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Québec : Protestation du cardinal Lacroix contre les vexations du gouvernement québécois


Cardinal Gérald Lacroix, archevêque de Québec.

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : ECDQ.tv

Le 26 juillet 2020, le cardinal Gérald Lacroix, archevêque de Québec, a donné dans la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré un véritable discours de protestation contre les mesures passées et présentes du gouvernement québécois envers les lieux de cultes.

Dans sa déclaration, Mgr Lacroix dit être conscient du bouleversement qu’a causé la fermeture de nos lieux de cultes, rapporte le site Église catholique de Québec :

Être privés de la célébration eucharistique, de la communion eucharistique et des autres sacrements pendant presque quatre mois a été très pénible, autant pour les fidèles que pour les pasteurs et les équipes pastorales.

Mgr Lacroix souligne la perplexité de nombreux fidèles qui se demandaient si les évêques du Québec ont agi auprès du gouvernement provincial. C’est ce qu’ils ont fait, affirme-t-il :

Je peux vous assurer que, dès les premières heures de cette pandémie, les évêques catholiques du Québec ont fait de grands efforts pour entrer en dialogue avec les autorités du Québec. Ce fut très laborieux de nous faire entendre.

Mais le gouvernement est resté sourd, négligeant les tentatives de contacts des évêques, ignorants leurs efforts de communiquer avec lui, déplore Mgr Lacroix :

En aucun temps, nous n’avons réussi à établir un dialogue franc et direct avec les responsables du Gouvernement et de la Santé publique. Nos contacts se sont limités continuellement à des tiers. Nous avons travaillé et soumis des protocoles en vue du déconfinement éventuel. Nous apprenions, par des tiers, que ces protocoles étaient bien préparés et élaborés mais jamais un communiqué officiel n’a annoncé qu’ils étaient acceptés.

Le problème résiderait-il là ? Le gouvernement aurait peut-être été plus attentif aux évêques si ceux-ci s’étaient montrés moins serviles; coopération diligente que Mgr Lacroix signale souvent dans son propos.

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Mgr Lacroix dénonce la partialité du gouvernement envers les lieux de cultes :

À deux reprises, lors de conférences de presse avec le Premier ministre et le directeur de la santé publique, il a fallu les questions de journalistes pour savoir ce qu’il advenait des lieux de cultes. C’est seulement ainsi que nous avons pu recevoir, au compte-gouttes, quelques informations partielles nous concernant. Dans la planification du Gouvernement du Québec publié le 25 mai, on apprend qu’après la phase préliminaire, après les phases 1, 2, 3, 4, 5 et 6, apparaissent dans l’item Phases ultérieures « les lieux de culte » au même titre que les bars et les croisières. À mon humble avis, cela est nettement décevant.

Que nous soyons empêchés de célébrer les funérailles chrétiennes dans nos grandes églises, alors que les entreprises funéraires ont pu rapidement offrir des rites funéraires dans leurs petits salons, a semé beaucoup d’incompréhension. C’est comme s’il y avait deux poids, deux mesures. Malgré nos protestations, les autorités ont toujours fermé les yeux devant cette réalité.

Alors que la vente d’alcool et de cannabis a été jugée un service essentiel tout au long de la pandémie, les communautés de foi, que nous pouvons certainement considérer un service essentiel à la communauté, ont été pratiquement ignorées. Même les casinos ont obtenu avant nous le droit d’accueillir 250 personnes, dans des lieux pourtant bien plus petits que nos églises. Rien à comprendre !

N’oublions pas les avortoirs qui sont oubliés dans cette liste, ces lieux où l’on tue des enfants à naître sont restés ouverts, sans doute considérés « essentiels » par le gouvernement, contrairement aux églises. « Rien à comprendre ! » ? Ce qu’il y a à comprendre dans cette différence de traitement, c’est l’athéisme de ce gouvernement et son mépris pour Dieu.

Mgr Lacroix déclare que les évêques catholiques du Québec n’abandonneront pas le combat pour la liberté de culte, « à ce jour, nous devons encore négocier de semaine en semaine avec les autorités ; celles-ci tentent de nous imposer des restrictions qui dépassent le raisonnable ». Il lance même : « N’abusez pas de notre patience et cessez d’ignorer notre existence et notre sens des responsabilités ». Peut-on espérer qu’ils mettront un jour les points sur les « i » ?

En outre, Mgr Lacroix fait justement remarquer que la mission de l’Église est au cœur de la société (d’où l’importance de sa liberté d’action) :

La mission de l’Église est au cœur de la société ; c’est là que les disciples de Jésus doivent témoigner de la foi qui les anime et les fait vivre.

Je vois toutefois dans le texte de Mgr Lacroix une phrase bien étrange : « les besoins spirituels sont une partie intégrante de la vie humaine pour ceux et celles qui en manifestent le besoin ». Dans ce passage, il semble suggérer que seule une partie de la population éprouve des besoins spirituels, comme si tout le monde n'en avait pas même s'il ne s'en aperçoit pas, donc que le reste pourrait s'en passer ; tous ont des besoins spirituels, tous ont leur salut éternel en jeu.

Le cardinal Lacroix oublie par ailleurs de mentionner quelque chose d’important dans son discours, il associe plutôt catholiques, anglicans, protestants, juifs, musulmans et autres dans le combat pour la liberté de culte, les englobant tous, dont sa propre église, dans le terme « communautés de foi ». À aucun moment il ne distingue la primauté de l’Église au milieu des religions, il nous fait entendre que lui et ses confrères ne veulent pas réclamer de privilèges pour l’Église, alors qu’Elle y aurait tout à fait droit : « comprenez-moi bien : nous ne réclamons aucun privilège du gouvernement ». Sans doute après tout que le gouvernement du Québec n’aurait jamais accordé quelque chose à l’Église sans le concéder à la synagogue et à la mosquée. Ainsi, Mgr Lacroix parle de la faculté d’exercer le culte sans contraintes exagérées pour l’Église comme pour toutes les autres religions, noyant de cette façon l’idée même du règne social de Jésus-Christ, Lui qui règne sur l’Église, et doit régner sur l’État par la reconnaissance de la Première, et d’Elle seule, par le second.

Que Dieu guide nos évêques et le gouvernement.



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