
Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo (montage avec canva) : stockking/magnific//Sinitta Leunen/Pexels
Saviez-vous que des organismes dits de « défense collective des droits » exerçant une influence politique étaient subventionnés par l’État québécois ?
Selon l’étude intitulée « Prestataires de services ou groupes militants ? L’institutionnalisation d’un lobbying circulaire au sein de l’État québécois » de l’analyste Étienne-Alexandre Beauregard, publiée sur le site de l’Institut Cardus, environ 350 organismes dont l’unique ou la principale mission est de nature militante reçoivent des subventions de l’État.
Parmi ces organismes rassemblés sous le Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD), tous militent en faveur de causes chères à la « gauche » comme l’environnementalisme, le féminisme, l’antiracisme, l’idéologie LGBT, l’immigration ou la défense des assistés sociaux note Beauregard, aucun groupe ne serait particulièrement de « droite ». Précisons que des organismes pro-avortement en font évidemment partie.
Et ce sont environ 120 millions de dollars que le gouvernement a attribués en 2023-2024 à ces organismes dont le rôle est d’influencer l’État et la population. Le rôle de ces organismes, en effet, d’après l’ex-coordinatrice du RODCD, Marie-Hélène Arruda, est « surtout politique » et a pour but de « changer les mentalités, d’influencer l’opinion publique et d’exiger des interventions de la part des pouvoirs publics ». Selon Mme Arruda, « si un organisme en DCD veut obtenir ou conserver son financement étatique, il doit organiser des manifestations, critiquer des projets de loi, chercher à influencer le gouvernement et informer la population des atteintes avérées ou éventuelles aux droits. Grossièrement, on pourrait dire que l’organisme doit critiquer le gouvernement pour que le gouvernement le finance. »
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Signer la pétition (30 secondes)Ce qui est amusant dans la description de ces actions, c’est qu’elle correspond si bien à Campagne Québec-Vie que nous pourrions bien appliquer notre candidature à ce regroupement ! Nous organisons plusieurs manifestations par années, nous critiquons à longueur d’année des projets de loi, nous cherchons à influencer le gouvernement et à informer la population d’atteintes aux droits et à l’intégrité des personnes.
Mais qui décide quel organisme reçoit la manne de l’État ? Comme le font remarquer François Fournier et Nick Payne, qui ont reçu Beauregard à leur émission le Bastion, aucun organisme faisant la promotion de la famille traditionnelle ou aucun organisme pro-vie ne reçoit de financement de l’État (blague récurrente chez les influenceurs de « droite »). Est-ce en vertu des « valeurs québécoises » (chères à Martine Biron) qui ne sont inscrites nulle part que le gouvernement décide arbitrairement qui il rejette et qui il favorise ? Beauregard souligne dans son étude que le gouvernement semble choisir quel organisme de défense des « droits » il va appuyer en fonction de son orientation politique.
Ainsi, le gouvernement choisit quelles idées politiques il va promouvoir, donnant de l’argent à des organismes qui à leur tour vont tenter d’influencer le gouvernement, engendrant un « lobbying circulaire ». Apparemment, la laïcité n’est bonne qu’à séparer l’État de l’Église, et non des idéologies. Pour Beauregard, la proximité entre l’État et des groupes militants soulève de sérieuses questions :
« Que l’État finance des groupes de la société civile pour qu’ils mettent de la pression afin de changer les politiques publiques suscite des questions sur le plan de la transparence. »
Beauregard recommande pour sa part que le gouvernement cesse de financer directement les organismes dont la mission principale est le militantisme politique et d’encourager plutôt la participation civique à de tels organismes en accordant des crédits d’impôt pour les dons faits à ces organismes. Une idée intéressante dans notre cas, puisque, contrairement à un grand nombre d’organismes militants, nous vivons entièrement de dons.
En fait, selon Beauregard, sur 346 organismes financés par le volet Promotions des droits, 154 ont le statut d’organisme de bienfaisance enregistré (OBE) auprès de l’Agence du revenu du Canada. Ceux-ci doivent donc publier leurs finances, ce qui permet d’étudier les sources de leur revenu. Cela veut dire aussi que 192 organismes financés par l’État ne sont pas obligés de publier de façon transparente leurs finances... Parmi les 154 OBE, 42 reçoivent 50 % à 74 % de leur financement de l’État, et 80 reçoivent plus de 75 % de leur financement du gouvernement !
Autant d’organismes entretenus artificiellement par l’État et qui invoquent une légitimité (factice) à intervenir dans le débat public.
Est-ce qu’une telle proportion de financement gouvernemental est le cas du Collectif pour le Libre Choix (un DCD) ? Cet organisme critique les 40 Jours pour la Vie de Sherbrooke, prétendant, selon le Journal de Montréal, recevoir des appels de citoyens de la ville que la présence de la vigile dérangerait.
La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est également un DCD qui faisait notamment partie des quatre organismes pro-avortement qui ont reçu un fond de 1,4 million de dollars en janvier 2024, notamment pour influencer la population par leur lutte contre la « désinformation » entourant l’avortement. Le FQPN avait alors annoncé que cet argent servirait à produire un rapport sur le mouvement pro-vie au Québec.
Effectivement, presque deux ans plus tard, en décembre 2025, le FQPN a publié une étude de 114 pages sur le mouvement pro-vie au Québec qui soulignait les redoutables progrès de CQV en matière d’organisation et de communication ! Ce rapport mettait également au pilori les personnalités qui ont vaguement osé émettre quelques réserves sur l’avortement (notamment tardif) comme Richard Martineau (pensez donc !), et ceux qui ont occasionnellement « minimisé » l’enjeu de l’avortement aux yeux du FQPN comme Joseph Facal ou Mathieu Bock-Côté (p. 84-85). Pour le FQPN, la moindre remise en question de l’avortement ouvre la voie à la normalisation d’un discours critique comme celui de CQV.
Cette sorte de rapport sert évidemment à souligner l’importance de leur propre travail auprès du gouvernement et à demander davantage de programmes et de fonds.
On se demande bien pourquoi d’ailleurs pourquoi le FQPN reçoit des fonds de l’État, en tant que membre associé d’Action Canada pour la santé et les droits sexuels, lequel est un partenaire de l’International Planned Parenthood Federation (IPPF), cet organisme pourrait sûrement se passer de subventions publiques. En effet, l’IPPF reçoit d’importantes donations se chiffrant en millions de dollars de la part de milliardaires comme Bill Gates, Michael Bloomberg et George Soros.
Si vous voulez mettre fin à la dilapidation de votre argent, qui sert actuellement à financer des groupes militants souvent radicaux, je vous invite vivement à partager autour de vous l’excellente analyse d’Étienne-Alexandre Beauregard : « Prestataires de services ou groupes militants ? L’institutionnalisation d’un lobbying circulaire au sein de l’État québécois ».
Couper le robinet de ce financement ne sera pas facile, vous devinez aisément que les quelque 350 organismes utiliseront jusqu’à la dernière cenne pour conserver leur financement, mais c’est une chose qui doit être faite pour assainir le débat public et rendre plus facile la propagation d’une culture de vie au Québec.
Un partage fait plus que bien des publicités : vos proches liront ce que les grands médias taisent.

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