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« J’ai avorté… par peur » - Lise Dufour témoigne

Par Joanne D’Arc (Campagne Québec-Vie) — Photo : Lise Dufour/Josée Poulin

Lise Dufour est l’auteure du livre : J’ai avorté… par peur/Avec Lui, espérer encore! Cette femme ne se considère ni chercheuse, ni experte sur le sujet, mais elle est une chercheuse de Dieu. Elle a un profond respect de la Vie depuis qu’elle est passée des ténèbres à la lumière lors d’un parcours de deuil centré sur l’enfant non né. Comme elle le dit : « La Vie est le don le plus précieux de Dieu et elle est éternelle. »

Si vous souhaitez vous procurer le livre de Lise Dufour, commandez-en un exemplaire à Campagne Québec-Vie ou écrivez à [email protected].

Elle « rêve donc d’une société respectueuse de la Vie et non tournée vers la mort », tout simplement.

Lise Dufour lors du lancement de son livre à Québec — Photo : Josée Poulin

Lise vient de lancer son livre à Québec le 10 octobre 2022. Brian Jenkins, notre vice-président, était sur les lieux. Il nous rapporte qu’il y avait un bon nombre de femmes qui la supportaient et une atmosphère chaleureuse. À la fin de sa conférence, elle a partagé son témoignage, et Brian a qualifié cet instant de moment « cathartique » (libérateur). Plusieurs autres femmes ont décidé ensuite de rendre hommage au courage de Lise.

L’auteure a accepté de répondre à mes questions à la suite de ma lecture de son livre. Son ouvrage témoigne de son cheminement après avoir vécu l’avortement de sa fille à 30 ans.

Joanne pour CQV : Pouvez-vous me partager depuis combien de temps vous témoignez de votre histoire de l’avortement de votre fille Elizabeth?

Lise Dufour : J’en parle plus ouvertement depuis le parcours de deuil centré sur l’enfant non né avec Benedetta Foà (une psychologue italienne spécialisée en post-avortement) en septembre 2013, soit plus de 25 ans après l’avortement.

J’ai témoigné à quelques reprises, mais davantage dans des échanges une à une avec des femmes qui leur permettaient de s’ouvrir un peu sur leur propre expérience.

Joanne pour CQV : Récemment, vous avez fait le lancement de votre livre J’ai avorté… par peur/Avec Lui espérer encore à Québec dans lequel vous témoignez de votre propre avortement. Je pense que votre témoignage peut ouvrir la porte à d’autres femmes pour se donner la permission de s’exprimer. Est-ce que c’est commun pour les femmes de se renfermer après un avortement et de souffrir dans la solitude?

Lise Dufour : Je ne peux répondre pour toutes les femmes, mais celles que j’ai rencontrées m’ont dit souvent que c’était la première fois qu’elles en reparlaient. Je crois que la femme qui vit un avortement referme rapidement la porte sur cette expérience pour ne pas trop en souffrir justement. Souffre-t-elle dans la solitude? Sans doute… C’est pourquoi j’ai écrit ce livre. J’ignore s’il aura l’effet désiré auprès des femmes qui ont vécu un avortement, c’est-à-dire ouvrir leur jardin secret. Je l’espère de tout mon cœur pour qu’elles puissent se libérer d’un fardeau énorme. Revisiter cette expérience en nommant les sentiments vécus peut leur faire le plus grand bien et tous les parcours de guérison auxquels j’ai participé le démontrent bien. Je vois des femmes et des hommes se redresser, se remettre debout et devenir radieux. La Vie recircule!

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Joanne pour CQV : Nous vivons dans une société progressiste qui parle beaucoup de l’importance de la santé mentale, mais je ne vois pas beaucoup de gens qui considèrent les effets de l’avortement sur la santé mentale de la maman ou du papa. Pouvez-vous m’en parler selon votre expérience personnelle? (p.31-32-33-34)

Lise Dufour : C’est une question fort importante, Joanne, qui pourrait faire l’objet de tout un livre. J’essaierai d’y répondre simplement, selon ma propre expérience et les aveux de l’une de mes amies. Je ne pourrai cependant pas généraliser, car chaque situation est particulière.

