Des bébés produits par un seul parent?
Sur le blog de Jeanne Smits du 13 décembre 2012:
(Chaque individu pourra se commander un bébé?)
Laissez un commentaireUne conférence scientifique internationale sur la sauvegarde de la fertilité des malades du cancer se tiendra en février prochain à Hong Kong, relève Michael Cook de BioEdge, avec pour objectif l'enseignement d'une technique permettant de créer des embryons à partir de cellules souches dites iPS (cellules souches totipotentes induites à partir de cellules adultes).
Il s'agit d'apprendre aux praticiens à obtenir la « néo-création » (sic) d'ovules et de spermatozoïdes en partant de la technique déjà utilisée sur des souris (j'avais commenté cela ici en décembre 2010). « Voilà la solution d'avenir pour les cas d'infertilité les plus compliqués, qui permettra de faire du sperme et des œufs à partir de cellules somatiques. Chez les souris, des portées normales ont pu naître grâce à cette approche. »
Michael Cook explique que la détermination de la paternité et de la maternité des embryons qui pourraient un jour résulter de cette technique sera un « casse-tête juridique ». Les spermatozoïdes pourraient être génétiquement liés à une personne qui pourrait aussi bien être un homme qu'une femme et les ovules créées à partir des cellules adultes d'une personne qui pourrait être une femme ou un homme. Mieux : on pourrait utiliser le sperme et les ovules obtenus d'une même personne pour créer un embryon.
Cette perspective passionne Evelyn Telfer, chercheuse en développement ovarien à Edinburgh, qui en prévoyait la possibilité dans une interview au New Scientist en expliquant : « Si vous preniez les cellules souches sur le même individu pour pourriez éviter la reproduction par voie sexuelle. »
(...)
Précisions sur l'acharnement thérapeutique
Qu’est-ce que l’acharnement thérapeutique? La définition bien que claire est concrètement mouvante puisque la technologie change et ce qui est un effort « proportionné » demain est possiblement « disproportionné » aujourd’hui.Laissez un commentaire1— « S’il n’y a pas d’autres remèdes suffisants, il est permis de recourir, avec l’accord du malade, aux moyens que procure la technique médicale la plus avancée, même s’ils en sont encore au stade expérimental et ne vont pas sans quelque risque »;2— « Il est permis d’interrompre l’application de ces moyens, lorsque les résultats en sont décevants. Mais pour une telle décision, on tiendra compte du désir raisonnable du malade et de sa famille, ainsi que de l’avis des médecins particulièrement compétents »;3— « Il est toujours permis de se contenter des moyens normaux que la médecine peut offrir. ON ne peut donc imposer à personne l’obligation de recourir à une technique déjà en usage, mais encore risquée ou très onéreuse »;4— « Dans l’imminence d’une mort inévitable malgré les moyens employés, il est permis en conscience de prendre la décision de renoncer à des traitements qui ne procureraient qu’un sursis précaire et pénible, sans interrompre pourtant les soins normaux dus au malade en pareil cas. »(Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’euthanasie, n.4)Par soins normaux, il faut comprendre l’alimentation et l’hydratation (artificielle ou non), l’aspiration des sécrétions bronchiques, la détersion des ulcères de décubitus. Dans la charte des personnels de la santé du conseil Pontifical pour la pastorale des services de la santé revient sur ce thème : « L’alimentation et l’hydratation, même artificielle, rentrent dans les cures normales toujours dues au malade quand elles ne sont pas dangereuses pour lui : leur suspension indue pourrait revêtir la signification d’une véritable euthanasie. »(Ces indications et citations sont tirées de : SCRECCIA, Elio. Manuel de Bioéthique, les fondements et l’éthique biomédicale, éditions Wilson et Lafleur, Montréal, 1999, p.778-779.)
