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La Hongrie et la Pologne bloquent l’UE et son programme Lgbt


De la gauche vers la droite, Andrzej Duda, président de Pologne, et Viktor Orbán, président de Hongrie.

Par Francesca de Villasmundo (Médias Presse Info)

À Bruxelles, tout était prêt pour le vote final sur le budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027, mais entre le bloc d’Europe occidentale dirigé par l’Allemagne et le bloc d’Europe de l’Est dirigé par Visegrád [groupe de quatre pays de l'Est], de profondes divergences sont apparues sur un point clé du plan : lier l’accès aux fonds européens « au respect » de l’État de droit dans les pays membres. En clair, tous les Etats membres doivent se soumettre aux injonctions idéologiques de l’union Européenne, c’est-à-dire à l’agenda Lgbtqi.

L’un des points centraux de l’accord budgétaire prévoit en effet l’introduction d’une clause de conditionnalité qui lierait indissolublement l’accès aux fonds européens à ce « respect » de l’État de droit dans le pays demandeur. L’une des étapes les plus controversées de cette initiative concerne la possibilité d’approuver la privation et/ou la suspension de fonds même dans les cas où les violations n’ont pas été constatées, mais où, cependant, « il existe un risque » qu’elles soient commises.

Le respect de l’État de droit ne signifie pas seulement l’indépendance et l’intégrité des trois pouvoirs, en particulier le pouvoir judiciaire, mais aussi l’état d’avancement des droits civils et de l’homme et la volonté de se conformer aux diktats européens concernant des questions telles que la culture et l’immigration. Ce n’est que sur la base de cette prémisse que l’on peut comprendre et encadrer encore un autre bras de fer entre les partisans du mécanisme de conditionnalité, qui sont essentiellement à l’Ouest, et ses détracteurs, qui viennent de l’Est et sont représentés par l’alliance de Visegrád.

Le gouvernement hongrois est déterminé à diriger le mouvement d’opposition contre cette clause, qui priverait tous les États membres qui ne respectent pas les critères de l’état de droit établis par Bruxelles d’importantes ressources pour le développement. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a soutenu l’initiative du Fidesz et a écrit jeudi dernier à Charles Michel, président du Conseil de l’UE, pour exprimer sa déception et ses perplexités face à la loi en question.

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« Le Fidesz et Loi et Justice (PiS), peut-on lire dans une analyse de fond sur le sujet, estiment que les véritables motivations de la proposition allemande de conditionner l’accès aux fonds européens au respect de l’Etat de droit sont purement idéologiques : les dirigeants libéraux de l’axe Paris-Berlin voudraient mettre un terme aux agendas conservateurs qui caractérisent l’alliance de Visegrád, en particulier Budapest et Varsovie. À cet égard, la déclaration de Judit Varga est emblématique. Ministre hongrois de la Justice, à la veille du débat au Conseil : "La Hongrie n’a jamais combattu contre l’Europe, mais pour l’Europe et pour l’avenir européen de nos enfants et de nos petits-enfants. La Hongrie est d’accord avec les pères fondateurs de l’Union sur le fait que l’Europe sera chrétienne et humaniste ou qu’elle ne sera rien."

La proposition de conditionnalité ne serait donc pas le résultat de calculs politiques, mais idéologiques : ce serait la dernière tentative de la galaxie libérale de réprimer et de faire taire le mouvement conservateur qui, originaire de l’espace postcommuniste, s’est ensuite répandu comme une traînée de poudre dans presque tout le continent.

Curieusement, le débat sur ce que l’on entend par respect de l’état de droit a lieu alors que la Pologne est secouée par deux guerres culturelles très importantes, l’une sur l’idéologie du genre et l’autre sur l’avortement, la Hongrie se prépare à revoir sa législation pour interdire les adoptions aux couples homosexuels et l’Estonie organise un référendum pour définir le concept de mariage. »

Finalement, la Hongrie et la Pologne sont passées de la menace aux faits : par un non catégorique, comme acte de représailles contre l’approbation de la règle liant le versement de l’aide de l’UE au « respect » de l’Etat de droit, c’est-à-dire aux injonctions idéologiques arc-en-ciel des technocrates bruxellois, elles ont bloqué le budget de l’UE, dont l’approbation est requise à l’unanimité. Tout s’est arrêté. Congelé. A commencer par ces 750 milliards d’euros destinés à la Next Generation Eu, la plus grande partie des quelque 1 100 milliards qui composent (ou, mieux, devraient représenter) la dotation financière de Bruxelles pour les sept prochaines années.

Pour l’instant, le rebond classique des accusations a commencé.

L’Etat de droit, a tweeté le président du groupe PPE au Parlement européen, Manfred Weber, ne concerne pas un pays en particulier, ni ne concerne l’Est ou l’Ouest. Il est neutre et s’applique à tout le monde. Si l’état de droit est respecté, il n’y a rien à craindre. Il est irresponsable de refuser à toute l’Europe le financement de la crise de la pire crise depuis des décennies.

Une accusation rejetée par Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement hongrois :

Ce n’est pas nous qui avons changé de position. Le fardeau de la responsabilité incombe à ceux qui sont à l’origine de cette situation malgré la position bien articulée de la Hongrie.

Il est à noter que l’eurodéputé français François-Xavier Bellamy, réputé être en faveur de la famille et des valeurs traditionnelles, siège dans le groupe PPE de Manfred Weber qui veut que la Hongrie et la Pologne capitulent aux diktats de l’homosexuellement correct… Un autre exemple de l’hypocrisie et faiblesse de la droite molle.

Pour l’heure et malgré les nombreuses pressions et diabolisations venant de tous bords, droite comme gauche, les pays de l’Est ne semblent pas prêts à se soumettre à la Gaystapo de l’Union Européenne.

Le budget de l’Union européenne est donc pour l’instant bloqué.

Affaire à suivre…

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