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Les États doivent conserver le type familial

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Bonhams/Wikimedia Commons

Afin de prospérer et de conserver la paix interne, les États doivent conserver le « type familial », car la famille non seulement est la cause fondatrice de la société, mais en est l’élément constitutif. Mgr Henri Delassus (1836-1921) explique ce principe dans son livre Le Problème de l’heure présente : antagonisme de deux civilisations (Tome 2, édition 1904, Source gallica.bnf.fr/BnF) et ses diverses manifestations historiques.

Ci-dessous, je vous présente le 49e chapitre de son œuvre, Les États doivent conserver le type familial. D’autres chapitres, précédents et suivants, seront publiés hebdomadairement. Pour les besoins du présent l’article, j’ai changé la numérotation des notes du texte original. Notez que j’ai laissé l’orthographe originale telle quelle. — A.H.

Les États doivent conserver le type familial

La famille n’est point seulement l’élément premier de tout État, elle en reste l’élément constitutif, de telle sorte que la société régulière, telle qu’elle existe si longtemps qu’elle n’a point contrarié les lois de la nature, comme l’a fait notre France par la Révolution, se compose non d’individus, mais de familles. Aujourd’hui, les individus seuls sont comptés, l’État ne connaît que des citoyens dispersés ; cela est contraire à l’ordre naturel. Comme le dit fort bien M. de Savigny : « L’État, une fois formé, a pour éléments constitutifs les familles, non les individus. » Il en était ainsi autrefois, et ce qui le montre d’une manière bien sensible, c’est que dans les dénombrements de population, on comptait toujours, non par personnes, mais par feux, c’est-à-dire par foyers ; chaque foyer était réputé le centre d’une famille, et chaque famille était dans l’État une unité politique et juridique aussi bien qu’économique.

M. Buisson disait récemment à la Chambre : « Le devoir de la Révolution est d’émanciper l’individu, la personne humaine, cellule élémentaire, organique de la société. » C’est bien, en effet, la tâche que la Révolution s’est imposée, mais cette tâche ne va à rien moins qu’à désorganiser la société et à la dissoudre. L’individu n’est qu’un élément dans ce qui est la cellule organique de la société. Cette cellule, c’est la famille ; en séparer les éléments, faire de l’individualisme, c’est en détruire la vie, c’est la rendre impuissante à remplir son rôle dans la constitution de l’être social, comme ferait dans l’être vivant la dissociation des éléments de la cellule végétale ou animale.

Cela était si bien compris à Rome, que l’État primitif romain ne connaissait que les gentes, et que, pour avoir une situation légale, il fallait être membre de l’une de ces corporations. « Le fils de famille émancipé, dit M. Flach, l’esclave affranchi, les étrangers venus à Rome pour y chercher asile, devaient se soumettre à un chef de famille. »

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De même en France, dans le haut moyen âge : « Nulle place pour l’homme isolé, dit le même auteur, si une famille vient à déchoir ou à se dissoudre, les éléments qui la composent devront s’agréger à une autre. Ne pas trouver un pareil asile, c’est la mort. » Partout la famille est, aux bonnes époques de l’histoire des peuples, ce que chez nous la démocratie, pour notre malheur, a fait être l’individu : l’unité sociale.

Pas plus dans le corps social que dans le corps vivant, pour reprendre la comparaison de M. Buisson, les cellules élémentaires, — ici plastides, là familles — ne sont sur le même rang, quoiqu’également sorties d’une cellule primitive. Il y a les cellules premières, élémentaires qui donnent naissance aux cellules du sang et aux cellules des tissus. De même dans la société, les familles quoique parties d’un même point se trouvent en tout État civilisé être de condition diverse et réparties en trois classes : le peuple, la bourgeoisie et la noblesse. Pour plus de similitude, la bourgeoisie remplit dans la société, le rôle du sang dans le corps humain : elle sort du peuple et elle alimente la noblesse. Contrairement à ce que veut la démocratie, partout où le progrès moral, intellectuel, matériel, germe et se déploie, les inégalités se font jour, s’accentuent, se fixent dans les familles et peu à peu constituent une hiérarchie, non de fonctionnaires, mais de maisons.

Nous retrouvons ici les grandes lois établies par Dieu dans la famille, dans la société première, afin qu’elles continuent à régir toutes les sociétés humaines, quel que soit le développement qu’elles prennent.

« Il y a, dit M. de Bonald, des lois pour les fourmis et les abeilles. Comment a-t-on pu penser qu’il n’y en avait pas pour la société des hommes et qu’elle était livrée aux hasards de leurs inventions ? » Rousseau a pensé cela. Il s’est ingénié à formuler pour les États d’autres lois que celles posées par le Créateur ; et les démocrates, ses disciples, en s’efforçant d’après ses leçons, d’établir les États sur l’égalité en opposition à la hiérarchie, sur la liberté en opposition à l’autorité, et sur l’indépendance réciproque en opposition à l’union, ne peuvent que les détruire et les détruire par la base.

