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Sodoma : Que faire en réponse aux attaques des anti-chrétiens ?

Par Georges Buscemi, président de Campagne Québec-Vie — Photo : LifeSiteNews

Récemment, un livre intitulé « Sodoma » est paru, qui allègue d’une véritable infiltration homosexuelle au sein de la hiérarchie de l’Église catholique. Selon l’auteur Frédéric Martel, de son propre aveu homosexuel et athée, la proportion d’homosexuels dans la haute hiérarchie (curie romaine, collège des cardinaux) serait telle que l’homosexualité serait la norme, et l’hétérosexualité, l’exception. Impossible de ne pas voir en « Sodoma » une entreprise médiatique bien planifiée : ce livre, fruit d’un travail de 4 ans (l’auteur visita Rome une semaine par mois durant cette période) auquel ont collaboré 80 associés (traducteurs, recherchistes, etc.), fut publié simultanément en 8 langues et dans 20 pays. La date de publication, aussi, porte à réflexion, puisqu’elle coïncide avec le début du récent Synode des évêques, convoqué par le pape François pour se pencher sur la question des abus sexuels sur des mineurs. Quel était le but de Frédéric Martel et ses commanditaires ? Il est assez facile de le deviner, mais pour ce faire, il n’est pas inutile de remonter un peu dans le passé.

Dès la fin du 18e siècle, les papes ont dénoncé l’existence de réseaux secrets visant à subvertir l’Église. Ce sont les fameux réseaux franc-maçons, dont certains documents reliés à une loge franc-maçonne italienne dite des « Carbonari » furent publiés à la demande du pape Pie IX par l’historien Jacques Crétineau-Joly. Ces documents indiquaient que la stratégie principale déployée par les réseaux occultes pour anéantir l’Église était celle de la corruption des mœurs. Dans les années 1950, Bella Dodd, une ancienne militante du parti communiste aux États-Unis, convertie au catholicisme par le célèbre évêque Fulton Sheen, confia à Mgr Sheen et à quelques autres que l’URSS aurait mis en marche un plan d’infiltration du clergé autour des années 30-40 et que Mme Dodd, en tant que militante, aurait recruté à elle seule plus de 1000 séminaristes, plusieurs d’entre eux homosexuels, ce qui leur permettait de conserver plus aisément une apparence de célibat.

Après le Concile Vatican II, plusieurs ouvrages ont été consacrés au phénomène d’homosexualisation galopante du clergé, dont le livre charnière « The Homosexual Network » (1982) d’Enrique Rueda, prêtre catholique à l’époque dans le diocèse de Rochester, dans l’état de New York. Ce livre détaille méticuleusement le vaste réseau pro-homosexualité présent non seulement dans l’Église catholique aux États-Unis, mais dans plusieurs autres communautés chrétiennes. Le scandale des abus sexuels de mineurs au sein de l’Église a éclaté peu de temps après la publication de ce livre, et a culminé (au moins aux États-Unis) en 2002, à la suite des révélations d’abus dans le diocèse de Boston. Peu après ont été publiés les livres « Goodbye Good Men » (2002) de Michael Rose, qui dénonça l’infiltration libérale et homosexuelle des séminaires, et « Rite of Sodomy » de Randy Engels (2006) sur l’homosexualité dans l’Église. Quelques années plus tard, le Père Dariusz Oko, professeur à l’académie pontificale de théologie de Cracovie publia un essai intitulé « Avec le pape, contre l’homohérésie » (2012), qui dénonçait la présence de réseaux homosexuels pyramidaux dans le clergé qui seraient, selon l’auteur, responsables en grande partie de ce que l’on a appelé de façon erronée « le scandale de la pédophilie » dans l’Église, mais qui en était véritablement un d’éphébophilie homosexuelle. Car selon le Père Oko, 80 % des victimes d’abus par des prêtres sont des hommes adolescents, pour la plupart post-pubères et non des enfants prépubères, un fait remarquable plus tard confirmé, comme nous le verrons.

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Le récent Pennsylvania Grand Jury Report (2018) sur les abus sexuels dans les diocèses de la Pennsylvanie ralluma l’incendie aux États-Unis. À la suite de ce rapport, une étude de Paul Sullins, prêtre et professeur à la Catholic University of America, a été publiée. Dans cette étude fouillée, qualifiée « d’historique », non seulement les assertions du Père Oko furent corroborées, mais la proportion de prêtres homosexuels dans l’Église corrélait presque parfaitement, avec le taux d’incidence d’abus sur mineurs au cours des dernières décennies ! En autres mots, le Père Sullins a constaté une relation presque parfaite entre le taux de prêtres homosexuels et l’incidence d’abus sexuels au cours des années. Plus le taux de prêtres homosexuels (estimé à environ 4 % en 1950 et à 16 % de nos jours) est élevé, plus l’incidence d’abus sexuels sur mineurs est élevée. Extrapolant sur cette corrélation, le Père Sullins a estimé à 12 000 mineurs (pour la plupart, hommes) le nombre de victimes qui auraient été épargnées si le taux de prêtres homosexuels était demeuré au niveau des années 1950.

