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Mgr Athanasius Schneider explique « le vrai visage de la franc-maçonnerie »


Mgr Athanasius Schneider.

Par Mgr Athanasius Schneider (LifeSiteNews) — Traduit par Campagne Québec-Vie

Voici la traduction d'un discours prononcé en 2017 à la Fondation pontificale Kirche in Not (Aide à l'Église en détresse) en Allemagne par Mgr Athanasius Schneider.

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Le vrai visage de la franc-maçonnerie

En 2017, la franc-maçonnerie fêtait le 300e anniversaire de sa fondation le 24 juin 1717. Selon les rapports officiels, elle était le résultat de la fusion de quatre « loges » ou sociétés secrètes, qui formèrent alors la Grande Loge de Londres. Un pasteur protestant, James Anderson, en rédigea les premiers statuts maçonniques.

L’Église catholique condamnait déjà cette association d’origine pseudo-religieuse 20 ans après ses débuts, avec la sanction ecclésiale la plus élevée, l’excommunication. Pourquoi ? Parce que la franc-maçonnerie est une « religion naturaliste », un mélange de panthéisme, de gnose et de « salvation par soi-même ». Cette « religion » n’est qu’en apparence tolérante. En fait, c’est une [religion] extrêmement exigeante et intolérante. Les francs-maçons disent d’eux-mêmes qu’ils sont les « initiés », les « parfaits » et les « illuminés ». Le reste de l’humanité est pour eux profane, imparfaite et enténébrée.

La religion maçonnique vise l’indépendance par rapport au vrai Dieu, de sorte que l’être humain s’élevât comme un dieu, prît la place de Dieu et décidât du bien et du mal.

Dans les premiers grades de la franc-maçonnerie, il y a une divinité incertaine et nébuleuse vénérée en tant que « Grand Architecte de l’Univers », qui, dans les grades supérieurs puis dans les grades les plus élevés, devient de plus en plus concrète ; dans les grades supérieurs, cette divinité incertaine est identifiée en tant que Lucifer, en tant que Satan, en tant dieu bon, l’adversaire de Dieu ; et le vrai Dieu est ici le « mauvais Dieu ».

L’Église reconnaît que la franc-maçonnerie est une vraie société secrète, ne cessant de grandir en puissance et présentant un contenu pseudo-religieux, une société s’est répandue très rapidement en innombrables organisations affiliées souvent sous un nom différent, qui ont pénétré les niveaux les plus puissants de la société, de la politique et du monde des finances.

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C’est le pape Pie VIII qui, en 1829, donna l’une des définitions les plus justes et les plus précises de la franc-maçonnerie : c’est une « secte » dont les membres « n’adorent que les démons » (cf. Encyclique Traditi humilitati nostræ). L’essence de la religion maçonnique consiste en la perversion, c’est-à-dire la subversion de l’ordre divin de la création, et en la transgression des lois données par Dieu ; les membres de la franc-maçonnerie à ses degrés supérieurs voient dans cette perversion le « vrai progrès » de l’humanité, la construction mentale du temple de l’humanité. Au lieu de la Révélation de Dieu, il y a le secret maçonnique et l’être humain ultimement se fait dieu (cf. X. Dor, Le Crime contre Dieu, Chiré-en-Montreuil, 2016, p. 162). En fait, la franc-maçonnerie est l’antiéglise parfaite, où tous les fondements théologiques et moraux de l’Église catholique sont renversés à l’opposé ! Un franc-maçon dit un jour à sa sœur ce qui suit lors d’une conversation privée : « savez-vous ce que nous francs-maçons sommes en fait ? Nous sommes l’anti-Église. »

Les historiens ont reconnu dans la franc-maçonnerie le germe du totalitarisme politique (par exemple, Historia de las Civilizaciones de A. Cobban, cité dans  Iglesia y Masonería de A. Bárcena, Madrid 2016, p. 71). La confusion qui règne au sujet de franc-maçonnerie, et sa tromperie, consiste dans le fait que celle-ci se pare avec des noms et des définitions attrayants, comme « philanthropie », « humanisme », « intellectualité », « tolérance ».

Avec le refus de la révélation divine surnaturelle, la franc-maçonnerie rejette également la loi naturelle. C’est exactement le point qui conduit à tous les systèmes totalitaires. Déjà le franc-maçon Jean-Jacques Rousseau de Genève écrivait : « sa vie [de l’être humain] n’est plus seulement un bienfait de la nature, mais un don conditionnel de l’Etat » (Du contrat social, Livre II, chapitre 5).

