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Cardinal Ouellet: nous pouvons baisser le taux d'avortement au Québec et au Canada de 50% sans pénalisation

L’essentiel du message du Cardinal Ouellet aujourd’hui est le suivant : 25-30,000 avortements par année au Québec c’est trop. Il y a beaucoup de gens, même plusieurs qui sont pour le « libre choix » en matière d’avortement, qui veulent voir ce chiffre diminuer. Le Cardinal fait le pari que nous pouvons, comme société, s’il y avait une volonté de travailler ensemble et de cesser de débattre inutilement et stérilement, baisser le taux d’avortement par 50 %, en mettant en place des programmes pour aider aux familles et aux femmes faisant face à des grossesses imprévues (moi j’ai estimé que cette diminution, même sans pénalisation de l’avortement, pourrait même frôler le 90 % de diminution — lire ici).

Je mettrais ma main au feu pour dire qu’il y a une importante pluralité, et sinon une majorité de québécois qui aimeraient voir diminuer le nombre d’avortements, qui constatent que l’avortement, geste énorme aux conséquences multiples, a été banalisé, et qu’il faudrait diminuer ce nombre d’avortements qui est présentement rendu à 30 000 (la population de la ville de Val-d’Or) par année. Comme faire? Voilà la question. 

Le Cardinal croit qu’il n’y a pas présentement de volonté politique pour légiférer. Je crois qu’il a raison, malheureusement. Donc comment avancer? Comme l’a dit le Cardinal : « la voie de la compassion est toujours ouverte. » Donc mettons-nous d’accord sur des moyens de venir en aide, de façon concrète, aux femmes et aux familles en difficulté. 

Améliorons : 

1) L’éducation sur les séquelles physiques et psychologiques de l’avortement.

2) Les programmes gouvernementaux et communautaires d’aide aux femmes en difficulté : pour que les travailleurs sociaux et autres aux CLSC et les DPJ et autres instances gouvernementales, pour que les paroisses et les églises aussi, donnent aux femmes et aux familles en difficulté de vrais choix. Un avortement ou un enfant dans la pauvreté sans logement, ce n’est pas un choix.

3) L’éducation sexuelle aux écoles et dans les paroisses et dans les familles. Aidons surtout les parents à éduquer leurs enfants en matière de sexualité. L’école ne peut pas tout faire.

4) Le recours à l’adoption. Il existe plusieurs options, même l’adoption ouverte où la mère biologique peut, si elle veut, entretenir des liens avec son enfant. (Voir ici pour un guide pour les parents biologiques)

D’autres idées? C’est le temps d’en parler. Comme on a dit : « le débat est ouvert »!

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Conférence de presse du Cardinal Marc Ouellet du 26 mai, texte intégral et vidéo

Une vidéo de la conférence dans son intégralité sur Radio-Canada.

Le texte du mot du Cardinal ("lettre ouverte") sur PDF ici, ainsi que celle de l'archévêque Prendergast ici (PDF).

 

 

 

 

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L’enseignement de l’Église sur l’avortement direct – un survol

Cet après-midi le Cardinal tiendra une conférence de presse à Québec en compagnie de l'archévêque d'Ottawa, le Monseigneur Terrence Prendergast. Certaines personnes se demandent si le Cardinal Ouellet enseigne bel et bien ce que l'Église enseigne en ce qui a trait à l'avortement. Pour aider à répondre à cette question, je fournis ci-dessous un résumé des enseignements de l'Église catholique sur l'avortement direct:

(Tiré du document : AVORTEMENT : CLARIFICATION DE LA CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, publié suite à un article publié dans L'Osservatore Romano par Mgr Rino Fisichella le 15 mars, 2009.)

La doctrine catholique concernant l’avortement est exposée aux numéros 2270-2273 du Catéchisme de l'Eglise catholique en ces termes :

« La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l'être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie (cf. CDF, instr. ‘Donum vitæ' 1, 1). Avant d'être façonné dans le ventre maternel, je te connaissais. Avant ta sortie du sein, je t'ai consacré (Jr 1, 5 ; cf. Jb 10, 8-12 ; Ps 22, 10-11). Mes os n'étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre (Ps 139, 15).

