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La conscience personnelle

Par Paul-André Deschesnes — Photo : jiradet ponari/AdobeStock

Nous vivons maintenant dans un monde postmoderne où l’être humain s’autoproclame autonome, roi et maître de lui-même, de sa destinée et de la création ; sa vie lui appartient du commencement jusqu’à la fin et il n’y a personne au-dessus de lui.

Nous vivons dans une ère toxique, infestée de sophismes, de mensonges, de faussetés et de relativismes tous azimuts. L’orgueil règne en maître dans nos sociétés complètement déboussolées, où les lois naturelles, les commandements de Dieu, les dogmes, l’éthique, la morale catholique, l’enseignement sur les péchés capitaux et les vertus théologales sont méprisés et ridiculisés. Chaque personne est devenue dieu et gère sa propre vie à sa convenance. De toute façon, l’au-delà n’a pas d’importance. Pour une grande partie de la population, l’athéisme et l’agnosticisme sont maintenant la nouvelle religion. Quant aux croyants, une époustouflante pastorale à l’eau de rose leur annonce qu’il n’y a ni enfer, ni purgatoire ; alors, tout le monde ira directement au ciel. Dans ce contexte jovialiste, il n’y a aucune raison de préparer sérieusement son éternité sur cette terre.

Pendant que la confusion règne allègrement dans notre monde dit civilisé et très avancé, ne faudrait-il pas se poser une question existentielle et fondamentale : « Où en sommes-nous rendus avec la notion de conscience personnelle » ?

Malheureusement, à moins d’avoir de grandes œillères, nous devons constater que cette petite voix (la conscience) ne parle plus très fort à beaucoup de monde. Elle nous abreuve très souvent de mensonges et de fausses doctrines. Elle est très manipulée par les nouvelles valeurs de notre monde moderne. Elle est même livrée très souvent au pouvoir du Malin !

On peut se demander aujourd’hui comment, en toute conscience, les êtres humains peuvent accepter comme normaux et banals l’avortement (un meurtre) et l’euthanasie (un assassinat). Les consciences ont-elles été lessivées, fluorées, anesthésiées, intoxiquées et transformées par nos nouvelles idéologies barbares ? Les individus sont-ils devenus des êtres inconscients, tellement manipulés par les forces du mal que leur conscience ne leur dit plus rien ? Sont-ils peut-être équipés maintenant d’une conscience post-moderne à toute épreuve qui leur crie haut et fort que le Mal est devenu le Bien ?

Mais qui aujourd’hui forme ou déforme la conscience de nos populations vulnérables ? Les médias, l’intelligentsia athée, les artistes, les maisons d’enseignement, la télévision, le cinéma, l’internet, les politiciens, la publicité mensongère, les grands spécialistes de tout acabit, etc. qui nous alimentent continuellement d’une nourriture nocive pour prendre possession de notre conscience afin de faire triompher leur idéologie satanique.

Attention ! La rectitude politique nous oblige actuellement de passer tout cela sous silence, car il faut bien plaire à la foule en délire. Il ne faut surtout pas faire de vagues, ni de débats sur tous ces sujets à controverses ! Voilà une timide position qui est devenue très populaire, même dans notre Église catholique.

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Personnellement, permettez-moi chers lecteurs de faire quelques vagues, car l’heure est très grave. Je refuse le discours de prêtres, d’évêques, de cardinaux et de théologiens modernistes qui nous envoient régulièrement le message suivant : « Personne ne doit être forcé d’agir contre sa conscience. Aujourd’hui nous sommes souvent en zones grises. Il faut donc concéder une certaine acceptabilité éthique à des actes jugés inacceptables, comme l’avortement, le divorce, le mariage gai, l’euthanasie et le très populaire concubinage. Nous vivons dans une société très pluraliste, il faut donc s’ajuster au monde moderne. Ceux et celles qui demandent l’avortement, le divorce et l’euthanasie sont souvent sincères, car ils suivent leur conscience. Il faut donc laisser plus de place à la conscience individuelle, même si cela va à l’encontre de l’enseignement officiel de l’Église, car ces personnes font leur possible et répondent quand même à l’Évangile. Jésus est un océan d’amour qui pardonne tout. Tous ces gens dissidents suivent sincèrement leur conscience et ils exercent leur discernement personnel face à l’avortement, à l’euthanasie, au mariage gai, à l’homosexualité et au concubinage. Il faut respecter leur choix, les accompagner et même les encourager. Personne n’a le droit de forcer ou d’imposer une morale ou une attitude éthique à qui que ce soit. Si un catholique romain décide lui-même en son âme et conscience que son style de vie est très acceptable et qu’il peut poser des gestes interdits par la morale de l’Église, il faut l’accepter et lui donner raison, car la conscience individuelle doit primer et avoir le dernier mot ».

