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Quelle est la position réelle des autorités du Vatican sur la contraception ?

Par Voice of the Family — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : dragonstock/Adobe Stock

20 juillet 2022 — Un livre récent, Theological ethics of life: scripture, tradition, practical challenges, édité par le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Vincenzo Paglia, a soulevé de nouvelles inquiétudes quant à l’adhésion des autorités actuelles du Vatican aux principaux enseignements moraux de l’Église.

Le livre, publié par la Libreria Editrice Vaticana, rassemble les actes d’un séminaire d’étude interdisciplinaire promu par l’Académie pontificale pour la vie. Mgr Paglia, bien connu pour ses opinions dissidentes sur les enseignements de l’Église en matière d’éthique sexuelle, a expliqué que le séminaire visait à :

« Ouvrir un dialogue entre … différentes opinions, y compris sur des sujets controversés, en offrant de nombreux points de discussion. La perspective est donc de rendre un service au Magistère, d’ouvrir un espace de parole qui rende possible et encourage la recherche. C’est ainsi que nous interprétons le rôle de l’Académie ».

La discussion, selon Paglia, se déroulerait d’une manière analogue à la forme dialectique traditionnelle des quæstiones disputatæ (« questions disputées ») : « proposer une thèse et l’ouvrir au débat », dans l’espoir que le débat puisse ainsi permettre « d’entrevoir de nouvelles voies, afin de faire progresser la bioéthique théologique ».

Le débat que le livre promet d’ouvrir semble concerner la contraception et la fécondation artificielles — par exemple, en ce qui concerne les « conditions et les circonstances pratiques » qui pourraient rendre admissible le recours à des techniques contraceptives, tout en excluant les techniques qui sont abortives.

Selon l’enseignement moral catholique, tel que réaffirmé dans l’encyclique Humanæ vitæ (nº 14), tout recours à la régulation artificielle des naissances est intrinsèquement mauvais. Les tentatives visant à « ouvrir le débat » sur des enseignements moraux aussi fondamentaux de l’Église ne peuvent que menacer ses enseignements-clés sur le mariage et la finalité première de celui-ci : la procréation et l’éducation des enfants.

Mgr Paglia indique dans la préface du nouveau volume que l’étude a été motivée par les nombreuses sollicitations faites par le pape François dans ses discours et documents aux théologiens :

« Nous nous sommes donc demandé si nous écoutions vraiment l’enseignement du pape François. Prenons-nous ses paroles au sérieux de manière systématique, ne nous contentons-nous pas d’utiliser certaines de ses expressions singulières en dehors du contexte de sa réflexion globale ? Examinons-nous les implications que ses considérations ont pour la pensée théologique ? Si nous considérons Evangelii gaudium, Laudato si', Amoris lætitia et Veritatis gaudium dans cette perspective, nous nous rendons compte que les propositions que ces documents contiennent ouvrent un nouvel horizon pour la théologie et pour la tâche des théologiens, avec un fort accent sur le dialogue et l’enrichissement mutuel entre les différents types de connaissance. »

En réponse à l’appel de Mgr Paglia d’examiner les paroles et les actions du pape François dans le contexte de son pontificat, il est utile de revoir certaines des préoccupations précédentes qui ont été soulevées concernant l’assentiment du Saint-Père à l’enseignement de l’Église catholique sur les questions d’éthique sexuelle. Cette liste, publiée pour la première fois par Voice of the Family en février 2017, ne vise pas à être exhaustive, mais seulement à signaler la direction de la pensée du pape sur la base des preuves dont nous avons connaissance.

***

5 mars 2014 — Le pape François est interrogé par le journal Corriere della sera. On lui demande : « Un demi-siècle après l’encyclique Humanæ vitæ de Paul VI, l’Église peut-elle reprendre le thème du contrôle des naissances ? Le cardinal Martini, votre confrère, a estimé que le moment était venu. » Dans sa réponse, le pape François souligne que « Paul VI lui-même, à la fin, recommandait aux confesseurs beaucoup de miséricorde, et une attention aux situations concrètes ». Le pape affirme également que « la question n’est pas de changer la doctrine mais d’approfondir et de faire en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce que chaque personne peut faire. » Toutes les implications de ces paroles sont devenues plus claires au cours du processus synodal de deux ans qui a suivi.