Depuis le premier siècle, l'Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n'a pas changé. Il demeure invariable. L'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale. Tu ne tueras pas l'embryon par l'avortement et tu ne feras pas périr le nouveau-né (Didaché 2, 2 ; cf. Barnabé, ep. 19, 5 ; Epître à Diognète 5, 5 ; Tertullien, apol. 9). Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l'homme doit s'en acquitter d'une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec soin extrême dès la conception : l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables (GS 51, § 3).

La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L'Église sanctionne d'une peine canonique d'excommunication ce délit contre la vie humaine. « Qui procure un avortement, si l'effet s'en suit, encourt l'excommunication latæ sententiæ » (CIC, can. 1398) « par le fait même de la commission du délit » (CIC, can. 1314) et aux conditions prévues par le Droit (cf. CIC, can. 1323-1324). L'Église n'entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l'innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société.

Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain innocent constitue un élément constitutif de la société civile et de sa législation : « Les droits inaliénables de la personne devront être reconnus et respectés par la société civile et l'autorité politique. Les droits de l'homme ne dépendent ni des individus, ni des parents, et ne représentent pas même une concession de la société et de l'état ; ils appartiennent à la nature humaine et sont inhérents à la personne en raison de l'acte créateur dont elle tire son origine. Parmi ces droits fondamentaux, il faut nommer le droit à la vie et à l'intégrité physique de tout être humain depuis la conception jusqu'à la mort » (CDF, instr. ‘Donum vitæ' 3).

« Dans le moment où une loi positive prive une catégorie d'êtres humains de la protection que la législation civile doit leur accorder, l'Etat en vient à nier l'égalité de tous devant la loi. Quand l'Etat ne met pas sa force au service des droits de tous les citoyens, et en particulier des plus faibles, les fondements même d'un état de droit se trouvent menacés... Comme conséquence du respect et de la protection qui doivent être assurés à l'enfant dès le moment de sa conception, la loi devra prévoir des sanctions pénales appropriées pour toute violation délibérée de ses droits » (CDF, instr. ‘Donum vitæ' 3)

Dans l'encyclique Evangelium vitae Jean-Paul II a réaffirmé cette doctrine par son autorité de Pasteur Suprême de l'Eglise : « Avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques - qui ont condamné l'avortement à différentes reprises et qui, en réponse à la consultation précédemment mentionnée, même dispersés dans le monde, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine -, je déclare que l'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d'un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l'Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel » (n. 62).

En ce qui concerne l'avortement pratiqué dans certaines situations difficiles et complexes, l'enseignement clair et précis du pape Jean-Paul II demeure : « Il est vrai que de nombreuses fois le choix de l'avortement revêt pour la mère un caractère dramatique et douloureux, lorsque la décision de se défaire du fruit de la conception n'est pas prise pour des raisons purement égoïstes et de facilité, mais parce que l'on voudrait sauvegarder des biens importants, comme la santé ou un niveau de vie décent pour les autres membres de la famille. Parfois, on craint pour l'enfant à naître des conditions de vie qui font penser qu'il serait mieux pour lui de ne pas naître. Cependant, ces raisons et d'autres semblables, pour graves et dramatiques qu'elles soient, ne peuvent jamais justifier la suppression délibérée d'un être humain innocent » (EncycliqueEvangelium vitae, n. 58).

Quant à la problématique de traitements médicaux déterminés afin de préserver la santé de la mère, il faut bien faire la distinction entre deux tenants et aboutissants différents : d'une part une intervention qui provoque directement la mort du fœtus, appelée parfois de manière inappropriée avortement « thérapeutique », qui ne peut jamais être licite puisqu'il s'agit du meurtre direct d'un être humain innocent ; d'autre part, une intervention en soi non abortive qui peut avoir, comme conséquence collatérale la mort de l'enfant : « Si, par exemple, la conservation de la vie de la future mère, indépendamment de son état de grossesse, requérait d'urgence une opération chirurgicale ou une autre action thérapeutique qui aurait pour conséquence accessoire, nullement voulue ou cherchée, mais inévitable - la mort de l'embryon, un tel acte ne pourrait plus être qualifié d'attentat direct à une vie innocente. Dans ces conditions, l'opération peut être licite, comme le serait d'autres interventions médicales similaires, pourvu toutefois qu'il s'agisse d'un bien de valeur élevée, comme la vie, et qu'il ne soit pas possible de renvoyer l'opération après la naissance de l'enfant, ni de recourir à un autre remède efficace (Pie XII, Discours au « Front de la Famille » et à l'Association des Familles nombreuses, 27 novembre 1951).