Si les peuples ne sont construits que de familles vivantes, et si les lois imposées par Dieu à la famille doivent être les lois de toute société, il est nécessaire que les États reproduisent en eux quelque chose du type primitif. Tous les sages sont d’accord sur ce point. « Les Grecs et les Romains, dit l’abbé Fleury [1], si renommés pour la sagesse de ce monde, apprenaient la politique en gouvernant leurs familles. La famille est en petit l’image de l’État. C’est toujours conduire les hommes vivant en société. »

« Le mesnage, dit Jean Bodin au second chapitre du livre premier de son ouvrage, est un droit gouvernement de plusieurs subjects sous l’obéissance d’un chef de famille. La respublique est un droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun avec puissance souveraine. Il est impossible que la respublique vaille rien si les familles qui sont les piliers d’icelle sont mal fondées. »

Léon XIII parle de même : « La famille est le berceau de la société civile, et c’est en grande partie dans l’enceinte du foyer domestique que se prépare la destinée des États [2]. » Et ailleurs : « La société domestique contient et fortifie les principes et, pour ainsi dire, les meilleurs éléments de la vie sociale : aussi est-ce de là que dépend en grande partie la condition tranquille et prospère des nations [3]. » Et c’est pourquoi M. de Bonald dit avec raison : « Quand les lois de la société des hommes sont oubliées de la société politique, elles se retrouvent dans la société domestique. »

Dans notre France, la société a conservé jusqu’à la Révolution le type familial.

Au XVIIIe siècle, le 17 février 1774, le Parlement de Provence pouvait encore écrire au roi : « Chaque commune parmi nous est une famille qui se gouverne elle-même, qui s’impose ses lois, qui veille à ses intérêts. L’officier municipal en est le père. »

M. de Ribbes, qui a étudié avec tant de soin les communes de l’ancien régime, conclut : « Les localités sont organisées en familles, les registres municipaux sont semblables en tous points aux livres domestiques ; le foyer a ses rites, les localités ont les leurs. L’idée de famille se manifeste au plus haut degré dans le système d’administration, elle est plus saisissante encore dans les solennités et récréations publiques. »

La monarchie elle-même avait conservé ce même caractère. Le gouvernement était essentiellement familial. La femme et le fils aîné du roi étaient étroitement associés à l’exercice du pouvoir. Les six grands officiers de la couronne qui assistaient le roi dans tous les actes de sa puissance avaient eu, à l’origine, des fonctions domestiques très nettement marquées par les titres mêmes de leurs dignités. Le sénéchal, le connétable, le grand panetier, le bouteiller, le chambrier, le grand chancelier prirent leur nom des différents services de la maison du roi, et il arriva que l’Hôtel du roi se transforma peu à peu en un séminaire d’hommes d’État.

M. Viollet, dans son Histoire des Constitutions de la France, a ainsi défini le caractère de notre ancienne monarchie : « L’autorité du roi était à peu près celle du père de famille ; aussi le pouvoir patriarcal et le pouvoir royal sont-ils à l’origine apparentés de très près. » Et revenant ailleurs sur la même idée, il dit encore : « Il est manifeste que le roi joue le rôle d’un chef de famille patriarcale. »

Comme le père de famille, le roi était dans le royaume la source de toute justice. Il écoutait les plaignants comme un seigneur ses vassaux, comme un père ses enfants. Il traitait ses sujets avec une entière familiarité.

« Tous les jours, dit Joinville, en parlant de saint Louis, il donnait à manger à grande foison de pauvres, dans sa chambre, et maintes fois je vis que lui-même taillait leur pain et donnait à boire. » Ce serait erreur de croire que ces traits aient été particuliers à la magnifique bonté de saint Louis ; Robert le Pieux, entre autres, agissait de même. Ce fut une tradition parmi nos anciens rois, de se montrer accueillants et bienfaisants surtout pour les petits et les humbles [4].

Les ambassadeurs vénitiens du XVIe siècle, constatent dans leurs célèbres dépêches, « que nulle personne n’est exclue de la présence du roi et que les gens de la classe la plus vile pénètrent hardiment à leur gré dans la chambre intime. » Le roi mangeait devant ses sujets, en famille. Chacun pouvait entrer dans la salle durant les repas. « S’il est un caractère singulier dans cette monarchie, écrit Louis XIX lui-même, c’est l’accès libre et facile des sujets au prince. » On entrait à volonté dans le palais de Versailles.

