que l’avortement et la contraception sont des facteurs importants de la dénatalité. La mentalité qui accompagne par ailleurs ces deux pratiques a séparé la procréation de la sexualité, qui a résulté en la séparation de la responsabilité et du plaisir.
Il est à craindre, malheureusement, que ce mouvement d’éveil par rapport à la dénatalité, soit détourné sur un mauvais chemin. Prenons par exemple Marwah Rizqy qui fait la promotion de la procréation assistée. La procréation dite médicalement assistée a recours à la fécondation in vitro. Cette dernière sépare elle aussi la procréation de la sexualité, en plus d’introduire une tierce partie, le technicien, dans la procréation. La PMA peut être aussi l’occasion de l’avortement d’embryons surnuméraires implantés, selon les méthodes. La PMA comprend également toujours la pratique de la congélation des embryons surnuméraires non implantés, lesquels resteront pour la plupart quasi indéfiniment dans cet état, jusqu’à ce qu’ils soient jetés comme des déchets. La PMA à ce titre est une pratique inhumaine.
Il y a aussi le danger que cette quête quant aux solutions pour relever la démographie du Québec ne soit pas menée jusqu’au bout par ceux qui l’entreprennent, face aux nombreux défis qui les attendent et les puissantes idéologies à affronter.
Saluons néanmoins l’émergence d’un débat sur la natalité qui amènera peut-être certains à se poser de vraies questions.