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À Son image et à Sa ressemblance

Par Liam Gibson (Voice of the Family) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Wikimedia Commons

Dans l’histoire de l’humanité, aucun concept ne peut être considéré comme ayant exercé une influence aussi profonde dans les domaines de la médecine, de la philosophie, du droit, de la théologie et de la politique que l’idée de dignité humaine. Aucun autre principe social directeur n’a été aussi largement invoqué tout en restant si vague et si mal défini qu’il peut donner lieu à des interprétations mutuellement exclusives. Bien que la dignité humaine soit au cœur des convictions du mouvement pro-vie, les partisans de l’euthanasie se sont approprié le terme en lançant des appels répétés en faveur du droit de mourir dans la dignité.

Ces contradictions apparentes ont valu au concept d’être attaqué par les laïcistes comme par les catholiques. D’un côté, des critiques tels que le psychologue Steven Pinker y voient une tentative à peine déguisée d’imposer la morale catholique à la société moderne. [1] De l’autre, l’éminent philosophe thomiste Alasdair MacIntyre l’a condamné comme « déroutant et peut-être dangereux ». [2]

Il n’est donc pas surprenant que la nouvelle selon laquelle le préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF), le cardinal Victor Manuel Fernández, prépare un document sur la dignité humaine ait été accueillie avec un certain scepticisme. [3] Il convient donc d’examiner les principales menaces qui pèsent sur la dignité humaine dans les années à venir. Mais avant tout, il est essentiel de préciser ce que l’on entend par dignité humaine au sens catholique du terme.

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La source de la dignité humaine

En bref et en termes clairs, la dignité humaine est le statut partagé par tous les membres de la famille humaine sans exception, simplement parce qu’ils sont imago Dei, c’est-à-dire créés à l’image de Dieu. (Gn 1, 26-27 et Sg 2, 22) Et puisque la source de ce statut se trouve en dehors des êtres humains individuels, on ne peut y renoncer, le révoquer ni le perdre.

À des époques antérieures, moins axées que la nôtre sur l’individualisme, la dignité humaine était également comprise comme la position de l’homme dans l’ordre de la création — au-dessus des animaux, des plantes et des objets inanimés, mais au-dessous de Dieu et des anges. C’est ce que reflète le Psaume 8, 3-8 :

« Quand je considère vos cieux, qui sont l’ouvrage de vos doigts, la lune et les étoiles que vous avez créées, je m’écrie : Qu’est-ce que l’homme, pour que vous vous souveniez de lui ? Ou le fils de l’homme, pour que vous le visitiez ? Vous ne l’avez mis qu’un peu au-dessous des anges ; vous l’avez couronné de gloire et d’honneur, et vous l’avez établi sur les ouvrages de vos mains. Vous avez mis toutes choses sous ses pieds, toutes les brebis, et tous les bœufs, et même les animaux des champs, les oiseaux du ciel, et les poissons de la mer, qui parcourent les sentiers de l’océan. »

Et si l’homme est le maître du monde matériel, à certains égards, les humains ont un statut supérieur à celui même des anges. Comme le souligne saint Thomas d’Aquin, par leur existence corporelle, les hommes et les femmes ont reçu la capacité de coopérer à la créativité de Dieu par la propagation de nouveaux êtres humains — « l’homme procède de l’homme, comme Dieu de Dieu ». [4]

C’est l’âme rationnelle de l’homme et sa capacité à choisir le bien et à rejeter le mal qui déterminent le degré de ressemblance de l’individu avec Dieu. Il n’y a cependant aucune circonstance dans laquelle nous cessons de porter l’image de Dieu au sens où nous pourrions perdre notre dignité innée.

Pour bien comprendre la dignité humaine, il est nécessaire de faire la distinction entre les différents types de dignité qui existent et qui sont souvent confondus. [5] Ce sont :

  1. la dignité du mérite, fondée sur le rang ou le statut social
  2. la dignité de la stature morale, qui peut être perdue par des actes mauvais
  3. la dignité de l’identité, qui demeure après la mort
  4. la dignité humaine universelle, dans la tradition catholique l’imago Dei.

