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En défense de la vie à la conception naturelle: un pharmacien du Saguenay refuse la pilule du lendemain à une femme

Par Joanne D’Arc (Campagne Québec-Vie) — Photo : Unsplash/Danilo Alvesd 

Est-ce normal qu’en 2022, un pharmacien qui refuse la pilule du lendemain à une femme soit considéré coupable, alors que le vrai crime est d’avoir ce genre de pilule en pharmacies ? Ce héros du Québec, qui ne veut pas être reconnu, ose défendre la vie du petit être humain dans le corps d’une maman qui se présente à sa pharmacie — il devrait être applaudi pour son courage et ses convictions.

Par ailleurs, depuis le 3 août 2022, les médias de masse, tels que TVA, CBC news et Radio-Canada, attaquent ce pharmacien pour ses convictions religieuses et défendent la jeune femme de 24 ans qui se dit stressée par l’événement.

Évidemment, si la jeune femme en question ne comprend pas que la pilule du lendemain est un moyen intentionnel de mettre fin à une vie humaine, elle ne réalise pas les circonstances graves dans lesquelles elle s’est trouvée. Selon ses prétentions, elle voulait avoir accès à un service essentiel et ne comprend pas pourquoi le pharmacien le lui refuserait.

Hélas, le mouvement pro-choix a complètement convaincu la conscience de cette jeune femme qu’elle faisait le bien en se procurant la pilule du lendemain, et que le pharmacien faisait le mal en la lui refusant. Selon sa compréhension des événements, le pharmacien était le vilain de cette histoire et elle la victime.

Qu’en est-il si la réalité était autre ? Si le pharmacien du Saguenay essayait de sauver non seulement une vie, mais deux ? La victime réelle dans cette histoire devrait plutôt être l’enfant à naître dans le ventre de la jeune femme, aussi petit soit-il.

Ce problème est à la base de la compréhension des faits de cette situation. Lorsque cette jeune femme s’est présentée au comptoir de la pharmacie, elle n’était pas seule. Elle s’est présentée avec un enfant à naître dans son ventre, et non un amas de cellules.

« Selon la science, dans le processus de reproduction humaine, un être humain entier, distinct et vivant naît à la fécondation, au moment où un spermatozoïde pénètre dans un ovule » — selon le Centre canadien pour la réforme bioéthique (CCBR).

Ce que les médias de masse ne comprennent guère, c’est que le pharmacien a essayé par ses actions non seulement d’honorer ses convictions, mais aussi d’éveiller la conscience de cette jeune femme et d’honorer la vie, qui existe déjà au moment de la conception.

La question de l’avortement peut autant être une conviction religieuse qu’une conviction morale, et au Canada, peu importe la religion du pharmacien, la charte des droits et libertés permet à un professionnel de refuser d’accomplir un acte qui irait à l’encontre de ses convictions religieuses ou de sa conscience.

De plus, le pharmacien a agi dans le cadre de ses libertés fondamentales selon l’article 2 (a) de la Charte canadienne des droits et libertés, qui accorde à chacun la liberté de conscience et de religion. Notre avocat, Me R. E. Reynolds se dit d’accord avec cette précision sur le contenu des Chartes canadienne et québécoise.

Suite à l’événement du 3 août, l’ordre des pharmaciens a également publié sur leur blogue une précision le 4 août 2022 :

« D’abord, ce n’est pas l’Ordre qui octroie le droit au pharmacien de refuser de prescrire un médicament pour des convictions religieuses personnelles, mais la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Ces chartes protègent la liberté de conscience et de religion de tout individu, les professionnels y compris. En vertu de cette liberté fondamentale, un professionnel de la santé — médecin, pharmacien, infirmière — peut refuser de prescrire un traitement ou de fournir un soin ou service de santé en raison de ses convictions morales ou religieuses. Ces textes de loi ont préséance sur tout autre loi ou règlement qui pourrait émaner des ordres professionnels, dont l’Ordre des pharmaciens du Québec. »

La responsable de communications au Groupe Jean Coutu (qui est détenu par Métro) Geneviève Grégoire, en réponse à notre question « Si Jean-Coutu se sentais confortable de défendre le pharmacien et ses droits ? » nous communique également que la Charte des droits et libertés permet à un professionnel de refuser de faire un acte qui irait contre ses valeurs, mais que dans ces cas rares, « la plupart des pharmacies ont déjà en place des mécanismes qui permettent à la cliente de recevoir le service par un autre professionnel sur place, ou dans le cas où le pharmacien est seul en service, dans les meilleurs délais dans une autre de ses pharmacies située à proximité ». À la réponse de ce qu’il les met mal à l’aise dans cette situation, il n’y avait pas de commentaire.

Alors, si le pharmacien du Jean Coutu de Saguenay était entièrement dans ses droits, pourquoi se fait-il menacer depuis l’événement et les médias de masse lui donnent une mauvaise réputation ? Est-ce que la liberté de conscience devrait avoir une limite ? Puis, qui déciderait légitimement de ce qu’elle est ?

Pour réfléchir à ces questions, nous avons demandé la consultation d’un prêtre, Simon Ateba, Dr en Théologie catholique de Rome. Voilà ce qu’il nous partage :

« La vie étant sacrée dès la conception jusqu’à la mort naturelle, on ne peut reprocher à quiconque d’agir en conscience pour sauver la vie d’un bébé dans le ventre de sa mère. On ne peut pas faire taire la conscience d’une personne qui agit au nom de ses valeurs religieuses. L’influence des médias de masse, en voulant imposer le silence, n’arriverait jamais à faire taire la voix de Dieu qui retentit dans la conscience de tout homme. Car, c’est toujours à partir de ce sanctuaire intime de la conscience que l’on peut reprendre un nouveau cheminement d’amour et de servir la vie humaine » en réflexion sur Cf. Jean Paul II, Évangile de la vie, n.24.

Dans ce texte de Jean Paul II, nous pouvons lire que « La conscience morale, individuelle et sociale, est aujourd’hui exposée, ne serait-ce qu’à cause de l’influence envahissante de nombreux moyens de communication sociale, à un danger très grave et mortel, celui de la confusion entre le bien et le mal en ce qui concerne justement le droit fondamental à la vie. »

C’est un bon résumé de ce qui s’est produit à la pharmacie de Saguenay. Une confusion totale entre le bien et le mal en ce qui concerne le droit fondamental à la vie. Malheureusement, il est plus important pour les médias de masse de faire du bruit autour des émotions blessées de la jeune femme que de questionner la moralité de la situation en question.


Note : on ne doit certes pas obliger quelqu’un à agir contre sa conscience, combien même ses convictions seraient erronées, il n’empêche que ses convictions peuvent entraîner des conséquences : s’il refusait de poser des gestes salvateurs et bons, il serait légitime de le retirer de son poste, combien même il ressentirait cela comme une pression exercée contre sa conscience. De même, si une personne voulait commettre un acte mauvais, croyant agir selon sa conscience, il serait légitime de l’en empêcher. — A.H.



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