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Au chevet de Notre Dame comme au chevet d’une mourante…

Par Jeanne Smits (Le blog de jeanne Smits) — Photo (rognée) : LeLaisserPasserA38/Wikimedia Commons

Au chevet de Notre Dame comme au chevet d’une mourante, les Français sont redevenus ce qu’ils sont, une famille. Le silence unit les cœurs, angoissés. Passera-t-elle la nuit ? L’ont-ils assez aimée ? Ont-ils su lui dire combien elle était belle ? Ont-ils pensé à lui rendre visite, à cette vieille Dame, expression de la foi et de l’amour de tout un peuple — et en cela toujours rayonnante de jeunesse et de splendeur ?

Comme au chevet d’une mourante, ils ont laissé couler leurs larmes. Ils ont prié — et c’était la jeunesse qui priait, à genoux, le chapelet à la main, les mots des cantiques anciens et nouveaux sur les lèvres. Elle n’allait pas partir, n’est-ce pas ? Elle n’allait pas laisser Paris sans sa figure de Mère tutélaire ? Et la Sainte Couronne ? Cette coiffe de Roi, ces cruels roseaux tressés qui jadis lacéraient la Face du divin Fils de Marie, aujourd’hui source de grâce parce qu’elle fit couler son Sang adorable… serait-elle dévorée par les flammes ? Et les statues, et toutes ces merveilles rappelant à la France qu’elle est d’une famille baptisée, qu’elle est toujours une famille baptisée ?

Comme au chevet d’une mourante, on s’est souvenu des joies de Notre Dame. Soudain, une nation s’est rappelé quelle est sa culture. Sa richesse. Son âme… Quand l’être cher disparaît, on pense au bien qu’il fit, au vide qu’il laisse, à l’au-delà qu’il rejoint. On se serre. On se retrouve.

En brûlant, Notre Dame de Paris, cet être de pierres et de bois, de bronze et de verre, a embrasé le cœur des foules, et les foules ne se sont pas déchaînées. Elles ont, peut-être malgré elles mais sûrement grâce à Marie, renoué avec ce qui a civilisé, cimenté, amendé leur nature déchue.

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Photo prise le 16 avril 2019 par ©Jérôme Triomphe.

La mourante était-elle de toute façon déjà morte, faite de pierres mortes et de bois morts et de matières minérales qui jamais ne connurent la vie ? Non ! Car elle était le cadeau de tout un peuple à sa Mère, à sa Reine, et en son cœur — le tabernacle — battait le Cœur de Celui qui est la Vie. Depuis des siècles.

Non ! Tout n’est pas perdu en France, puisque les pompiers et leur aumônier, ce héros, ont bravé tous les dangers pour aller mettre à l’abri non seulement les riches trésors du Trésor de Notre Dame, mais aussi les humbles hosties consacrées, qui sont ici-bas notre bien le plus précieux. Notre Dame est un écrin de beauté, mais plus encore elle est l’écrin de cette Vérité qu’elle enserre et qu’elle montre. Elle est témoin, familière et proche, majestueuse et tout offerte à ce qui nous dépasse. Elle est lieu du Sacrifice et lieu du Salut. Au kilomètre zéro de la France, elle est aussi le début du chemin vers le Ciel.

Alors, en ce Lundi Saint, les Français ont retenu leur souffle : des Français redevenus France. De partout dans le monde venaient les messages saluant — en fait — le rayonnement de la Fille aînée de l’Eglise dont la capitale — malgré elle sans doute, mais vraiment — est centrée sur le Christ, à travers sa Mère.

Et la mourante n’est pas morte. Elle est abîmée mais debout. Les portes préservées de Notre Dame de Paris se sont ouvertes dans la nuit sur sa nef restée vaillante, son maître autel, intact, les grandes orgues, sauvées ; sa grande croix dorée brillait, paisible, sous les projecteurs, sa Vierge médiévale veillait toujours, royale, tandis que dehors les jeunes de France invoquaient encore la Mère de Dieu. Même le coq, la girouette au sommet de la flèche, a eu le bon goût d’aller s’écraser à l’abri. Il est vrai qu’il contient une épine de la Sainte Couronne, une relique de saint Denis et une autre de sainte Geneviève.

Marie si délicate — avec l’aide de la foi des priants et du courage des pompiers — a préservé la merveille gothique construite en son honneur, et, bonne Mère, continue de l’offrir à ses enfants. Ses cloches toutes neuves — à l’échelle des siècles — n’ont pas souffert. Ses voûtes sont à peine ébranlées – 48 heures de soins intensifs, et elles seront tirées d’affaire, espère-t-on. La grisaille ne s’est pas définitivement abattue sur Notre Dame, jadis lumineuse et colorée comme une miniature du Moyen-âge : ses rosaces, ses vitraux les plus anciens ont incroyablement résisté à la chaleur de la fournaise. Miracle ? Je ne sais. Je pense bien que les anges ont pu les garder de leurs ailes, puisque le peuple était à genoux…

Marie si pédagogue a clôturé le Grand Débat. Elle a fait taire les hommes et leurs intérêts mesquins. Elle a montré — un rien joueuse — que l’argent public, l’argent des Français, doit servir au bien commun et mieux encore, à la plus grande gloire de Dieu. Et si possible de plein gré, généreusement, sans se tromper de priorité ! La souscription nationale sera l’élan d’une nation, le vote avec le porte-monnaie plutôt que le référendum d’initiative citoyenne. L’adhésion à la France immortelle plutôt que le financement de son déclin…

Cela fait trop longtemps que les Français paient pour la mise à mort de leurs tout-petits, la corruption de leur jeunesse, la déchristianisation de leur terre. Ils ont regardé, et avec quelle affection, Notre Dame, la mourante qui ne voulut pas mourir ; qu’ils contemplent maintenant Marie et l’Enfant donné depuis la crèche jusqu’à la croix. Et tout le reste leur sera donné par surcroît.

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