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Le corps mystique du Christ et la Grande Réinitialisation

Par Robert Morrison (The Remnant) — Traduit par Pierre et les loups (PL)

Serions-nous confrontés aujourd’hui à la menace d’une « réinitialisation globale » désastreuse si l’Église catholique n’avait pas été minée de l’intérieur au cours des dernières décennies ? Notre réponse dépend, en grande partie, de la question de savoir si nous croyons que l’Église catholique est réellement ce qu’elle a toujours prétendu être.

S’il s’agit simplement d’une institution humaine avec des illusions d’ordre surnaturel (comme beaucoup au sein de sa hiérarchie semblent le croire), alors sa force ou sa faiblesse ont peu de poids face aux événements mondiaux majeurs que nous voyons actuellement. Par contre, si l’Église catholique est effectivement l’institution établie et soutenue par Dieu pour apporter la vérité et la grâce au monde, quiconque cherche vraiment à asservir l’humanité fera tout son possible pour subjuguer l’Église.

À titre purement hypothétique, supposons que l’Église catholique soit véritablement le Corps mystique du Christ. Dans son encyclique de 1943 sur le Corps mystique du Christ, Mystici Corporis Christi, le Pape Pie XII décrit la relation entre les grâces acquises par le Christ sur la Croix et le rôle de l’Église dans la distribution de ces grâces :

Tandis qu’en mourant sur la croix il a communiqué à son Eglise, sans aucune collaboration de sa part, le trésor sans limite de sa Rédemption, quand il s’agit de distribuer ce trésor, non seulement il partage avec son Epouse immaculée l’œuvre de la sanctification des âmes, mais il veut encore que celle-ci naisse pour ainsi dire de son travail. Mystère redoutable, certes, et qu’on ne méditera jamais assez : le salut d’un grand nombre d’âmes dépend des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique de Jésus-Christ et du travail de collaboration que les Pasteurs et les fidèles, spécialement les pères et mères de famille, doivent apporter à notre divin Sauveur.

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Dans cette optique, l’Église est la principale dispensatrice des grâces, la plus grande source et le plus grand soutien de la moralité, et la plus grande promotrice d’un développement intellectuel sain. De plus, « le salut d’un grand nombre d’âmes dépend des prières et des mortifications volontaires des membres du Corps mystique de Jésus-Christ ». Ainsi, la plus grande protection contre le mal dans ce monde est une Église catholique forte. Il s’ensuit dès lors que si une quelconque institution malfaisante souhaite faire avancer ses projets mondialistes, elle doit vaincre l’Église catholique autant qu’il lui est possible.

Bien que nous devions croire avec certitude que, dans son Chef (Jésus-Christ), sa doctrine et ses sacrements, le Corps mystique du Christ est immaculé et sans tache, il ne fait aucun doute que des efforts ont été entrepris pour affaiblir l’Église depuis Vatican II. Nous avons vu une diminution de la grâce, aussi bien en raison des attaques dont ont fait l’objet les sacrements, que du fait que la plupart des fidèles sont généralement moins disposés à accueillir la grâce de Dieu. Plus évident encore est l’affaiblissement de la vie morale, spirituelle et intellectuelle de la plupart des catholiques. Tout cela rend le monde plus vulnérable aux malheurs auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, en particulier l’assaut coordonné contre l’humanité décrit comme la Grande Réinitialisation.

Si nous voulons savoir comment l’Esprit de Vatican II est parvenu à mener ce travail d’affaiblissement du Corps mystique du Christ, nous pouvons commencer par identifier plusieurs éléments contributifs : les changements apportés à la liturgie et aux sacrements, en particulier la messe ; un faux œcuménisme ; une vision erronée de la liberté religieuse ; et le modernisme avec ses effets généralement délétères, en particulier l’idée selon laquelle la vérité peut changer au gré des « réalités historiques ». En effet, dès lors que l’on accepte que la Vérité catholique peut changer, peut-on encore considérer quoi que ce soit comme absolu et immuable ?