La société ne parle pas des conséquences de l’avortement, point à la ligne, que la personne souffre ou non d’un problème de santé mentale. La société encourage difficilement quelqu’un qui souffre d’un problème de santé mentale à avoir un enfant. Certains médecins peuvent même provoquer des fausses-couches s’ils savent que la femme vit un problème de santé mentale. Alors nous sommes loin de la mise en garde contre les conséquences de l’avortement.

La décision d’avorter se prend peut-être plus souvent, mais pas nécessairement plus facilement, chez les personnes qui souffrent d’un problème de santé mentale, car elles manquent de confiance en leur capacité de pouvoir élever un enfant. La société est loin de favoriser les gens qui souffrent d’un problème de santé mentale. Cela tend à changer, mais très lentement. Il est clair que les parents qui souffrent d’un problème de santé mentale vivent plus de stress… à cause des préjugés que la société entretient à l’égard de la santé mentale. Devenir parent quand nous souffrons d’un problème de santé mentale représente donc un grand défi. La société n’excuse aucune faute en raison de cette fragilité et met une énorme pression sur ces parents. Elle accuse en plus rapidement en plantant le clou, toujours à la place qui fait le plus mal : « Ah! c’est parce qu’il ou qu’elle souffre d’un problème de santé mentale. »

« Les femmes ou les couples ont besoin d’une ressource (amie, voisin) qui veillera, le temps que le tout se stabilise » L.D. — Photo : Pexels.com

C’est pourquoi Parents-Espoir existe à Québec. Nous avons mis sur pied cet organisme pour venir en aide aux parents souffrant d’un problème de santé mentale. Aujourd’hui, il offre des ateliers pour permettre aux parents de prendre confiance en leurs habiletés parentales avec le programme GESPER. L’organisme forme même des Parents Pairs Aidants.

Des femmes peuvent devenir enceintes sans problème apparent et des symptômes apparaissent durant leur grossesse. Elles peuvent être même hospitalisées durant celle-ci ou tout de suite après, en raison du réajustement hormonal ou de « bébé blues » (anglicisme baby blues) plus intense. Les femmes ou les couples ont besoin d’une ressource (amie, voisin) qui veillera, le temps que le tout se stabilise. Je crois en la capacité de chaque être humain de devenir parent, quelle que soit sa condition, en ayant le soutien nécessaire.

Cela dit : certaines conséquences de l’avortement peuvent amplifier un problème déjà existant ou en veilleuse, toujours de mon point de vue personnel. Par exemple, les personnes qui se sentent dépressives ou qui ont une faible estime d’elles-mêmes verront peut-être leur image ou leur identité fortement remuée à la suite d’un avortement. Il est presque impossible d’en sortir indemne de toute façon. C’est un leurre de croire qu’une femme passera au travers sans problème. Elle ne les identifiera peut-être pas, mais les conséquences de l’avortement continueront de la ronger intérieurement.

Dans mon cas, avoir mes filles après mon avortement a permis de stabiliser ma vie, car j’étais responsable d’autres vies que la mienne. J’espère que cela aura répondu en partie à ta question.

Joanne pour CQV : Dans la société actuelle, on ne parle pas assez des conséquences négatives d’un avortement. Pouvez-vous nous partager les vôtres? Les premières journées après l’avortement, les premiers mois… Ça s’est passé comment? (Je pose cette question pour montrer aux femmes ce qu’on ne leur dit pas dans les cliniques d’avortement)

Lise Dufour : Je n’ai aucun souvenir du comment j’ai vécu les jours et les mois qui ont suivi l’avortement. Totalement occultés! Totalement amnésiée! Je suis retournée au travail comme si rien dans ma vie n’avait changé. Je réagissais toujours fortement, par contre, quand on parlait d’avortement comme un crime. Il est tellement facile de juger quelqu’un!

La personne qui veut se documenter sur les conséquences de l’avortement peut trouver d’excellents ouvrages et même de la bonne information sur le Net. Tu trouveras de bonnes références à la fin du livre. Ce n’est pas exhaustif, mais ce sont de bonnes pistes.

Pour ma part, il est difficile de cerner les conséquences psychiques qui appartiennent à l’avortement, car j’étais déjà dans un état précaire. Les plus grandes conséquences, c’est d’avoir privé un enfant de vivre sa propre vie, en plus de déstabiliser la vie de son père, déjà fragile aussi. J’ai réalisé d’autres conséquences en Terre Sainte, comme interrompre les générations et la douleur infligée à l’être en formation. L’expérience de l’avortement rebondit à des moments de ta vie où tu t’y attends le moins : une conversation avec une amie, un film ou une émission de télévision, un voyage, etc. Je crois que c’est un éveil progressif à l’existence de l’enfant.