Quant à la responsabilité des responsables de santé, il faut rappeler les paroles de Jean-Paul II : « Leurs professions en font des gardiens et des serviteurs de la vie humaine. Dans le contexte culturel et social actuel, où la science et l'art médical risquent de faire oublier leur dimension éthique naturelle, ils peuvent être parfois fortement tentés de se transformer en agents de manipulation de la vie ou même en artisans de mort. Face à cette tentation, leur responsabilité est aujourd'hui considérablement accrue ; elle puise son inspiration la plus profonde et trouve son soutien le plus puissant justement dans la dimension éthique des professions de santé, dimension qui leur est intrinsèque et qu'on ne peut négliger, comme le reconnaissait déjà l'antique serment d'Hippocrate, toujours actuel, qui demande à tout médecin de s'engager à respecter absolument la vie humaine et son caractère sacré » (Encyclique Evangelium vitae, n. 89).

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Très intéressant, pour les médias qui peuvent y assister...

 Un communiqué de presse du diocèse de Québec--la conférence de presse est pour aujourd'hui à 13h30...

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Il n'y a jamais eu de débat sur l'avortement au Québec (article de Marilyn Paris, 25 ans)

Selon Marilyn Paris il n'y a jamais eu de vrai débat rationnel sur l'avortement au Québec. Il me semble qu'elle a malheureusement raison! Il est grand temps qu'il n'en ait un.

Voici son texte publié en version papier seulement dans le Nouvelliste de Trois-Rivières le 18 mai, 2010:

"Le beau temps avait réussi à me tenir éloignée de l'actualité. Malheureusement, comme toute bonne chose a une fin, les nouvelles ont fini par me rattraper dimanche soir. Après avoir entendu les propos de Mgr Ouellette en ce qui concerne l'avortement, j'ai été choquée, à tel point que la seule catharsis s'offrant à moi était d'écrire. J'ai été choquée, révoltée, indignée!... de la malhonnêteté crasse de la gent politico-féminiaque québécoise et de son chien de poche, le journaliste moyen.

Ce dernier d'ailleurs ne s'est pas donné la peine de creuser bien loin pour trouver un no-nosse de la "dissension catholique": suffit seulement d'aller voir M. l'abbé Gravel, ce bon curé, toujours à un cheveu de l'excommunication.

Que les choses soient claires. Il n'y a jamais eu de débat sur l'avortement au Canada. Il n'y a pas de lois qui régissent cet acte. Les seuls arguments des groupes de pro-choix, pro-mort, anti-vie sont à la fois pathétiques et hautement idéologiques. Quand tout ce que l'on trouve pour contre- argumenter le clan pro-vie est de répéter qu'il s'agit "d'aquis des femmes datant 40 ans", j'aimerais mieux entendre un nihiliste m'affirmer que la vie humaine n'a aucune valeur. Lui au moins aurait une cohérence interne."

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Le débat n'a jamais été fermé!

Un texte fort intéressant de Mme Claire Breton-Pachla d'Ottawa, que je reproduis ici avec sa permission:

À la défense du Cardinal Ouellet

Le Cardinal a été ridiculisé, conspué, moqué, hué, raillé et méprisé à la suite de ses propos récents sur l'avortement.

Or, le Cardinal a dit la vérité.

Doit-il maintenant, selon la chanson de Guy Béart, être exécuté ? C'est à tout le moins l'impression qu'on a devant la véhémence des réactions de notre "élite" nationale.