Bien sûr, nous pouvons et devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour enrayer ces évolutions, mais nous avons généralement peu d’occasions d’inverser ces tendances, en dehors de nos propres sphères d’influence limitées. Cependant, si nous recherchons un moyen presque illimité de nous opposer aux dommages causés par l’Esprit de Vatican II, nous pouvons nous tourner vers la doctrine relative au Corps mystique du Christ. À cet égard, l’encyclique Mystici Corporis Christi du Pape Pie XII fournit un point de référence utile pour parvenir à déterminer, d’une part, ce qui a changé et, d’autre part, ce que nous devons restaurer. Dans cette encyclique de 1943, le pape développe plusieurs principes de la plus haute importance pour les catholiques d’aujourd’hui :

  • Les souffrances et calamités présentes sont un don qui peut nous attirer vers Dieu : « ... car Nous savons qu’en ces jours de tempête, tant d’infortunes et tant de souffrances, qui frappent cruellement un nombre presque incalculable d’hommes, à condition d’être acceptées avec paix et soumission comme de la main de Dieu, conduiront les âmes par une impulsion pour ainsi dire naturelle, des biens terrestres et passagers aux biens célestes et éternels, et susciteront une soif secrète des réalités spirituelles et un intense désir qui, sous la poussée de l’Esprit de Dieu, les stimulera, les forcera presque à rechercher avec plus de zèle le royaume de Dieu. Plus les hommes sont arrachés aux vanités de ce monde et à l’amour des biens présents, plus ils deviennent aptes à percevoir la lumière des mystères surnaturels. »
  • Nous avons tous l’obligation d’édifier le Corps mystique de Jésus-Christ : « Nous désirons donc que tous ceux qui reconnaissent l’Eglise pour mère considèrent attentivement que, non seulement les ministres des autels et ceux-là qui se sont consacrés au service de Dieu dans la vie religieuse, mais tous les autres membres du Corps mystique de Jésus-Christ, chacun pour sa part, ont le devoir de travailler avec énergie et diligence à l’édification et à l’accroissement de ce Corps. »
  • Nous pouvons, par nos bonnes œuvres, faire descendre sur l’humanité de plus grands dons célestes : « En effet, quoique notre Sauveur, par ses cruels tourments et sa mort douloureuse, ait mérité à son Eglise un trésor de grâces absolument infini, cependant, par un dessein de la Providence divine, ces grâces ne nous sont communiquées que par degrés, et leur abondance plus ou moins grande dépend largement de nos bonnes actions qui obtiennent spontanément de Dieu pour les hommes la rosée des faveurs célestes. Or, cette pluie des grâces célestes sera certainement très abondante si, non contents d’offrir à Dieu d’ardentes prières, notamment en participant pieusement, même chaque jour s’il est possible, au Sacrifice eucharistique, non contents de nous efforcer, par les devoirs de la charité chrétienne, de soulager les infortunes de tant d’indigents, nous préférons aux intérêts passagers du monde les biens impérissables, si nous maîtrisons ce corps mortel par la pénitence volontaire en lui refusant les plaisirs défendus, en le traitant même avec sévérité et austérité ; si enfin nous acceptons humblement, comme de la main de Dieu, les travaux et souffrances de la vie présente. Ainsi, selon l’Apôtre, nous compléterons ce qui manque à la passion du Christ dans notre chair pour son Corps qui est l’Eglise. »
  • Notre devoir de rechercher la vertu augmente à mesure que s’intensifient le chaos et le péché : « Si à toute époque nous devons associer nos souffrances à celles du divin Rédempteur pour procurer le salut des âmes, que tous aujourd’hui plus que jamais s’en fassent un devoir, tandis que la gigantesque conflagration de la guerre embrase la terre presque entière et engendre tant de morts, tant de misères, tant de détresses ; que tous aujourd’hui se fassent un devoir de renoncer aux vices, aux séductions du monde, aux plaisirs effrénés du corps, ainsi qu’à la vanité et à la futilité des biens de la terre, qui ne servent de rien pour la formation chrétienne de l’esprit, de rien pour la conquête du ciel. »
  • De grands dangers nous obligent à nous tourner vers Dieu : « si vraiment nous avons à cœur le salut de l’universelle famille humaine rachetée par le sang divin. Et tandis que le ciel s’assombrit de nuages chargés d’éclairs, et que de grands périls menacent la communauté humaine tout entière et l’Eglise elle-même, confions-nous, ainsi que tous nos intérêts, au Père des miséricordes, en lui adressant cette prière : “Abaissez. Vos regards, nous vous en prions, Seigneur, sur votre famille pour laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ n’a pas hésité à se livrer aux mains des impies et à subir le supplice de la Croix”. »

Le Pape Pie XII savait le monde confronté à une situation désastreuse en 1943. Notre situation actuelle est sans doute plus périlleuse encore, car nous sommes sur le point d’être subjugués par un mouvement mondialiste malveillant ayant déjà infiltré tous les aspects de notre vie, y compris l’Église. Si le Pape Pie XII a souligné le grand besoin pour les fidèles, en 1943, de se tourner vers Dieu avec ferveur, nous devons également répondre à cet appel aujourd’hui. Le Pape Pie XII ne faisait que réitérer la sagesse de l’Église lorsqu’il indiquait clairement que notre identité catholique nous oblige à nous montrer à la hauteur et à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour implorer l’aide de Dieu.