Pour combattre la culture de la séparation, la "Quercia Millenaria"
Sur le site de zenit.org du 12 décembre 2012:
(La Quercia Millenaria propose une assistance dans les cas de malformation foetale entraînant la mort prochaine de l'enfant)
Laissez un commentaire(...)le vrai progrès des sciences est celui de passer d’une information génétique à une sage connaissance, a ajouté pour sa part le professeur Pino Noia, gynécologue et vice-président de l’association « Quercia Millenaria », durant la cérémonie.
Le pro. Noia e passé en revue les grandes avancées de la science au plan de la technique prénatale, qui ont permis de sauver la vie à des milliers d’enfants, montrant qu’avec amour et sagesse on peut sauver des milliers de vies humaines. Or, aujourd’hui, règne une culture de la séparation, a-t-il déploré, qui multiplie les victimes, avec des millions d’interruptions volontaires de grossesses, des bébés issus de la fécondation in vitro, et la tentation de sauvage de produire en laboratoire des enfants en se passant de la fonction et de l’amour des parents.
« Nous n’avons pas peur de la science mais avons peur de comment celle-ci est utilisée », a dit le professeur Noia, en expliquant dans ce contexte en quoi consiste les actions de son association « La Quercia Millenaria », dont il est le vice-président.
« La quercia millenaria » est la seule association, en Italie à proposer une assistance dan les cas de grossesses présentant toute sorte de malformation fœtale, proposant des soins in utero si cela est possible, ou bien un accompagnement pour l’enfant considéré « incompatible à la vie ». Elle est reconnue mondialement comme étant le seul foyer périnatale en Italie, et elle tient un service régulier de Soins Périnataux à l’intérieur de la polyclinique Gemelli.
« Nous croyons, a conclu le professeur Noia – que votre enfant n’est pas un accident. Nous le croyons parce que nous l’avons vécu sur notre peau, que vous avez été choisis pour être les parents d’une créature très spéciale. Nous nous engageons à ne pas vous laisser seuls... »
La Suède : pays totalitaire qui sépare les enfants des parents...
Ces parents Suédois viennent de se faire retirer de nouveau la garde de leur enfant, en cour d'appel de Suède, révoquant une décision d'une cour inférieure. Leur seul crime : avoir fait l'école à la maison. Aujourd'hui, Annie et Christer n'ont plus aucun droit sur leur enfant.Voici un reportage paru sur le site wordpress.com du 13 décembre 2010, il y a deux ans de cela, sur cette histoire:
(Dominic et sa mère Annie Johansson)
En 2008, les citoyens suédois Annie et Christer Johansson décident de déménager en Inde, le pays d’origine d’Annie. En attendant le grand jour du départ, ils choisissent l’instruction à domicile pour leur fils, afin de lui épargner les perturbations liées à un changement d’école, et aussi parce que Dominic leur a dit qu’il était très stressé à l’école du quartier.
Le home-schooling est légal en Suède. Le directeur de l’école de Dominic donne tout naturellement son accord pour superviser l’enseignement de Dominic et accepte de fournir des livres et divers matériels aux parents. Mais la situation change mystérieusement. Quand les parents viennent chercher les livres, le directeur refuse, et dit que Dominic doit aller à l’école. Les services sociaux exigent même que les Johansson paient une amende de 250 couronnes (environ 28 euros) pour chaque jour où Dominic ne va pas à l’école. Les parents refusent, parce qu’ils savent qu’ils ne font rien d’illégal, et continuent d’instruire leur fils à la maison, comme ils avaient prévu de le faire.
Le jour du déménagement en juin 2009, alors qu’ils sont dans l’avion qui s’apprête à décoller pour l’Inde, et donc que la famille quitte la Suède définitivement, la police empêche l’avion de décoller, un véritable commando fait irruption et enlève Dominic. Dominic, traumatisé, vomit. Au poste de police, sa mère s’évanouit, et personne ne l’aide.