Dans ses discours récents, le Cardinal a simplement rappelé une petite vérité scientifique qui semble échapper totalement à nos idéologues, revêtus qu'ils sont d'un voile drôlement plus épais que la burqa. En effet, le Cardinal a essentiellement dit que la conception humaine produit toujours, invariablement et dans tous les cas - y compris le viol - un être humain. En effet, on sait que jamais une femme enceinte n'a donné naissance à un cadre de porte, à une roue de bessique, à une tondeuse électrique, à une branche de sapin, à un chien, à un chat ou à un rat... !

Pour qu'une femme fasse le choix (sic) de l'avortement, il faut qu'elle ait - consciemment ou non, et toujours sous la pression extrême des valeurs anti-vie promues par nos sociétés occidentales évoluées (sic) - il faut qu'elle ait, dis-je, nié l'humanité de l'être qu'elle porte. Il faut qu'elle ait d'abord "chosifié" l'enfant à naître pour pouvoir vivre avec sa conscience après l'avortement. Et les conseillers en traumatisme post-avortement savent à quel point les femmes qui ont subi un avortement peuvent être hantées par l'humanité du bébé avorté !

C'est à cette "chosification", erreur grave de conséquence car elle débouche forcément sur un crime, que le Cardinal s'en prend, et non aux femmes qui se font, ou se sont fait avorter. Il est une distinction capitale que les Catholiques connaissent bien : condamner le péché, et non le pécheur (saint Augustin). C'est exactement la distinction employée par le Cardinal. Peut-être M. Dubuc pourrait-il d'ailleurs en faire l'objet d'une de ses prochaines méditations.

Le Cardinal a simplement fait son devoir, même si, aux yeux de la ligue sacrée des bien-pensants, il a commis, entre autres péchés mortels contre la modernité, celui d'être "débranché de la réalité des femmes". Or, ce n'est pas le mouvement pro-vie qui est débranché de la réalité des femmes; c'est le lobby anti-vie qui débranche les femmes de leur humanité et de celle de l'enfant à naître. C'est le lobby anti-vie qui aliène les femmes, les rendant étrangères à elles-mêmes, en les poussant, au nom d'un droit qui n'en est pas un, à mettre fin, en total désespoir de cause, à la vie qui bat en elle.

Quant à nos politiciens et juristes pusillanimes, ils font tout ce qu'ils peuvent pour éviter d'avoir à examiner, dans ce débat, la seule question essentielle, qui est non celle d'un choix (sic) supposé, mais bien plutôt celle de la nature même du fruit de la conception humaine. Ils sont en cela les dignes successeurs d'un grand personnage public reconnu depuis 2000 ans pour la propreté de ses mains...

Rouvrir le débat sur l'avortement ? Mais voyons, arrivez en ville; il n'a jamais été fermé !

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Le débat n'est pas clos

Tant que perdura l'injustice contre l'enfant à naître, le débat sur l'avortement ne sera jamais clos, au grand dam des groupes de pression et des soi-disant "élites" du Québec. 

En fin de semaine j'ai écrit un billet sur un article surprenant de Marie-Claude Lortie.

Voici un billet de Norman Lester qui démontre que le débat sur l'avortement prendra de l'ampleur dès que la population sortira de son ignorance quand à ce qu'est véritablement l'avortement et les séquelles pour les femmes.

Il faut s'informer.

Le billet de M. Lester.

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Peut-on être contre l'avortement ET contre la pénalisation de l'avortement?

Je viens de m’apercevoir, par l’intermédiaire du site de Carl Bergeron, de l’article daté du 15 mai de Marie-Claude Lortie, chroniqueure à la Presse, qui, par son honnêteté intellectuelle rend finalement possible un débat de fond sur l’avortement au Québec. Il rend possible ce débat parce que pour une fois nous entendons une personne qui est contre la pénalisation de l’avortement mais qui, usant d’arguments rationnels, tente quand même de façon charitable et sérieuse de rejoindre ses opposants.

En fait, Mme Lortie se dit même contre l’avortement, qu’elle qualifie de « terrible et terrifiant. » Toutefois, même si ce « geste immense » qu’est l’avortement est « parfois banalisé », elle est contre la criminalisation, et elle déclare que c’est paradoxalement le mouvement pour la re-criminalisation de l’avortement – le mouvement « pro-vie » — qui fait en sorte qu’aucun mouvement visant à diminuer de façon significative le taux d’avortement ne saura rassembler assez d’adhérents pour que des changements concrets, disons en éducation sexuelle ou en aide aux femmes et aux familles en détresse, puissent être mis en place.

