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Québec — Éducation à la sexualité (uniformisée) — revue de presse commentée.

Par pouruneécolelibre

Après avoir été abolie il y a plus de 15 ans en tant que matière autonome obligatoire, l’éducation à la sexualité sera de retour dans toutes les écoles du Québec et à tous les niveaux du préscolaire, primaire et secondaire, dès l’automne prochain.

Québec veut imposer (« offrir » dans la novlangue du ministère) un programme formaté et uniformisé d’éducation à la sexualité. Rappelons cependant que les écoles donnent déjà des cours de ce type, mais pas en tant que matière autonome au programme : son contenu et la pédagogie adoptée peuvent être très variables d’une école à l’autre.

Revue de presse commentée sur l’imposition de ce nouveau programme gouvernemental.

L’opposition à Québec a dénoncé mercredi les retards « inadmissibles » et le « cafouillage » du ministère de l’Éducation dans la préparation du programme d’éducation à la sexualité.

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« J’ai peur que des gens deviennent contre le programme d’éducation à la sexualité, et ce n’est pas ce qu’on souhaite », s’inquiète Jean-François Roberge de la Coalition avenir Québec (CAQ). Jean-François Roberge est un ancien instituteur du primaire, il est un fervent partisan de l’imposition du controversé programme gouvernemental d’Éthique et de culture religieuse. Il y a quelques années, il s’est levé en congrès de la CAQ pour défendre cette créature, il fut à l’époque mis en minorité par les militants de la CAQ. Il est également un partisan d’une plus grande surveillance étatique vis-à-vis des enfants instruits à la maison. Il y aurait, selon lui, « un manque d’encadrement pour les jeunes qui font l’école à la maison » (J.-F. Roberge, 7/XII/2016). Bref, un étatiste moderne bon teint.

Le Journal de Québec publiait mercredi que les enseignants ne se sentent pas prêts à parler de sexualité en classe, alors que dans six mois, l’implantation de ce programme sera obligatoire dans toutes les écoles du Québec.

« Parler d’agression sexuelle à des enfants de première année... Si je devais faire ça demain matin, je passerais des nuits blanches », illustre Nathalie Morel de la Fédération autonome de l’enseignement, qui représente plus de 34 000 professeurs.

Le Journal constatait notamment que les canevas pédagogiques fournis par le ministère sont incomplets, même si un projet pilote est en marche depuis deux ans.

« C’est inadmissible », s’exclame Carole Poirier du Parti québécois (PQ).

Les enseignants dénonçaient aussi le flou entourant la façon dont ils seront formés par l’État.

« Si seulement on avait formé les enseignants graduellement au cours des 18 derniers mois, on n’en serait pas là », dit M. Roberge, qui parle de « cafouillage ».

Le ministre Sébastien Proulx s’est dit convaincu mercredi que les enseignants seront prêts à temps et que les écoles n’auront besoin de forcer aucun prof pour ce programme. « Moi, je pense qu’on aura assez de gens disponibles. »

Les directeurs d’école sont toutefois sceptiques et veulent savoir ce qu’ils devront faire, advenant qu’il n’y ait aucun professeur volontaire dans leur école, explique Lorraine Normand-Charbonneau, de la Fédération québécoise des directions d’établissements d’enseignement (FQDE).

Elle estime que pour une école secondaire de 800 élèves, le programme d’éducation à la sexualité demanderait l’équivalent de 1,2 professeur à temps complet.

Malgré tout, ni les partis de l’opposition ni la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) ne croient qu’il est nécessaire d’interroger sur l’imposition d’un programme gouvernemental uniforme ni de repousser l’entrée en vigueur du programme.

Des thèmes (sensibles) sont absents et aucun canevas n’a été transmis pour les élèves de quatrième et sixième année du primaire ni pour ceux de cinquième secondaire.

Les enseignants ignorent quand et de quelle façon ils seront formés pour parler de sexualité. Seront-ils libérés ? Et si c’est le cas, qui les remplacera pendant qu’ils s’absenteront pour recevoir la formation, considérant que les écoles vivent déjà une pénurie de profs, ont soulevé les syndicats.

