« Regarder la réalité telle qu’elle est » : entretien avec Georges Buscemi
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« Regarder la réalité telle qu’elle est » : entretien avec Georges Buscemi


Georges Buscemi s'adressant à la foule lors de la première Marche pour la vie de Québec, 1er juin 2024.

Dans cet entretien du 12 mars 2026, Georges Buscemi, président et porte-parole de Campagne Québec-Vie, expose à une étudiante en anthropologie au cégep de Lévis les fondements de son engagement, la vision de son organisme ainsi que sa lecture des grands enjeux moraux, culturels et politiques de notre temps.

Présentation de Campagne Québec-Vie

Étudiante : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et expliquer ce qu’est votre mouvement, ses fondements et ses valeurs principales ?

Georges Buscemi : Mon nom est Georges Buscemi. Je suis président et porte-parole de Campagne Québec-Vie. Nous sommes une organisation chrétienne qui a pour but de favoriser l’émergence d’une société chrétienne qui défend la foi, la famille et la vie, de la conception à la mort naturelle.

Le rôle concret de Georges Buscemi au sein de l’organisme

Étudiante : En tant que porte-parole, quel est votre travail concret dans l’organisme ?

Georges Buscemi : Dans un organisme de taille modeste, les employés et les participants portent beaucoup de chapeaux. Je ne suis donc pas seulement président et porte-parole. Je suis aussi, entre autres, leveur de fonds, rédacteur, technicien de sites web, et responsable en partie des réseaux sociaux.

Il y a énormément de tâches à accomplir. Mais si je devais résumer mon objectif principal, je dirais ceci : communiquer nos principes, notre philosophie et notre foi à la population dans son ensemble, dans l’espoir qu’un jour ces croyances et ces principes soient embrassés et mis en pratique sur les plans politique, culturel et social.

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Le point tournant : découvrir la réalité de l’avortement

Étudiante : Qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre ce mouvement ?

Georges Buscemi : Concrètement, j’étais étudiant à McGill en sciences religieuses, avec l’intention de poursuivre un doctorat en théologie. J’ai visionné une vidéo d’avortement dans le cadre d’une activité d’un groupe pro-vie que j’avais rejoint un peu à l’improviste, surtout pour rencontrer des gens.

C’est cette vidéo qui m’a profondément secoué. Ce n’est pas seulement la réalité de l’avortement qui m’a frappé, mais aussi le contraste entre ce que j’ai vu et la manière dont le monde se présente habituellement à nous. Le monde se donne à voir comme un lieu de plaisirs, d’expériences agréables, de consommation, de confort. Mais derrière la vitre givrée d’une clinique d’avortement, il y a la mise à mort brutale de petits bébés.

Cela m’a profondément marqué. J’avais l’image, un jour où j’étais assis dans un Starbucks, que tout semblait lisse et plaisant à la surface — la tasse, le décor, le confort — mais qu’à l’intérieur de ma tasse de café, il y avait du sang. C’est cette opposition entre la surface agréable et la réalité cachée qui m’a bouleversé.

Pour reprendre une image connue, c’était un peu comme dans La Matrice : la pilule rouge. J’avais vu quelque chose de réel. Je pouvais soit faire comme si je ne l’avais pas vu, soit accepter que cette découverte m’oblige moralement. J’ai décidé que non, je ne pouvais pas revenir en arrière. J’avais vu ce que j’avais vu. C’était un être humain, un enfant. Et dès lors, il fallait que quelque chose change — ou, à tout le moins, il fallait que je refuse d’y participer.

Un mouvement minoritaire, mais convaincu de détenir une vérité morale

Étudiante : Diriez-vous que le mouvement québécois pro-vie est populaire ? Est-il fort ?

Georges Buscemi : S’il était fort, il existerait en ce moment un parti politique qui prônerait ce que nous prônons. Ce n’est pas le cas. Le mouvement est donc faible, du moins culturellement et matériellement. Il est faible en moyens, mais fort en principe.