L’anarchisme politique et social est un phénomène qui incarne principalement l’esprit de la franc-maçonnerie, car l’un de leurs principes clefs est « ordo ab chao » [« du chaos, l’ordre »]. Cela signifie qu’il faut d’abord créer le chaos et ensuite construire un nouvel ordre, un autre ordre créé par l’homme. Dans le Rituel Écossais Ancien et Accepté à partir de l’année 1892, le candidat au 32e, le pénultième degré de la franc-maçonnerie, reçoit l’instruction suivante : « 1. Le premier “rugissement des armes” survint lorsque (Martin) Luther évoqua la rébellion de la raison. 2. Le deuxième “rugissement des armes” vint quand il fut annoncé en Amérique que chaque gouvernement humain reçoit son autorité du peuple et uniquement du peuple. 3. Le troisième “rugissement des armes” eut lieu lorsqu’en France, les “droits de l’homme” dans la formulation de “liberté, égalité et fraternité” furent proclamés » (La Masoneria en Espana de M. Tirado Rojas 1892, c. I, p. 163).

Le candidat du 33e degré reçoit cette instruction ― ce qui suit est une citation de ce même rituel écossais : « ni la loi, ni la propriété, ni la religion ne peuvent régner sur les hommes, et, puisqu’ils anéantissent les hommes en privant les hommes de leurs droits les plus précieux, nous avons juré d’en tiré une vengeance terrible. Ils (la loi, la propriété et la religion) sont des ennemis contre lesquels nous avons juré une guerre implacable à tout prix. De ces trois ennemis infâmes, la religion doit être l’objet permanent de nos assauts meurtriers. Quand nous aurons détruit la religion, nous aurons la loi et la propriété à notre disposition, et nous pourrons régénérer la société en construisant la religion maçonnique et la loi maçonnique et la propriété maçonnique sur les cadavres de ces meurtriers » (ibid, pp. 169-170). Selon le rituel maçonnique, le mot « religion » fait référence aux chrétiens, plus concrètement à la religion catholique.

On sait que la franc-maçonnerie européenne, et en particulier Alexandre Kerensky, le grand maître du « Grand Orient » de Russie, a soutenu logistiquement et politiquement la Révolution d’octobre 1917, année du 200e anniversaire de la fondation de la franc-maçonnerie. Lénine et les nouveaux dirigeants communistes ne toléraient aucune sorte de rivalité. Par conséquent, ils interdirent la franc-maçonnerie traditionnelle en Union soviétique. Au Troisième Congrès [du parti] de l’Internationale Communiste en 1921, la franc-maçonnerie traditionnelle a reçu l’évaluation significative suivante : « La franc-maçonnerie nous rappelle, à travers ses rites, les coutumes religieuses. Cependant, nous savons que chaque religion opprime les gens. La franc-maçonnerie représente un pouvoir social, et en raison de la nature secrète de ses réunions et du secret absolu de ses membres, c’est un “État dans l’État”. »

Le 11 avril 2001, sur RAI2 (Média de la télévision italienne), Giuliano Di Bernando, qui était le Grand Maître de la loge maçonnique GLRI (Gran Loggia Regolare d'Italia) dans les années 1990-1993, a prononcé des paroles importantes sur le caractère religieux de la franc-maçonnerie : « On devient franc-maçon par l’initiation. L’initiation est un acte constitutif par lequel l’être humain se voit attribuer une dimension qu’il n’avait pas auparavant. Une analogie que nous trouvons dans le baptême. On n’est pas né chrétien, on devient chrétien par le baptême. De la même manière, on devient franc-maçon par initiation. Cela signifie que l’on reste franc-maçon toute la vie ; même si quelqu’un rejette plus tard la franc-maçonnerie, il reste néanmoins franc-maçon. Même si on dort, si on est ennemi de la franc-maçonnerie, on reste franc-maçon, car on a reçu l’initiation. Et l’initiation est un acte sacré ».

La franc-maçonnerie a également soutenu la soi-disant « Révolution sexuelle » de 1968. Les Grands Maîtres des deux plus grandes organisations maçonniques de France, Frédéric Zeller et Pierre Simon, se sont activement engagés avec certains de leurs membres dans les révoltes étudiantes de mai 1968 à Paris. Ledit Grand Maître Pierre Simon devint alors assesseur du ministre Simone Veil, qui légalisa l’avortement en France.