« Ceux qui donneront cet enseignement sont censés être volontaires. Mais qu’est-ce qu’on fait si, dans une école, il n’y a aucun volontaire ? » se demande Josée Scalabrini de la Fédération des syndicats de l’enseignement, dont font partie plus de 65 000 professeurs. Qui seront les volontaires, les plus militants sur le plan de la sexualité ?

Il est donc probable que des profs soient forcés de l’enseigner même s’ils ne se sentent pas à l’aise de parler de sexualité, dit Mme Morel.

Militants dénoncent l’absence de sujet sur les transgenres

Des sexologues et intervenants militants déplorent que l’avortement et la réalité des transgenres, deux sujets délicats, ne soient toujours pas au programme d’éducation sexuelle pour les élèves du secondaire.

L’avortement n’apparaît nulle part dans les canevas pédagogiques qui ont été transmis au Journal de Québec. En revanche, la plupart des moyens de contraception sont abordés, y compris la pilule du lendemain.

La réalité des personnes transgenres est également absente des canevas du programme pour les élèves du secondaire.

« C’est vraiment un manque », déplore Valérie Boyer, militante et intervenante à l’organisme Le Néo, qui donne déjà des ateliers dans les écoles de Lanaudière. Car, comme on l’a dit en début de ce billet, l’information sur la sexualité peut déjà être donnée, mais pour l’instant elle n’est pas imposée uniformément d’en haut. Il s’agit d’un sujet sur lequel les adolescents posent beaucoup de questions, les personnes transgenres étant de plus en plus visibles dans notre société, note-t-elle. [Voir « Jordan Peterson et les jeunes trans. Et Debrah Soh sur l’augmentation de ceux-ci » (une épidémie d’autodiagnostic chez les jeunes) et « Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres »]. On peut se demander si l’école moderne « adaptée aux transgenres » dès le primaire ne participe pas cette « épidémie ».

« Qu’est-ce qu’une personne trans ? Pourquoi certaines personnes le sont-elles ? Est-ce que l’on change d’orientation sexuelle quand on [change de sexe] ? » énumère l’intervenant militant Gabriel Amyot.

L’identité sexuelle, dicterait si une personne se sent homme ou femme la fluidité peut-être totale pour certains militants LGBTQ2SSAI+, cette identification variant souvent pour une même personne au cours de sa vie, ne devrait pas être confondue avec l’orientation sexuelle, qui dicterait plutôt envers qui une personne est attirée selon Gabriel Amyot. Notons qu’il n’est justement pas du tout clair que les deux notions soient orthogonales, indépendantes l’une de l’autre contrairement à ce qu’affirme Gabriel Amyot.

Dans le programme du ministère, l’identité sexuelle est pourtant abordée dès le primaire, mais le contenu ne semble pas avoir encore été élaboré. La lutte contre les « stéréotypes » (de l’idéologie donc...) y a bonne place dès le primaire. En quoi est-ce la responsabilité de l’État de lutter contre les « stéréotypes » (les filles sont délicates, préfèrent les métiers de relations humaines, les garçons les métiers de choses, d’ingénieur, d’informaticien, etc.) ? En vertu de quoi a-t-il le droit de lutter contre cette répartition traditionnelle, de vouloir en changer, d’imposer un ordre du jour souvent féministe militant ?

Richard Martineau et le manque de nuance...

Citons le chroniqueur-vedette du Journal de Montréal :

« “Quoi, vous allez parler d’homo­sexualité, de masturbation, de relations sexuelles entre mineurs et de sexe hors mariage ? [Martineau oublie : le transgenre, l’avortement [déjà vu en ECR] et la lutte contre les stéréotypes trop traditionnels. Il omet aussi de parler de l’âge des enfants quand ces sujets sont abordés et de la manière de présenter ces sujets.] Ça va à l’encontre des valeurs que j’enseigne à mon enfant. Je demande — non, j’exige qu’il soit dispensé de suivre ce cours !”

Ils vont faire quoi, les profs ? Ils vont se battre contre les parents ?

Non : ils vont abdiquer.