L’Église a toujours reconnu que la dignité persiste après la mort et exige donc que les restes humains soient être traités avec « respect et charité, dans la foi et l’espérance en la résurrection ». [6] L’enterrement des morts est un acte corporel de miséricorde. Les méthodes de compostage ou de liquéfaction des restes humains, apparues ces dernières années, sont considérées comme inappropriées.

La source de la confusion

D’une part, certaines des contradictions qui ont miné le concept de dignité humaine résident dans des visions divergentes de la nature humaine et de l’anthropologie. Dans l’interprétation alternative la plus influente (par rapport à la compréhension catholique du concept), Emmanuel Kant affirme que les êtres humains ne doivent jamais être traités comme des moyens en vue d’une fin, mais comme des fins en soi. Cela exclut toute forme d’exploitation. Dans la philosophie de Kant, cependant, l’autonomie est « le fondement de la dignité de l’homme et de toute nature rationnelle ». [7]

Alors que la dignité, au sens catholique, est l’empreinte indélébile de Dieu sur l’âme humaine, Kant se concentre sur la pensée rationnelle. Et, bien qu’elle concerne principalement l’autonomie morale, l’extension logique de cette éthique signifie qu’aujourd’hui, les personnes incapables d’exercer leur autonomie peuvent être désignées comme des « non-personnes », considérées soit comme n’étant pas pleinement humaines, soit comme n’étant pas véritablement vivantes. Cela a conduit à la déshumanisation des handicapés profonds, des personnes frappées d’incapacité mentale et des bébés (avant et après la naissance), les laissant à la merci d’un corps médical de plus en plus dépourvu de morale.

La priorité du Dicastère pour la doctrine de la Foi (DDF) doit donc être la réaffirmation sans ambiguïté du caractère ineffaçable de la dignité humaine depuis le premier instant de la vie jusqu’à sa fin naturelle. Elle doit ensuite s’attaquer à la plus grave des menaces qui, si elle n’est pas maîtrisée, est susceptible de faire basculer la civilisation elle-même.

  • Les enfants à naître ayant été systématiquement privés de protection juridique, l’avortement est devenu la première cause de mortalité dans le monde. Les groupes de pression mondiaux en faveur de l’avortement sont maintenant prêts à faire reconnaître universellement l’accès à l’avortement comme un droit de l’homme.
  • L’exploitation des restes d’enfants à naître, par le prélèvement de leurs tissus et la propagation de lignées de cellules fœtales, est devenue si répandue qu’elle est endémique dans le monde de la recherche scientifique.
  • L’euthanasie volontaire et le suicide assisté se sont répandus si rapidement et sont devenus si enracinés qu’ils menacent désormais l’autonomie et l’autodétermination des patients et ont accru le pouvoir paternaliste de la profession médicale en tant que loi à part entière.
  • Le rejet, dans une grande partie du monde développé, de la conception de l’être humain comme une unité de corps et d’âme a dissous la distinction entre masculin et féminin.
  • Alors que l’industrie de la fécondation in vitro transforme les enfants en marchandises, le marché des mères porteuses prospère, en partie, en réponse à la demande des couples homosexuels.
  • Avec les déclarations de plus en plus hystériques sur la catastrophe écologique, un nombre croissant de personnes considèrent l’humanité comme un parasite qui ne mérite plus de survivre.

Cette liste n’est pas exhaustive. Même dans les jours les plus sombres du XXe siècle, les atteintes à la dignité humaine n’ont jamais été aussi nombreuses ni aussi répandues qu’aujourd’hui. Ces questions doivent être traitées de toute urgence par l’Église.