Avant de procéder à l’analyse des arguments de Mme Lortie, je tiens encore une fois à la saluer pour son article, que je crois est honnête et rédigée de bonne foi. Je partage avec elle le désir de diminuer de façon significative l’avortement, et j’estime, comme elle, que l’avortement est un acte « terrible et terrifiant » qui est trop souvent banalisé.

Cependant, je ne suis pas d’accord que la pénalisation de l’avortement est impossible et impensable, que l’avortement légal est un « acquis crucial », et qu’il serait possible, en abandonnant la re-pénalisation, de baisser de façon significative le taux d’avortements au Québec.

En fait, pour comprendre pourquoi les « pro-vie », dont je suis un représentant au Québec, seraient pour la re-pénalisation de l’avortement, il faut premièrement comprendre ceci : Si Mme Lortie et moi sommes tous les deux d’accord que l’avortement est « terrible et terrifiant », mais que nous ne sommes pas en accord sur les moyens d’en réduire le taux, c’est que nous ne partageons pas les mêmes raisons d’être contre l’avortement. De plus, parce qu’elle ne partage pas mes raisons d’être contre l’avortement, Mme Lortie sera, comme on le verra plus bas, plus réceptive aux histoires du recours aux « aiguilles à tricoter », même si ces histoires sont très peu documentés, ou, sinon, elles sont très rares et facilement contrebalancés, selon moi, par les vies sauvés par la pénalisation de l’avortement.

Retournons à l’argument de Mme Lortie : elle est contre l’avortement, elle trouve qu’il y en a « trop », qu’on « devrait s’en passer ». À date je suis d’accord, mais la question, pour moi, c’est « pourquoi? » Pourquoi pense-t-elle qu’il y a trop d’avortements, pourquoi selon elle le nombre annuel d’avortements au Québec, toujours autour de 30,000 par année (l’équivalent en population de la ville de Val d’Or qui part en fumée à chaque année), « c’est trop »?

Je cherche dans son texte et je ne trouve pas de raison claire, sauf quelques indices : D’une part, elle parle des « retombées émotives des IVG, des marques qu'elles laissent au cœur », de l’autre, elle parle de « l'impact …de cette liberté acquise il y a un peu plus de 20 ans »—ici, peut-être parle-t-elle de dénatalité et de manque de main-d’œuvre, on ne peut vraiment savoir avec certitude. Bien qu’elle ne fournit pas énormément de raisons laissant savoir pourquoi elle serait contre l’avortement, celles qu’elle mentionne sont « conséquentielles », c'est-à-dire qu’elles se limitent aux conséquences néfastes que l’avortement pourrait avoir sur la femme et sur la société.

Nous voyons ici la première différence entre Mme Lortie et les « pro-vie », différence qui aura des conséquences sur les moyens préconisés pour baisser le taux d’avortement : elle donne des raisons conséquentielles, et les pro-vies, eux, donnent des raisons que je nommerai « intrinsèques. »

Contrairement à Mme Lortie, les pro-vies sont contre l’avortement car l’avortement tue un être humain innocent, ce qui est en tout temps et en toutes circonstances un mal, donc un mal intrinsèque. Dès la fécondation (la rencontre du sperme et de l’ovule) nous faisons face à un être humain à part entière avec son propre groupe sanguin, son propre ADN. Certainement qu’il est dépendant de son environnement (comme tout être humain), qu’il est fragile, petit— mais c’est un humain. Si on le supprime, il est parti à jamais; il est irremplaçable. De le tuer est une grave injustice, car il n’est coupable d’aucun crime. Certes, nous ne nierons pas, et, au contraire, nous annonçons à qui veux l’entendre que l’avortement peut blesser la femme, peut augmenter son risque d’infertilité et son risque de cancer du sein, qu’il peut engendrer des traumatismes psycho-émotifs—donc tout ça nous ne le nions certainement pas. Mais la raison première que nous sommes contre l’avortement c’est que nous sommes contre l’élimination d’être humains innocents. Tuer un être innocent est un mal en tout temps, qu’importe les circonstances, qu’elles soient positives ou négatives pour une ou plusieurs autres personnes—donc un mal intrinsèque.