13 octobre 2014 — La relatio post disceptationem hétérodoxe du Synode extraordinaire est publiée, après avoir reçu l’approbation personnelle du pape François. Ce document adopte une approche ambiguë de la contraception, ainsi qu’une approche de la conscience et de la loi naturelle qui sape les enseignements moraux de l’Église. L’alternance entre des réaffirmations orthodoxes de la doctrine catholique et des déclarations ambiguës et erronées est appliquée dans tous les documents synodaux successifs.

19 octobre 2014 — Le rapport final du Synode extraordinaire fait sienne l’approche de la relatio ci-dessus. Le traitement de la contraception et de la loi naturelle est examiné plus en détail dans l’analyse du document par Voice of the Family.

16 janvier 2015 — Le pape François fait référence à Humanæ vitæ dans un discours aux familles des Philippines, mettant une fois de plus l’accent non pas sur la doctrine centrale de l’encyclique mais sur son affirmation que Paul VI « était très miséricordieux envers les cas particuliers, et il demandait aux confesseurs d’être très miséricordieux et compréhensifs dans le traitement des cas particuliers. Mais il avait aussi une vision plus large : il regardait les peuples de la terre et il voyait cette menace de familles détruites par manque d’enfants. » L’implication de ce passage, surtout à la lumière des commentaires du 19 janvier ci-dessous, est que la contraception pourrait être tolérée dans des cas particuliers, et que l’enseignement de l’Église est une « vision plus large » ou un idéal. Cela se refléterait dans le « gradualisme » adopté dans les documents synodaux et dans Amoris lætitia.

19 janvier 2015 — Le pape François, lors d’une conférence de presse dans son vol de retour de Manille, déclare aux journalistes que la lettre encyclique Humanæ vitæ, ne concernait pas « des problèmes personnels, pour lesquels il a ensuite dit aux confesseurs d’être miséricordieux et de comprendre la situation et de pardonner, d’être compréhensifs et miséricordieux » mais plutôt « le néo-malthusianisme universel qui était en cours ». Ainsi, il présente Humanæ vitæ non pas comme étant principalement une norme universellement contraignante, mais plutôt comme une réponse politique à un mouvement idéologique. Au cours de la même conférence de presse, il critique une mère qui a eu huit enfants par césarienne et l’accuse d’être coupable de « tenter Dieu ». Il poursuit en disant que les catholiques devraient pratiquer une « parentalité responsable » et ne devraient pas « se reproduire comme des lapins ».

17 juin 2015 — Le pape François nomme le climatologue Hans Schellnhuber à l’Académie pontificale des sciences. Schellnhuber pense qu’il y a un « problème de population » et a précédemment déclaré que la « capacité de charge de la planète » est « inférieure à 1 milliard de personnes ». Les positions de Schellnhuber ont été analysées plus en détail par Voice of the Family dans cet article.

18 juin 2015 — Le pape François promulgue la lettre encyclique Laudato si qui entérine la théorie du changement climatique et le programme environnementaliste. L’encyclique ne fait aucune référence directe à la contraception malgré l’étroite interrelation entre les mouvements écologistes et de contrôle de la population. Ce lien est illustré par le fait que le Vatican a choisi Hans Schellnhuber et Carolyn Woo, alors présidente et directrice générale de Catholic Relief Services, une organisation américaine qui a financé des groupes de promotion de l’avortement et de la contraception, pour présenter Laudato si lors de son lancement.

23 juin 2015 — L’Instrumentum laboris du Synode ordinaire sur la famille est publié. Ce document, qui a été approuvé par le pape François avant sa publication, porte gravement atteinte à l’enseignement de l’Église sur la contraception, et à ses enseignements moraux en général. Ceci est expliqué en détail dans l’analyse du document par Voice of the Family.

