Le 10 octobre, Philippe Couillard, dont le gouvernement a fait adopter la loi sur l'euthanasie en 2014, a confié à la CBC :
« Je ne suis pas sûr que je voterais à nouveau pour cette loi. »
Il pensait à l'élargissement constaté ces dernières années. Quand l'homme même qui a fait adopter la première loi sur l'euthanasie au Canada commence à douter, il vaut la peine de regarder où nous en sommes.
Où nous en sommes
En 2024-2025, 6 268 personnes ont été euthanasiées au Québec. Cela représente 7,9 % de tous les décès, le taux le plus élevé au monde. Dans l'ensemble du Canada, ce taux est de 5,1 %.
La même année, la Commission sur les soins de fin de vie a relevé 19 euthanasies non conformes à la loi. Dans 10 de ces cas, la personne n'avait même pas de maladie grave et incurable. Aucune sanction connue n'a été infligée. En général, la Commission ne voit d'ailleurs jamais le dossier médical : elle se contente du formulaire rempli par celui qui a commis l'euthanasie, seule une irrégularité dans le formulaire amène une enquête de ces cas.
Le Québec ouvre la marche, le Canada suit
Le scénario se répète depuis douze ans :
- Juin 2014. Le Québec adopte sa loi, avant l'arrêt Carter de la Cour suprême et deux ans avant la loi fédérale de 2016.
- Septembre 2019. Le jugement Truchon de la Cour supérieure du Québec déclare inconstitutionnels les critères de « mort naturelle raisonnablement prévisible » et de « fin de vie » des exigences de la loi sur l'euthanasie. En mars 2021, le Parlement canadien créera la « voie 2 » ne requérant pas ces critères.
- Juin 2023. La loi 11 oblige les maisons de soins palliatifs à offrir l'euthanasie. Elle ouvre aussi la porte aux demandes anticipées.
- Octobre 2024. Le Québec autorise les demandes anticipées sans attendre que le Code criminel le permette, puis presse Ottawa de suivre.
- 7 octobre 2026. Ottawa suit. Le ministre de la Justice, Sean Fraser, annonce un projet de loi qui décriminalisera les demandes anticipées dans les provinces qui les autorisent.
Ottawa renonce, et c'est heureux, à ouvrir l'euthanasie aux personnes atteintes uniquement de troubles mentaux. Mais sur les demandes anticipées, c'est le modèle québécois qui devient la norme fédérale. Une personne pourra demander aujourd'hui d'être euthanasiée plus tard, quand elle ne sera plus capable de dire oui ou non.
Ce que nous avons fait
En mai, à Ottawa, j'ai dénoncé devant la presse le record mondial du Québec. Cet été, nous vous avons montré ce que la Commission ne voit jamais : le dossier médical. Aujourd'hui, nous passons à l'étape suivante.
Si le Québec mène, c'est au Québec qu'il faut freiner
Chaque élargissement commence à Québec, puis gagne Ottawa, puis les autres provinces. Si nous ralentissons le mouvement là où il naît, il perdra son élan ailleurs au Canada.
C'est pourquoi nous lançons la pétition « Qui protège les personnes vulnérables ? ». Elle demande au gouvernement du Québec :
- un moratoire sur l'euthanasie tant que les soins palliatifs ne sont pas offerts partout ;
- que les maisons de soins palliatifs ne soient plus jamais contraintes de donner la mort ;
- un examen indépendant des euthanasies, et un accès aux dossiers médicaux pour la Commission ;
- des soins palliatifs accessibles et financés dans toutes les régions.
Pourquoi maintenant
Hier, le nouveau conseil des ministres a été assermenté à Québec. Les nouveaux ministres héritent des dossiers de leurs prédécesseurs, et rien n'est encore figé. Dans quelques mois, les priorités seront arrêtées et il sera bien plus difficile de se faire entendre.
Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud. Nous remettrons les signatures aux ministres concernés.
Vous n'habitez pas au Québec ? Signez quand même. Ce qui s'y décide finit toujours par vous rejoindre.
Pour la Vie,


Georges Buscemi
Président, Campagne Québec-Vie
P.-S. Sur la page de la pétition, vous pouvez imprimer un feuillet explicatif et une feuille de signatures pour votre paroisse, votre église ou votre famille. Les signatures papier s'ajoutent au total.
La suite de l'article ci-dessous ↓
En une seule année, 6 268 Québécois ont été tués par euthanasie. Demandez au gouvernement du Québec un moratoire, une enquête indépendante et de vrais soins palliatifs partout.
Signer la pétition (30 secondes)40 Jours pour la Vie
Les 40 Jours pour la Vie consistent en 40 jours et 12 heures par jour de vigile sur le trottoir, généralement dans les environs d'un avortoir, afin de témoigner en faveur des enfants à naître auprès des passants et d'offrir de l'aide aux femmes qui envisagent d'avorter. Les 40 jours commencent le 23 septembre et se terminent le 1er novembre, ils ont lieu à Sherbrooke.
Pour plus de renseignements, contactez Brian Jenkins au (438) 930-8643 ou écrivez au [email protected]
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