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Un demi-million de personnes marchent en France contre la loi permettant aux lesbiennes de procréer artificiellement


Manif pour tous du six octobre 2019 à Paris.

Par Jeanne Smits, correspondante de paris — traduit par Campagne Québec-Vie

8 octobre 2019 (LifeSiteNews) — Quelque 600 000 personnes, selon les organisateurs — mais seulement 74 500, selon l’agence « indépendante » « Occurrence », qui ne fait aucun mystère de sa proximité idéologique avec le gouvernement du président français Emmanuel Macron — ont marché dimanche à Paris contre la légalisation de la procréation artificielle pour femmes seules et les couples lesbiens.

Ceci est dernière édition de la « Manif pour tous », qui a vu le jour en 2012 avec les premières manifestations françaises contre le « mariage » homosexuel.

La police, qui devait avoir la tête ailleurs, n’a compté que 40 000 manifestants. La vérité, c’est que personne ne s’attendait à un niveau de participation aussi élevé à une protestation contre un changement aussi marginal des lois de bioéthique (par rapport à l’ensemble du corpus de la législation « progressiste » régissant l’avortement et la procréation en France). Vague par vague, les personnes ont défilé dans les rues étroites entourant les Jardins du Luxembourg et les boulevards qui convergent vers le point de rencontre fixé par la police près de la gare Montparnasse.

Personne ne s’attendait à une telle participation : ni la préfecture de police, ni, semble-t-il, les organisateurs eux-mêmes — une vingtaine d’associations réunies autour de la « Manif pour tous », toujours en activité. Le point de départ, Place Edmond-Rostand près des Jardins du Luxembourg, a vite été surpeuplé, dès le début de la marche à 13 heures. Les manifestants continuaient d’y affluer jusqu’à 15 heures, considérant à juste titre que le parcours relativement court leur permettrait de ne pas manquer l’essentiel. Il s’est avéré que les derniers manifestants n’ont quitté le point de départ qu’après 16 h 30.

Dans de nombreux endroits, la foule était telle qu’il était impossible de se déplacer. La préfecture a donc été contrainte d’ouvrir une voie secondaire pour accueillir un bon tiers des participants tandis que d’autres ont atteint l’objectif de la marche par leurs propres moyens. À côté des vieux drapeaux bleus et roses de la « Manif pour tous » apportés par des manifestants aguerris, une mer de nouvelles bannières vertes et rouges portant les mots « Liberté, égalité, paternité » ondulait dans l’air frais automnal.

C’était une promenade tranquille. Il y avait relativement peu de camions (un soulagement !) et à un moment donné les organisateurs ont demandé une minute de silence pour les victimes de la nouvelle folie reproductive : les pères qui seront réduits au rôle de « donneurs de sperme » pour les femmes seules et les couples lesbiens qui fabriqueront des enfants « orphelins » qui ne connaîtront jamais leur père.

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« Liberté, égalité, paternité » : ce n’était pas la seule référence discrète à un vocabulaire « révolutionnaire » — liberté, égalité et fraternité étaient les exigences de la Révolution française de 1789. L’un des principaux slogans de cette manifestation pour les droits des pères était « Marchons enfants », un renvoi à l’hymne national français non moins révolutionnaire. On peut faire valoir que ces références ne sont pas du meilleur goût, étant donné que la République, à travers le Terreur et de nombreuses réformes législatives, a déjà coupé la tête du « père » de la France, qui était roi, et a finalement effacé du Code civil le concept de l’autorité paternelle.

Mais cela ne diminue en rien le succès de l’événement. Ce qu’il faut retenir, c’est la capacité des Français à se mobiliser pour tenter de mettre fin à l’un des pires abus du jour : le désir de légaliser la fabrication d’enfants délibérément privés d’un père, ou plus précisément du droit d’avoir un lien familial normal avec celui qui sera à jamais et malgré tout leur père génétique.

Les organisateurs, qui ont choisi de ne pas s’élever contre la procréation artificielle et les bébés-éprouvettes en tant que tels, n’ont pas souligné l’un des aspects les plus consternants du projet de loi qui vise à supprimer pour tout un chacun l’exigence actuelle de stérilité médicalement établie pour avoir accès à la fécondation in vitro ou l’insémination artificielle sous contrôle médical. Cela ouvrirait la porte à une dérive prévisible à plus ou moins court terme qui conduirait les couples « normaux » à gérer leur procréation dans le temps par la conservation des embryons ou des ovules ou à choisir leurs embryons grâce à une connaissance plus fine des caractéristiques de l’ADN humain.

Mais si les slogans et les omissions délibérées de la marche ont été critiqués par certains, il faut dire qu’aucun autre pays au monde n’a pu amener des centaines de milliers de personnes dans la rue pour protester contre l’expansion absurde de la procréation médicalement assistée, c’est-à-dire l’introduction du bébé-éprouvette sur le marché. C’est tout à l’honneur de la France.

Mais on peut se demander combien de ces gens ont voté pour Macron en 2017... Le désir de son parti de légaliser les bébés-éprouvettes pour les couples de lesbiennes n’était pas un secret à l’époque.

Cette mobilisation a également été remarquable dans la mesure où le premier article des lois révisées sur la bioéthique avait déjà été adopté la semaine dernière, après des débats truqués sans vergogne, d’abord en faisant fi des conclusions de la consultation générale sur la bioéthique, qui avait clairement rejeté la procréation artificielle pour les femmes seules et les couples lesbiens, puis par la gestion du temps des interventions et des votes opérée par Richard Ferrand, Président de l’Assemblée nationale.

À la veille de la marche, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a dénoncé « l’attitude dédaigneuse, voire arrogante » des autorités, dans une tribune. Il a écrit qu’il était témoin d’une « attitude idéologique qui manque cruellement d’un fondement anthropologique réaliste ».

« Un enfant est toujours un don à recevoir sans en faire un produit manufacturé grâce à la technologie humaine qui est soumise au pouvoir de l’argent », dit-il.

[...]

Les manifestants ne se font apparemment pas d’illusions. D’après ce que l’on a pu entendre au cours de la marche, ils ne pensaient pas vraiment — à cause de l’expérience ratée des « Manifs pour tous » contre le « mariage » homosexuel — que la présence de centaines de milliers de personnes sur le trottoir parisien allait entraîner un changement, ou mieux encore, un retrait de la loi. Ils ont dû constater que de nouveaux abus se cachent derrière le projet de loi, car la discussion a déjà été étendue à l’assouplissement des conditions permettant de contourner la pratique encore illégale de la maternité de substitution [ou « gestation pour autrui »] en se rendant à l’étranger.

Mais « au moins dans 20 ans, mes enfants ne pourront pas me dire que j’ai préféré passer mon après-midi douillettement à la maison quand des décisions aussi graves étaient prises pour l’avenir de la société », a déclaré un manifestant. Au moins, des centaines de milliers de personnes auront dit non.

Le moment n’est pas encore venu de faire le point, puisque le projet de loi poursuivra son chemin parlementaire — probablement pas avant juin 2020, selon le calendrier annoncé par le gouvernement - et la Manif pour tous, après avoir déjà demandé à la préfecture de police des comptes rendus corrigés concernant la participation à la manifestation du dimanche, a prévu de revenir dans la rue le dimanche 1er décembre, le 19 janvier, le 8 mars, le 17 mai et le 14 juin.

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