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Paternité et foyer

Par Peter Kwasniewski — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Hero Images/AdobeStock

15 juin 2021 (LifeSiteNews) — Lorsque nous parlons de famille, nous avons affaire à une réalité riche et subtile qui ne peut être saisie qu’en réfléchissant à de nombreuses expériences et aspects de la vie. Nous ne pouvons pas en donner une définition tranchée sans ignorer, d’une certaine manière, l’ambiguïté et la profondeur du mystère de ce que signifie être « parent », de partager le sang, la culture et l’amour, de vivre comme un-dans-la-multitude. Gabriel Marcel écrit :

Contrairement à l’illusion humaniste persistante, nous avons de bonnes raisons d’affirmer que les relations familiales, comme les affaires humaines en général, n’offrent aucune cohérence, aucune garantie de solidité. Ce n’est que lorsqu’elles sont renvoyées à un ordre surhumain ─ qui ne peut être saisi ici-bas qu’à partir de ses signes et indications ─ que leur caractère véritablement sacré apparaît.

En d’autres termes, elles n’ont aucune consistance ni solidité si elles sont séparées de l’ordre surhumain qui leur confère leur caractère sacré.

Dans sa course à la plus grande liberté possible, l’époque moderne a oublié que les choses les plus importantes de la vie humaine sont complexes et liées à des devoirs. La paternité en est peut-être l’exemple le plus parfait. Si nous devions réduire la paternité à un simple épisode biologique avec une conséquence génétique, elle n’aurait que très peu de signification morale, religieuse ou transcendante. Appeler Dieu « notre Père » serait absurde si nous nous limitions à parler au sens physiologique.

Pour comprendre ce que signifie la paternité, nous devons sortir des sphères limitées de la pensée balisées par le monde. La paternité humaine est intimement liée aux réalités irréductibles du domus, le foyer ou la famille, et du munus regale, la fonction royale que l’homme reçoit du Père tout-puissant, pour régner et gouverner, pour protéger et pourvoir, pour aimer et pour servir.

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Quelle est exactement la réalité de la paternité ? Plus nous regardons les signes extérieurs d’une réalité humaine unique, en espérant la définir en termes de ce qu’elle fait ou de comment elle apparaît habituellement, plus elle devient floue et sombre. Un tel changement pour le pire se produit si nous essayons d’isoler l’« apparence » ou l’« opération » de la paternité. Car l’homme n’est pas simplement ce qu’il fait, mais il agit plutôt en fonction de ce qu’il est. « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Lc 6, 45). Tout peut être estampillé et expédié avec une définition, si nous nous contentons d’un paquet d’objets liés entre eux par des circonstances éphémères.

Pour connaître l’être d’une chose, il ne suffit pas de connaître tous les avoirs et tous les faits qui lui appartiennent. L’homme qui se trouve être un conducteur de train n’est pas défini dans son être comme un poinçonneur de billets, ni l’athlète comme un botteur de buts. La personnalité transcende la fonctionnalité. « Le mot “tabulation” ou “répertoire” est le meilleur mot pour décrire ce que le moi n’est pas » (G. Marcel, Metaphysical Journal¹ [Chicago : Henry Regnery, 1952], 177).

D’abord et avant tout, la paternité n’est pas un phénomène physiologique, psychologique, juridique ou social. La faire entrer dans l’une ou l’autre de ces cases reviendrait soit à la réduire à un fait brut — comparable à la trahison de la personnalité que l’on peut observer dans les statistiques et les leçons d’anatomie — soit à la draper dans la sentimentalité et les conventions.

Si nous essayons de définir la paternité en termes strictement biologiques, nous ne parlons pas du tout de paternité, mais de procréation. Si l’on introduit des considérations d’ordre judiciaire ou sociologique, on s’expose à un danger non moins grand ; c’est celui de laisser absorber la paternité par une conception relative, car, à ce point de vue, elle ne pourrait être définie que par rapport à une civilisation historique donnée dont les institutions religieuses et judiciaires sont transitoires (G. Marcel, « Le vœu créateur comme essence de la paternité », Homo Viator : Introduction to a Metaphysic of Hope² [Chicago : Henry Regnery, 1951], 99).

La réalité de la paternité ne peut être réduite à la biologie ou à une obligation légale. Il ne s’agit pas d’une transaction corporelle, d’un contrat ou d’un code, d’une interruption temporaire dans sa propre vie, d’un état subjectif où l’on se considère comme lié par des liens auxquels on doit rester « fidèle » par sens de l’obligation.

Au contraire, de par sa nature, la paternité a une origine divine et un but sacré. « C’est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui émane toute paternité dans le ciel et sur la terre, pour qu’il vous accorde, selon les richesses de sa gloire, d’être fortifiés par son Esprit avec puissance jusqu’à l’homme intérieur » (Ep 3, 14-16).

La famille engendrée et entretenue par le mari et la femme est une communauté irrévocable, qui ne peut être remplacée par un substitut ou une imitation. Malgré la diversité des coutumes et des pratiques dans les différentes sociétés, les rôles de père et de mère sont stables dans leur nature et nécessaires dans leur but. De même que l’essence de la nature humaine reste une, indépendamment de l’immense variété des pensées, des passions et des inventions de l’homme, de même la nature des réalités fondamentales ne peut être modifiée ni enfouie par quelque effort que ce soit.

Malgré leurs différences intrinsèques et complémentaires, les vocations de l’homme et de la femme se rencontrent dans l’amour qui se traduit par le renoncement à soi, le dépassement de soi et le don de soi. « Menant le genre de vie dans lequel le chrétien combat la “règle du péché” en lui-même par l’abnégation », écrivait Karol Wojtyła, alors cardinal de Cracovie [et surtout par la sainte Grâce de Dieu³].

Il s’agit donc clairement d’une question de sainteté au sens moral, de domination sur le mal, dans laquelle, en un sens, la propre royauté de l’homme se manifeste... Tout chrétien qui vainc le péché en imitant le Christ réalise l’autodomination royale qui est propre à l’être humain ; ce faisant, il participe au munus regale du Christ et contribue à l’avènement du royaume du Christ. (Sources of Renewal [San Francisco : Harper and Row, 1980], 263)

La boucle est bouclée : chaque fois qu’un homme exerce correctement sa paternité, en engendrant et en éduquant, en châtiant et en récompensant, en donnant l’exemple de l’endurance dans le travail et de la force dans les principes ; chaque fois qu’une femme vit correctement sa maternité de l’intérieur, en portant et en soignant, en formant et en instruisant ; chaque fois que le mari et la femme unissent leurs efforts pour élever le fruit de leur amour, ils participent à la fonction royale du Christ, son munus regale, qui est un don du « Père des lumières » (Jc 1,17) au chrétien fidèle. C’est seulement à travers le sacerdoce prophétique et royal de Jésus-Christ que les innombrables sacrifices et travaux de la vie ont un sens en fin de compte. C’est seulement en Lui que l’amour humain, si souvent obscurci et terni, prend conscience de sa dignité et de sa beauté immortelles. Le père et la mère participent à la mission rédemptrice du Seigneur. S’ils ont « racheté le temps » (Ep 5,16), ils auront part à Son salut.


¹L’œuvre originale a été écrite en français, le Journal métaphysique. — A. H.

²Également originellement en français, Homo Viator : Introduction à une métaphysique de l’espérance. — A. H.

³Commentaire du traducteur.

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