De très nombreuses publications religieuses nous abreuvent de ce genre de discours en Occident, en France et au Québec en particulier. Nos sociétés qui font la promotion de la conscience élastique nient de plus en plus la culpabilité, la responsabilité et l’échec moral. La notion de péché, c’est démodée. Les humoristes en ont fait une spécialité dans leurs spectacles dégradants où ils nous enseignent que les « bons » péchés capitaux sont d’excellentes valeurs pour alimenter nos vies. On n’a donc plus besoin d’assumer notre responsabilité morale. On a réussi à étouffer notre conscience. Ceux et celles qui osent s`indigner devant ce triste spectacle passent pour d’insignifiantes personnes démodées qui refusent la modernité.

Pendant que la conscience personnelle disparaît, nos sociétés ont élevé l’orgueil au point d’en faire une vertu. Les opinions du monde font aujourd’hui « autorité » sur cette question et même l’Église catholique glisse dangereusement dans le piège au nom de la liberté de conscience.

Amis lecteurs, entendez-vous souvent dire qu’il faut éclairer et bien former sa conscience ? Dans un monde où on se moque du péché et où on passe son temps à se disculper, à se donner bonne conscience et à nier sa responsabilité, parler de prendre soin de sa conscience, c’est prendre le risque de se faire mépriser et ridiculiser.

« Il faut s’accepter tels que nous sommes » ! Voilà un populaire slogan, même au niveau du discours ecclésial. Cela est inacceptable ! Cela va à l’encontre de la saine doctrine chrétienne. Dans notre monde qui carbure à une culture en banqueroute morale, on a supprimé la réalité du péché et par le fait même, on a ôté la possibilité d’une repentance. Les nouvelles théories pastorales et postmodernes d’une miséricorde divine tous azimuts et inconditionnelle ont fait en sorte que l’élastique de la conscience individuelle s’est encore beaucoup étiré. On n’a plus aucun compte à rendre à ce Seigneur très accommodant. On est automatiquement pardonné et on n’a même plus à se convertir, ni à changer notre style de vie. Alors, tout serait-il permis ?

Nos sociétés ont déclaré la guerre à la culpabilité. Plusieurs prêtres modernistes nous répètent : « Arrêtez de vous sentir coupables ». Mais, pour se convertir, ne faudrait-il pas se sentir coupable, avoir honte de nos péchés et avoir la ferme intention de ne plus recommencer ? À tous les niveaux de nos sociétés décadentes, on plaide partout non coupable ! Voilà tous les ingrédients réunis pour avoir une conscience gélatineuse et silencieuse.

Jésus-Christ est venu dans notre monde pour sauver les pécheurs. Il n’est pas venu pour sauver ceux et celles qui veulent se disculper et qui refusent de se convertir et de changer leur style de vie. Il faut avoir le courage de confesser ses péchés à un prêtre en personne tout en reconnaissant avec humilité sa culpabilité. Mais aujourd’hui, cette démarche est devenue ridicule, même aux yeux d’une très grande majorité de pasteurs en Occident. Les fameuses cérémonies collectives et modernistes du sacrement du Pardon, toujours très populaires, ont réussi à séduire la conscience individuelle des croyants et à la réduire au silence.

Satan, le père du Mensonge, ce personnage dont on ne parle plus, mais qui existe vraiment (c’est encore un dogme de foi, mais pour combien de temps en vigueur dans notre Église catholique ?), a réussi à mettre hors d’usage le système d’alarme automatique de l’âme, c’est-à-dire la conscience personnelle, en l’étouffant avec l’aide de notre monde pervers et décadent, son allié indéfectible.

Regardons autour de nous pour constater très facilement que la population contaminée jusqu’à la moelle ne se gêne plus pour réprimer, dominer et étouffer sa conscience. Aujourd’hui, il est très facile d’abuser de sa conscience au point d’en annuler les effets. On ne dit plus cela dans nos lieux de culte, car il faut être moderne et positif. Pourtant, l’apôtre Paul parlait de ceux dont la conscience est tellement emmêlée et tordue qu’ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte (Phil. 3, 19, et Rom. 1, 32). La conscience peut devenir tellement corrompue qu’elle ne peut plus aucunement distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal, ni entre ce qui est pur et ce qui est impur (Tite, 1, 15). On pourrait bien répondre ici que toutes ces consciences corrompues, perverties et paralysées n’engagent pas la responsabilité individuelle de leur propriétaire. Alors, soyons indulgents ! Ce n’est pas de leur faute ! Voilà encore une fausse doctrine très à la mode de nos jours. Nos populations de plus en plus perverses et irresponsables posent quotidiennement beaucoup de gestes pour flatter et étouffer leur conscience. Elles ont mis Dieu à la porte à tous les niveaux ; elles ont méprisé et ridiculisé ses lois et ses commandements ; elles ont renié leur baptême et leur catéchisme ; elles sont devenues des ignares sur le plan religieux ; elles se sont abreuvées et nourries dans les plaisirs mondains, dans l’athéisme et dans le relativisme. La sagesse humaine a fini par tuer leur conscience. Voilà pourquoi l’apôtre Paul parlait de l’importance d’une conscience pure (1 Tim. 3, 9) et nous mettait en garde contre tout ce qui peut la souiller et la salir (Tite 1, 15). Entendons-nous encore souvent ce sage discours dans nos églises catholiques ?