Les Lettres d’un voyageur anglais sur la France, la Suisse et l’Allemagne rendent le même témoignage. Voici quelques lignes de la citation qu’en fait J. de Maistre dans l’un de ses opuscules :

« L’amour et rattachement des Français pour la personne de ses rois, est une partie essentielle et frappante du caractère national… Le mot roi excite, dans l’esprit des Français, des idées de bienfaisance, de reconnaissance et d’amour en même temps que celles de pouvoir, de grandeur et de félicité… Les Français accourent en foule, à Versailles, les dimanches et les fêtes, regardant leur roi avec une avidité toujours nouvelle, et le voient la vingtième fois avec autant de plaisir que la première. Ils l’envisagent comme leur ami, comme leur protecteur, comme leur bienfaiteur. »

« Avant la Révolution, dit aussi le général de Marmont, on avait pour la personne du roi un sentiment difficile à définir, un sentiment de dévouement avec un caractère presque religieux. Le mot “Roi” avait alors une magie et une puissance que rien n’avait altéré. Cet amour devenait une espèce de culte. »

« Souvenez-vous d’aimer avec tendresse la sacrée personne de notre roi, disait en 1681 à ses enfants dans son Livre de Raison, un modeste habitant de Puy-Michel (Basses-Alpes), de lui être obéissants, soumis et tout pleins de respect pour ses ordres. » Des recommandations semblables se trouvent dans les autres Livres de Raison, publiés par M. Charles de Ribbes ; et les devises des familles seigneuriales expriment souvent les mêmes sentiments.

Elle est donc bien vrai, l’observation de M. Frantz Funck-Brentano : « Rien n’est plus difficile pour un esprit moderne, que de se représenter ce qu’était dans l’ancienne France la personnalité royale et les sentiments par lesquels ses sujets lui étaient attachés. » On disait communément que le roi était le père de ses sujets ; ces mots répondaient à un sentiment réel et concret du côté du souverain comme du côté de la nation. « Nommer le roi “père du peuple”, dit La Bruyère, qui met toujours tant de précision dans tous ses dires, c’est moins faire son éloge que sa définition. »

C’est à cet esprit, que la France a dû en très grande partie sa prospérité. C’est qu’en effet, aucune société ne peut se maintenir ni prospérer, si elle ne garde l’esprit familial qui a présidé ses origines. « Rien dans l’histoire, dit l’auteur que nous venons de citer, n’a jamais infirmé cette loi générale : tant qu’une nation se gouverne d’après les principes constitutifs de la famille, elle est florissante ; du jour où elle s’écarte de ces traditions qui l’ont créée, la ruine est proche. Ce qui fonde les nations sert aussi à les maintenir. »


1. Opuscules I, p. 292.

2. Encyc. Sapientiæ christianæ.

3. Encyc. Quod multum.

4. Voici ce que François Ier, au début de son règne, écrivait en tête de l’ordonnance du 25 septembre 1523 :

« Comme il a plu à Dieu nous appeler à la fleur de notre âge, comme l’un de ses principaux maistres du gouvernement et administration de ce beau, noble et digne royaume de France, divinement et miraculeuse institué pour la direction et protection de tous les estats d’iceluy : Spécialement pour la conservation, sublévalion et défense de l’état commun et populaire, qui est le plus faible, par ce, le plus aisé à fouler, et naturellement a plus grand besoin que tous autres de bonne garde et défense, et singulièrement le pauvre commun peuple de France, qui toujours a esté doux, humble et gracieux en toutes choses, et obséquieux à son prince et seigneur naturel, lequel il a toujours recogneux, ayant servi et obéy sans changer, ne varier, vouloir admettre souffrir ne recevoir domination d’autre prince : Tellement qu’entre les rois de France et leurs subjets il y a toujours eu plus grande conglutination, lien et conjonction de vraye amour, naifve dévotion, cordiale concorde et intime affection qu’en quelconque autre monarchie ou nation chrétienne. »

Laquelle amour, dévotion et concorde bien entretenue entre le roy et ses subjets sous la crainte et amour de Dieu (qui toujours a esté servy dévotement en France) a rendu le royaume florissant, triomphant, craint, redouté et estimé par toute la terre » Or, le vrai moyen par lequel les roys peuvent et doivent perpétuer et augmenter cet amour consiste en justice et en paix : en justice, la faisant rendre et administrer pure, bonne, esgale et briefve sans aucune acception de personne et sans suspicion d’avarice à nosdits sujets : en paix dehors et dedans le royaume : sur toute chose en la paix intrinsèque faisant vivre le bonhomme soubs l’aide et protection de son roy, en bonne seure et amoureuse paix manger son pain et vivre sur le sien en repos, sans être vexé, ne tourmenté sans propos, qui est le plus grand heur, contentement et trésor qu’un roy puisse acquérir à son peuple….. »


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