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Avorter l’enfant voulu

Par Paul Sullins (Ruth Institute, d'abord publié dans The Public Discourse) — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : katemangostar/freepik

Le mythe non fondé sur l’avortement thérapeutique conclut qu’il y a seulement deux types de grossesses : la grossesse désirée, où l’enfant est toujours mis au monde, et la grossesse non désirée où l’enfant est uniformément avorté. Ceci n’est aucunement vrai. Environ un avortement sur sept aux États-Unis provient de mères qui constatent avoir voulu garder l’enfant. J’ai récemment découvert que les risques de dépression, pensées suicidaires ou troubles anxieux causés par ces avortements sont à un taux quatre fois plus élevé que chez les femmes qui ont avorté l'enfant voulu que chez les femmes ayant avorté l’enfant d’une grossesse non désirée. Ma recherche empirique est la première à examiner ces avortements bouleversants qui passent inaperçus.

Les avortements nuisent-ils psychologiquement aux femmes ? Les principales agences médicales et scientifiques, incluant l’American Psychological Association (APA), l’American Medical Association (AMA), la National Academy of Sciences (NAS), et la Britain’s Academy of Medical Royal Colleges (AMRC), pensent tous de façons similaires et ceci est bien représenté par les mots du NAS qui nous affirment que « les femmes ayant eu un avortement [ne sont] pas sujet à plus de troubles mentaux qu’une femme mettant au monde un enfant lors d’une naissance non désirée. » En posant une question comparant l’avortement et la grossesse non désirée, nous oublions souvent un fait important qui malgré que bien documenté est rarement mentionné. Environ un avortement sur sept aux États-Unis provient d’une mère disant que sa grossesse était en fait voulue. Ces avortements sont plus troublants pour la femme que ceux provenant d’une grossesse non désirée. En ignorant ceci, les agences de santé publique minimiseraient de façon subtile le taux possible de souffrance psychologique après l’avortement.

J’ai récemment examiné des données du National Longitudinal Study of Adolescent to Adult Health (Add Health) pour analyser si avoir un avortement lors d’une grossesse désirée jouerait sur le taux de détresse psychologique de la femme. Mes résultats ont été publiés à la fin de l’année dernière dans une étude du journal médical Européen Medicina. Add Health est grandement reconnu pour être un des meilleurs représentants de données aux États-Unis et qui ont été utilisés dans des milliers d’études empiriques universitaires. Outre les données tirées du Diagnostic and Statistical Manual (DSM), appartenant l’American Psychological Association, sur les mesures étendues des dommages causés à la santé psychologique, Add Health a demandé à environ 4000 femmes sur trois moments précis de leur vie (15 ans, 22 ans et 28 ans) les trois questions suivantes : Si elles ont déjà été enceintes, comment cette grossesse s’est terminée et si elles désiraient avoir un enfant lorsqu’elles sont devenues enceintes.

En analysant le tout, j’ai constaté qu’à l’âge de 28 ans le risque de troubles psychologiques affectifs (tel que la dépression, l’anxiété ou les pensées suicidaires) était environ quatre fois plus élevé (68 % versus 18 %) chez la femme ayant eu un avortement où l’enfant était voulu, que lors d’une grossesse non désirée et en comparaison aux femmes ayant données naissance lors de ces grossesses. Il est très évident que l’avortement d’un enfant lors d’une grossesse désirée est beaucoup plus perturbant pour la femme que de donner naissance lors d’une grossesse non désirée.

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L’avortement d’une grossesse non désirée où la mère veut garder l’enfant est souvent causé par la pression de ceux qui l’entourent. Lors de l’analyse de données dans le cadre de l’étude d’Add Health, une femme sur cinq ayant eu un avortement dit l’avoir fait malgré le désir d’avoir cet enfant. Dans les enquêtes menées auprès des patientes par les services d’avortements, plus d’un tiers des femmes ont dit l’avoir fait parce que cédant à la demande de leur partenaire ou de leurs parents. Une étude de recherche de l’Elliott Institute, un institut pro-vie, estime que 30 à 60 % des femmes ayant un avortement ont ressenti de la pression exercée par des gens autour d’elles.