« Il y a des conséquences insoupçonnées que la personne découvre au fur et à mesure qu’elle avance dans la prise de conscience de la gravité de sa décision, je pense » L.D. — Photo : Pexels.com

Les conséquences sont diverses et particulières à chaque personne. Le taux de suicide chez les jeunes qui ont avorté est, par exemple, plus élevé. J’ai glané cette information lors du parcours de deuil centré sur l’enfant non né. Benedetta Foà, une psychologue italienne spécialisée en post-avortement, a fait pas mal le tour de la question des conséquences physiques, psychologiques et morales. La Vigne de Rachel y touche aussi.

Il y a des conséquences insoupçonnées que la personne découvre au fur et à mesure qu’elle avance dans la prise de conscience de la gravité de sa décision, je pense. Il y a des femmes qui vivent des cauchemars; d’autres qui entendent des enfants pleurer. Ce ne fut pas mon cas! J’ai ignoré l’existence de mon enfant jusqu’à ce que le Seigneur me la montre à l’adoration, car j’ai cru, dur comme fer, qu’il n’y avait rien là avant 15 semaines. Cela devait faire mon affaire d’y croire pour faciliter la prise de décision.

Joanne pour CQV : Pouvez-vous me parler des shockwave dont vous parler dans votre livre à la page 50. Qu’est-ce que c’est?

Lise Dufour : La vague de chocs ou shockwave est l’effet de l’avortement sur l’entourage ou sur les proches dans la famille, comme je l’explique dans mon livre à la page 50. Elle peut même affecter les futurs enfants, les survivants à l’avortement.

L’avortement a des conséquences sur la personne qui le vit, mais aussi sur d’autres personnes et même sur la société. Mère Teresa était convaincue que l’avortement est responsable des guerres dans le monde. Comme vague de fond, c’est énorme. Je t’invite à visiter ce lien pour plus de détail : https://www.silentnomoreawareness.org/shockwaves/about.aspx. Angelina, la responsable de Silent no more, a vécu le parcours de deuil de Benedetta avec nous en juin 2016. Benedetta Foà en parle aussi dans son livre, mais il est en italien, et il n’est pas encore traduit.

Joanne pour CQV : Quel genre de recherche avez-vous retrouvé à propos des femmes qui souffrent des conséquences négatives après l’avortement? Pouvez-vous me la partager?

Lise Dufour : Je ne suis pas une chercheuse. J’ai simplement témoigné de mon expérience et des citations tirées d’ouvrages portant sur le sujet sont venues appuyer mes dires. Par expérience, je sais que les femmes souffrent de leur avortement, à divers degrés, une fois qu’elles ont passé l’étape du déni. Elles peuvent demeurer longtemps dans le déni.

Joanne pour CQV : Dans votre livre, vous décrivez beaucoup la peur qui vous a fait avorter. Quelles étaient vos croyances durant ce moment de votre vie? Sur quoi était fondée votre vue du monde? D’où venait cette immense peur?

Lise Dufour : Je ne suis pas certaine de bien saisir la question, mais la peur a été inscrite rapidement dans mon corps en raison d’un abus vécu dans l’enfance. J’ai grandi plus dans la méfiance que dans la confiance à partir de ce moment. Mes convictions profondes qui ont accompagné ma décision d’avorter étaient certainement que je ne voulais pas voir mon enfant souffrir à son tour, soit d’un problème de santé mentale ou d’abus sexuels. Par contre, j’ai identifié cette pointe de l’iceberg après l’avortement, lors des parcours de deuil. La première raison qui a motivé mon avortement, c’était la peur concernant la santé de mon enfant, vu que le père prenait des médicaments et que j’avais un diagnostic de PMD. C’est déjà assez lourd dans la balance. La peur de manquer du nécessaire s’est ajoutée, car j’étais sans sécurité d’emploi.

Joanne pour CQV : Comment faire remède à cette peur pour les jeunes femmes d’aujourd’hui qui considèrent se faire avorter?

