
Par Steven Mosher (republié par LifeSiteNews) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Birute Vijeikiene/Adobe Stock
4 février 2025 (Population Research Institute) — L’effondrement des taux de natalité qui a commencé dans l’Europe de l’après-guerre s’est propagé, au cours des décennies qui ont suivi, à tous les coins du globe.
De nombreuses nations ressentent déjà cette spirale de la mort, remplissant chaque année plus de cercueils que de berceaux.
L’année dernière, le Japon a perdu près d’un million de personnes. La Pologne en a perdu 130 000.
Cependant, c’est en Chine, où vit un sixième de la population mondiale, que se prépare la plus grande catastrophe.
Ce pays, qui a été pendant des siècles le champion en matière de population, a été ravagé par des décennies de politique de l’enfant unique et se retrouve maintenant plongé dans un déclin démographique vertigineux.
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La Chine a finalement admis que sa population diminuait, mais des démographes — dont je fais partie — estiment que les chiffres sont en baisse depuis près d’une décennie.
Le chiffre officiel de 1,44 milliard d’habitants avancé par le gouvernement chinois est également très exagéré, certains analystes estimant que les chiffres sont grossis d’au moins 130 millions d’habitants.
L’Inde, le pays qui a maintenant dépassé la Chine en termes de population, continue de croître, mais pas pour longtemps.
Selon le gouvernement indien, en 2021, la femme indienne moyenne n’avait que deux enfants au cours de sa vie reproductive, ce qui est bien inférieur aux quelque 2,25 enfants nécessaires pour maintenir la population actuelle.
La même histoire se répète dans le monde entier : en Amérique latine, au Moyen-Orient et même en Afrique, les taux de natalité ne sont pas seulement en baisse, ils s’effondrent.
La fécondité totale actuelle des femmes tunisiennes, par exemple, est estimée à 1,93.
Le résultat de tous ces utérus vides est que l’humanité vient de franchir une étape importante, même s’il ne faut pas s’en réjouir.
Pour la première fois depuis l’arrivée des êtres humains sur la planète il y a environ 60 000 ans, nous ne faisons pas assez de bébés pour nous remplacer nous-mêmes. Il n’est donc pas étonnant que Donald Trump ait proposé d’offrir la fécondation in vitro à tous les Américains « parce que nous voulons plus de bébés », dit-il.
En raison de l’allongement constant de la durée de la vie, la population continuera de croître jusqu’au milieu du siècle. Mais lorsque cet élan démographique s’arrêtera — et il s’arrêtera —, nous atteindrons un deuxième jalon sinistre sur la trajectoire descendante de l’humanité :
Pour la première fois depuis la peste noire au Moyen Âge, le nombre d’êtres humains diminuera.
La peste bubonique du XIVe siècle a été la pire pandémie de l’histoire de l’humanité. Elle a tué la moitié de la population européenne et peut-être un tiers de la population du Moyen-Orient.
Mais alors que la peste remplissait les charniers, les survivants continuaient à remplir les berceaux. Et comme le taux de natalité est resté élevé, la population mondiale s’est rétablie, même si cela a pris environ un siècle.
Cette fois-ci, nous ne serons peut-être pas aussi chanceux. Tous les facteurs qui influencent la fécondité, des taux de mariage à l’urbanisation en passant par les niveaux d’éducation, poussent les naissances à la baisse.
Vous pouvez vous excuser de ne pas être au courant de la pénurie actuelle de naissances.
Après tout, de puissantes agences internationales telles que le Fonds des Nations unies pour la population et la Banque mondiale font de leur mieux pour que l’opinion publique ignore cette information.
De plus, ces agences, créées au plus fort de l’hystérie sur la « surpopulation » dans les années 1960, ont tendance à surestimer les naissances dans un pays et à gonfler les chiffres de la population dans un autre.
Par exemple, dans son rapport annuel sur les perspectives de la population mondiale, l’ONU affirme que 705 000 bébés sont nés en Colombie l’année dernière, alors que le gouvernement colombien n’en compte que 510 000.
Il ne s’agit pas d’une erreur d’arrondi.
Il en va de même pour l’affirmation des Nations unies selon laquelle les femmes indiennes ont encore en moyenne 2,25 enfants, alors que les statistiques publiées par le pays lui-même montrent que ce chiffre est désormais inférieur à 2,0.
Toutes ces manipulations de chiffres permettent à l’ONU d’affirmer que l’indice synthétique de fécondité mondial était de 2,25 l’année dernière, encore supérieur au taux de remplacement.
L’ONU se trompe même sur le taux de fécondité de remplacement, dont elle dit qu’il serait de 2,1 enfants par femme.
C’est une erreur, car, dans de nombreux pays, l’avortement à des fins de sélection du sexe fausse fortement le rapport des sexes en faveur des garçons.
Pour compenser les dizaines de millions de filles à naître qui manquent en Chine, en Inde et dans d’autres pays asiatiques, ces pays ont besoin d’une moyenne de 2,2, voire de 2,3 enfants.
Les Nations unies exagèrent le nombre d’êtres humains pour la même raison que l’administration Biden-Harris a exagéré le nombre d’emplois : pour des raisons financières et de survie politique.
Des milliards de dollars sont en jeu, un financement qui est alimenté par la crainte d’une explosion du nombre d’êtres humains.
Le mouvement de contrôle de la population n’a pas l’intention d’aller tranquillement dans sa tombe, même s’il continue à creuser celle de l’humanité, et il alimente donc cette peur.
Or, non seulement la population mondiale n’explose pas, mais elle est sur le point de s’effondrer. C’est pourquoi il est grand temps de mettre fin à la guerre contre la population.