C’est une petite consolation, mais elle est réelle : la vérité est de notre côté. Le problème, c’est que l’être humain a souvent montré, au cours de l’histoire, qu’il est prêt à compromettre la morale pour son confort. L’esclavage en est un exemple. On traitait des êtres humains comme des bêtes, tout en se justifiant par l’utilité économique. Aujourd’hui, on emploie des raisonnements analogues à propos des enfants à naître.

Nous sommes donc minoritaires et faibles en moyens. Nos opposants se trouvent notamment du côté du gouvernement en place et de certains ministres. On peut parler de Martine Biron, de Caroline Proulx. Nous sommes dans leur mire. Des rapports ont même été rédigés affirmant qu’il faudrait neutraliser des « agents de désinformation » comme nous. Pendant ce temps, leurs budgets sont gigantesques. Le ministère de la Santé, qui propage une idéologie opposée à la nôtre, dispose d’environ 50 milliards de dollars par année. Nous, nous vivons avec quelques milliers de dollars par semaine.

Le nombre de sympathisants

Étudiante : Êtes-vous quand même nombreux ?

Georges Buscemi : Nous n’avons pas de système d’adhésion formel comme un parti politique. Mais si l’on prend le nombre de donateurs annuels comme indicateur d’adhésion, on arrive à environ 1 200 à 1 300 personnes par année.

Des liens avec un mouvement plus large

Étudiante : Le mouvement québécois est-il en relation directe avec celui des États-Unis ou avec d’autres groupes ailleurs dans le monde ?

Georges Buscemi : Il n’y a pas de structure hiérarchique directe, mais il existe des alliances d’esprit et des collaborations ponctuelles. Nous participons, par exemple, à la Marche pour la vie à Washington, la plus grande au monde.

Campagne Québec-Vie fait aussi partie d’un ensemble plus large à l’échelle canadienne, en lien avec Campaign Life Coalition. Ce réseau entretient des contacts internationaux, notamment à Washington et aux Nations Unies. Au moment de cette entrevue, nous avons même des représentants à l’ONU dans le cadre de la Commission de la condition de la femme, afin de contrer le lobbying pro-avortement et de nous concerter avec d’autres groupes.

Roe v. Wade : une victoire historique

Étudiante : Que pensez-vous du renversement de Roe v. Wade aux États-Unis en 2022 ?

Georges Buscemi : Pour nous, c’était fantastique. Roe v. Wade était une immense cible. Le jugement datait de 1973 et avait marqué toute l’histoire du mouvement pro-vie américain. Le voir renversé, environ cinquante ans plus tard, a représenté une victoire historique. C’est probablement la victoire la plus significative du mouvement pro-vie.

L’effet moral de cette victoire sur le Québec

Étudiante : Est-ce que ces changements influencent le mouvement québécois ?

Georges Buscemi : Oui, surtout sur le plan moral. Cela montre que les choses peuvent changer. Ce n’est pas sans espoir. On voit en temps réel que les mentalités et les lois peuvent être transformées. Cela nous encourage. Moi, de toute façon, je continuerais à refuser le mensonge et à refuser le système. Mais si, en plus, il devient possible de gagner, c’est encore mieux.

La société à laquelle aspire Campagne Québec-Vie

Étudiante : À quelle société aspire Campagne Québec-Vie ?

Georges Buscemi : À une société fondée sur la charité, c’est-à-dire sur l’amour du prochain. Dans l’Évangile, un pharisien demande : « Qui est mon prochain ? » Jésus renverse la perspective : au lieu de chercher qui mérite mon aide, il faut devenir soi-même le prochain de l’autre.

Pour moi, cela signifie que la question n’est pas d’abord de savoir si l’autre est digne d’aide, mais si moi je suis disposé à aider. C’est une société dans laquelle le fardeau est déplacé vers celui qui peut secourir. C’est, selon moi, le pilier majeur d’une société chrétienne.