Mettez-vous maintenant dans la peau des anti-chrétiens activistes de tout acabit. Ces derniers souhaitent, pour des raisons évidentes, soit une Église noyautée, soit une Église détruite. Les révélations sur les réseaux homosexuels et la corrélation entre le taux des abus homosexuels sur mineurs et le pourcentage de prêtres homosexuels ont dû les remplir d’effroi. De telles informations, ébruitées et connues du grand public, risquaient non seulement de neutraliser l’arme redoutable d’une prétendue pédophilie cléricale, utilisée avec succès par ces anti-chrétiens pour discréditer l’Église, mais de retourner cette même arme contre leurs meilleurs alliés à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église, c’est-à-dire les réseaux LGBT. L’enseignement de l’Église sur l’homosexualité risquait d’en sortir justifié ! Il fallait donc à tout prix devancer cette bombe appelée à éclater sur la présence de réseaux homosexuels dans l’Église, avant que le grand public en soit informé. Et la meilleure façon de gérer une information qui ne peut plus être gardée secrète, est de la diffuser, tout en l’interprétant de manière à ce qu’elle fasse le plus de tort à ses ennemis et le moins à ses alliés.

Et c’est la tactique qui a été appliquée : Frédéric Martel dans cette vaste entreprise médiatique qu’est Sodoma ne nie aucunement qu’il existe un réseau homosexuel dans l’Église. Au contraire, il en rajoute, et met en relief ce fait par plusieurs anecdotes et ragots, tout en l’interprétant à sa manière, à savoir que le véritable scandale n’est nullement la présence d’un réseau d’homosexuels qui s’efforcent de changer l’enseignement de l’Église. Le véritable scandale serait... le conservatisme ! Eh oui, si pour Martel quasiment tout le haut clergé est homosexuel, seuls ses éléments conservateurs sont mauvais, car constitués d’homosexuels refoulés. La solution, donc, pour Martel, serait non d’extirper le réseau homosexuel, mais de chasser les conservateurs et changer l’enseignement de l’Église ! Mais comment prouver que les conservateurs sont des homosexuels refoulés ? Pour Martel et ceux qui véhiculent cette calomnie, cela n’est nullement nécessaire. Il suffit qu’une personne soit en désaccord avec le lobby LGBT pour qu’elle soit désignée « homosexuelle refoulée » sans autre forme de procès.

Récapitulons : nous savons aujourd’hui qu’un réseau LGBT gangrène l’Église, et aussi qu’à mesure que ce réseau prit de l’ampleur, à partir des années 1950, les abus sexuels sur mineurs, dont 80 % des victimes sont des hommes d’âge adolescent, ont aussi pris de l’ampleur. Par contre, il est tout aussi important de dire ce que nous ne savons pas : 1) Nous ne pouvons affirmer avec certitude un lien causal entre le taux d’homosexualité dans le clergé et l’incidence d’abus sur les jeunes hommes. L’homosexualité en tant que telle pourrait porter vers l’éphébophilie, mais cela n’est pas absolument certain. Autre chose importante à noter : Bien que nous sachions que le pourcentage de prêtres véritablement pédophiles est très petit, aux alentours de 0,045 % ou 1 sur 2200, nous ne savons pas comment ce chiffre se compare avec la population en général, car il existe peu d’études sur le taux d’incidence de la pédophilie dans certains groupes (enseignants, entraîneurs, parents, etc.). En somme, la thèse selon laquelle le célibat des prêtres serait à la source des problèmes d’abus n’est fondée d’aucune espèce de manière. 

Quelle est la vraie leçon à tirer de toute cette affaire d’abus sexuels et de réseaux LGBT au sein de l’Église ? On pourrait la résumer en citant saint François de Sales : « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. » L’homme (et la femme, n’en déplaise aux féministes) est pécheur, et il ne faut surtout pas être surpris de le voir pêcher, même si cela peut nous attrister profondément. Il n’en reste pas moins qu’il faut poser des actions décisives pour contrer le péché, et en cette période sombre, l’Église aurait tout intérêt à mener une campagne de démantèlement du réseau LGBT qui l’a noyauté.

Au bout du compte, il ne faut pas oublier l’essentiel. Le scandale des abus sexuels nous met en face du problème de mal : comment un Dieu à la fois bon et tout-puissant peut-il permettre que ses représentants agissent de façon si tordue, jusqu’à blesser pour la vie des jeunes sans défense ? Comment le Bon Dieu peut-il permettre des choses si ignobles ? Tout le christianisme se dresse d’un seul bloc pour répondre à cette question ! Ou devrais-je dire, Dieu lui-même répond, dressé sur le bois de la Croix ! Par son sacrifice, Jésus-Christ a donné un sens à la souffrance, qui n’est plus pour le croyant un scandale incompréhensible, mais une voie royale vers une vie éternelle glorieuse. L’essentiel du christianisme est là, à prendre ou à laisser.

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