Les parents ne sont pas condamnés – puisque, rappelons-le, ils ne font rien d’illégal… – , mais on leur refuse le droit d’engager leur propre avocat. Malgré de nombreux appels et plaintes de la part des parents et d’associations de home-schooling internationales auprès des services sociaux, du gouvernement, de ministres, etc, le gouvernement suédois décide de retirer la garde de Dominic à ses parents : ils n’ont le droit de le voir que pendant 1 h toutes les 6 semaines…
Au bout de plusieurs mois, il est même dit à la mère que si elle ne cessait pas d’avoir quelques larmes lors des visites à son fils, le temps et la fréquence des visites seraient réduits. Aujourd’hui, environ 1 an et demi plus tard. La situation n’a toujours pas changé.
Selon la Home School Defense League Association, basée aux Etats-Unis, le « virus anti home-schooling » s’empare maintenant du reste de l’Europe, après avoir gravement sévi en Allemagne. Selon les politiciens suédois qui s’opposent à l’instruction à domicile, cette méthode d’enseignement est à prohiber parce qu’elle « favorise la création de dangereuses sociétés parallèles », ce qui est « contre l’unité d’une société multiculturelle ».Michael Farris, président de l’association ParentsRights.org, chargée de faire respecter les Droits de l’Enfant auprès des Nations Unies, conclut : « toute nation qui restreint sévèrement la capacité des parents à choisir des formes d’éducation alternatives (incluant l’enseignement à domicile) au nom de l’unité nationale, ne peut pas s’appeler une nation libre. La liberté nécessite qu’un individu puisse avoir le choix de penser différemment des programmes établis par les dirigeants d’une nation. La liberté de l’éducation est la pierre angulaire de la liberté de penser et de la conscience ».
Pour plus de détails, vous pouvez consultez l'article (en anglais) publié par LifeSitenews du 12 décembre 2012.
Laissez un commentaireUn autre cas de médecins confrontés aux volontés de la famille d'un patient
Sur le site de Radio-Canada du 12 décembre 2012:
(Me Allan Garber trouve le processus des comités d'examens pour les conflits entre famille des patients et médecins, injuste)
Une femme d'Edmonton se sent impuissante devant le droit de regard que procure la loi albertaine aux médecins sur les soins qui sont prodigués à son mari invalide depuis un accident vasculaire cérébral.
Huguette Hébert tente en vain depuis l'an dernier de faire modifier le traitement que reçoit Jack Rudichuk. Elle s'inquiète de mises en garde concernant la prise, par les gens atteints de problèmes cardiovasculaires, de certains des médicaments qui sont administrés à son mari.
Elle n'arrive toutefois pas à faire modifier le traitement, ni à retirer son mari de l'hôpital d'Edmonton où il est soigné, en raison de dispositions de la Loi sur la santé mentale de l'Alberta.
Un gériatre, le Dr Jean-Pierre Beauchemin, estime d'ailleurs que ce genre de situation risque de devenir plus fréquente avec le vieillissement de la population.
(...)
Alarmée par le fait que son mari semblait être sous l'effet d'une forte dose de sédatifs, Mme Hébert s'est interrogée au sujet des médicaments antipsychotiques qui lui sont administrés et de leurs doses.« Les médecins ont tout le pouvoir. "Tassez-vous, la famille, parce que nous, on est les tout-connaissant." Je m'excuse, là, ils connaissent leur profession médicale, mais nous on connaît notre père. Il me semble que c'est valable. Moi je le connais depuis plusieurs années, puis quand il n'est pas bien, je le sais. » — Anita Rudichuk, fille de Jack Rudichuk
(...)
Huguette Hébert a tenté d'utiliser son droit d'agente légale pour demander la diminution des doses, mais les médecins de l'Hôpital utilisent les dispositions de la Loi sur la santé mentale de l'Alberta et poursuivent les traitements. Le psychiatre traitant a obtenu la révision du traitement par un comité d'examen médical composé d'un autre psychiatre, d'un médecin, d'un membre du public et d'Huguette Hébert. Un président et un conseiller juridique étaient aussi présents.
Après révision, le comité a conclu que les traitements étaient appropriés et il a produit une ordonnance de traitement. Mme Hébert ne pouvait pas non plus retirer son mari de l'établissement.
