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Pierre Poilievre n’est pas conservateur sur les questions de vie et de famille


Pierre Poilievre.

Par Jack Bingham — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : YouTube

26 juillet 2022 (LifeSiteNews) — Bien que le candidat à la direction du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, soit certainement supérieur à Justin Trudeau, l’actuel premier ministre (dictateur) du Canada, son dossier de vote et ses déclarations concernant la dignité de la vie humaine et la famille traditionnelle montrent un manque d’intérêt pour les valeurs conservatrices fondamentales que les Canadiens ne peuvent se permettre de négliger.

À vrai dire, j’aimerais que Poilievre soit un vrai conservateur. Il a une bonne connaissance de l’économie, il est jeune, il a un bon sens politique et il est loin d’être nul sur le plan intellectuel. Il publie fréquemment sur YouTube des vidéos courtes et percutantes dans lesquelles il interroge des Canadiens ordinaires, entend leurs plaintes et expose la réalité du gâchis économique que Trudeau et ses marionnettes mondialistes ont imposée à des citoyens sans méfiance et trop polis.

Mais le fait est qu’en dehors du cadre politique actuel dans lequel tous ceux qui sont politiquement à droite de Staline sont considérés comme conservateurs, Poilievre est un libéral.

Par charité chrétienne, je dirai que je ne peux pas savoir si ses tendances libérales en matière de vote correspondent à sa véritable vision morale ou s’il s’agit simplement d’une stratégie politique visant à attirer un plus grand nombre de Canadiens, mais il n’en demeure pas moins qu’il est difficile de considérer un politicien pro-LGBT et pro-avortement comme un « conservateur » simplement parce qu’il n’est pas communiste comme ses adversaires politiques.

« Je constate que le mariage gay est un succès »

En janvier 2020, Poilievre a accordé une entrevue au journal francophone La Presse, dans laquelle il a déploré le fait d’avoir voté contre le mariage gay « il y a 15 ans ».

« Je suis favorable au mariage gay. Point final. J’ai voté contre il y a 15 ans. Mais j’ai beaucoup appris, comme des millions et des millions de personnes au Canada et dans le monde. Je constate que le mariage gai est une réussite. L’institution du mariage doit être ouverte à tous les citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle », a-t-il déclaré à La Presse.

On pourrait normalement penser qu’être conservateur implique le désir de préserver quelque chose d’aussi essentiel au tissu social que la définition du mariage, surtout si l’on considère la rapidité avec laquelle le discours LGBT est passé de « permettez-nous de nous marier » à « si vous n’appelez pas “fils” votre fille, vous irez en prison ».

Néanmoins, Poilievre a suivi son changement de cœur pro-LGBT par un changement d’action et, en 2021, il a voté en faveur de l’« interdiction de la thérapie de conversion » pro-LGBT du gouvernement Trudeau, qui utilisait une définition large et ambiguë de la « thérapie de conversion » et incluait toute tentative de « réprimer ou réduire l’attirance ou le comportement sexuel non hétérosexuel ou l’expression de genre non cisgenre ».

Les critiques ont averti qu’en vertu de cette législation à large portée, cela pourrait être considéré comme un délit pénal si un parent disait à son propre fils de ne pas porter de robe lorsqu’il le souhaite, car cela reviendrait à tenter de « réprimer » son « expression de genre non cisgenre ».

Bien que ce projet de loi n’ait pas été adopté en raison du déclenchement par Trudeau d’une élection surprise qui a mis fin à tous les projets de loi ouverts au Parlement, une version encore plus radicale de ce projet de loi, appelée projet de loi C-4, a été adoptée à l’unanimité par la Chambre des communes, portant un coup quasi fatal aux droits parentaux et à la liberté religieuse au Canada.

Poilievre jure de ne « jamais » introduire de législation pro-vie

Dans la même entrevue accordée à La Presse, M. Poilievre a déclaré que son gouvernement ne présenterait « jamais » de projet de loi visant à restreindre l’avortement, et que si un projet de loi d’initiative parlementaire était présenté à cet effet, il s’assurerait de son échec.

Peu de temps après avoir clarifié ses opinions pro-avortement, passant à l’action, Poilievre a voté contre un projet de loi visant à interdire l’avortement sélectif en fonction du sexe au Canada.

Loin d’une interdiction pure et simple de la pratique odieuse de l’avortement, ou même de l’imposition de limites de durée, puisque le Canada autorise actuellement l’avortement sur demande jusqu’au moment de la naissance, le projet de loi visait simplement à rendre illégal le meurtre d’un enfant dans l’utérus en raison de son sexe.

Il convient de noter que le sexe d’un bébé ne peut généralement pas être déterminé avant la onzième ou la douzième semaine de grossesse, moment où l’enfant a un battement de cœur, des organes internes, des membres de plus en plus fonctionnels et même des glandes salivaires actives, ce qui signifie qu’un avortement effectué à ce stade nécessite souvent des instruments chirurgicaux.

81 députés conservateurs ont voté en faveur de l’interdiction, tandis que 38, dont Poilievre, ont voté contre. Pour se concentrer sur cette seule question, non seulement le député Poilievre n’est pas le plus pro-vie des députés conservateurs, mais il ne fait apparemment même pas partie du peloton des 80 premiers.

Le conservatisme ne se résume pas à un faible taux d’imposition

Le but de cet article n’est pas de dire que Poilievre n’est pas la meilleure chance de battre Trudeau (ce qui est sans aucun doute une nécessité), mais plutôt d’illustrer que si Poilievre est peut-être intelligent sur le plan économique — il désigne avec précision et constance l’imprudence de la Banque du Canada et du gouvernement Trudeau comme le principal facteur de causalité de l’inflation — les problèmes qui existent au Canada sont bien antérieurs et dépassent largement la stupidité financière et les mandats du COVID.

Une nation qui autorise le massacre des enfants à naître peut-elle vraiment s’étonner que nos maîtres nous retirent la liberté de prendre des décisions médicales pour nous-mêmes ? Si nous avons un dirigeant qui ne veut pas s’assurer que les plus innocents d’entre nous possèdent quelque chose d’aussi fondamental que le droit à la vie, méritons-nous seulement les autres droits qui nous sont chers ?

Lorsque nous considérons ce que signifie être un conservateur, qu’est-ce qui est le plus important ? Abroger la taxe carbone ou sauver les enfants de la nation de la mort dans l’utérus ou de l’endoctrinement anti-famille par la redéfinition du mariage, du genre et de l’amour ?

Bien sûr, l’abrogation de la taxe sur le carbone est judicieuse (même les électeurs libéraux le pensent, mais ils ne veulent pas l’admettre), mais si être conservateur a été réduit à une défense terne de la liberté qui a lieu deux ans après que les mandats gouvernementaux ont ravagé le pays, et à des arguments évidents contre des communistes délirants, alors le conservatisme n’est rien de plus que l’idiot utile d’un libéralisme malveillant.

Avec l’appui donné hier soir à Poilievre par l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper, il est probable qu’il remportera sa candidature à la direction du PCC et il pourrait bien devenir le prochain premier ministre.

Compte tenu du fait qu’il s’est effectivement engagé en faveur du Convoi de la liberté et que les vrais conservateurs, comme la députée Leslyn Lewis, bénéficient encore d’un soutien important au Canada, il y a peut-être encore un espoir qu’il change de cap et permette la renaissance des conservateurs sociaux au sein du parti.



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