Dans ce cadre, la vraie question n’est pas de savoir si l’enfant à naître est humain — cela me paraît évident — mais si nous avons le courage de nous déranger pour aider. Lorsque nous refusons cette responsabilité, nous cherchons plutôt à nier l’humanité de l’enfant et à passer à autre chose. C’est là qu’on bascule dans une société inhumaine, mécanique, nihiliste. Nous, nous voulons une société humaine, fondée sur la charité, donc chrétienne.

La religion comme réalité à prendre au sérieux

Étudiante : Quelle place la religion occupe-t-elle dans le mouvement ? Est-ce elle qui le fonde ?

Georges Buscemi : Pour moi, la religion a la même évidence que certaines réalités physiques. Si je lâche cette tasse, elle tombe. De même, il existe des réalités spirituelles qui produisent leurs effets, qu’on le reconnaisse ou non.

Nous croyons que si une société ignore ces réalités, elle en paiera le prix. Elle pourra tomber en décadence, voire être menacée de disparition. Je crois que la société québécoise canadienne-française est aujourd’hui menacée, notamment sur le plan démographique. La pyramide des âges est inversée, et cela indique un déclin profond.

La laïcité, telle qu’on l’entend aujourd’hui, est dangereuse puisqu’elle prétend évacuer complètement la dimension religieuse de la vie collective. Beaucoup de Québécois réagissent contre certaines formes de religion — souvent l’islam — et en viennent à rejeter toute religion indistinctement. Mais c’est aller trop loin. La religion n’est pas un simple agrément facultatif, comme du sucre dans un café. C’est une dimension de la réalité humaine qu’on ne peut pas éliminer sans conséquence.

Une base souvent féminine et plus âgée

Étudiante : Y a-t-il plus d’hommes ou de femmes dans le mouvement ?

Georges Buscemi : Au travail, ce sont surtout des hommes qui composent l’équipe actuelle. Nous avons eu aussi des collaboratrices, par exemple à temps partiel ou à la traduction. Mais parmi les donateurs, on est à peu près à 50-50.

Sur Facebook, en revanche, lorsqu’on regarde les statistiques, les personnes qui adhèrent le plus à notre message sont plutôt des femmes de 40, 50 ans et plus.

Je crois qu’il y a deux grandes raisons à cela. D’une part, certaines femmes, après avoir traversé leur vie familiale, se retrouvent un jour avec plus de temps pour réfléchir à des expériences passées, parfois douloureuses, comme un avortement. D’autre part, l’expérience de vie elle-même amène souvent à constater les effets réels des idées abstraites. Avec le temps, certaines personnes deviennent plus conservatrices parce qu’elles voient les conséquences concrètes de certaines transformations sociales, notamment en matière d’avortement et de désagrégation familiale.

Le féminisme moderne et le subjectivisme moral

Étudiante : Pensez-vous que le mouvement féministe a un lien avec la popularité du mouvement pro-choix auprès des femmes ?

Georges Buscemi : Oui, je crois que cela va ensemble. Pour moi, le féminisme moderne est un produit de la modernité, entendue comme cette vision qui s’est développée à partir des Lumières et selon laquelle chaque individu est, en quelque sorte, son propre dieu, libre de déterminer le bien et le mal par lui-même.

Je considère cette vision comme profondément erronée, voire absurde. Car si chaque personne est souveraine à ce point, qu’est-ce qui définit le bien et le mal et qu’est-ce qui l’empêche légitimement ? On en vient à ne plus avoir d’autre fondement que la soi-disant « volonté générale », laquelle, au final, n’est qu’un concept obscur à consonance démocratique servant de paravent à l’application d’une anti-moralité où « la force fait droit ».

Il existe sans doute des formes de féminisme qui consistent simplement à dire que les femmes ont une dignité égale à celle des hommes et doivent être respectées. Cela, c’est autre chose. Mais le féminisme dominant, tel qu’il est souvent formulé aujourd’hui, me paraît relever d’un subjectivisme moral radical, influencé par un certain existentialisme, où l’agir précède l’être, et où toute contrainte biologique, morale ou métaphysique est niée.

