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Obstination euthanasique : nouvel arrêt de mort pour Vincent Lambert


Vincent Lambert.

Par Jeanne Smits (reinformation.tv)

C’est au nom du refus de « l’obstination thérapeutique » qu’une équipe collégiale dirigée par le Dr Vincent Sanchez du CHU de Reims — et en définitive, lui seul, ainsi le veut la loi Leonetti-Claeys — vient de signer un nouvel arrêt de mort à l’encontre de Vincent Lambert, après avoir été saisie par le demi-neveu de ce dernier. François Lambert, favorable à l’euthanasie dite « passive » (qui est une euthanasie à part entière, puisqu’il s’agit d’actes d’omission en vue d’obtenir la mort) a pris dans ce dossier une place démesurée. Et au bout du compte, c’est à un autre acharnement qu’on a abouti : l’obstination euthanasique qui est inscrite dans la loi française. Et que les évêques de France, dans un texte qui dénonce avec justesse la tentation de la mort assistée, n’ont pas jugé utile de dénoncer…

Avant d’entrer dans le vif du sujet, comment ne pas penser avant tout aux proches de Vincent — deux de ses frères et sœurs, son père Pierre et surtout sa mère Viviane qui se battent depuis 2013 pour qu’on ne lui inflige pas la mort en le privant de nourriture et surtout d’hydratation. Le Dr Sanchez, osant prétendre que le recours qu’ont annoncé leurs avocats ne serait pas suspensif, a donné une date et une méthode. 10 jours, pas un de plus, à compter de la notification de la décision : c’est à ce moment-là qu’il compte, en application des dispositions nouvelles de la loi Leonetti 2, endormir Vincent au moyen d’une sédation profonde et sans retour, et le bombarder d’analgésiques, jusqu’à ce qu’il meure de déshydratation.

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Nouvel arrêt de mort, nouvel arrêt de soins

Cet horrible compte à rebours est en soi le signe de ce qui ne va pas dans la loi. Comme la date d’exécution annoncée au prisonnier dans le couloir de la mort, il prouve que la fin de vie résulterait ici d’une décision, d’une organisation humaine. Pour les innocents, l’humanité a toujours cru que tant qu’il y avait de la vie, il y avait de l’espoir. En retirant à un malade ou à un handicapé (car Vincent Lambert n’est pas malade) les soins ordinaires indispensables à toute vie humaine, on casse délibérément cet espoir. Et en définitive, on tue sur commande, sur injonction d’un homme en blouse blanche à qui l’on reconnaît un droit de vie et de mort sur son semblable.

Il n’y a même plus l’excuse de la petitesse, de cette ignorance qu’on peut feindre face à l’enfant à naître qu’il est possible d’éliminer librement au cours des trois premiers mois d’une grossesse en prétendant qu’il ne s’agit que d’un « amas de cellules ». Vincent est un homme qui vit, qui est entouré de l’affection d’au moins une partie de ses proches, dont les fonctions corporelles sont à peu près normales en dehors de problèmes liés au fait qu’il est toujours couché ; dont le cerveau est atteint mais dont des médecins ont affirmé qu’il pouvait ressentir plaisir ou douleur, confort ou inconfort. En définitive, pourtant, il est légalement considéré comme un amas de cellules lui aussi ; Vincent Lambert n’a plus droit à la protection dont est censée jouir la vie humaine, et ce pour deux raisons.

La première, c’est qu’on se pose des questions sur son état de conscience, en faisant observer qu’il n’a pas été possible d’établir avec lui un code quelconque de communication. Et tant pis si quelque 25 experts ont attesté que pris en charge dans une unité spécialisée, Vincent Lambert pourrait, entouré des soins adaptés à son état, réapprendre à manger par la bouche et arriver à une communication, fût-elle ténue, avec ses proches. L’équipe du CHU de Reims, Dr Sanchez en tête, prétend que cela est impossible. Elle a refusé, comme le rappelle Me Jérôme Triomphe dans l’entretien qu’il a accordé lundi à RITV, de visionner les vidéos montrant que Vincent a retrouvé le réflexe de déglutition perdu à la suite des lésions qu’il a subies au cerveau il y a neuf ans.

Vincent Lambert n’a jamais bénéficié de la prise en charge qui aurait pu améliorer son état

A chaque évaluation de l’état de Vincent menée en accord avec l’équipe de Reims, les choses se sont passées dans les pires conditions possibles pour lui, avec des médecins qu’il ne connaissait pas et avec qui il n’était pas en confiance, quand ce n’était pas dans un environnement dont il n’avait pas l’habitude. Il faut le dire et redire : Vincent Lambert est hospitalisé depuis des années dans un centre de soins palliatifs où sont parqués des cérébro-lésés, et pris en charge par un médecin gériatre. Bref, un lieu où il est impossible de lui prodiguer les meilleurs soins dont il a besoin.