Lise Dufour : Si elles pouvaient verbaliser leurs peurs, les mettre en mots, je crois qu’elles auraient un peu plus de pouvoir sur elles. C’est pourquoi j’ai créé l’adresse courriel : [email protected]. J’invite les personnes à me parler de leurs peurs si elles vivent de l’ambivalence à l’égard de leur grossesse. Si elles étaient certaines d’avoir du soutien pendant et après leur grossesse, peut-être n’envisageraient-elles pas l’avortement? Souvent, elles ne connaissent pas les ressources qui peuvent leur venir en aide. Si leurs peurs sont profondes, pouvoir rencontrer quelqu’un qui les aiderait à identifier les racines de leurs peurs serait peut-être bénéfique.

Souvent les jeunes n’en parleront pas à leurs parents, de peur de les décevoir, mais si elles savaient combien de parents sont prêts à les aider pour qu’elles gardent leur enfant. Certains sont même prêts à adopter l’enfant pour éviter que leur fille vive un avortement.

Les téléromans commencent à avancer d’autres solutions à l’avortement et c’est heureux. Nous y entendons de plus en plus de jeunes qui veulent garder leur enfant. C’est un pas dans la bonne direction, car nous savons que tout ce que la société véhicule, cela fait boule de neige. J’ai espérance que les jeunes prendront courage vis-à-vis d’une grossesse non planifiée. Il y a toujours une solution, même si la grossesse semble un cul-de-sac.

Joanne pour CQV : Il y avait-il des personnes autour de vous qui vous ont motivé vers cette action, des acteurs du mouvement pro-choix peut-être ou l’acteur principal était la peur qui venait de vous, de votre enfance, etc.?

Lise Dufour : Je n’ai pas subi de pressions de la part du père de mon enfant, de ma famille ou de mon entourage pour vivre cet avortement, contrairement à bien des femmes. J’ai pris la décision après une grande période d’ambivalence, tout à fait normale lors d’une grossesse, mais je l’ignorais. Mon médecin traitant m’a, au contraire, encouragé à le garder. Il m’a même proposé de rencontrer la meilleure généticienne. La peur avait déjà trop creusé le sillon.

Il est certain que le message « Y’a rien là avant 15 semaines » a fait son chemin dans mon cœur pour me permettre de passer à l’acte, mais je ne me souviens pas où et de qui je l’ai entendu! J’ignore si la société véhicule encore ce genre de message, car c’est totalement faux! L’avortement est lourd de conséquences. C’est un traumatisme comparable à celui des soldats. C’est tout dire!

Joanne pour CQV : Combien de temps avez-vous gardé ce secret? (Vous dites dans le livre avoir fermé la porte très vite après les événements qui ont pris place.)

Lise Dufour : Plus de 25 ans… Certaines personnes de mon entourage le savaient, mais j’en ai vraiment parlé que lors du Parcours de deuil centré sur l’enfant non né à Medjugorje. Les femmes italiennes présentes m’ont donné la confiance nécessaire pour le faire. Il n’est pas nécessaire d’aller si loin pour le faire. La Vigne de Rachel est un excellent parcours de guérison.

Joanne pour CQV : Vous avez avorté à une époque où l’avortement était illégal, mais le CHUL vous a quand même offert ce « service ». Comment est-ce possible?

Lise Dufour : Étant donné que je souffrais d’un problème de santé mentale, il a été facile pour l’équipe médicale de faire cet avortement sous le couvert d’un avortement thérapeutique, je crois. J’ignore toutefois comment la décision se prend au CHUL. Nous appelons et nous disons que nous voulons avorter et ils nous donnent un rendez-vous. Ma vie n’était aucunement en danger. J’ai été contente, par contre, de vivre l’avortement dans un milieu sécuritaire. Je n’aurais pas aimé être obligée de le vivre de façon clandestine.

 « L’avortement est lourd de conséquences. C’est un traumatisme comparable à celui des soldats » L.D. — Photo : Adobe Stock

Joanne pour CQV : Est-ce que c’était traumatisant sur le coup?

Lise Dufour : Avec le sédatif, j’étais calme. Il y a sûrement un traumatisme, puisque j’entends encore l’aspirateur quand je m’arrête à l’intervention, mais rien de majeur sur le coup!