Les lignes de fracture de la papauté

En juin 2012, une conférence à l’Université d’Oxford, en Angleterre, a rassemblé des historiens, des philosophes, des avocats, des juges et des théologiens pour une discussion interdisciplinaire sur la dignité humaine. Elle était présidée conjointement par Lady Brenda Hale, juge à la Cour suprême du Royaume-Uni, et Vincent Nichols, archevêque de Westminster. La conférence a été organisée par le professeur Christopher McCrudden et a donné lieu à Understanding Human Dignity, un livre de plus de 700 pages. [8] Alors que le professeur McCrudden faisait la promotion de ce livre lors d’un événement au Berkley Center de l’Université de Georgetown en avril 2014, il a expliqué le débat en cours parmi les juristes universitaires sur la signification théologique de la dignité humaine. Il a fait remarquer qu’il existe un débat équivalent parmi les théologiens dans la direction opposée, à savoir jusqu’où la tradition devrait être ouverte à la pensée séculière sur la dignité. « Incidemment, a-t-il ajouté, si vous voulez comprendre où se situent les lignes de faille dans la papauté du pape François, cela pourrait être un point de départ utile ». Cette remarque désinvolte s’est avérée perspicace.

  • En septembre 2013, quelques mois après son élection, le pape François a fait la une des journaux pour avoir critiqué l’« obsession » de l’Église sur les questions de l’avortement, du mariage gay et de la contraception. Le mois suivant, il a été cité dans La Repubblica comme ayant déclaré : « Les plus graves des maux qui affligent le monde de nos jours sont le chômage des jeunes et la solitude des personnes âgées ».
  • En janvier 2015, il a déclaré que les catholiques ne devaient pas « se reproduire comme des lapins ».
  • En mai 2015, dans Laudato Si, le pape François écrivait : « Les êtres humains aussi sont des créatures de ce monde, jouissant d’un droit à la vie et au bonheur, et dotés d’une dignité unique ». Cependant, l’homme n’est plus placé au sommet de la création visible, mais est considéré comme une menace pour les plantes et les animaux, y compris « les champignons, les algues, les vers, les insectes, les reptiles et une variété innombrable de micro-organismes ».
  • Lors d’une visite aux États-Unis en octobre 2015, le pape a rencontré l’un de ses anciens étudiants et son partenaire de même sexe.
  • En février 2016, il a indiqué que l’utilisation de la contraception était justifiée lors d’une épidémie du virus Zika en Amérique latine, qui aurait provoqué la naissance d’enfants atteints de microcéphalie.
  • En juin 2016, le pape François a déclaré que la grande majorité des mariages sacramentels étaient invalides, tout en suggérant que les couples de concubins pouvaient vivre de « vrais mariages ».
  • En mai 2018, il a ordonné la révision du catéchisme pour qualifier la peine de mort d’« inadmissible », abandonnant à la fois l’Écriture et la tradition au nom d’une « conscience croissante de la dignité de la personne ». Cela reflète bien sûr la conscience laïque de la dignité humaine promue par diverses nations européennes qui ont aboli la peine capitale tout en légalisant l’avortement et l’euthanasie.
  • En janvier 2019, il a déclaré aux journalistes que l’éducation sexuelle devait être dispensée dans les écoles.
  • En octobre 2020, il s’est déclaré favorable aux unions civiles entre personnes de même sexe.
  • En novembre 2023, le DDF a annoncé que les catholiques transgenres peuvent devenir parrains et marraines et quelques jours plus tard, le pape François a invité un groupe de « femmes trans » au Vatican.
  • En décembre 2023, il a personnellement autorisé la bénédiction de couples de même sexe en signant Fiducia Supplicans.

Dans chacun de ces cas, le pape François a adopté des modes de pensée séculiers qui contredisent la compréhension pérenne de la dignité humaine par l’Église. L’accent mis sur cet enseignement a changé au cours des siècles, au fur et à mesure que les développements politiques, économiques et technologiques ont donné lieu à de nouvelles menaces. Mais à aucun moment l’enseignement n’avait été inversé.