Si on a accepté qu’une jeune musulmane porte des écouteurs sur les oreilles pour ne pas entendre de musique dans son cours de musique, sous prétexte que ça allait à l’encontre de sa religion, on va permettre aux croyants de “protéger” leurs enfants en les retirant de ce cours.

N’importe quoi pour acheter la paix.

Regardez ce qui se passe en Ontario­­­. Le cours d’éducation sexuelle y est obligatoire, mais des dizaines d’élèves ne le suivent pas, car leurs parents ont obtenu une exemption pour raison religieuse.

Vous pensez que le ministre de l’Éducation va se tenir debout et défendre nos valeurs ? »

Depuis quand « nos » valeurs s’opposent-elles à la décence conservatrice ou à la religion chrétienne ? Décence qui peut parfaitement s’opposer à ce qu’on parle de certains sujets délicats à un certain âge et d’une certaine manière. Richard Martineau devrait parler en son nom.

L’amalgame chic : toutes les religions, tous les conservatismes dans le même sac

Mais on l’aura compris c’est l’amalgame chic et laïc : beaucoup de gens craignent l’islam, on leur fait croire que toutes les religions sont néfastes comme l’islam et qu’il ne faut « donc » plus faire de place pour la pudeur ou la moralité traditionnelle d’inspiration chrétienne.

Il s’agit de la même stratégie adaptée par d’aucuns pour limiter l’ouverture des écoles hors contrat en France. On prend comme exemple une unique école islamique (alors qu’il existe des centaines d’écoles hors contrat dont seulement 20 % sont d’ailleurs confessionnelles et alors dans leur immense majorité catholique) pour restreindre la liberté de tous les parents qui ne rentrent pas dans les clous, le passage zébré, prévu par les bureaucrates. C’est ainsi que le sénateur socialiste français David Assouline expliquait son soutien aux nouvelles entraves proposées pour freiner l’ouverture d’écoles libres : « Notre timidité à cet égard fait le lit des fondamentalismes issus de toutes les religions, qui régulièrement s’unissent pour mener des combats contre le progrès, comme lors des manifestations contre le mariage pour tous »…

Bref, ceux qui s’opposent à l’imposition des « valeurs » sexuelles « modernes » sont tous d’affreux fondamentalistes religieux et on sait à quoi cela mène (Daech !), pour éviter cela il faut faire fi de l’avis et des droits éducatifs des parents conservateurs (chrétiens ou non) qui peuvent penser que l’on peut aborder ces sujets de manières différentes, moins désinvoltes et moins précoces, et qu’il revient légitimement aux parents et aux professeurs qu’ils choisissent de décider de cela et qu’il n’est pas acceptable de se voir imposer une moralité sexualité par des bureaucrates soutenus par des chroniqueurs peu nuancés (la femme de Martineau est dans le même registre caricatural quand elle parle d’éducation à la sexualité).

En 1992, l’idée de dispenser des élèves du programme d’éducation à la sexualité avait été acceptée par le ministre de l’époque, aujourd’hui le raidissement semble complet, plus aucune dispense. On ne peut qu’être frappé par ce raidissement des anciens progressistes qui tant qu’ils étaient minoritaires prônaient la diversité d’opinion et la tolérance. C’est l’étrange paradoxe de cette société « diversitaire » : plus elle devient ethniquement et religieusement diverse par le fait de politiques d’immigration délibérées soutenues par les progressistes, plus ces progressistes cherchent à étouffer la liberté des parents de souche afin d’assurer le « vivre ensemble » de cette « riche courtepointe » qu’elle a créée à force de larges contingents annuels d’immigrants provenant des quatre coins du monde.

Les mêmes progressistes demandaient naguère que le gouvernement ne se mêlât pas de ce qui se passait dans les chambres à coucher. Aujourd’hui aux manettes de l’Éducation obligatoire, ils utilisent ce même gouvernement pour inculquer aux enfants des autres non plus des faits biologiques et médicaux sur la sexualité, mais comment il faut concevoir celle-ci en luttant contre les « stéréotypes de genre », l’hétérosexisme, la transphobie, l’homophobie, etc.

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