« Une ordonnance de traitement, c'est comme une ordonnance de la cour. Ce n'est pas aussi fort, mais ça l'est presque, et la seule façon de la renverser, c'est d'aller en cour provinciale », explique Fay Orr, un défenseur des droits des patients atteints de trouble de santé mentale de l'Alberta.
Un avocat, Me Allan Garber, qui aide bénévolement Mme Hébert, dénonce les comités d'examen. « Mme Hébert se présente devant un comité composé d'un président, d'un psychiatre, d'un médecin et d'une personne neutre. Elle n'a pas de ressource pour embaucher ses propres experts médicaux ou un conseiller juridique. C'est un processus injuste », juge Me Garber.
(...)
Et si un jour l'euthanasie est permise et qu'il y a un conflit entre la famille et les médecins?
Laissez un commentaireAndrée Ruffo et les enfants à naître: «A-t-on le droit parce que l'on est une femme d'abîmer ses enfants, de les rendre légumes?
Sur le site du Journal de Québec du 12 décembre 2012, cette interrogation de la juge à la retraite Andrée Ruffo :
(Andrée Ruffo, ancienne juge à la Chambre de la jeunesse, fondatrice, avec Bernard Kouchner, du Bureau international des droits des enfants)
L'ancienne juge à la Chambre de la jeunesse, Andrée Ruffo, trouve épouvantable le fait que Sonia Blanchette, accusée des meurtres de ses trois jeunes enfants, et incarcérée depuis, soit enceinte.
«A-t-on le droit de mettre la vie de ces enfants-là en danger? De faire en sorte que ces enfants-là ne puissent jamais avoir une vie normale?»(...)«C'est l'horreur absolue, car scientifiquement on sait que la mémoire intra-utérine existe pendant les neuf mois que l'on porte nos enfants, a dit l'ancienne magistrate à la Cour du Québec. Et il y a des répercussions par rapport au moment et à la façon dont les enfants sont conçus. On se demande dans quel état va naître cet enfant-là et quelles seront les conséquences de ces prises abusives de médicaments dans les premiers mois de grossesse.»
Andrée Ruffo s’est questionnée sur les droits des mères. «A-t-on le droit parce que l'on est une femme d'abîmer ses enfants, de les rendre légumes?»
L'ancienne juge, qui a cofondé le Bureau international des droits des enfants, a ajouté que «c'est sûr qu'il y a des accidents de la nature; des enfants qui naissent handicapés, des malformations et des maladies, mais quand c'est volontairement ou parce que l'on est négligent ou dépendant [drogue, alcool ou médicaments], qu'on fait des enfants comme ça. Est-ce que le droit des femmes est à ce point absolu?»La juge a plaidé pour le droit à l'enfant de naître sain, elle y voit un enjeu société. «Quand on sait que Madame est responsable de son corps et que ses droits semblent absolus dans la société telle que l'on la connaît, a-t-elle dit. A-t-on le droit de mettre la vie de ces enfants-là en danger? De faire en sorte que ces enfants-là ne puissent jamais avoir une vie normale? Il est grandement le temps que l'on se pose ces questions-là.»
«A-t-on le droit parce que l'on est une femme d'abîmer ses enfants, de les rendre légumes?»
A-t-on le droit parce que l'on est une femme de demander la mise à mort de son enfant par l'avortement? Est-ce que le droit des femmes est à ce point absolu? Va-t-on interdire de les abîmer tout en permettant de les torturer par avortement, si l'on est certain qu'ils en mourront avant la naissance?
Laissez un commentaireLe conseil de l'Europe veut s'ingérer dans le processus décisionnel de l'Irlande concernant l'avortement
Sur le site de Nouvelles de France du 12 décembre 2012:
(Grégor Puppinck, directeur du European Center for Law and Justice, expert au Conseil de l'Europe,auteur de l'article)
Laissez un commentaireL’Irlande est un symbole en Europe de résistance à l’avortement ; mais il est sur le point de tomber sous la pression conjuguée du Conseil de l’Europe et de groupes de pression pro-avortement. Le peuple irlandais s’est toujours opposé fermement à l’avortement : à trois reprises, par référendum, il a refusé la légalisation de l’avortement et a accordé une protection constitutionnelle à l’enfant à naître, dont la vie bénéficie d’une protection égale à celle de sa mère. L’avortement est ainsi toujours interdit, sauf lorsque jugé nécessaire par les médecins pour sauver la vie de la mère.
