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Une pro-vie québécoise au CSW70


L'équipe de Campagne Québec-Vie et de la Coalition nationale pour la vie à la 70e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW).

Par AG

« Ouvre la bouche au service du muet et pour la cause
de tous les vaincus du sort » Proverbe 31:8

Il y a quelques semaines, du 9 au 13 mars, j’ai eu l’occasion d’assister à la 70e édition de la Commission de la condition de la femme (CSW70) des Nations Unies. Cette expérience a été profondément bouleversante et formatrice. Elle m’a permis de mieux comprendre la scène internationale, tant le mouvement féministe que le mouvement pro‑vie. J’ai passé les semaines suivantes à repenser à ce que j’y ai vécu afin d’en tirer des leçons. Je suis profondément reconnaissante envers Campagne Québec Vie ainsi que Campaign Life Coalition de m’avoir envoyée à New York à titre de déléguée jeunesse.

1. Une réalité que l’on n’ose pas dire : nous dérangeons

Premièrement, une chose est devenue très claire : le mouvement pro‑vie fait peur au mouvement féministe. Le message que j’ai entendu à répétition pendant toute la semaine est le suivant : le mouvement dit « anti‑genre » serait bien organisé, bien financé et exercerait une grande influence médiatique.

Au Québec, nous avons parfois l’impression que le mouvement pro‑vie est marginalisé et sans poids dans la sphère publique. Pourtant, ce n’est pas le cas à l’échelle internationale. Nous assistons actuellement à une montée du conservatisme, particulièrement chez les jeunes hommes, et cela inquiète fortement les milieux féministes.

Lors d’un panel intitulé Safeguarding women’s bodily autonomy in a time of global backlash, une représentante du Nordic Council of Ministers a affirmé que la position pro‑vie « fait sens » : nous proposons une solution simple, facile à comprendre et convaincante. Elle a ensuite tenté de nuancer en disant que la réalité serait plus complexe et que notre solution serait trop simpliste. Mais arrêtons‑nous un instant : elle reconnaît elle‑même que notre position est cohérente et persuasive. Voilà précisément notre force et nous devrions l’assumer pleinement.

Elle a également admis que notre langage est convaincant. Lorsque nous parlons de famille et de tradition, les gens sont naturellement interpellés. Elle voyait là un problème ; moi, j’y vois une force. Ce langage rejoint des aspirations humaines profondes et universelles.

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2. Un langage volontairement flou et des stratégies de diversion

Deuxièmement, j’ai constaté que le mouvement féministe utilise très souvent un langage trompeur afin de masquer ses intentions réelles, tout en cherchant à détourner l’attention par des exemples émotionnellement chargés.

Le féminisme international a développé son propre vocabulaire, avec des termes qui semblent consensuels, mais dont les définitions réelles sont rarement explicitées. Prenons l’exemple de l’« éducation complète à la sexualité ». Pour plusieurs, cela évoque l’apprentissage du fonctionnement du corps humain ou de la puberté. Certains représentants de pays africains associent même ce terme à l’éducation contre la mutilation génitale féminine, encore pratiquée dans certaines régions.

En réalité, dans le cadre des Nations Unies, cette expression englobe l’enseignement de l’avortement, de la contraception, de la masturbation, des idéologies de genre, et même la transition sociale ou médicale des enfants parfois sans le consentement parental. Personnellement, je croyais en l’éducation à la sexualité avant de découvrir ce qui se cachait réellement derrière cet euphémisme.

Une autre stratégie courante est celle de la diversion émotionnelle. Lors d’un événement organisé par Oxfam International, j’ai assisté au témoignage de Crystal Hendricks, une personne intersexe ayant subi, à l’adolescence, une chirurgie irréversible sans son consentement ni celui de ses parents, qui ne parlaient pas anglais. Ce témoignage fut bouleversant et nous rappelle une vérité fondamentale : les enfants ne peuvent pas consentir à des procédures médicales électives.

Cependant, les organisateurs ont utilisé ce témoignage pour promouvoir le concept d’« autonomie corporelle ». Or, dans leur langage, cette expression est un raccourci idéologique désignant le droit à l’avortement, c’est‑à‑dire le droit de mettre fin à la vie d’un autre être humain, précisément parce qu’il est plus petit, plus vulnérable et dépendant.

3. Un message d’espérance pour le mouvement pro‑vie

Enfin, j’aimerais offrir un message d’encouragement. Aux Nations Unies, la présence pro‑vie et pro‑famille était forte, organisée et internationale. Des organisations venant du monde entier se sont réunies pour créer la CSWF : la Conférence sur le statut des femmes et des familles. Pendant deux jours, des panélistes ont abordé les véritables enjeux sociaux en plaçant la famille au cœur de leur réflexion.

L’une de mes conférences préférées portait sur le rôle que nous, la génération Z, avons à jouer dans le mouvement pro‑vie. Ce que j’en retiens est simple : nous devons parler, témoigner et assumer publiquement nos convictions.

95 % des jeunes de notre génération possèdent un téléphone et passent en moyenne trois heures par jour sur les réseaux sociaux. Utilisons ces plateformes pour affirmer que la génération Z est aussi une génération pro‑vie. Mais surtout, allons au‑delà du virtuel. Il est essentiel de bâtir des communautés réelles et de s’engager concrètement par le bénévolat.

Lorsque nous sommes jeunes, nous avons un avantage précieux : le temps. Si vous le pouvez, je vous encourage à donner de ce temps à la cause pro‑vie. Je vous encourage également à vivre l’expérience de la CSW. Pour moi, ce fut une expérience profondément transformatrice. Elle m’a ouvert les yeux : je ne suis pas seule, et notre cause est loin d’être perdante. Pour plusieurs de notre groupe, cette expérience a même permis de réorienter ou de confirmer leur choix de carrière. Elle nous rappelle surtout que chacun d’entre nous a un rôle à jouer, ici et maintenant, pour bâtir une société qui protège la vie, soutient les familles et défend les plus vulnérables.



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