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Cardinal Robert Sarah : Humanæ Vitæ, voie de sainteté

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Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements.

Billet de blogue d’Augustin Hamilton (Campagne Québec-Vie) — Photo : Katolikus Vàlasz

C’est le titre de la conférence donnée par le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements à l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan, le 4 août dernier pour les 50 ans d’Humanæ Vitæ. Le Cardinal Sarah y fait l’éloge du courage de Paul VI et de sa puissante encyclique qui « n’est pas un simple document disciplinaire, une simple condamnation de la contraception ; beaucoup plus profondément, Humanæ Vitæ est une invitation à la sainteté conjugale ».

Vidéo de la conférence du cardinal Robert Sarah, également disponible sur le site Fécondité.org :

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Le texte de la conférence est quelque peu différent de la conférence elle-même, le cardinal Sarah ayant sans doute cité des textes à part, comme le journal intime du Pape Paul VI. Extrait du texte de la conférence dont l’intégralité est disponible sur le site Fécondité.org :

Introduction

Il y a exactement 50 ans le Pape Paul VI a signé sa dernière et plus importante Lettre Encyclique, Humanæ Vitæ. C’était le 25 juillet 1968. Si l’on replace cet enseignement du Bienheureux Paul VI dans son contexte historique, on mesure quel courage, quelle grande foi en Dieu et quelle docilité à l’Esprit-Saint, il a fallu au Pape pour oser un tel acte. Alors que de nombreux théologiens, et parfois même des évêques le poussaient à mettre l’Église à la remorque du monde et des médias, le Pape a rappelé avec force que l’Église ne peut enseigner autre chose que ce qu’elle a reçu du Christ : la vérité révélée, qui est la seule voie de bonheur et de sainteté pour les hommes.

Ainsi, malgré la tempête qu’a suscité Humanæ Vitæ, nous pouvons voir de nos yeux combien puissamment l’Esprit Saint a assisté et soutenu l’Office Pétrinien : au milieu d’un monde rendu esclave et dominé par les perversions de la révolution sexuelle, abandonné et isolé par beaucoup de cardinaux, évêques et théologiens, Pierre s’est tenu seul et Pierre est resté fort. Non seulement Paul VI a réaffirmé la doctrine historique et apostolique, mais il s’est surtout montré immensément prophétique. Cinquante ans après sa publication, cet enseignement magistériel manifeste non seulement sa vérité immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté. Les passages suivants de l’Encyclique ne prévoyaient-ils pas exactement la perversion sexuelle que nous vivons aujourd’hui et la dictature des Autorités gouvernementales Nord-Européennes libérales qui déstructurent et démolissent la famille, légalisent et promeuvent la contraception et l’avortement :

« On peut craindre aussi que l’homme en s’habituant à l’usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l’équilibre physique et psychologique de celle-ci, n’en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée. » (HV 17)

« Il n’est pas besoin de beaucoup d’expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes — les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point — ont besoin d’encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu’il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l’observance. » (HV 17)

« Qu’on réfléchisse aussi à l’arme dangereuse que l’on viendrait à mettre ainsi aux mains d’autorités publiques peu soucieuses des exigences morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d’appliquer à la solution des problèmes de la collectivité ce qui serait reconnu permis aux conjoints pour la solution d’un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d’imposer à leurs peuples, s’ils le jugeaient nécessaire, la méthode de contraception estimée par eux la plus efficace ? Et ainsi les hommes, en voulant éviter les difficultés individuelles, familiales ou sociales que l’on rencontre dans l’observation de la loi divine, en arriveraient à laisser à la merci de l’intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l’intimité conjugale. » (HV 17)

Paul VI n’a pas pu se taire, la grâce du successeur de Pierre lui a donné le courage de parler avec clarté et fermeté. Il n’a pas pu en faire autrement car il en va de la Révélation, du message du Christ. Il n’a pas pu se taire car ce qui est en jeu dans l’encyclique Humanæ Vitæ, c’est, ni plus ni moins, la sainteté des couples chrétiens.

I — Lucidité prophétique

En résistant à la pression médiatique et mondaine, Paul VI a posé un acte prophétique. Non seulement parce qu’il a, en quelque sorte, anticipé les découvertes scientifiques les plus récentes sur la nocivité des contraceptifs chimiques pour la santé humaine. Mais bien plus profondément parce qu’en portant la lumière de Dieu sur la vie conjugale, il a mis en valeur une voie de sainteté.

Je voudrais aujourd’hui insister sur cet aspect de l’encyclique Humanæ Vitæ, en la relisant en particulier à la lumière des grands textes de saint Jean-Paul II qui en sont l’interprétation authentique. Il nous faut prendre conscience que Humanæ Vitæ n’est pas un simple document disciplinaire, une simple condamnation de la contraception ; beaucoup plus profondément, Humanæ Vitæ est une invitation à la sainteté conjugale, à une manière de vivre la vie de couple et la responsabilité de parents selon le dessein de Dieu.

En cela Paul VI est vraiment comme un prophète qui invite le Peuple de Dieu à la conversion. Il nous invite, il vous invite, vous, foyers chrétiens, à la communion avec Dieu.

II — Une erreur de perspective

Le refus d’Humanæ Vitæ, la méfiance vis à vis de cet enseignement vient souvent d’une erreur de perspective. On entend souvent dire : « la règle de l’Église est dure », ou « L’Église manque de miséricorde » ou encore « la règle est impossible à observer dans les faits ».

Comme si, Paul VI, en condamnant la contraception, avait arbitrairement décidé du permis et de l’interdit. Il y a là une erreur fondamentale ! Paul VI n’a pas, « un beau jour », décidé d’interdire la contraception, par pur caprice ou volonté d’imposer une opinion personnelle. C’est vraiment, après quatre longues années d’étude, de réflexion, de consultation, de lecture de documents scientifiques de qualité sur la question, après avoir longuement prié et s’être totalement livré à l’Esprit Saint, et mu par le sentiment aigu de sa grave responsabilité de père et de pasteur devant Dieu, devant l’Eglise et devant l’humanité, absolument fidèle à sa foi catholique et docile au magistère pérenne de l’Eglise, que Paul VI a pris la décision d’expliquer les circonstances et les raisons qui l’ont motivé à rappeler l’enseignement ferme de l’Eglise.

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