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Génération trans — Gabriel Cudia


Gabriel Cudia.

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : capture d'écran vidéo/Jean-Pierre Roy/YouTube

Dans son documentaire Génération Trans, le producteur indépendant Jean-Pierre Roy interroge Gabriel Cudia*, une jeune femme qui a suivi une transition à partir de 15 ans et qui a fini par regretter de s’être lancée dans ce processus.

Dans son témoignage, Gabriel raconte que quand elle était enfant, elle a eu du mal à s’adapter à la puberté. Elle a aussi été diagnostiquée Asperger (autiste).

Elle explique qu’à l’école elle était victime d’intimidation en raison de son autisme et du fait qu’elle portait des vêtements très amples pour cacher le développement de ses formes féminines. Au milieu de ce rejet, une fille a pris sa défense et est devenue sa copine. Cependant, cette dernière était abusive et Gabriel est tombée en relation affective dépendante toxique avec cette fille qui l’a poussé à devenir un « homme ». Elle avait alors 14 ans.

Quand elle a annoncé qu’elle était un « garçon » à sa mère, cette dernière a vécu cette déclaration comme un choc. Cherchant une solution, elles ont fini par tomber sur la clinique Mérakis avec laquelle elles prirent rendez-vous. Là, après une rencontre de 20 à 30 minutes, Gabriel a reçu des bloqueurs de puberté. Elle avait alors 15 ans.

Elle avait commencé sa « transition sociale » quelques mois avant d’aller à la clinique, ce qui a amené la fin de l’intimidation à son égard.

Quand les médecins de la clinique lui ont demandé comment cela s’était passé quand elle a annoncé sa transition, elle a répondu qu’elle le vivait bien — parce qu’on ne l’intimidait plus, au contraire les mêmes personnes qui l’intimidaient auparavant la félicitaient maintenant.

Sa mère a mentionné aux médecins de la clinique que sa fille était dépendante de sa copine et que c’est elle qui lui a mis l’idée de transitionner dans la tête.

Le fait qu’elle avait Asperger a été mentionné aux médecins qui l’ont simplement inscrit au dossier.

3 ou 4 mois plus tard, en décembre 2016 elle a eu une 2e rencontre chez Mérakis où ils lui ont demandé comment elle allait depuis sa première rencontre. Elle est sortie de cette rencontre avec de la testostérone.

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Deux jours après ou le lendemain, Mérakis a envoyé une lettre au centre de chirurgie (GRS) pour la mastectomie, la lettre a été signée par trois médecins : celui qui l’avait vue, un médecin qui était là à la première rencontre et une autre personne qu’elle n’avait jamais vue. La lettre dit qu’après de nombreuses discussions approfondies, qu’ils avaient fait un suivi et qu’ils approuvaient la démarche.

Comme elle recevait beaucoup de pression de sa « copine » à l’époque, elle était pressée de passer à travers le processus de transition.

Elle regrette maintenant les changements survenus à sa voix, elle regrette de ne plus avoir de seins, elle porte maintenant une brassière post-mastectomie (comme en portent les femmes qui ont le cancer du sein et qui ont subi cette ablation), ses épaules carrées, ses grandes cicatrices. Elle dit qu’à l’époque elle ne vivait pas de dysphorie, mais que maintenant avec ces marques elle en vit.

Elle a commencé à avoir des doutes en 2020. Elle n’était plus avec sa copine. Le fait d’être complimentée en tant que trans a duré dans le temps. Mais, à partir du covid, elle s’est retrouvée seule et ne recevait plus donc ce genre de compliments.

Gabriel avoue avoir menti aux gens qu’elle aimait en disant qu’elle était « gender-fluide ». Elle a recommencé à recevoir des compliments après le covid. Elle se disait gender-fluide pour se permettre tantôt de s’habiller en femme et de retrouver une forme de féminité, tantôt en s’habillant en homme pour retrouver une « bulle de sécurité, de réconfort ».

Elle dit que ce qui l’a incitée à prendre la parole est le fait qu’elle a réalisé qu’elle n’était pas seule dans sa situation, « Il n’y a pas un jour depuis maintenant près d’un mois que je n’entends pas de nouvelles histoires, que je n’entends pas un nouveau nom d’une personne comme moi. » Elle dit qu’il y a quelque chose à dénoncer et qu’il faut agir, car il n’est pas normal qu’il y ait autant de monde qui regrette. Elle emploie une image frappante pour décrire l’absurdité de la situation : « J’aurais demandé à 16 ans de me faire enlever un bras, là, le monde m’aurait dit oui ? Je ne peux même pas me faire tatouer avant l’âge de 18 ans. Comment est-il possible que j’aie le droit de me faire retirer une partie de moi-même comme ça ? Sous le prétexte que j’étais quelqu’un d’autre alors que je l’avais dit, en fait, que ma mère l’avait dit que je le faisais sous l’influence d’une autre personne... »