10 septembre 2015 — 65 universitaires appellent les pères du prochain Synode ordinaire sur la famille à rejeter « la déformation de l’enseignement catholique implicite dans le paragraphe 137 » de l’Instrumentum laboris. Ils écrivent :

« Le paragraphe 137 aborde un document-clé du Magistère moderne, Humanæ vitæ, d’une manière qui à la fois remet en cause la force de cet enseignement et propose une méthode de discernement moral qui, clairement, n’est pas catholique. Cette approche du discernement contredit ce qui a été enseigné jusqu’à présent par le Magistère de l’Église au sujet des normes morales, de la conscience et du jugement moral, en suggérant qu’une conscience bien formée peut être en conflit avec des normes morales objectives. »

24 octobre 2015 — Le rapport final du Synode ordinaire continue d’adopter une approche gravement problématique de la loi morale, et de la question de la contraception en particulier.

30 novembre 2015 — Le pape François affirme, dans le contexte d’une question concernant l’utilisation de préservatifs pour prévenir la transmission du VIH, qu’il pourrait y avoir un conflit entre les cinquième et sixième commandements. Un journaliste allemand a demandé :

« N’est-il pas temps pour l’Église de changer sa position sur la question ? De permettre l’utilisation de préservatifs pour prévenir davantage d’infections ? »

Dans sa réponse, le pape François a déclaré :

« Oui, c’est l’une des méthodes. La morale de l’Église sur ce point se trouve ici face à une perplexité : le cinquième ou le sixième commandement ? Défendre la vie, ou que les relations sexuelles soient ouvertes à la vie ? »

En fait, il ne peut jamais y avoir de conflit entre les commandements du décalogue. Le pape François laisse en outre entendre que l’enseignement de l’Église sur cette question n’est pas prioritaire :

« Cette question me fait penser à celle qu’on a posée un jour à Jésus : “Dis-moi, maître, est-il licite de guérir le jour du sabbat ? Est-il obligatoire de guérir ?” Cette question, “est-il licite de faire cela” … mais la malnutrition, le développement de la personne, le travail forcé, le manque d’eau potable, voilà les problèmes. Ne parlons pas de savoir si l’on peut utiliser tel ou tel type de patch pour une petite blessure, la blessure grave est l’injustice sociale, l’injustice environnementale, l’injustice qui … Je n’aime pas descendre dans les réflexions sur de telles études de cas quand les gens meurent à cause du manque d’eau, de la faim, de l’environnement … quand tous sont guéris, quand il n’y a pas ces maladies, ces tragédies, que l’homme fait, que ce soit pour l’injustice sociale ou pour gagner plus d’argent, je pense au trafic d’armes, quand ces problèmes n’existent plus, je pense que nous pouvons poser la question “est-il licite de guérir le jour du sabbat ?” »

10 décembre 2015 — Le cardinal Turkson suggère que le monde pourrait être surpeuplé et déclare que « cela a été discuté et le Saint-Père, lors de son voyage de retour des Philippines, a également invité les gens à une certaine forme de contrôle des naissances, car l’église n’a jamais été contre le contrôle des naissances et les gens espaçant les naissances et tout cela ». Il a déclaré plus tard qu’il aurait dû utiliser le terme « parentalité responsable » plutôt que « contrôle des naissances ».

18 février 2016 — Le pape François semble suggérer que les préservatifs sont le « moindre de deux maux » qui peut être utilisé pour prévenir la transmission du virus Zika et fait à nouveau l’affirmation erronée qu’il peut y avoir un « conflit entre les cinquième et sixième commandements » du décalogue. Il semble également suggérer que la question de la contraception est un « problème religieux » plutôt qu’un « problème humain ». Cette approche incohérente de la loi morale a été anticipée par Voice of the Family, dans nos analyses des documents synodaux.

19 février 2016 — Le bureau de presse du Vatican confirme que le pape François, dans ses remarques de la veille, avait l’intention d’approuver l’utilisation du préservatif dans certains cas.

8 avril 2016 — L’exhortation apostolique Amoris lætitia est promulguée. Ce document s’appuie sur l’approche erronée adoptée dans les documents synodaux à l’égard de la conscience et de la loi naturelle et met en œuvre des méthodes fallacieuses de théologie morale, notamment le gradualisme, l’éthique de situation et la théorie des options fondamentales.

