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Un droit d’exemption pour l’éducation sexuelle ?

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : Ben White/Unsplash

Je serais surpris que les parents catholiques puissent obtenir pour leurs enfants une exemption du cours d’éducation sexuelle, surtout après que la Cour Suprême du Canada ait rejeté, en 2012, une semblable demande pour le cours d’éthique et culture religieuse (ECR).

Pour l’instant, le Premier ministre Legault affirme que tout le monde doit suivre ce cours. Je comprends mal la logique de ses « valeurs québécoises » : garder le crucifix à l’Assemblée nationale, l’interdire pour les enseignants, faire de la propagande LGBT dans les salles de classe. Nous verrons bien la suite.

À mon avis, une contestation judiciaire serait infructueuse. Les tribunaux adopteront le même raisonnement que dans la décision sur l’ECR. La Cour Suprême finira par dire que le cours d’éducation sexuelle ne fait que présenter scientifiquement divers types de comportements sexuels, sans forcer qui que ce soit à les pratiquer : ce cours ne porte donc pas atteinte aux libertés individuelles, tout en permettant aux jeunes de prendre conscience des réalités contemporaines.

Le problème pour un catholique, c’est que le cours enseigne aux enfants à respecter, à tolérer, et donc à approuver moralement toutes les formes de vie sexuelle. C’est une atteinte directe à la liberté de conscience. Nous n’avons plus le droit de penser que l’homosexualité puisse être « anormale ». Il ne s’agit pas seulement de respecter la personne homosexuelle, comme nous le commande la charité chrétienne, mais d’approuver le principe de ce comportement contre nature, sous prétexte de « liberté de choix ». Autrement dit, il faut nier un aspect de la Loi de Dieu (voir Mt, 11 : 23-24 ; Rm 1 : 24-32 ; 1erCor 6 : 9-10).

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Le droit d’exemption d’un cours qui touche aussi directement aux valeurs morales que la sexualité devrait être facilement accordé dans une société qui prétend respecter la liberté de conscience et de religion. Mais nous savons bien que les chrétiens n’ont jamais profité des fameuses chartes des droits. La liberté de conscience ne s’applique pas aux parents catholiques, pas plus que le droit à la vie ne s’applique à l’enfant à naître.

Le paradoxe n’est pas nouveau. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) a déclaré solennellement que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ». Cela n’a pas empêché la Révolution française de guillotiner un prêtre sur quatre.

On s’imagine à tort que les États modernes sont religieusement « neutres ». Il n’en est rien. La neutralité religieuse ou philosophique est impossible, tant pour les sociétés que pour les individus. On peut séparer l’État de l’Église catholique, mais l’État devra alors s’appuyer sur une autre vision de monde, quelle qu’elle soit. On ne peut pas légiférer sans avoir une conception préalable de ce que sont le Bien et le Mal. Et cette conception découle toujours de l’idée que l’on se fait de l’Au-delà.

Les sociétés démocratiques se prétendent laïques, mais elles professent une « religion d’État » : le libéralisme. On peut appeler cette doctrine « idéologie » plutôt que « religion ». Mais une idéologie possède toutes les caractéristiques d’une religion. Le libéralisme, le communisme et le fascisme sont des religions qui n’osent pas dire leur nom. Or les États modernes imposent leurs idéologies officielles avec la même force que les États médiévaux le faisaient pour le christianisme.

Nous verrons dans notre prochaine chronique comment les États libéraux peuvent, en toute logique, persécuter les chrétiens au nom de la « liberté ».

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