Une fois que nous aurons compris que Mme Lortie n’offre que des raisons conséquentielles contre l’avortement, nous sommes en mesure de mieux comprendre pourquoi elle se dit contre l’avortement mais aussi contre la pénalisation de l’avortement. En fait, son texte en grande majorité consiste à exposer pourquoi, bien qu’elle soit contre l’avortement, qu’elle ne s’associerait jamais avec les « pro-vie » qui eux sont aussi contre l’avortement mais qui, en plus, sont pour la pénalisation de l’avortement, ce que Mme Lortie trouve de trop.

En un mot, Mme Lortie ne veux pas criminaliser l’avortement car pour elle l’avortement n’est pas toujours un mal, mais dépendamment des circonstances, des fois un bien : Pour Mme Lortie l’avortement légal, ce qu’elle appelle l’interruption volontaire de grossesse (IVG), est un « acquis crucial », car « le recours à l’IVG fait partie, tragiquement, de la réalité de la vie », et on ne peut pas « réellement l’interdire » (je pense qu’elle veut dire « l’éliminer »), mais on peut seulement « rendre l'IVG illégale et donc reléguer à la clandestinité les personnes qui y ont recours ou qui la pratiquent, avec toute l'insalubrité et le danger pour la survie des femmes que cela signifie. » (L’IVG ne serait donc pas un mal intrinsèque, mais un bien ou un mal circonstanciel, qui dépend des circonstances).

Donc pour elle, les gens pro-vie, en menaçant par la criminalisation cet « acquis », font paradoxalement tort à leur mouvement (son article a pour titre « Militants pro-immobilisme ») car ils froissent leurs alliés potentiels, des gens comme Mme Lortie qui sont « contre » l’avortement (encore, contre l’avortement dans certains cas) mais qui aimerait quand même voir une diminution (accrue?) du taux d’avortement. Elle suggère que les pro-vies devraient changer de stratégie : s’ils abandonnaient la pénalisation, une position qui, selon elle, « oblige un braquage des positions », qui « empêche les nuances », qui « consolide le mouvement pro-choix », ils pourront se faire beaucoup d’alliés et pourront ainsi mobiliser la population à faire en sorte que les femmes aient beaucoup moins recours à l’avortement.

Notons ici que même si nous expliquions à Mme Lortie que selon le livre « Why can’t we love them both », Chapitre 27, une étude de l’université Creighton citée lors d’un débat au Sénat Américan en 1981 indique qu’il y avait autour de 100,000 avortements par année aux Etats-Unis avant la légalisation en 1973, et 1,500,000 en 1979 –une différence de 1,400,000 par année avant et après la légalisation, et, qu’en plus, que le nombre de décès à la suite d’avortements illégaux était tout à fait infime (39 dans tout les Etats-Unis en 1972, un an avant la légalisation de Roe v. Wade en 1973), et, de plus, en nombre plus ou moins équivalent en décès annuels après la légalisation (ibid)), même si nous lui expliquons toutes ces choses, je ne crois pas que nous la convaincrons que la criminalisation sauverait des vies, car, je pense, elle ne reconnaît pas la vie de l’enfant à naître, du fœtus, comme étant comparable à celle de la mère. Je ne sais pas si, pour Mme Lortie, la vie d’une femme adulte équivaudrait même à 100,000 enfants à naître. Je pense que pour elle c’est comme comparer des pommes et des oranges.

Donc, pour elle, il s’agirait que la légalisation de l’avortement sauve une seule femme (et cela n’est pas certain!), que même si cela, par le fait de la légalisation, entraînerait la banalisation de l’avortement et la mort de milliers, voir de millions, d’enfants à naître, ça en vaudrait la peine.