1er septembre 2016 — Le pape François se déclare « très satisfait » de l’adoption des Objectifs de développement durable (ODD) par les Nations unies. Il est important de noter que l’objectif 3 des ODD inclut parmi ses cibles « l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive » qui est un terme compris comme incluant la contraception et l’avortement par les agences de l’ONU, les gouvernements nationaux et les agences internationales. Quelques mois plus tôt, le 25 mai 2016, l’archevêque Jean-Marie Mupendawatu, du Conseil pontifical des travailleurs de la santé, a fait une intervention à l’Assemblée mondiale de la santé à Genève dans laquelle il a déclaré, sans évoquer de réserves, que le Saint-Siège accueille favorablement les ODD. Il a spécifiquement salué l’objectif 3 en disant qu’il « comporte 13 cibles qui sont sous-tendues par la couverture universelle comme clé de la réalisation de toutes les autres ». L’objectif 3, comme indiqué ci-dessus, comprend une cible appelant à l’accès universel à la « santé sexuelle et reproductive », c’est-à-dire l’accès à l’avortement et à la contraception. L’affirmation du pape selon laquelle il est « très satisfait » de ces objectifs qui conduiront à de nouveaux meurtres d’enfants à naître menace de détruire la crédibilité des déclarations fortes qu’il a faites en opposition à l’avortement au cours de son pontificat.

19 septembre 2016 — Quatre cardinaux écrivent au pape François pour lui demander de résoudre cinq dubia [« doutes »] portant sur la doctrine d’Amoris lætitia. Ces dubia, qui soulèvent des questions concernant la nature de la conscience et l’existence de maux moraux intrinsèques, sont d’une grande pertinence pour l’enseignement de l’Église sur la contraception.

24 octobre 2016 — Le pape François fait l’éloge de Bernard Häring, théologien moraliste et dissident influent d’Humanæ vitæ. Il a déclaré à la 36e Congrégation générale que Häring a été le « premier à commencer à chercher une nouvelle façon d’aider la théologie morale à s’épanouir à nouveau » et que « de nos jours, la théologie morale a fait beaucoup de progrès dans ses réflexions et dans sa maturité ».

14 novembre 2016 — Les quatre cardinaux rendent public le texte des dubia après que le pape François les ait informés qu’il n’avait pas l’intention d’y répondre. La décision du pape de ne pas expliquer clairement le sens de son propre texte renforce la perception commune que son enseignement est délibérément ambigu et destiné à saper la foi catholique.

24-28 janvier 2017 — Au cours de l’ingérence inquiétante du Vatican dans les affaires internes de l’Ordre de Malte, qui est une entité souveraine [depuis le XIIe siècle], le pape François demande à Fra Matthew Festing de démissionner de son poste de grand maître de l’Ordre et rétablit Albrecht Freiherr von Boeselager dans ses fonctions de grand chancelier du Malteser International (MI), la branche humanitaire de l’Ordre de Malte. Von Boeselager avait été jugé responsable de programmes de distribution de préservatifs et de produits abortifs ; Fra Matthew Festing voulait s’assurer que le Malteser International reste fidèle à l’enseignement catholique. Suite à l’article détaillé du National Catholic Register sur le sujet, une enquête du Lepanto Institute a révélé que le MI a distribué plus de 100 000 préservatifs en Birmanie (Myanmar) en 2005 et 2006 ; un rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2006, intitulé Reproductive Health Stakeholder Analysis in Myanmar 2006, mentionne la « planification familiale » parmi les « domaines d’expertise » du MI, la « contraception » parmi ses « activités » et l’« espacement des naissances » parmi ses « plans futurs » ; le rapport indique également que le MI a fourni des contraceptifs oraux à 2 500 femmes dans un canton birman ; entre 2007 et 2016, l’IM a reçu des subventions importantes pour poursuivre la distribution de préservatifs en Birmanie.

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Les exemples énumérés ci-dessus démontrent à quel point le pontificat du pape François a provoqué un doute et une confusion généralisés concernant l’enseignement de l’Église sur des questions relatives à la loi morale, comme la contraception. En cette heure de grande crise pour l’Église, nous devons nous tourner vers Dieu, avec toujours plus de confiance, en faisant pénitence et en priant pour qu’il manifeste bientôt sa toute-puissance et délivre son Église de la confusion.



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