S’il est vrai que cette sagesse ne s’est pas entièrement perdue, il semble évident que la plupart des catholiques n’ont plus pleinement conscience de ce que tout cela implique. Bien sûr (pourrions-nous penser), il est louable que les catholiques plus spirituels s’efforcent d’êtres saints, mais le reste d’entre nous veut « faire quelque chose de concret » pour l’Église et pour le monde. Au cours des dernières décennies, nous aurions grandement eu besoin d’un Pape Pie XII pour nous rappeler que notre plus grande force réside dans ces choses qui se trouvent à notre portée — la prière fervente, la messe [et l’adoration¹] quotidiennes si cela nous est possible, les œuvres de charité, l’orientation de nos cœurs vers les « biens célestes et éternels impérissables », la mortification volontaire et l’humble acceptation des épreuves. Si nous nous trouvons spirituellement épuisés et froids face à ces grands dangers qui menacent l’Église et le monde, peut-être cela résulte-t-il moins de l’un ou l’autre défaut de l’Esprit de Vatican II que de l’effet cumulatif de décennies de luttes contre ceux qui sont chargés de guider le Corps mystique du Christ.

Pour l’essentiel, 2020 a vu la plus grande partie du monde, et même de nombreux catholiques, faire tout le contraire de ce à quoi nous a exhorté Notre Seigneur, et dont s’est fait l’écho le Pape Pie XII : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6 : 19-21). Considérez, par exemple, la façon dont les épreuves de 2020 ont incité la société à emmagasiner divers « trésors » : désinfectant pour les mains, nourriture et eau, rouleaux de papier toilette et munitions. Reconnaissant que nous sommes confrontés à une situation plus désastreuse que celle du temps du Pape Pie XII en 1943, avons-nous constaté un effort équivalent pour emmagasiner des trésors spirituels dans le but de renforcer le Corps mystique du Christ ?

Plutôt qu’un renforcement du Corps mystique du Christ conforme aux vérités exposées par le Pape Pie XII, 2020 a apporté un affaiblissement supplémentaire de l’Église à la suite des mesures de confinement. Beaucoup d’entre nous sont las de ces luttes incessantes. Tout cela est intentionnel. L’Église est « l’homme fort » dont le devoir est de s’opposer à toutes les iniquités dont nous sommes aujourd’hui témoins. Comme Notre Seigneur nous l’a dit : « Ou encore, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses biens, sans avoir d’abord ligoté cet homme fort ? Alors seulement il pillera sa maison » (Mt 12 : 29) [cependant, dans ce passage, le Christ parlait plutôt de Sa puissance sur le diable, « l’homme fort » à ligoter ; « Et si c’est par Béelzébub que je chasse les démons, par qui vos fils les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, le royaume de Dieu est donc venu au milieu de vous » (Mt 12 : 27-28). Le Christ est l’homme plus fort²]. Les fidèles catholiques ont toujours été la cible précisément parce qu’eux seuls peuvent s’opposer efficacement aux brigands mondialistes. À l’inverse, les catholiques faibles sont souvent les plus grands atouts et alliés de ceux qui souhaitent détruire la société.

En prenant du recul, nous pouvons voir la situation dans son ensemble : La Grande Réinitialisation ne serait pas possible sans la réinitialisation effective du catholicisme favorisée par l’Esprit de Vatican II. Nous pouvons être certains qu’il n’existe aucun moyen d’arrêter cette Grande Réinitialisation, à moins que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour renforcer le Corps mystique du Christ. En effet, pourquoi nous attendrions-nous à ce que Dieu nous épargne si nous ne faisons pas les choses réellement en notre pouvoir pour aider notre cause ? Grâce à Dieu, nous pouvons commencer (ou recommencer) à chaque instant à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour coopérer avec la grâce de Dieu, afin de renforcer le Corps mystique du Christ. À cet égard, nous devrions nous tourner, comme toujours, vers la Bienheureuse Vierge Marie. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.


¹Commentaire de PL.

²Commentaire d’A. H.

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