À partir de là, il devient facile de justifier l’avortement : d’abord en disant que l’enfant n’est qu’un amas de cellules, puis, même si l’on soupçonne qu’il s’agit d’un être humain, en affirmant que la volonté de la femme, appuyée par la société (la « volonté générale »), doit l’emporter.

La femme, la nature et les rôles sociaux

Étudiante : Selon vous, quelle est la place de la femme dans la société actuelle ?

Georges Buscemi : Il faut d’abord définir ce qu’est une femme. Nous sommes des êtres sexués. Il existe des hommes et des femmes, et la femme a la capacité de porter l’enfant et de l’enfanter. Cela a des conséquences réelles.

Cela ne signifie pas que chaque femme doit remplir exactement le même rôle, mais cela signifie qu’il existe des tendances naturelles. Les hommes seront souvent plus présents dans les métiers physiques ou dangereux : armée, construction, police, etc. Ce n’est pas nécessairement une injustice. C’est souvent le reflet d’une disposition naturelle.

Les féministes modernes veulent nier la nature et tout ramener à la construction sociale. Je pense que c’est une erreur. Il est évident qu’il existe des différences. Il faut certes permettre à des femmes de grand talent de développer leurs dons dans tous les domaines, mais il ne faut pas non plus nier les réalités fondamentales liées à la maternité, à la famille et à la pérennité sociale.

Il faut aussi poser la question démographique. Une société ne peut pas survivre sans renouvellement. Cela ne veut pas dire qu’il faut imposer aux femmes un destin unique. Cela veut dire qu’on ne peut pas faire comme si le fait d’avoir des enfants n’avait aucune importance sociétale.

Contraception : un « mensonge incarné »

Étudiante : Quelle est votre vision de la contraception ?

Georges Buscemi : Je crois que la contraception est mauvaise. Elle est même, selon moi, le contraire de ce que plusieurs supposent. On dit souvent : si vous êtes contre l’avortement, vous devriez être pour la contraception. Je ne suis pas d’accord.

Je crois que le bien et le mal dépendent du respect de la nature humaine. La contraception me paraît être une sorte de mensonge incarné. L’acte sexuel est un signe d’engagement. C’est un acte qui a un sens, qui est ordonné à la vie, et qui suppose un don de soi durable. La contraception revient à dire physiquement « je t’aime », tout en retirant ce que cet acte implique réellement. C’est pourquoi je la considère comme une forme de mensonge.

Finalement, la contraception favorise aussi indirectement l’avortement, parce qu’elle crée une attente : celle de ne pas avoir d’enfant. Lorsqu’elle échoue, certains en viennent à penser qu’un avortement leur est dû.

Les cas extrêmes : viol, grossesse précoce, mineure

Étudiante : L’interdiction de l’avortement devrait-elle aussi s’appliquer dans les cas extrêmes, par exemple lorsqu’il s’agit d’une mineure victime d’agression ?

Georges Buscemi : Ce sont évidemment des situations extrêmement difficiles. Mais, selon moi, l’effort doit être fait par l’entourage et par la société, et le prix ne doit pas être payé par la personne innocente qu’est l’enfant.

Dans le cas d’un viol, par exemple, c’est le père qui a commis le crime. Tuer l’enfant pour ce crime me paraît être une injustice complète.

Dans le cas d’une grossesse très précoce, par exemple chez une fillette de 13 ou 14 ans, la situation est grave, certes, mais elle ne mène pas nécessairement à la mort. Il existe des solutions médicales, y compris la césarienne précoce, et il existe des solutions sociales comme l’adoption. Cela demande de l’imagination, du soutien et des sacrifices, mais cela ne justifie pas, à mes yeux, la suppression de l’enfant.

Famille, rupture et cercle vicieux culturel

Étudiante : Est-ce que l’éclatement du modèle familial traditionnel favorise l’importance accordée au droit à l’avortement ?

Georges Buscemi : Oui, parce qu’une manière de vivre et une manière de penser s’influencent mutuellement. Une famille éclatée, marquée par l’égoïsme, les ruptures, l’amertume, la perte de confiance, produit souvent une vision plus individualiste de la vie humaine.