Or, le Conseil de l’Europe est au cœur d’une campagne visant à imposer « par le haut » l’avortement à un peuple qui l’a refusé « par le bas » à trois reprises lors des referendums de 1983, 1992 et 2002.
Précisons que le Conseil de l’Europe a été crée pour défendre la démocratie et les droits de l’homme. La Cour européenne des droits de l’homme fait partie du Conseil de l’Europe ; son rôle est de veiller au respect par les États des droits et libertés garantis par la Convention européenne des droits de l’homme. Les États condamnés doivent se conformer aux arrêts rendus par la Cour à leur encontre ; ils disposent d’une liberté quant au choix des moyens à mettre en œuvre à cette fin. Cette exécution des arrêts est réalisée sous la supervision politique du Comité des Ministres, c’est-à-dire des ambassadeurs des 47 États membres.
(...)
Ainsi, ce n’est pas frontalement que l’avortement est imposé à l’Irlande et à la Pologne, mais en utilisant la voie périphérique d’obligations procédurales qui garantissent, non pas le droit (matériel) à l’avortement, mais le droit (procédural) de savoir si on a le droit d’y avoir recours. Cette approche procédurale oblige l’Irlande à clarifier les conditions concrètes d’accès à l’avortement. Ce résultat est atteint tout en reconnaissant l’absence de droit à l’avortement au sein de la Convention européenne des droits de l’homme, et sans qu’il soit nécessaire à la Cour de se prononcer sur l’interdiction de principe de l’avortement en droit irlandais. Pour imposer cette obligation procédurale, il est seulement nécessaire d’affirmer, sur la base de l’exception à l’interdiction en cas de danger pour la vie de la mère, qu’il existe un droit à l’avortement et que ce droit entre dans le champ de la Convention.
Pour exécuter ces arrêts, l’Irlande et la Pologne vont instituer un mécanisme décisionnel auquel pourront s’adresser les femmes désireuses d’avorter. L’Irlande (1) va probablement suivre l’exemple de la Pologne qui, en exécution de l’arrêt Tysiąc c. Pologne (no 5410/03) du 20 mars 2007, a entamé la création d’un « comité d’experts » chargé de décider au cas par cas si les conditions légales sont réunies pour la pratique d’un avortement. Ce comité interprétera nécessairement ces conditions et les fera évoluer.(...)
En outre, le fait de confier à un comité la décision d’autoriser un avortement rend cette décision collégiale, ce qui a pour effet de dissoudre la responsabilité morale et juridique de la décision sur l’ensemble du comité.
Les décisions de refus de ce Comité devront être rapides, motivées et écrites afin de pouvoir être contestées en justice. Ainsi, la décision ultime d’autoriser l’avortement n’appartiendra plus aux médecins ni même au « Comité d’experts » mais au juge qui interprètera les critères d’accès à l’avortement. À ce jour, aucune procédure n’est prévue pour contester en justice des décisions autorisant un avortement, seul est envisagé le cas d’une décision de refus. L’enfant à naître aura-t-il un avocat au sein de ce comité ? Ce mécanisme décisionnel ne prévoit aucun garde-fou contre le risque d’interprétation abusive des conditions légales d’accès à l’avortement ; pourtant les pressions en ce sens seront très fortes, notamment de la part des instances européenne et internationalesAinsi, le pouvoir ultime d’interprétation des conditions d’accès à l’avortement sera progressivement transféré au pouvoir judiciaire, et donc ultimement à la Cour européenne des droits de l’homme. Avec un tel mécanisme, la Cour européenne sera amenée à brève échéance à se prononcer sur le bien fondé des décisions de refus prises par ces Comités. Ce sera alors une nouvelle occasion de faire progresser le droit à l’avortement en Irlande.
