
Par Steven W. Mosher (Population Research Institute) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Leonid/Adobe Stock
Lorsque l’administration Trump a mis fin à la plupart des programmes de contrôle démographique de l’USAID, 10 millions de dollars de contraceptifs abortifs et de préservatifs étaient en transit vers l’Afrique.
Ces médicaments et dispositifs, désormais bloqués dans un entrepôt en Belgique, constituent un test décisif de l’engagement de l’administration Trump à mettre fin à la promotion des États-Unis, depuis des décennies, de l’avortement et des programmes coercitifs de contrôle démographique à l’étranger.
Les énormes stocks entreposés de pilules contraceptives, d’implants, d’injections et de DIU sont tous de nature abortive. En d’autres termes, ils peuvent provoquer et provoquent effectivement des avortements précoces. Les envoyer en Afrique constituerait donc une violation de la politique de Mexico, qui interdit les produits abortifs.
Et puis il y a le problème de la coercition, interdite par l’amendement Kemp-Kasten, car certains gouvernements continuent d’imposer ces médicaments et dispositifs aux femmes afin de faire baisser le taux de natalité.
La question qui me venait à l’esprit était la suivante : les quelques fonctionnaires de l’USAID encore en poste, qui traînent désormais au département d’État, trouveront-ils un moyen d’expédier quand même cette énorme quantité de matériel en Afrique ? Ils trouveront peut-être un moyen de transmettre discrètement ces dispositifs mortels à leurs « amis » de l’IPPF ou de Marie Stopes International (MSI), qui sont impatients de mettre la main sur ce stock. Ou trouveront-ils un gouvernement européen, peut-être belge ou suédois, pour poursuivre leur projet vieux de plusieurs décennies visant à contraindre autant de femmes que possible à la contraception, à la stérilisation et à l’avortement au nom de la lutte contre la « surpopulation », de l’atténuation du « changement climatique » ou, plus absurde encore, de la promotion de la « santé reproductive » ?
|
|
|
|
Ou bien ce stock mortel sera-t-il tout simplement détruit ?
Le département d’État a confirmé fin juillet 2025 qu’une « décision préliminaire avait été prise de détruire certains produits contraceptifs abortifs provenant de contrats résiliés de l’USAID datant de l’ère Biden ».
Certains rapports indiquent que la destruction est déjà en cours, les contraceptifs étant transportés par camions depuis la Belgique vers une usine de traitement des déchets médicaux en France, où ils seront incinérés. Le coût s’élèverait à 167 000 dollars, mais cela en vaut largement la peine, compte tenu du nombre de vies qui seront sauvées.
Bien sûr, les groupes pro-avortement et de contrôle démographique, qui cherchaient à sauver les contraceptifs des incinérateurs, sont consternés par la destruction des « munitions » qu’ils utilisaient dans leur guerre contre la population.
Et un certain nombre de pays européens en déclin étaient mécontents de ne pas être autorisés à réexporter la mort.
Mais les Africains des pays visés, notamment le Kenya, le Congo, la Tanzanie, le Mali et la Zambie, sont ravis. Qui ne le serait pas, en apprenant que sa femme et ses filles ne seront pas ciblées avec des contraceptifs abortifs comme le Depo-Provera ?
Il en va de même pour l’Église catholique en Afrique, en pleine expansion, qui proteste depuis longtemps contre ce qu’elle appelle la colonisation idéologique de l’Afrique par les Américains et les Européens.
Comme l’archevêque Gerard Lerotholi du Lesotho le déclarait à nos enquêteurs l’année dernière, il ne pouvait pas « se porter garant » des activités de l’un des principaux clients de l’USAID, Catholic Relief Services, en raison de son implication dans des programmes douteux. L’archevêque Lerotholi s’est plaint que le CRS « ne l’informait pas de ses activités dans son archidiocèse et ne tenait pas compte de l’avis de l’église locale ».
Mais ce sont surtout ceux qui soutiennent le travail du PRI et celui d’autres groupes pro-vie qui devraient se réjouir que cette administration prenne des mesures concrètes contre les marchands de mort, au lieu de se contenter de discours rhétoriques à des fins politiques, comme nous l’avons si souvent vu par le passé.
Comparez ce geste avec ceux des administrations « pro-vie » précédentes. (Nous pouvons ignorer les démocrates, qui exportent avec zèle l’avortement sous forme de pilules, d’injections et de stérilisations anti-vie, le tout soigneusement emballé dans du latex, depuis des décennies.)
Même l’administration « pro-vie » du président George Bush s’est contentée de demi-mesures.
Il est vrai que l’administration Bush a supprimé le financement du FNUAP lorsque nous avons présenté des preuves de son implication dans le programme chinois d’avortements et de stérilisations forcés. Mais elle a ensuite « reprogrammé » les fonds pour les attribuer à d’autres groupes de contrôle de la population.
L’administration Bush a appliqué la politique de Mexico, supprimant le financement de Marie Stopes lorsque le PRI a présenté des preuves montrant que MSI encourageait et pratiquait des avortements, enfreignant donc cette politique. Mais elle a ensuite fait volte-face et a envoyé les fonds à d’autres groupes qui faisaient plus ou moins la même chose.
En d’autres termes, le mouvement pro-vie a reçu beaucoup de belles paroles de la part de l’administration Bush, mais seulement des gestes occasionnels, et ce uniquement lorsque nous l’avons exigé haut et fort et publiquement.
En fait, je suis sûr à 100 % que si les 10 millions de dollars de contraceptifs se trouvant dans un entrepôt en Belgique avaient été refusés à l’UNFPA ou à MSI sous Bush, les responsables du contrôle démographique de l’ancienne USAID, soutenus par le secrétaire d’État pro-avortement de Bush, Colin Powell, auraient rapidement trouvé un moyen de les remettre à un autre groupe, qui aurait fait exactement la même chose : les utiliser pour avorter, stériliser et mettre sous contraceptifs autant de personnes que possible.
Beaucoup de gens à Washington, D.C. sont mécontents que l’administration Trump soit déterminée à protéger la vie et à mettre fin aux programmes destinés à avorter, stériliser et mettre sous contraception le monde.
Mais chez PRI, nous sommes ravis.
Car le fait est, comme le dit avec humour Carlos Polo, directeur de notre branche d’Amérique latine, que « si quelque chose revient de droit à la poubelle, il mérite parfois de partir en fumée ».