Il y aussi d’autres genres de pressions. Les études de suivi demandant aux femmes de décrire leurs expériences dans une clinique ont rapporté avoir eu des sentiments d’incertitude ou se sont senties pressées d’avoir un avortement. Deux tiers ont rapporté avoir reçu peu ou aucun soutien. L’année dernière, le film Unplanned basé sur l’expérience personnelle de l’ancienne directrice d’une clinique d’avortement, Abby Johnson, illustre de façon troublante le processus d’admission typique à la clinique, qui ressemble plus à un processus de vente sous pression qu’un dépistage minutieux des problèmes de santé mentale potentiels. Il est compréhensible que plusieurs femmes ressentent une sorte de « remords » ou « regret de l’acheteur » à propos de leur avortement.

Étonnamment, ma recherche empirique est la première à analyser les avortements de grossesses désirées. Pour plusieurs chercheurs dans ce domaine, ces avortements passent inaperçus. Ils ne se conforment pas à cette mythologie binaire non dite des « soins d’avortement » où il n’y a seulement que deux types de grossesses : la grossesse désirée, ou l’enfant est mis au monde et la grossesse non désirée ou l’enfant est avorté.

Les réviseurs et éditeurs ont souvent dit qu’ils « n’étaient pas au courant de » ou étaient « perplexes » au fait que les femmes pussent regarder en arrière et dire qu’elles auraient voulu donner naissance à un enfant qu’elles ont avorté, bien qu’ils reconnaissent aussi que plusieurs femmes qui donnent naissance lors d’une grossesse non désirée expriment un certain degré d’ambivalence à la clinique. Plusieurs ont mentionné que les femmes ayant eu un avortement ne doivent pas avoir voulu leur grossesse par définition et donc lors des entrevues opérées par Add Health, elles n’auraient pas pu répondre aussi clairement qu’elles l’auraient fait. L’énoncé de position examiné par l’AMRC a codifié ce préjugé qui présume que tous les avortements sont non désirés, ce qui fait que par conséquent les avortements les plus pénibles passent inaperçus.

La dissimulation des avortements les plus troublants n’est pas le seul angle mort chez nos professionnels médicaux. Même s’il était vrai que les femmes ne vivent pas plus de problèmes de santé mentale après un avortement, comparativement à un accouchement, des déclarations comme celle-ci ne saisissent pas le point crucial. Cette prémisse sur la santé mentale pour les nombreux avortements légaux ne dit pas seulement que cela ne ferait pas plus de tort psychologique aux femmes mais que ce serait bénéfique en comparaison de devoir donner naissance à l’enfant.

Les chercheurs se disputent depuis plusieurs années et se demandent si les troubles de santé mentale chez les femmes après un avortement sont extrêmement troublants ou petits et insignifiants. À ce jour, après quarante-cinq ans de recherche, il n’y a aucune étude (que je sache) à avoir trouvé une statistique significative sur les avantages pour une femme d’avoir un avortement comparativement à un accouchement. Ces déclarations de « aucun mal » ne prennent pas en considération que l’idée d’un avortement thérapeutique, afin d’améliorer la santé mentale de la femme tel le principe de la décision de Roe ou Doe aux États-Unis ainsi que la justification pour les avortements légaux dans les pays européens, n’ont aucune preuve fondamentale.

Quelle est la meilleure chose pour le bien de la santé mentale d’une femme enceinte ? Les recherches disent que c’est l’accouchement. Mon étude affirme que le risque de détresse affective est de 29 % plus bas suivant les 13 années de la naissance d’un ou plusieurs enfants nés d’une grossesse désirée, et de 12 % de moins après avoir accouché d’un enfant d’une grossesse non désirée. L’impact psychologique d’un avortement doit être mesuré non seulement par la douleur que la femme pourrait ressentir mais aussi par l’influence psychologique de ne pas pouvoir vivre la joie, la croissance et les difficultés de l’enfant qu’elle n’a pas eu.

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