Joanne pour CQV : Quand avez-vous pris la décision qu’il était temps de témoigner de votre histoire comme vous le faites à présent, publiquement, avec un livre?

Lise Dufour : La Providence m’a conduite à écrire ce livre, comme elle m’a aussi conduite en Italie, puis à Medjugorje pour vivre le Parcours de deuil avec Benedetta. J’ai mis plus de six ans à écrire ce livre, avec de grandes pauses de mûrissement. J’ai senti l’urgence de l’achever, par contre, au moment où j’ai appris qu’une jeune femme jonglait à l’avortement. Là je me suis dit : « Lise, qu’est-ce que tu attends pour terminer ton livre? » J’ai fait quelques témoignages avant d’amorcer la rédaction de mon livre, mais de façon très ponctuelle. Je me demandais toujours, par contre, s’il était adéquat de témoigner. J’ai tellement reçu à travers mon expérience de l’avortement, qu’il était normal que je redonne. Nous ne formons qu’une seule famille : il est important de permettre à des personnes qui souffrent d’alléger leur fardeau. C’est ce que le livre propose. Le livre n’existerait pas si je n’avais pas tenté de faire traduire le livre de Benedetta en français.

Joanne pour CQV : Dans votre livre, vous tutoyez les lectrices Pourquoi est-il important pour vous d’avoir ce genre de proximité avec celles qui lisent le livre?

Lise Dufour : J’ai voulu créer un climat de douce complicité entre deux femmes qui ne se connaissent pas, mais qui s’aiment dans leur humanité souffrante, ambivalente. Je considère chaque femme qui jongle avec l’avortement comme mes sœurs, mes amies. J’aimerais leur éviter d’alourdir leur vie avec une telle décision. Aussi, pour celles qui en ont vécu un ou plusieurs, j’aimerais qu’elles prennent soin d’elles en se permettant de revisiter cette expérience traumatisante et en m’en parlant.

Joanne pour CQV : Et si quelqu’un disait que vous faites ce que vous faites en ce moment par culpabilité, ou comme sorte de thérapie de guérison, que répondriez-vous?

Lise Dufour : Que veux-tu que je lui réponde? Cette personne a le droit de percevoir ce que je fais à travers son prisme bien personnel. Ouvrir son jardin secret porte toujours du fruit, car c’est un chemin pour faire la vérité sur soi. La partie de ma vie dont je témoigne est totalement assumée. Tant mieux si je guéris encore plus profondément en partageant mon histoire. La culpabilité ou la recherche du vrai repentir s’est close à Paray-le-Monial. (Voir les pages 86-87 du livre.)

Joanne pour CQV : Nous vivons dans une partie du monde ou le mouvement pro-choix est très fort, merci de témoigner publiquement de votre histoire. Comment encourager plus de gens de s’impliquer dans cette mission? Des gens qui peut-être n’ont pas d’histoires comme la vôtre? Quelle devrait être leur motivation?

Lise Dufour : Le don précieux de la Vie devrait être la motivation pour tout le monde à protéger les êtres les plus vulnérables de la société. Il est important de distinguer les personnes qui ont un très grand respect de la Vie parce qu’elles ont découvert ce don précieux de Dieu des gens qui militent dans un camp ou dans l’autre. Pour ma part, je ne me mêle pas de ces guerres de conviction qui divisent. Dans une société responsable, le don de la Vie devrait toujours avoir la priorité et passer toujours en tête de liste. Nous avons à revisiter individuellement et collectivement nos valeurs.

« Les personnes qui sont en faveur de l’avortement suivent un courant mondial, mais sans avoir vécu l’expérience. » L.D. — Photo : Unsplash

Joanne pour CQV : L’avortement est présentement présenté comme un bien, comme un soin de la santé, après votre expérience personnelle et votre témoignage, comment corrigeriez-vous cette perception?

Lise Dufour : Je crois que je lève le voile sur les mensonges qui entourent l’avortement tout au long du bouquin. En publiant, j’ai accompli le maximum que je pouvais faire pour apporter un éclairage nouveau. Il appartient à chacun et à chacune de nous de sortir d’une culture de mort et de choisir véritablement la Vie. Il est important que les bottines suivent les babines. Les personnes qui sont en faveur de l’avortement suivent un courant mondial, mais sans avoir vécu l’expérience. Les personnes qui ont vécu un ou plusieurs avortements connaissent leur mal-être ou leur « mal-respect » de la vie. La différence est toute là. Les personnes qui pensent à avorter devraient parler avec quelqu’un qui en a vécu un plutôt que de laisser la société fausser leur propre conscience du vrai, du beau et du bon.