Mais on voit bien que ce genre d’argument – c'est-à-dire qu’on ne devrait jamais interdire l’avortement car, ne serais-ce qu’une seule femme qui se transpercerait avec un cintre à cause de l’illégalité de l’avortement, ce serait impardonnable – ne fonctionnerait pas pour une personne pro-vie, non pas parce que cette personne est insensible à la femme, mais parce qu’elle serait tout aussi sensible au sort de la vie humaine dans le sein de sa mère. Pour la personne pro-vie, ce sont deux vies qui sont en jeu, car tout être humain a un droit inaliénable à la vie. Et si jamais les deux vies sont en danger, on fait comme dans toute autre circonstance où nous sommes dans l’impossibilité de secourir en même temps aux deux vie en danger : nous aidons celle qui a le plus de chances à s’en sortir, ce qui, dans le cas d’une grossesse, est presque toujours la mère.

Une personne pro-vie, donc, accepte facilement que la pénalisation de l’avortement apporte une baisse importante en nombre d’avortements, et que même si cela pourrait (je dis bien pourrait) entraîner une légère hausse en mortalité chez les mères, que cela est facilement équilibré par les vies sauvés par l’interdiction de l’avortement. Pour les gens qui partagent l’opinion de Mme Lortie, c’est autre chose : la vie du fœtus n’a presque pas de valeur, je pense, car pour eux l’avortement n'est qu'un mal pour des raisons conséquentielles—même pas 100 enfants à naître sauvés pour une femme automutilé en vaudrait la peine, car l’avortement est un mal pour eux précisément parce que cela blesse la femme : je ne pense pas que l’enfant à naître entre en ligne de compte.

Bien sur, j’ai peut-être tort. Peut-être l’enfant à naître a une certaine valeur pour Mme Lortie. Laquelle? Et pourquoi une valeur inférieure (si c’est le cas) à la vie d’un adulte?

Finalement, Mme Lortie dit vouloir baisser le taux d’avortements, mais par combien? Nous sommes présentement rendus à 30,000 par année au Québec; serait-elle satisfaite d’un taux de 20,000 par année? Notons que, selon une étude de l’institut Guttmacher publiée en 1998, seulement 2,8 % des 1773 répondantes américaines ayant eu un avortement on cité comme raison principale des raisons de santé, et seulement 2,1% d’entre elles ont répondu sous la rubrique « autre », ce qui laisse entendre peut-être le viol (3,3% ont avorté pour la « santé du fœtus »). Donc au moins 91,8% ont avorté principalement pour des raisons économiques ou ce que je nommerai « tautologiques » (« je ne veux plus d’enfant car je ne veux plus d’enfants »). Mme Lortie laisse-t-elle entendre que, si au Québec la proportion est plus ou moins pareille (et nous n’avons pas vraiment de raison à croire qu’elle serait très différente), que 90% des avortements sont commis pour des raisons autre que le viol, des malformations de fœtus, et de santé de la mère, qu’elle voudrait voir au Québec le taux d’avortements baisser de 90%? Et si oui, dans quel délai?

Pour ma part, je serai prêt à appuyer son initiative de diminution par 90% des avortements au Québec, si c’est cela que Mme Lortie envisage. Je serais prêt à voir comment on s’y prendrait. Je doute que cette sorte de diminution soit possible sans une pénalisation quelconque. Mais si elle pense que c’est possible, je tenterai d’écouter sa proposition, et faire de mon mieux pour que ses recommandations soient mises en place. Je le ferai pour des raisons autres que celles de Mme Lortie, certes, mais je le ferai quand même.

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Le salon beige

 Blogue d'actualités religieuses et pro-vie.

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Une jeune femme de 25 ans défend le Cardinal Ouellet

Mise-à-jour:

À ne pas manquer : Mme Marilyn Paris sera l’invitée de Christiane Charrette à son émission sur les ondes de la télévision de Radio-Canada, dès 9 h (en rediffusion à 20h).

Cliquez pour écouter l'émission. (Lien vers la chronique de l'émission).
 

Billet original:

Les propos du cardinal Ouellet sur l'avortement sont défendus par une jeune femme de 25 ans.

Elle s'appelle Maryline Paris et elle est très très brillante.

Première partie :

http://www.youtube.com/v/UtNrQ3t3Rl8&hl=fr_FR&fs=1&rel=0

Deuxième partie :

Lien original vers LCN.

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