Mais fût-il enfermé sans retour dans un état dit végétatif, cela n’autoriserait toujours pas de lui ôter délibérément la vie. Une lecture exacte de la loi Leonetti-Claeys n’est pas loin de l’imposer, cependant, puisqu’elle oblige le corps médical à ne pas recourir à l’obstination déraisonnable en ordonnant explicitement de cesser dans ce cas de figure les soins ordinaires comme l’alimentation et l’hydratation, artificiellement promus au rang de « traitements ».

Cette histoire de sédation est remarquable en elle-même. Si on décide de tuer quelqu’un parce qu’il est inconscient, pourquoi prendre la peine de lui administrer des médicaments pour qu’il ne ressente rien quand son organisme, privé de l’eau indispensable à la vie, subira les effets dévastateurs de la soif ? Par précaution, nous dira-t-on. On ne sait jamais…

L’obstination thérapeutique déduite de l’inconfort du patient

La deuxième raison invoquée par le Dr Sanchez relève de l’inconfort manifesté selon lui lors des soins, particulièrement lors des soins intimes qui seraient insupportables à Vincent Lambert du fait d’événements propres à son histoire personnelle. Lors de sa rencontre, lundi, avec les proches de Vincent, le médecin a insisté sur les détails de soins désagréables pour son patient. On en déduit que la décision de mort se justifie par la pénibilité de certains actes de nursing. Mais au-delà du caractère ahurissant de cette argumentation, au demeurant rejetée par le Conseil d’Etat qui a refusé de voir dans un prétendu « refus de soins » la volonté de ne plus vivre, cela voudrait dire que Vincent est bien conscient au moins de cela, imprimant dans ses réactions ce qui le caractérise dans sa personnalité. (Réactions décryptées sans hésiter par le médecin qui refuse dans le même temps aux parents la capacité de percevoir les réactions de leur fils.) Un « légume », Vincent ? Tout bien considéré, on justifie l’arrêt des soins qui le maintiennent en vie justement parce qu’il n’en est pas un.

La contradiction est évidente : elle témoigne avant tout d’une volonté idéologique de passer à l’acte. Pourtant, au sein de l’équipe soignante, au moins un médecin a changé d’avis au cours de la procédure : le Dr Ana Oportus a fait savoir lors de la précédente réunion avec les proches de Vincent dans le cadre de cette quatrième procédure collégiale qu’elle était désormais opposée à l’arrêt de soins… Mais la loi Leonett-Claeys est claire : c’est le médecin chargé du dossier et lui seul qui décide, seul. Sanchez a pris la peine de le souligner.

L’obstination dans la voie de l’euthanasie : Vincent Lambert prisonnier d’un système

Lundi, on a même expliqué aux parents de Vincent que son isolement dans une chambre fermée à clef où l’on n’entre que sur autorisation personnelle limitée et en déposant sa carte d’identité, à heures fixes — c’est le régime carcéral qu’on impose à Pierre et Viviane Lambert pour la prétendue protection du patient — qu’il n’aurait pas aimé cela. Encore un argument pour lui ôter la vie en guise de libération.

Ce qui frappe encore, dans toute cette affaire, ce sont des fréquentes protestations de doute, d’incertitude et de questionnement du Dr Sanchez qui y voit la grandeur de sa mission. Jeu de décryptage de la volonté et des intentions d’un homme qui, par le jeu de l’administration hospitalière, lui a été confié… En fait, on ne sait pas. On ne sait pas ce qu’aurait voulu Vincent (à supposer que l’on puisse admettre de près ou de loin qu’on précipite vers la mort un homme qui n’est nullement en fin de vie). On admet que l’administration de la nourriture ne lui est pas spécialement pénible, et même qu’elle remplit exactement sa fonction, qui ne saurait être de rendre la santé ou d’éliminer le profond handicap dont il souffre, mais qui consiste simplement à lui conserver l’état de vie qui est le sien, diminué sans doute, mais réel.

Tout cela est enrobé, bien sûr, d’une apparente bienveillance et d’un souci affirmé d’agir pour le bien du patient, même si celui-ci n’a pas son mot à dire. Et aux termes de la loi Leonetti-Claeys, c’est le médecin qui en décide, seul, mais fortement poussé par le contexte de la loi à choisir l’option de la mort.

L’euthanasie n’est plus une décision de l’individu, mais d’une autorité

Ces mises à mort « bienveillantes » se multiplient décidément dans le monde : que ce soient des nouveau-nés lourdement handicapés, des vieillards déments, des polyhandicapés incapables de s’exprimer, des médecins et de plus en plus des autorités administratives et judiciaires prennent désormais la décision d’arrêter de soigner et ce faisant de provoquer directement la mort. On a même l’impression que le cas de Vincent Lambert a été confisqué par le pouvoir politique, judiciaire et hospitalier comme une démonstration de force maquillée en souci de prendre en compte les probables, voire les « possibles » dernières volontés du patient.

En définitive et en résumé, on lui ôtera la vie parce qu’il apparaît comme un « corps souffrant ». Souffrance qu’il est hors de question de tenter d’alléger en transférant Vincent Lambert, comme le souhaitent ses parents, vers une unité spécialisée capable de l’atténuer…

Terrifiant critère : il présente collectivement la mort comme la seule solution possible à la pénibilité incontestable de la vie. Le champ est large.



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