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La suppression des droits parentaux — ou l’utopie de Platon au goût du jour


Statue de Platon.

Par Clémentine Jallais (reinformation.tv) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Wikimedia Commons

« Dans le livre V de La République, Platon expose une vision utopique de l’éducation des enfants. Ils seront enlevés à leur mère et élevés en communauté par des “gardiens” afin qu’ils ne connaissent jamais leurs parents. » C’est ainsi que commence un papier du site BioEdge. Son auteur, Michael Cook, fondateur de l’excellent Mercatornet, s’affole de la conjonction récente de deux articles, largement provocateurs, mais éminemment sérieux puisque issus de la sphère universitaire. On y évoque l’instauration de « politiques de licence parentale » ou l’établissement d’un « institut national d’élevage » pour ces chères têtes blondes…

Ces théories ne sont pas fumeuses. Elles ne sont pas tirées d’un inédit d’Aldous Huxley. Elles sont réelles, récentes, dans la lignée de plus anciennes du même métal, et c’est, sans doute, ce qui est le plus alarmant : la liberté des parents a déjà été grignotée, elle pourrait bien continuer à l’être. Il suffit de voir les interdictions progressives de l’école à la maison ou l’emprise de plus en plus brutale des services sociaux, et ce dans nombre de pays. Autrement dit, ces projets libertaires ne sont pas, ne sont plus invraisemblables.

Permis d’élever : la politique de licence parentale

L’article de Connor Kianpour, doctorant en philosophie, est paru en septembre dans le Journal of Ethics and Social Philosophy. Ce qui choque déjà, c’est le titre : « Les enfants ne vont pas bien : élargir le rôle de l’Etat dans la parentalité. » S’il voulait pouvoir évoquer un tel objectif, il fallait au moins que soit certifiée son assertion première… De quel droit, surtout vu son âge, peut-il affirmer que les enfants, au sens large, de tous pays, de tous milieux, de toutes familles, ne vont pas bien ?

La discussion devrait s’arrêter là. Néanmoins, il faut poursuivre car le jeu en vaut la chandelle.

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Connor Kianpour soutient, dans une perspective archilibertaire, que les parents n’ont aucun droit naturel d’élever leurs enfants. Et qu’ils doivent, dans les faits, prouver leur capacité, en obtenant un permis. Comme pour la chasse. Sauf qu’il n’est pas payant. Il consacre juste le fait que vous ferez, ou non, un parent responsable.

Et que signifie « responsable » ? Pas homophobe, pas raciste, pas sexiste. Etant entendu que les valeurs « occidentales » des droits de l’homme se sont commuées en interdits ciblés en faveur de communautés déterminées. « L’autorisation parentale, contrairement au soutien parental public et à la surveillance parentale, peut empêcher les enfants d’être élevés par des personnes intolérantes, telles que les racistes, les sexistes et les homophobes. »

La tolérance qui voudrait retirer des enfants à leurs parents

L’autorisation parentale, c’est un peu le niveau 3 de la politique invasive et totalitaire qui vise à retirer aux parents leurs droits. Elle devrait plutôt s’appeler « l’autorisation parentale étatique » puisqu’en définitive c’est l’Etat qui leur octroierait ce droit, c’est l’Etat qui les rendrait père et mère et non plus la nature.

Le niveau 2 est représenté parce ce que Connor Kianpour appelle « la surveillance parentale ». Une politique défendue par Jurgen de Wispelaere (ancien ergothérapeute devenu théoricien politique) et Daniel Weinstock, dans les années 2010 : « La proposition exige que les travailleurs sociaux et les professionnels de santé visitent régulièrement les ménages et évaluent comment les intérêts des enfants sont protégés et promus. » Le niveau 1 est l’idée d’un soutien public à la parentalité, via une série de programmes sociaux, parmi lesquels le congé parental payé, des services de garde d’enfants publics, des subventions publiques et des avantages fiscaux pour les parents.

Trois étapes de ce que Connor Kianpour appelle « une parentalité réglementée », mais qui passe d’une politique de soutien, au niveau 1, à une politique dramatiquement coercitive au niveau 3, puisque les parents seraient alors soumis à un jugement de type idéologique : selon lui, par exemple, les parents biologiques « fortement homophobes » sont inaptes à élever des enfants, car « il est peu probable qu’ils fournissent des soins affectifs aux enfants homosexuels, or il existe une chance non négligeable que l’enfant d’un homophobe soit gay »…

Les parents doivent être « tolérants, envers les personnes issues de milieux et de modes de vie différents » : c’est finalement la chose la plus importante, plus importante que le fait d’être élevé par son père et sa mère biologiques ! L’idée a déjà fait son chemin, puisque dans les processus d’adoption aux Etats-Unis, des couples ne sont pas autorisés à adopter ou à accueillir des enfants en raison de leurs opinions sur les questions LGBT.

L’Etat prend les rênes de l’éducation

Dans le même ordre d’idées, nous avons Ming-Jui Yeh, de l’Université nationale de Taiwan, qui affirme dans la revue Theoretical Medicine and Bioethics que les enfants non désirés devraient être élevés dans un « institut national d’élevage ». Seulement, ce n’est plus une question d’idéologie, c’est une question utilitaire.

Ming-Jui Yeh est pragmatique : le monde est en plein déclin démographique, et la société a besoin de sang neuf : « Je propose que les gouvernements accordent aux femmes enceintes et aux mères une chance unique, irréversible et inconditionnelle, de renoncer à tous leurs droits et obligations légaux associés à chacun de leurs enfants en dessous d’un âge spécifique à un Institut national d’éducation qui adopte les enfants et les élève jusqu’à l’âge où ils peuvent exercer pleinement leurs droits de citoyens adultes. »

Un projet qu’il juge « raisonnable, plausible et éthiquement préférable au statu quo »…

Dans chaque unité familiale, ils seraient liés les uns aux autres comme des frères et sœurs et ne connaîtraient pas leurs propres origines biologiques. Les « parents » légaux des enfants seraient, en somme, une abstraction de la République. Ming-Jui Yeh appelle ce genre d’orphelins à part entière « les Nouveaux Républicains » — un terrain de recrutement ad hoc pour la fonction publique et l’armée. En réalité, il s’agirait d’élever tous les sauvés de l’avortement et de remonter, par la « conservation » de ces enfants non désirés les taux de natalité dramatiques des sociétés occidentales.

Que ce soit chez Connor Kianpour ou Ming-Jui Yeh, une chose est certaine : les parents deviennent rapidement les grands absents.

Clémentine Jallais



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