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« La promesse d’Irena »

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : PxHere

La promesse d’Irena est une réalisation de Louise Archambault basée sur l’histoire vraie d’Irena Gut Opdyke, une infirmière polonaise qui a sauvé 13 Juifs durant la 2e guerre mondiale.

Le film retrace (avec quelques raccourcis cinématographiques) le parcours incroyable d’Irena depuis l’invasion de la Pologne par les Allemands et les Russes jusqu’à la fin de la guerre.

Ayant perdu sa maison, ayant été témoin atrocités et ayant été violée par des soldats russes (ce à quoi le film ne fait allusion heureusement que discrètement), elle se retrouve enrôlée de force dans la production d’effort de guerre allemande.

Après un an de travail épuisant, elle est affectée par le major Eduard Rügemer (officier de la Wehrmacht chargé d’organiser la production de munitions) au service de table d’un hôtel où vont dîner les officiers allemands. Elle est également chargée de superviser onze Juifs affectés à la buanderie.

Son service à la table lui permet de surprendre les conversations des officiers allemands et d’apprendre que les juifs vont être déplacés vers une destination inconnue.

Irena se doute que cela n’augure rien de bon pour les Juifs. Elle a été témoin du meurtre horrible d’un bébé par un officier allemand, que ce dernier avait pris aux bras de sa mère.

À la vue de cet acte terrible, elle s’est promis de sauver une vie chaque fois que l’occasion s’en présenterait — d’où le nom du film.

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Avec mille ruses, elle parvient à dissimuler ses Juifs dans le sous-sol de la maison que le major a tout juste réquisitionnée pour en faire sa demeure.

C’est dans cette maison dont elle est la gouvernante que viendra les rejoindre un douzième Juif.

Et le clou du film. La scène où Irena sauve un treizième Juif !

L’une des Juives réfugiées devient enceinte. Terrifiés à l’idée que le bébé, une fois né, pleure et révèle leur présence, les Juifs décident de l’avorter... Ils demandent donc à Irena de leur procurer ce qu’il faut pour procéder à l’avortement (l’un d’eux est étudiant en médecine). Irena refuse. Elle demande à la jeune femme enceinte, Ida, si elle ne veut pas de ce bébé. Irena leur dit à ce moment qu’elle a vu un officier allemand tuer un petit bébé, et qu’elle s’est engagée depuis ce jour à sauver toutes les vies qu’elle pourrait. Elle leur dit aussi que tuer ce bébé juif reviendrait à faire l’œuvre d’Hitler.

C’est un magnifique message pro-vie ! Que chaque vie innocente compte, y compris celle de l’enfant à naître.

Un jour qu’elle fait ses courses au marché, les soldats allemands la poussent ainsi que le reste de la foule vers une place où huit personnes attendent leur pendaison. Deux familles, l’une juive, l’autre polonaise. Les Juifs étaient pendus parce que Juifs, et les Polonais pour les avoir cachés.

Elle revient à la maison, choquée d’avoir vu cette scène d’horreur. Elle en oublie de barrer la porte, ce qu’elle faisait toujours afin que le major ne puisse entrer directement dans la maison et surprendre les Juifs qui aident Irena le jour dans ses tâches ménagères. Le major rentre brusquement dans la maison et découvre trois Juives. Irena le supplie de ne pas dénoncer les Juifs qui se cachent dans sa maison, de les laisser partir, de la tuer à la place s’il le veut. Le major Eduard Rügemer crie que la Gestapo ne le croirait jamais s’il disait qu’il avait ignoré pendant tout ce temps-là que des Juifs se cachaient dans sa maison. Il dit à Irena qu’il ne veut pas sa mort et lui dit qu’il gardera le secret, mais il lui dit aussi qu’elle sera sienne. Irena consentira à cette relation (si l’on peut parler ici de « relation ») pour sauver ses Juifs. Sur ce fait réel, que dire ? Une seule chose, il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien. Certes, elle avait beaucoup d’excuses, dont la terreur de l’exécution récente. Elle dira dans une entrevue qu’elle ne savait pas si le major révélerait le secret si elle refusait de se donner à lui.

Le problème avec le film est qu’il montre un major qui embrasse lourdement une Irena dégoûtée, ou la montre au lit en décolleté avec le major, sans doute pour illustrer combien Irena abhorrait cette « relation » non voulue, dont elle dira plus tard qu’elle était « pire que le viol ». Mais était-ce un aspect à souligner avec autant d’insistance ? Est-ce seulement une histoire à mettre en film ? Il y a certaines choses qui peuvent être rapportées par écrit qui ne devraient pas être représentées à l’écran.

Sur l’ensemble, le film compte beaucoup d’aspects positifs, outre celui d’être relativement discret. Cela n’empêche pas les scènes d’exécutions de Juifs et de Polonais d’être très brutales (quel serait l’intérêt de toute façon de montrer une scène d’exécution si ce n’était pour en montrer l’horreur ?). Le film a recours à la suggestion pour dépeindre la débauche des officier allemands (SS et Wehrmacht), suggestion dont je me serais bien passé. Certains dialogues ou passages de dialogues semblent un peu curieux.

Bref, de l’histoire d’Irena, plus que du film qui la véhicule, je retiens ce message : chaque vie vaut la peine d’être sauvée, y compris celle des enfants à naître.



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