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L’euthanasie par injection létale pourrait-elle être terriblement douloureuse ?

Par Alex Schadenberg (Coalition pour la prévention de l’euthanasie) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Shutterstock

Je tiens à signaler que le fait qu’une euthanasie soit douloureuse ou non ne change rien en soi à la question morale de l’euthanasie — ou qu’il est mal de tuer quelqu’un parce qu’il souffre. Par contre, de démontrer qu’au fond les pro-piqûre-finale ne se soucient par de savoir si l’euthanasie qu’ils promeuvent est aussi « douce » qu’ils le prétendent démonte leur principal argument — qui par ailleurs ne vaut pas un clou. — A. H.

Que vous soyez contre ou pour la peine de mort, ces décès par injection létale sont observés et font l’objet de recherches, alors que les décès par euthanasie ne le sont pas.

Au Canada, les décès par euthanasie (l’Aide médicale à mourir — AMM) sont observés par le biais d’un système d’autodéclaration, dans lequel la personne qui approuve le décès est souvent la même que celle qui l’exécute et qui le déclare. Ce système d’autodéclaration permet aux abus de la loi et aux problèmes liés aux décès par euthanasie de rester inconnus.

Les décès par injection létale liés à la peine de mort sont souvent observés par les médias et font généralement l’objet d’une autopsie, ce qui permet aux chercheurs de déterminer si la personne décédée a souffert ou non au cours du processus.

Un article d’Austin Sarat, publié le 23 mars 2021 dans The Verdict, examine l’échec des décès par injection létale dans le cadre de la peine capitale.

Cette question me préoccupe car les médicaments utilisés pour l’injection létale dans le cadre de la peine capitale sont identiques ou similaires à ceux utilisés pour l’euthanasie.

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M. Sarat écrit :

Depuis son adoption par l’État de l’Oklahoma en 1999 jusqu’en 2009, l’injection létale n’a signifié qu’une chose, la mort par l’administration d’un cocktail standard de trois médicaments : le thiopental de sodium, un « barbiturique à action ultrarapide » pour anesthésier le détenu ; le bromure de pancuronium, un produit causant une « paralysie chimique », pour asphyxier le détenu ; et le chlorure de potassium, pour arrêter le cœur. En 2009, tous les États pratiquant la peine de mort utilisaient cette même combinaison de médicaments.

Dix ans plus tard, aucun État ne l’emploie plus. À la place, les condamnés sont exécutés avec une grande variété de nouvelles combinaisons de médicaments.

Sarat explique :

Mes collaborateurs de recherche et moi-même avons examiné chaque exécution américaine au cours de la dernière décennie. Nous avons constaté qu’à mesure que le paradigme se décomposait, le nombre de problèmes rencontrés lors des exécutions par injection létale se multipliait.

De toutes les techniques utilisées pour mettre à mort des personnes aux États-Unis au cours du XXe et au début du XXIe siècle, en 2010 l’injection létale s’était déjà révélée être la plus problématique. Depuis lors, les choses n’ont fait qu’empirer.

Sarat met en lumière les problèmes liés à la mort par injection létale :

Tout d’abord, au cours de la dernière décennie, dans plus de huit pour cent des injections létales, les bourreaux ont eu du mal à trouver des veines appropriées pour poser des perfusions.

Nous avons également constaté que le processus d’injection létale lui-même ne produit pas toujours une mort indolore. Dans le cas de près de cinq pour cent des injections létales de la dernière décennie, les détenus ont indiqué verbalement qu’ils ressentaient de la douleur pendant leur exécution.

L’un de ces détenus était Anthony Shore, qui a été exécuté au Texas le 18 janvier 2018. Peu après le début de son exécution par pentobarbital, Shore a crié : « Je peux sentir que ça brûle. Ça brûle ! » Il s’est ensuite agité sur le brancard et a lutté pour respirer, avant de mourir 13 minutes plus tard.

Autre signe de l’inhumanité de l’injection létale, une enquête menée par NPR en septembre 2020 a révélé des signes d’œdème pulmonaire — présence de liquide remplissant les poumons — dans 84 % des 216 autopsies après injection létale qu’il a révisées. Les poumons des détenus s’étaient remplis de liquide alors qu’ils continuaient de respirer, ce qui les a fait suffoquer comme s’ils se noyaient.

Les recherches de Sarat suggèrent qu’entre 2010 et 2020, 3,7 % des exécutions par combinaison de barbituriques ont été bâclées, contre plus de 22 % des exécutions par combinaison de sédatifs.

Sarat conclut en déclarant :

Au cours de la dernière décennie, de nouveaux médicaments et cocktails de médicaments ont peut-être permis à la machine de mort de continuer à fonctionner. De nouvelles procédures ont pu donner au processus d’injection létale, de plus en plus déréglé, un vernis de légitimité. Mais aucun de ces changements n’a réglé son sort ni réparé ses épineux problèmes.

Nous devrions maintenant le savoir : malgré tous les efforts, l’injection létale continue d’être la méthode d’exécution la moins fiable, la plus problématique des États-Unis.

Cette article est le fruit d'une recherche en collaboration avec cinq étudiants du Amherst College, Mattea Denny, Nicolas Graber-Mitchell, Greene Ko, Rose Mroczka et Lauren Pelosi.

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