
Par Jonathon Van Maren — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Freepik
11 novembre 2025 (LifeSiteNews) — Une décennie après que Santé Canada ait approuvé l’utilisation du médicament abortif RU-486 (plus connu sous le nom de mifépristone) et huit ans après que le produit abortif soit devenu disponible en janvier 2017 sous le nom de Mifegymiso, l’avortement chimique a transformé l’accès à l’avortement au Canada – et les militants font pression pour aller encore plus loin.
Le Mifegymiso est prescrit pour mettre fin à la vie d’un enfant à naître jusqu’à neuf semaines de gestation ; un groupe pro-avortement militant a fait remarquer que les médecins pouvaient également « le prescrire hors indications approuvées jusqu’à 10 semaines de gestation ». Selon une étude publiée en avril par l’Association médicale canadienne, l’accès aux « services d’avortement » a augmenté en Ontario, mais elle indique également que, à l’inverse, « les services d’avortement chirurgical ont diminué ».
L’avortement chimique devenant une méthode peu coûteuse et pratique pour tuer les enfants à naître, de moins en moins de médecins sont disposés ou enclins à pratiquer l’avortement chirurgical. La suppression des réglementations, qui facilite la délivrance de la pilule abortive en pharmacie, y a contribué ; l’étude de l’AMC indique que l’accès à l’avortement est passé de 27 % en 2017 à 91 % en 2022, les avortements chimiques représentant 56 % des avortements en 2022, contre seulement 8 % en 2017.
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Étrangement, cela n’a pas été le cas partout. Une étude publiée dans The Lancet indique que seulement 17 % des avortements au Québec sont chimiques, et que ce chiffre est également beaucoup plus faible en Alberta, mais que partout « l’accès local aux services d’avortement chirurgical a diminué, passant de 22 % en 2017 à 18 % en 2022 ». Au Nouveau-Brunswick, cependant, 68 % des avortements ont été pratiqués par Mifegymiso en 2022.
Par ailleurs, la CBC a publié un reportage, sur « l’accès à l’avortement » au Nouveau-Brunswick, où l’on y exprime de la frustration face au déclin des services d’avortement chirurgical, alors même que la pilule abortive rend l’avortement plus accessible. Le reportage ne mentionne pas que la pilule abortive est extrêmement dangereuse non seulement pour l’enfant à naître, mais aussi pour la mère.
« Un an après que le gouvernement du Nouveau-Brunswick ait supprimé la dernière restriction légale à l’accès à l’avortement chirurgical, il n’y a pas eu de réel changement dans le nombre de lieux où ce service est disponible », note le reportage. « Trois hôpitaux dans deux villes offrent toujours ce service, mais aucune clinique en dehors des hôpitaux n’a profité du changement réglementaire du 7 novembre 2024. »
En fait, le ministre de la Santé, John Dornon, a déclaré que les médecins qui avaient précédemment manifesté leur volonté de « proposer » l'avortement étaient désormais « moins intéressés ». Selon M. Dornon : « Ils ne se sont pas manifestés pour dire « Nous voulons commencer à le faire », et donc s'ils le font, nous sommes prêts à les soutenir, mais la communauté des médecins qui le feraient ne nous l'a pas demandé jusqu'à présent. » Comme on pouvait s'y attendre, les militants pro-avortement présentent cela comme un problème ; lorsque la première ministre Susan Holt a abrogé une partie d'un règlement provincial limitant le financement des avortements par l'assurance maladie aux hôpitaux, ils espéraient voir apparaître une clinique d'avortement indépendante.
Selon la CBC, le Nouveau-Brunswick « a remboursé 724 factures pour la prescription [de pilules abortives] en 2020-2021, un chiffre qui est passé à 1 224 l'année dernière » et qui « devrait dépasser les 1 300 en 2025 ». Le taux d'avortement lui-même n'augmente pas, contrairement à l'utilisation de la pilule abortive. Malgré cela, la conclusion des militants pro-avortement est la même : l'accès à l'avortement doit être amélioré et accru ; ils s'inquiètent du compromis entre l'accès à l'avortement chimique et la diminution consécutive de la disponibilité de l'avortement chirurgical.
Global News avertissait plus tôt cette année que les cliniques d'avortement pourraient connaître des difficultés et que « certaines d'entre elles sont en train de fermer ». Il y a un peu plus d'une semaine, la clinique Elizabeth Bagshaw de Vancouver a annoncé qu'elle fermait ses portes après 35 ans d'activité. Abortion Care Canada a dû réduire de 75 % son programme d'aide directe aux clientes le 1er avril. La seule clinique du Nouveau-Brunswick qui pratiquait des avortements chirurgicaux en dehors des hôpitaux a fermé ses portes en 2024.
En bref, les médecins canadiens délèguent de plus en plus la pratique de l'avortement aux pharmaciens et refusent d'offrir eux-mêmes ces services.