Elle parle maintenant pour protéger les gens qui ignorent cette réalité et « qui se font rentrer dans cette clinique » où ils se font dire qu’ils se sentiront mieux en suivant le processus de transition. Elle souligne que, même si socialement parlant elle avait été plus acceptée en se faisant passer pour un garçon, intérieurement elle n’avait pas cessé de ressentir un mal-être, ce qu’elle avait dit à la clinique qui a d’ailleurs noté dans son dossier « ne se sent pas en paix », « a des épisodes anxieux ». Malgré ces problèmes, la clinique a produit plusieurs lettres approuvant les opérations de transition de Gabriel. Pour l’opération visant à créer un faux pénis, la clinique a écrit une lettre indiquant que Gabriel n’avait jamais soulevé de problèmes par rapport à la testostérone. Gabriel souligne que si on regarde son dossier, elle avait demandé une rencontre parce qu’elle n’aimait pas certains effets de la testostérone. La clinique n’a apparemment pas tenu compte de ses remarques puisqu’elle disait dans une lettre que Gabriel était très satisfaite de ses changements.

À vingt ans elle a eu l’hystérectomie, elle doit maintenant prendre des pilules d’œstrogène à vie. Elle a commencé à prendre de l’œstrogène deux ans avant de se réaffirmer en tant que femme. Quand elle a commencé à prendre de la testostérone, quelques mois plus tard elle a commencé à avoir des douleurs dans le dos à la hauteur du colon, à un moment donné sa douleur était telle qu’elle ne pouvait plus marcher, le premier mois après avoir commencé à prendre de l’œstrogène la douleur s’est estompée, le deuxième mois elle a cessé d’avoir mal. Elle observe qu’elle était sans doute intolérante aux hormones qu’on lui donnait pour la masculiniser, mais que personne ne lui avait mentionné la possibilité d’un tel effet secondaire.

Ce qui l’a arrêtée de poursuivre la transition avec la « phalloplastie », c’est le souvenir de l’épreuve qu’a constitué pour elle l’hystérectomie et les nouvelles cicatrices que laisserait une nouvelle opération sur son corps, notamment sur un des bras où sont prélevés des tissus pour la construction du faux organe.

Toutes les opérations lui avaient été proposées dès le départ pour quand elle aurait atteint l’âge où elle pourrait les subir. À l’époque elle était d’accord pour suivre ce processus afin de plaire à sa copine d’alors.

Mais maintenant qu’elle voudrait faire reconstruire ses seins, on lui dit que cela ne peut pas être remboursé par la RAMQ parce que cela est considéré comme étant esthétique, même si, à l’inverse, les opérations qu’elle a reçues dans le cadre de sa transition étaient couvertes, sous le prétexte que les jeunes « trans » ont un taux de suicide élevé par rapport aux autres jeunes (comme si c’était le fait de ne pas transitionner qui allait amener ces jeunes à se suicider, alors que c’est plutôt le contraire qui est vrai). Elle mentionne cependant qu’il est mentionné dans son dossier qu’elle n’avait pas d’idées suicidaires. Alors que maintenant qu’elle en éprouve et qu’elle demande maintenant à son médecin si elle pourrait recevoir l’euthanasie tant elle se sent mal dans sa peau, sa demande de reconstruction mammaire est considérée comme esthétique...

Avec les modifications qu’a subies son corps, elle éprouve un malaise à être en public, elle mentionne craindre de parler de peur que l’on s’aperçoive qu’elle n’est pas une femme comme les autres. Elle se dit rendue à ce point où elle songerait à mettre fin à toutes ses souffrances parce qu’on lui a dit que la transition allait l’aider, processus qu’elle a en fait suivi pour faire plaisir à des gens qu’elle voulait garder dans sa vie, pour plus tard réaliser qu’elle avait fait de mauvais choix et qu’elle avait été influencée et pour avoir au final un corps dont elle déteste d’importants aspects. Elle a donc envisagé l’euthanasie, bien que cette option ne lui soit pas actuellement accessible. Elle affirme tout de même qu’elle ne passerait pas à l’acte parce qu’elle a promis à sa mère de ne pas mettre fin à ses jours.

Elle dit qu’elle ne poursuivra pas d’autres démarches d’opération comme la reconstruction mammaire avant d’être certaine que c’est la bonne chose pour elle, notamment en raison des risques de rejets ou d’infections.

Elle déplore le fait que les médecins et les psychologues qu’elle a consultés n’aient pas cherché les possibles causes de son inconfort et que le pédopsychiatre qui avait diagnostiqué son autisme n’ait jamais été consulté, le fait qu’elle était sous l’influence d’une autre personne ne semble pas non plus avoir retenu leur attention. Gabriel dénonce la négligence avec laquelle le système lance les enfants dans le processus de transition. Elle souhaiterait qu’une plus grande rigueur soit appliquée dans l’évaluation des enfants qui demandent à changer de sexe et qu’on leur offre avant tout une thérapie où l’on explorerait les possibles causes de leur inconfort.

Elle voudrait donc que les gens se demandent pourquoi on a mutilé autant de femmes qui aujourd’hui le regrettent, elle souhaiterait que l’on se pose des questions sur la façon dont fonctionne le système afin d’y remédier.

Nous ne cesserons de dénoncer le scandale honteux de tous ces jeunes, comme Gabriel Cudia, que le système jette dans un processus de mutilation mû par une idéologie destructrice.


*L’orthographe du nom est telle que donnée dans l'extrait du documentaire.



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