En 2012, le journal Le Figaro publiait un dossier complet sur la franc-maçonnerie, et Le Figaro laissait la parole aux principaux membres de la franc-maçonnerie sur son forum. L’un des hauts francs-maçons ouvertement déclarait que les lois légalisant l’avortement, le soi-disant « mariage homosexuel » ou « mariage pour tous » et l’euthanasie avaient été préparés dans les « laboratoires » idéalistes maçonniques, puis, avec l’aide de mouvements de pression et par l’intermédiaire de leurs membres au parlement et au gouvernement, les firent passer en législation (supplément Le Figaro, 20-21 juillet 2012).

En raison de sa précision, l’analyse donnée en 1894 par le pape Léon XIII sur l’essence, les principes et les actes de la franc-maçonnerie, reste pleinement pertinente :

« Un autre péril grave pour l’unité, c’est la secte maçonnique, puissance redoutable qui opprime depuis longtemps les nations, et surtout les nations catholiques. Fière jusqu’à l’insolence de sa force, de ses ressources, de ses succès, elle met tout en œuvre, à la faveur de nos temps si troublés, pour affirmer et étendre partout sa domination. Des retraites ténébreuses où elle machinait ses embûches, la voici qu’elle fait irruption dans le grand jour de nos cités ; et, comme pour jeter un défi à Dieu, c’est dans cette ville même, capitale du monde catholique, qu’elle a établi son siège. Ce qu’il y a surtout de déplorable, c’est que, partout où elle pose le pied, elle se glisse dans toutes les classes et toutes les institutions de l’État, pour arriver, s’il était possible ; à se constituer souverain arbitre de toutes choses. Cela est surtout déplorable, disons-Nous, car, et la diversité de ses opinions et l’iniquité de ses desseins sont flagrantes. Sous couleur de revendiquer les droits de l’homme et de réformer la société, elle bat en brèche les institutions chrétiennes : toute doctrine révélée, elle la répudie : les devoirs religieux, les sacrements, toutes ces choses augustes, elle les blâme comme autant de superstitions ; au mariage, à la famille, à l’éducation de la jeunesse, à tout l’ensemble de la vie publique et de la vie privée, elle s’efforce d’enlever leur caractère chrétien, comme aussi d’abolir dans l’âme du peuple tout respect pour le pouvoir divin et humain. Le culte qu’elle prescrit, c’est le culte de la nature ; et ce sont encore les principes de la nature qu’elle propose comme seules mesure et seule règle de la vérité, de l’honnêteté et de la justice. Par là, on le voit, l’homme est poussé aux mœurs et aux habitudes d’une vie presque païenne, si tant est que le surcroît et le raffinement des séductions ne le fassent pas descendre plus bas. » (Lettre apostolique Præclara gratulationis).

L’une des manières les plus rusées, et donc sataniques, du combat de la franc-maçonnerie contre son ennemi juré, c’est-à-dire l’Église catholique, consiste en l’infiltration de l’Église. Le texte suivant, reconnu par de nombreux historiens comme authentique, cité par Mgr Rudolf Graber (dans son livre Athanase et l’Église de notre temps), des « Instructions » de la soi-disant « Alta Vendita », une sorte de centre gouvernemental de la franc-maçonnerie européenne au XIXe siècle illustre cette vérité. Voici une citation de l’« Instruction permanente de l’Alta Vendita » (Haute Vente) :