Joanne pour CQV : Dans le livre, vous parlez d’avortement thérapeutique. Pour les femmes qui ne savent pas, pouvez-vous expliquer davantage ce que c’est, comment cela s’est présenté et ce que c’est réellement?

Lise Dufour : À l’époque où l’avortement était passible de prison, seul l’avortement thérapeutique était permis. Il suffit de lire la note qui apparaît au bas de la page 45 du livre pour mieux comprendre. Cette info n’apparaît plus dans le site d’Éducaloi. C’est dommage! L’avortement était qualifié de « thérapeutique » si la vie de la mère était en danger.

Joanne pour CQV : Que pensez-vous de l’aide médicale à mourir pour les nourrissons? Tout récemment, le Collège des médecins du Québec suggère, par Dr Roy, que les enfants qui sont gravement malades pourraient recevoir l’aide médicale à mourir.

Lise Dufour : Inacceptable, car l’enfant mourra de toute façon assez rapidement. Il souffre, bien sûr! La médecine est en mesure de soulager la souffrance, mais non la peine des parents. Leur propre décision viendra alourdir leur cœur tout simplement, en pensant alléger leur peine. Probablement vivront-ils les mêmes conséquences que les parents qui doivent décider rapidement de faire avorter leur enfant dont le diagnostic médical montre qu’il est lourdement handicapé? Ces parents sont tellement dévastés. Le pape François recommande aux parents de poursuivre leur voyage d’amour avec leur enfant jusqu’au bout. Ils auront de la peine, mais ils auront eu le temps de l’aimer aussi. (voir pages 73 et 74 du livre). Nous nous dirigeons assez rapidement vers une société eugénique où il n’y aura plus de place pour les personnes handicapées et les personnes souffrant d’un problème de santé mentale. Elle en sera d’autant moins humaine. C’est mon avis!

Joanne pour CQV : L’audience pour votre livre, est-ce que ce sont des jeunes femmes qui songent à l’avortement, ou toutes femmes de tout âge qui pensent à l’avortement ou les femmes qui cherchent la guérison ?

Lise Dufour : Toutes ces réponses sont bonnes. Le livre est divisé de telle façon que la personne peut lire seulement le chapitre qui lui est destiné. Quand nous vivons de l’ambivalence, notre cerveau est tellement centré sur la décision à prendre que nous avons peu d’énergie pour faire autre chose. Il était important pour moi que la personne puisse lire quelque chose de court pour l'aider à prendre la meilleure décision possible ou pour commencer à prendre soin d’elle en vivant un parcours de deuil, dont la Vigne de Rachel. La prochaine Vigne aura lieu la fin de semaine de la miséricorde et les places sont limitées.

Joanne pour CQV : Est-ce que vous souhaitez que ce livre soit offert en cadeau à une femme qui pense à se faire avorter?

Lise Dufour : Absolument. Certaines personnes en ont déjà acheté un exemplaire dans ce but. Cela demande de l’audace et du courage pour la personne qui l’offrira, mais je pense que c’est un immense cadeau à lui faire pour qu’elle puisse poursuivre sa réflexion tranquillement. Elle pourra mettre en mots ses doutes, ses peurs, ses motivations profondes. Elle pourra même communiquer avec moi si elle le désire. Oui, nous ne devrions pas hésiter à en remettre un exemplaire aux femmes qui vivent de l’ambivalence à l’égard de leur grossesse et aux femmes qui ont vécu un avortement pour qu’elles commencent à nommer ce qu’elles ont vécu. Ce sont de magnifiques cadeaux que j’ai reçus et que j’aimerais leur partager.

Joanne pour CQV : Quel est le message le plus important que vous voulez transmettre aux femmes à travers votre témoignage de choisir la vie?

Lise Dufour : La Vie est le don le plus précieux que nous puissions recevoir et transmettre! Elle est éternelle. Choisis donc la Vie et non la mort!


Si vous souhaitez vous procurer le livre de Lise Dufour, commandez-en un exemplaire à Campagne Québec-Vie ou écrivez à [email protected].

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