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Pour en finir avec Papineau


Louis-Joseph Papineau.

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph.D. ― Photos : n°1 (rognée) Wikimedia Commons, n°2 Wikimedia Commons

Les nationalistes québécois se réclameraient moins des Patriotes de 1837 s’ils connaissaient le vrai visage de Louis-Joseph Papineau.

Papineau (1786-1871) a perdu la foi à 18 ans, à la fin de ses études au Séminaire de Québec. C’était un déiste, à la manière des philosophes des Lumières. Il s’était imprégné des œuvres de Voltaire, de Rousseau et de l’Encyclopédie à la bibliothèque publique de Québec, qui avait été fondée, en 1779, par le gouverneur Haldimand pour « créer un meilleur accord entre les anciens et les nouveaux sujets de la couronne », autrement dit pour rallier les Canadiens à l’idéologie libérale de la « noble et généreuse Angleterre ».

Papineau était tourmenté par la question religieuse. Son père était un libre-penseur qui s’était néanmoins réconcilié avec l’Église sur son lit de mort. Sa mère, une dévote autoritaire. Son épouse, Julie Bruneau, était pieuse, mais déséquilibrée. Son beau-frère était prêtre et son cousin, évêque de Montréal. Le curé de Montebello était un ami personnel qui a tout fait pour ramener son illustre paroissien à la foi. Mais Papineau a refusé les derniers sacrements. Il s’est fait ensevelir dans la crypte de son manoir seigneurial, sans cérémonie religieuse. 

Papineau n’était pas ouvertement anticlérical. Le seigneur de la Petite-Nation assistait à la messe dominicale pour montrer le bon exemple aux censitaires. Il respectait les convictions religieuses de sa femme. Un jour, il a dit à son fils Amédée, qui avait tendance à manger du curé :

« Le catholicisme est une partie de notre nationalité qu’il faut avouer en toute occasion. L’opposition au catholicisme est moins souvent indépendance de conviction ou de caractère que flagornerie pour un gouvernement protestant, ce qui, pour un Canadien, serait lâcheté. Notre clergé sort du peuple. Voilà un gage d’indissolubilité pour une nationalité. »

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Papineau s’est opposé à la Déclaration d’Indépendance de 1838 parce qu’elle prônait l’abolition du régime seigneurial et la séparation de l’Église et de l’État. Le chef des Patriotes n’était pas un démocrate du XIXe siècle, mais un despote éclairé du XVIIIe. Sa vision des rapports entre l’Église et l’État était gallicane plutôt que libérale. Il voulait subordonner le pouvoir spirituel au pouvoir temporel pour que le clergé garde le peuple dans l’obéissance. À ses yeux, l’élite sociale pouvait se soustraire à l’enseignement de l’Église. Mais les classes inférieures avaient besoin de la religion pour respecter la propriété privée et l’autorité des notables. Au fond, Papineau était un conservateur de type voltairien.

Dans sa vie privée, Papineau était autoritaire et intolérant. Il était âpre au gain et il traitait durement ses censitaires. Ses deux filles ne voulaient pas rester à Montebello à cause du caractère insupportable de leur père. C’était un éternel insatisfait. La politique lui pesait. Il aurait préféré, disait-il, vivre à la campagne, entouré de sa famille et de ses livres, comme un grand seigneur rousseauiste. Mais lorsqu’il a pu le faire, à la fin de sa vie, il n’a pas été plus heureux. Une photographie du vieux Louis-Joseph Papineau nous montre un visage aigri, rongé par l’angoisse. Les historiens Lionel Groulx et Fernand Ouellet ont soutenu, d’une manière convaincante, que Louis-Joseph Papineau souffrait de maladie mentale. C’était sûrement un bipolaire, et il avait peut-être d’autres pathologies. Cela explique ses graves erreurs de jugement politique.

L’insurrection improvisée de 1837 a été un désastre. Mais le successeur de Papineau, Louis-Hippolyte Lafontaine, a redressé la situation. Lafontaine était un bon catholique. Il s’agenouillait dans la rue lorsqu’il voyait passer une procession du Saint-Sacrement. Il a restauré, après 1840, la fructueuse alliance entre l’Église et la Patrie.

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