« Le Pape, quel qu’il soit, ne viendra jamais aux Sociétés secrètes ; c’est aux Sociétés secrètes à faire le premier pas vers l’Église, dans le but de les vaincre tous deux. Le travail que nous allons entreprendre n’est l’œuvre ni d’un jour, ni d’un mois, ni d’un an ; il peut durer plusieurs années, un siècle peut-être ; mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue. Nous n’entendons pas gagner les Papes à notre cause, en faire des néophytes de nos principes, des propagateurs de nos idées. Ce serait un rêve ridicule ; et de quelque manière que tournent les événements, que des cardinaux ou des prélats, par exemple, soient entrés de plein gré ou par surprise dans une partie de nos secrets, ce n’est pas du tout un motif pour désirer leur élévation au siège de Pierre. Cette élévation nous perdrait. L’ambition seule les aurait conduits à l’apostasie : les nécessités du pouvoir les forceraient à nous immoler. Ce que nous devons demander, ce que nous devons chercher et attendre, comme les Juifs attendent le Messie, c’est un pape selon nos besoins ... Or donc, pour nous assurer un Pape dans les proportions exigées, il s’agit d’abord de lui façonner, à ce Pape, une génération digne du règne que nous rêvons. Laissez de côté la vieillesse et l’âge mûr ; allez à la jeunesse et, si c’est possible, jusqu’à l’enfance ... vous vous arrangerez à peu de frais une réputation de bon catholique et de patriote pur. Cette réputation donnera accès à nos doctrines au sein du jeune clergé comme au fond des couvents. Dans quelques années, ce jeune clergé aura par la force des choses, envahi toutes les fonctions ; il gouvernera, il administrera, il jugera, il formera le conseil du souverain, il sera appelé à choisir le Pontife qui devra régner, et ce Pontife, comme la plupart de ses contemporains, sera nécessairement plus ou moins imbu des principes italiens et humanitaires que nous allons commencer à mettre en circulation ... que le Clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des Clefs apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige des tyrans et des oppresseurs ? Tendez vos filets comme Simon Barjona ; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents plutôt qu’au fond de la mer : et si vous ne précipitez rien, nous vous promettons une pêche plus miraculeuse que la sienne. Le pêcheur de poissons devint pêcheur d’hommes ; vous amènerez des amis autour de la Chaire apostolique. Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n’aura besoin que d’être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde » (à l’origine paru dans La Conjuration antichrétienne de Mgr Delassus, Paris 1910, Tome III, pp. 1040-1046. Le texte intégral de « L’Instruction permanente de l’Alta Vendita » est également publié dans Grand Orient Freemasonry Unmasked de Mgr Dillon, Dublin 1885, pp. 51 -56).

Le fait que cette affirmation n’a pas été inventée peut être prouvé par la citation suivante d’un moderniste italien de premier plan, qui en 1905 écrivait dans son livre : « Nous voulons organiser notre action [afin qu’elle soit] plus ciblée : une franc-maçonnerie catholique ? Oui, exactement, une franc-maçonnerie des catacombes. Il faut tendre vers le but, réformer le catholicisme romain dans un sens progressiste, théosophique, à travers un pape, qui se laissera convaincre par ces idées » (A. Fogazzaro, Il Santo, Milano, 1905, pp. 44 et 22). Les faits montrent suffisamment que la franc-maçonnerie est la plus grande contradiction imaginable à la religion catholique. Par conséquent, en 1983, l’Église a fait la déclaration suivante, toujours valable, notamment par l’intermédiaire de la Congrégation de la doctrine de la foi :

Le jugement négatif de l’Église à l’égard de l’association maçonnique reste inchangé, car leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église, par conséquent leur appartenance reste interdite. Les fidèles qui s’engagent dans les associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion.

Le pouvoir de l’idéologie maçonnique dans la politique et la société a atteint de nos jours son apogée, où la franc-maçonnerie répand dans toute la société humaine une idéologie de destruction de la vie à l’aide de l’avortement et de l’euthanasie. Le concept et la réalité de la famille subissent un processus de destruction à travers le lavage de cerveau de l’idéologie du genre, mis en œuvre par l’État. Toute personne qui pense encore par elle-même, et surtout tout chrétien, doit ― autant que possible ― résister et défendre le bon sens et la loi divine, même au prix de la souffrance et des désavantages sociaux.

En tant que chrétiens, nous devons savoir que le Christ est Vainqueur de tout mal dans ce monde, que Dieu, et non la franc-maçonnerie, est le Maître de l’histoire. Nous appartenons à la communauté des vainqueurs, même si les ennemis du Christ, la franc-maçonnerie, nous regardent comme des vaincus. Notre foi catholique est plus forte que toute la perversité de la religion maçonnique. Nous ne craignons que Dieu !

Cependant, en même temps, nous avons, au fond du cœur, une vraie compassion pour les membres de la franc-maçonnerie, car ils ont été victimes d’une immense tromperie. Un franc-maçon est finalement l’être humain le plus assujetti, dont le salut éternel de son âme est le plus menacé. Puisse à l’intérieur de l’Église se développer un mouvement pour sauver les âmes des francs-maçons, qui sont nos semblables. Cela doit être fait avant tout par la prière du rosaire et la vénération du Cœur Immaculé de Marie. Son Cœur Immaculé triomphera, comme elle nous l’a dit à Fatima ; il triomphera aussi de la franc-maçonnerie et du communisme. Et par Marie, Dieu donnera à l’humanité et à son Église un temps de paix.

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