Saint Jean-Paul II nous a souvent répété que nos sociétés modernes ont légalisé et encouragé d’épouvantables « structures de péchés » où les pulsions, les débauches, les fantasmes, les dépravations et les abominations sont devenus monnaie courante. Le laxisme moral est très à la mode. Nous sommes endurcis dans le péché. Alors, on préfère ne pas éduquer et éclairer notre conscience personnelle, car on ne veut surtout pas changer nos styles de vie qui baignent très souvent dans tous ces « doux » péchés.

Beaucoup de catholiques oublient l’importance spirituelle d’avoir une bonne conscience. J’entends souvent cette réflexion dans mon entourage : « J’ai la conscience en paix ». Cette orgueilleuse réflexion nous montre très clairement que l’on oublie l’importance de conserver notre conscience personnelle pure et en bonne santé ; c’est un travail quotidien et il faut prendre les outils spirituels nécessaires pour en

L’espèce humaine est-elle en régression ? « Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous » (Rom. 1, 22), nous dit saint Paul. Esclave du péché et enveloppé de ténèbres, le monde moderne vogue allègrement et inconsciemment (conscience élastique) vers sa destruction. Nous vivons à l’ère de la complaisance, de la dégénérescence et de l’asservissement de la conscience individuelle aux passions, perversions, convoitises, bas instincts, violence, etc. d’un monde qui a perdu tous ses repères. Toutes les dérives et le nouveau système de valeurs morales sont devenus des choses normales, banales et acceptables.

L’enseignement de l’Église est limpide sur cette question. Au numéro 1706 du Catéchisme, il est écrit : « Par sa raison, l’homme connaît la voix de Dieu qui le presse “d’accomplir le bien et d’éviter le mal” (Gaudium et spes). Chacun est tenu de suivre cette loi qui résonne dans la conscience et qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain. L’exercice de la vie morale atteste la dignité de la personne ».

L’homme peut-il bien nourrir sa conscience en réglant sa vie sur des habitudes de péchés ? Peut-il conformer sa conscience à ses comportements pervers ? Au numéro 1749 du Catéchisme, il est écrit : « La liberté fait de l’homme un sujet moral. Quand il agit de manière délibérée, l’homme est, pour ainsi dire, le père de ses actes. Les actes humains, c’est-à-dire librement choisis par suite d’un jugement de conscience, sont moralement qualifiables. Ils sont bons ou mauvais ». C’est clair, il n’y a pas de zones grises comme l’enseignent trop souvent plusieurs prêtres et théologiens modernistes.

Dans un contexte corrompu comme le nôtre où la séduction du démon coure les rues, on entend souvent les gens crier haut et fort : « Je me pardonne ». Accro au péché, tout ce monde se fait accroire qu’il peut continuer en toute impunité à vivre dans le péché sans se sentir coupable tout en justifiant son style de vie.

Au numéro 1776, le Catéchisme remet les pendules à l’heure en disant : « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal résonne dans l’intimité de son cœur. C’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ».

Un bon catholique doit donc « éclairer sa conscience » (N° 1783), « éduquer sa conscience » (N° 1784) et « former sa conscience » (N° 1785), car « la conscience peut porter un jugement droit en accord avec la raison et avec la loi divine, soit au contraire, un jugement erroné qui s’en éloigne » (N° 1786).

N’oublions pas que l’humanité pécheresse a grandement besoin du Décalogue, du Magistère et de la révélation divine pour dompter la conscience individuelle en proie aux déviations diaboliques (Numéros 2072 à 2082). Les êtres humains en général et les catholiques en particulier ont l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer. « On n’a pas la permission morale d’adhérer à l’erreur » (N° 2108). Voilà pourquoi « le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral » (Numéros 2242 et 2243).

Une conscience pure est notre meilleure amie, mais c’est également l’ennemi du monde moderne. saint Paul nous enseigne en Galates 5, 19-21 : « On sait très bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d’envie, orgies, ripailles et choses semblables, et je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu ». Voilà les fruits qu’une conscience impure produit !

Notre conscience personnelle est-elle en phase terminale ? Partout dans le monde, la Vierge Marie répète : « Convertissez-vous ». Allons-nous enfin écouter et mettre en pratique ce message incontournable ?

L’heure est très grave ! Nous avons un urgent besoin de saints prêtres, évêques et cardinaux de la trempe des saints Curé d’Ars et Padre Pio. Eux, ils savaient lire dans les consciences sans compromis, ni compromission.

Paul-André Deschesnes

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