Une excellente réflexion de Lise Ravary dans le Journal de Montréal sur le maintien en vie d'une personne comateuse
Sur le site du Journal de Montréal du 12 décembre 2012:
(La mascarade de la commission "Mourir dans la dignité" prépare le terrain aux mises à mort sans consentement, comme dans les pays qui ont légalisé ce crime, avec des "restrictions sévères"...)
La Cour suprême devra trancher: la famille d’un homme maintenu en vie à Toronto refuse qu’il soit débranché par les médecins.
La famille est croyante: seul Dieu peut décider de l’heure de la mort.
La médecine est pragmatique: c’est à nous de décider parce que a) nous croyons qu’il n’y a plus d’espoir b) ça coûte cher à l’État.
Au fond, ce sont deux croyances qui s’affrontent: Dieu et la science.
En fait trois croyances. La famille qui croit que le malade peut reprendre conscience.
Les cas de malades qui reviennent à la vie après des années dans le coma sont relativement nombreux, du moins à l’échelle planétaire. En septembre dernier, un Sud-Africain est sorti d’un coma à la suite d’un accident d’auto qui l’avait laissé dans un état neuro-végétatif pendant sept ans.
Souvent, ces miraculés racontent avoir été conscients pendant toutes ces années, mais emprisonnés dans leur corps inerte.
Peut-on blâmer une famille qui voit ces nouvelles dans les médias de refuser le débranchement ?
Surtout que les médecins n’ont pas toujours toute la délicatesse nécessaire pour discuter de ces cas avec les proches parents.
Cela m’est arrivé. Ma tante, qui m’avait à toutes fins pratiques élevée, a été victime d’un grave accident d’auto qui l’a plongée dans un coma. Je fais partie de ces crétins qui ont la foi et j’ai questionné le débranchement très fortement suggéré par le médecin. Je n’étais pas en croisade contre la science, mais je trouvais que trois mois, c’était pas attendre longtemps. Il arrivait qu’elle me serre la main quand je lui parlais.
‘C’est dans votre tête,’ m’a dit le médecin, un jeune homme dans la trentaine. ‘Si votre tante se réveille, je mange mon stéthoscope.’
À partir de cet instant, choquée par son attitude cavalière, j’ai cessé de coopérer. Ce qui n’a rien changé car le membre de la famille qui détenait le mandat a permis qu’on la débranche. Elle a continué à vivre, même sans aide technologique. Comme elle tardait à mourir, on a cessé de la nourrir. Comme elle s’accrochait toujours à la vie, on a ensuite cessé de l’hydrater. Elle a fini par mourir de faim et de soif.
Une bonne affaire de faite.
Le blanc-bec de médecin ne pouvait pas me rassurer au sujet d’une possible souffrance. ’Il se peut qu’elle ressente la faim et la soif, on ne sait pas.’
(...)
"Il se peut qu'elle ressente la faim et la soif, on ne sait pas." Voilà l'aveu d'un médecin qui ne se préoccupe pas de son patient parce qu'il a jugé qu'il ne valait plus la peine qu'il vive, qu'il coûtait trop cher, et qu'il préférait donner son lit à un autre patient, plus méritant...
Et qu'il souffre ou pas, ce n'est pas son problème... Tout comme l'on sait que des médecins avorteurs, bien que la souffrance de l'enfant à naître soit médicalement connue, procède à des avortements d'enfants au dernier trimestre de la grossesse sans même lui procurer un anesthésiant, comme on le fait pour les chiens que l'on veut euthanasier...
Lise Ravary termine son article en disant : « Si le patient est incapable de faire connaître sa volonté, s’il n’a pas fait de testament biologique demandant qu’on ne prolonge pas sa vie et si la famille s’oppose au débranchement, je ne vois pas au nom de quoi ou de qui on mettrait fin à sa vie.