Quand la confiance est détruite, les relations deviennent superficielles. Et lorsqu’un enfant survient dans ce cadre, il devient plus facile pour l’un des deux de se retirer et de dire : « Je n’en veux pas. Débrouille-toi. »

C’est un cercle vicieux. Et ce cercle ne se brise pas simplement par des arguments. Il faut parfois ce que j’appellerais la grâce : une secousse intérieure, un réveil, une interpellation.

Les objectifs à court, moyen et long terme

Étudiante : Quels sont les objectifs du mouvement à moyen et à long terme ?

Georges Buscemi : À court terme, pour Campagne Québec-Vie, le but est clair : croître. Croître en influence, en financement, en capacité organisationnelle. Cela passe par des événements comme la Marche pour la vie à Québec ou Génération Vie, par la levée de fonds, les pétitions, les réseaux sociaux, l’élargissement de notre base de données, puis éventuellement l’embauche d’autres personnes.

À moyen terme, la situation devient plus difficile à prévoir. Mais ce que j’observe, c’est une marginalisation de la culture occidentale dans un monde qui devient multipolaire. L’Occident n’est plus dans la position de domination qu’il occupait après la Deuxième Guerre mondiale.

Dans ce contexte, on voit une sorte de guerre civile larvée entre progressistes et conservateurs. Là où les progressistes dominent, comme au Québec ou dans certaines parties de l’Europe, ils accélèrent leur agenda — qu’il s’agisse de l’avortement, de l’euthanasie ou d’autres transformations morales. Ailleurs, dans des pays plus conservateurs, on voit des réactions de préservation. Je pense notamment à la Hongrie, qui tente de se distancier de l’Europe progressiste.

Le Québec, dans tout cela, demeure un endroit fragile : huit millions de personnes, coincées entre le reste du Canada et l’influence américaine. Cela rend l’avenir assez tumultueux.

Je reconnais que Donald Trump a fait certaines choses que j’apprécie sur le plan social, mais je le considère instable sur le plan international. Si quelqu’un comme JD Vance lui succédait, cela pourrait peut-être être plus favorable à notre cause. Mais même dans ce cas, je pense qu’au Québec et au Canada il y aurait sans doute une crispation progressiste en réaction aux États-Unis. Donc, à moyen terme, il faut s’attendre à des attaques accrues contre des groupes comme le nôtre. À plus long terme, cependant, je pense que certains murs idéologiques pourraient finir par tomber.

Mot de la fin : vérité morale ou simple préférence ?

Étudiante : Pour finir, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter ?

Georges Buscemi : Oui. Le mouvement pro-vie, pro-famille et pro-Dieu ne propose pas simplement des opinions ou des goûts personnels, comme on choisirait une saveur de crème glacée. Nous proposons ce que nous croyons être des vérités : des réalités morales et spirituelles.

Les gens doivent comprendre cela s’ils veulent saisir notre raison d’être. Nous croyons sincèrement que ces choses ont un fondement réel. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’un simple exercice de volonté arbitraire ou de lutte pour le pouvoir.

On nous accuse souvent de vouloir imposer nos valeurs. Ce n’est pas ainsi que je vois les choses. Nous proposons de regarder la réalité telle qu’elle est, puis d’agir en conséquence, individuellement et socialement. C’est ce que fait n’importe quel mouvement politique ou social lorsqu’il identifie un problème et avance une solution.

Pour nous, simplement, la réalité ne se réduit pas à la matière. Elle comporte aussi une dimension morale et spirituelle. Et si l’on accepte cela, alors Campagne Québec-Vie devient intelligible.

J’encourage donc les gens à visiter notre site web, à consulter notre page Facebook, à s’inscrire à notre infolettre hebdomadaire, mais aussi à regarder en face la réalité de l’avortement, à voir ce qu’il en est concrètement, et à se demander : cette chair, ces os, ces doigts, ces petits pieds, ne sont-ils pas humains ? Et si oui, qu’est-ce que cela nous oblige à faire ?



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