Les deux piliers de la création

Peu avant sa mort en 2017, le cardinal Carlo Caffara s’est adressé au Rome Life Forum sur cette même question :

« La raison pour laquelle l’homme ne devrait pas verser le sang de l’homme est que l’homme est l’image de Dieu. À travers l’homme, Dieu habite sa création. Cette création est le temple du Seigneur parce que l’homme l’habite. Violer l’intangibilité de la personne humaine est un acte sacrilège contre la sainteté de Dieu. C’est la tentative satanique de générer une “anti-création”. En ennoblissant le meurtre de l’homme, Satan a jeté les bases de sa “création” : ôter de la création l’image de Dieu, en obscurcir la présence ».

...

« Il y a deux piliers de la création : la personne humaine dans son irréductibilité à l’univers matériel, et l’union conjugale entre un homme et une femme, lieu dans lequel Dieu crée de nouvelles personnes humaines “à son image et à sa ressemblance”. L’élévation axiologique de l’avortement au rang de droit subjectif est la démolition du premier pilier. L’anoblissement d’une relation homosexuelle, lorsqu’elle est assimilée au mariage, est la destruction du deuxième pilier ». [9]

Si nous voulons comprendre la désorientation diabolique qui s’est emparée du Saint-Siège, nous devons d’abord reconnaître qu’au centre de la tentative de Satan de générer une « anti-création » se trouve une conception déformée de la dignité qui fait appel à l’orgueil de l’homme. Il ne fait aucun doute que lorsque le document du DDF sera publié, il sera examiné de près. Et si nous pouvons espérer que cela signifiera un retour à un magistère authentique, les évêques, les prêtres et les théologiens doivent être prêts, si nécessaire, à résister à toute nouvelle sécularisation de l’enseignement de l’Église sur la dignité humaine.


Notes

1. Dans « The stupidity of dignity » [« La stupidité de la dignité »], The New Republic (New York, 28 mai 2008), un large éventail [d’idées] lancé contre les opposants à la recherche sur les cellules souches embryonnaires en 2003, Pinker tourne en dérision le concept en déclarant : « Quoi qu’il en soit. Le problème, c’est que la “dignité” est une notion floue et subjective, qui ne correspond guère aux exigences morales lourdes qui lui sont assignées. » Dans « Dignity, rank, and rights », « The 2009 Tanner lectures at UC Berkeley (2009) 151 NYU public law and legal theory working papers », le juriste positiviste Jeremy Waldron accuse Pinker d’être politiquement agacé par l’utilisation « catholique » du mot en raison des positions qu’il véhicule.

2. Alasdair MacIntyre « Human dignity: a puzzling and possibly dangerous idea? » [« La dignité humaine : une idée déroutante et peut-être dangereuse ? »] présenté à la conférence d’automne du Nicola Center for Ethics and Culture, Université de Notre Dame, Indiana, États-Unis, 11‑13 novembre 2021.

3. Voir par exemple Robert Royal, « Memo to Tucho », The Catholic Thing, 12 février 2024.

4. Summa Theologiae, Partie I, Q 93 « La fin ou le terme de la production de l’homme », Art 3 « Si les anges sont davantage à l’image de Dieu que l’homme ne l’est ».

5. Cette liste est adaptée des travaux de Leonard Nordenfelt (éd.) Dignity in the Care of Older People (Wiley-Blackwell, 2009).

6. CEC, 2300.

7. Immanuel Kant, Groundwork for the Metaphysics of Morals, (trans) Allen W Wood (Yale, 2002), p. 54.

8. Christopher McCrudden (éd.), Understanding Human Dignity (Oxford, 2013).

9. Cardinal Caffarra : « Nous ne sommes plus des témoins, mais des déserteurs, si nous ne parlons pas ouvertement et publiquement », 20 mai 2017.

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