Pour certains d’entre nous, le seul argument économique répugne. »
Pour nombre de médecins, cet argument suffit. Et la légalisation de l'euthanasie qui approche...
Laissez un commentaireLa cour suprême devra se prononcer sur un cas possible d'acharnement thérapeutique
Sur le site de Radio-Canada du 11 décembre 2012:
(La famille Salasel)
Laissez un commentaire« Je sais qu'il m'écoute, je sens qu'il réagit », raconte son épouse, Parichehr Salasel.
Sa fille et elle le visitent chaque jour, convaincues que son état s'améliore. Sa famille dit percevoir des signes de communication.
La famille d'Hassan Rasouli, une famille musulmane, refuse que les médecins, qui jugent son état permanent et sans espoir, le débranchent sans son consentement.
Un combat qui s'est déplacé devant le plus haut tribunal du pays, malgré la famille Rasouli, qui estime que les médecins s'acharnent pour obtenir le dernier mot.
« Les souhaits médicaux d'une famille, basés sur la religion ou toute autre valeur, ne doivent pas dicter le niveau de soins requis », plaide l'avocat d'un des médecins d'Hassan Rasouli, Harry C. G. Underwood.
C'est la première fois qu'un patient dans ce genre de situation vit assez longtemps pour que la cause se rende en Cour suprême.
Selon le spécialiste de l'éthique médicale de l'Université du Manitoba, Arthur Schafer, les juges doivent trancher en faveur des médecins. Sans quoi, chaque famille pourrait revendiquer des soins même lorsqu'ils sont contre-indiqués.
« Cette question du droit à la vie en est une soulevée par les familles pratiquantes », souligne le professeur en santé à l'Université d'Ottawa, Amir Attaran. Il ajoute que ces familles croient que leur liberté de religion se traduit en un droit public à des soins médicaux.
Paul Brunet du Conseil pour la protection des malades maintient que c'est aux patients ou à leur substitut de décider du moment de mourir et non aux médecins.
La question du niveau de soins à fournir à des patients comme Hassan Rasouli dans un contexte budgétaire serré interpelle également les gouvernements. Il en coûte entre 500 et 1500 $ par jour pour maintenir Hasan Rasouli en vie.
Le prix européen pour la vie décerné à trois mamans
Sur le site de zenit.org du 11 décembre 2012:
(Chiara Corbella Petrillo et son époux)
Laissez un commentaire(...)Le président de la commission pour les affaires constitutionnelles du parlement européen et président du Mouvement italien pour la vie, Carlo Casini, a remis le prix Mère Teresa de Calcutta à trois mamans héroïques: Chiara Corbella Petrillo qui a donné sa vie pour faire naitre son enfant, représentée par son mari, Irene de Nomadelfia, et Sabrina Pietrangeli Paluzzi, présidente de la « Quercia Millenaria ».« Si tu veux la paix, défends la vie », a dit Carlo Casini durant la cérémonie, en reprenant les paroles prononcées par le pape Paul VI, à l’occasion de la Journée mondiale pour la paix, le 1 janvier 1977.Ce même concept a été exprimé par Mère Teresa de Calcutta, en 1979, au moment où elle recevait le Prix Nobel pour la paix. Elle a dit : « Si nous acceptons qu’une mère puisse supprimer le fruit de son sein que nous reste-t-il ? Le principe de l’avortement met en danger la paix dans le monde ».Hélas, a commenté Carlo Casini, aujourd’hui en Europe, on compte beaucoup plus d’un million d’interruptions volontaires de grossesses par an. C’est la raison pour laquelle Jean Paul II, en s’adressant aux évêques du continent, en 1985, parla de « défaite de l’Europe ».Dans ce contexte, le Prix européen pour la vie remis aux mamans d’Europe est un regard vers l’avenir, car sans enfants, a dit Carlo Casini, il n’y a pas d’avenir et parce qu’ « un nombre incalculable de mères d’Europe, en silence, répandent et encouragent ces valeurs que l’Europe proclame, mais souvent trahit ».(...)