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Dignitas Infinita du cardinal Fernández condamne l’avortement et la théorie du genre, mais reste silencieux sur l’homosexualité


Victor Manuel Fernández.

Par Michael Haynes — Traduit par Campagne Québec-Vie — Photo : Michael Haynes

8 avril 2024, Citée du Vatican (LifeSiteNews) — Le cardinal Victor Manuel Fernández a publié son document tant attendu sur la dignité humaine, écrit en accord avec l’encyclique Fratelli Tutti du pape François et l’enseignement moderne sur la dignité, qui condamne l’avortement et la maternité de substitution tout en restant notablement silencieux sur l’homosexualité.

Présenté lors d’une conférence de presse le 8 avril, jour de la fête (transférée) de l’Annonciation, le nouveau texte, intitulé Dignitas Infinita, vise à mettre en exergue une phrase de l’encyclique Fratelli Tutti, à savoir que « la dignité existe “au-delà de toute circonstance” ».

« La Déclaration s’efforce de montrer qu’il s’agit d’une vérité universelle que nous sommes tous appelés à reconnaître comme une condition fondamentale pour que nos sociétés soient vraiment justes, pacifiques, saines et authentiquement humaines », a écrit Fernández, préfet du dicastère pour la doctrine de la foi (DDF), dont le bureau est à l’origine du document.

Comme le résume Andrea Tornielli (responsable éditorial du Dicastère pour la communication du Vatican), le document vise à aborder des questions en dehors de la sphère bioéthique :

Le nouveau texte contribue ainsi à dépasser la dichotomie qui existe entre ceux qui se concentrent exclusivement sur la défense de la vie naissante ou mourante en oubliant tant d’autres atteintes à la dignité humaine et, à l’inverse, ceux qui se concentrent uniquement sur la défense des pauvres et des migrants en oubliant que la vie doit être défendue depuis sa conception jusqu’à son terme naturel.

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Résumant son long texte, Fernández a écrit que « l’Église, par la présente Déclaration, demande instamment que le respect de la dignité de la personne humaine en toutes circonstances soit placé au centre de l’engagement pour le bien commun et au centre de tout système juridique ».

Il avait auparavant dénoncé le fait qu’une conception moderne erronée de la dignité est « parfois utilisée à mauvais escient pour justifier une prolifération arbitraire de nouveaux droits, dont beaucoup sont en contradiction avec ceux qui ont été définis à l’origine et s’opposent souvent au droit fondamental à la vie ».

Tout en mentionnant la condamnation par l’Église de l’avortement et de l’euthanasie, le texte ne mentionne le « péché » qu’à deux reprises — toutes deux dans la même phrase de la partie 22. Le traitement de la théorie du genre est critique, mais seulement critique, alors que le pape François — sous l’autorité duquel le document a été rédigé — a été beaucoup plus condamnatoire dans ses remarques.

L’absence de toute mention, et encore moins de condamnation, de l’homosexualité est également un élément clé. Dans un texte qui se veut un enseignement sur la dignité humaine et les façons dont elle est gravement violée, une telle omission est frappante.

En toile de fond

Le texte est en cours d’élaboration depuis 2019, Fernández ayant déclaré que la version initiale de 2019 était « insatisfaisante ». Une nouvelle version a été compilée en 2021, qui a fait l’objet d’éditions et d’abréviations successives. Alors que le nouveau préfet du DDF a reçu l’approbation du pape pour cette version en novembre de l’année dernière, François a alors demandé que le texte mette en évidence des questions « telles que la pauvreté, la situation des migrants, la violence contre les femmes, la traite des êtres humains, la guerre et d’autres thèmes ».

Pour ce faire, M. Fernández a écrit qu’un organe spécial du DDF a été chargé « d’étudier en profondeur l’encyclique Fratelli Tutti, qui offre une analyse originale et une réflexion plus approfondie sur le thème de la dignité humaine “au-delà de toute circonstance” ».

Après que ces modifications supplémentaires aient été apportées, François a approuvé le texte le 25 mars, date habituelle de l’Annonciation.

« Bien qu’ils ne soient pas exhaustifs, les sujets abordés dans cette déclaration ont été choisis pour éclairer les différentes facettes de la dignité humaine qui pourraient être obscurcies dans la conscience de nombreuses personnes », a écrit Fernández dans son introduction.

Dignitas infinita, a noté le cardinal, est programmée pour commémorer le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations unies en 1948.

Fratelli Tutti, une « magna carta » pour la modernité

Bien que l’étude de Fratelli Tutti n’ait servi à guider le document que depuis la fin de l’année 2023, selon Fernández, l’influence de l’encyclique controversée du pape, publiée en 2020, est perceptible dans l’ensemble du document.

Dans son introduction, Fernández souligne que « Fratelli Tutti constitue une sorte de “Magna Carta” de nos tâches contemporaines de protection et de promotion de la dignité humaine ».

Fernández a défini quatre types de dignité : la dignité ontologique, la dignité morale, la dignité sociale et la dignité existentielle. La dignité ontologique est la plus importante, car elle « appartient à la personne en tant que telle, simplement parce qu’elle existe et qu’elle est voulue, créée et aimée par Dieu ». La dignité morale, a noté le cardinal, peut être « perdue » en cas de péché.

Le cardinal Fernández a expliqué que la dignité sociale et la dignité existentielle se réfèrent respectivement à « la qualité des conditions de vie d’une personne » et « au type de dignité impliqué dans le débat toujours croissant sur une vie “digne” et une vie “non digne” ».

L’enseignement catholique traditionnel met particulièrement l’accent sur la dignité surnaturelle et naturelle, deux aspects et désignations de la dignité humaine qui ont été largement laissés de côté ces dernières années. Dans l’enseignement catholique traditionnel, la dignité naturelle de l’homme à l’image de Dieu est fondée sur sa capacité à connaître et à aimer Dieu. Saint Thomas d’Aquin note que cette capacité peut être perdue à cause du péché et s’en sert pour défendre la peine de mort.

Saint Thomas décrit la dignité surnaturelle — que l’on ne trouve que chez les membres baptisés de l’Église, qui sont en état de grâce — comme suit : « En tant que l’homme connaît et aime réellement et habituellement Dieu, bien qu’imparfaitement, et que cette image consiste dans la conformité à la grâce ».

S’appuyant sur la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26), Fernández a déclaré qu’« être créé à l’image de Dieu signifie posséder une valeur sacrée qui transcende toute distinction de nature sexuelle, sociale, politique, culturelle et religieuse ».

Évoquant ce qu’il a qualifié de « développement » de la pensée et de la compréhension de la dignité au cours de l’histoire, Fernández a cité Dignitatis Humanæ du Concile Vatican II. « Le magistère de l’Église a progressivement développé une compréhension toujours plus grande de la signification de la dignité humaine, de ses exigences et de ses conséquences, jusqu’à ce qu’il parvienne à la reconnaissance que la dignité de chaque être humain prévaut en toutes circonstances », a-t-il ajouté.

Une « égale dignité » qui peut « aussi grandir et mûrir »

Avant d’aborder les violations spécifiques de la dignité humaine, le cardinal s’est étendu sur la dignité elle-même.

Il a déclaré que « l’Église proclame l’égale dignité de tous les hommes, quelles que soient leurs conditions de vie ou leurs qualités ». Cela repose sur trois aspects, a-t-il noté :

  • « La dignité de la personne humaine provient de l’amour du Créateur ».
  • « La dignité de la personne humaine s’est révélée dans sa plénitude lorsque le Père a envoyé son Fils, qui a assumé pleinement l’existence humaine ».
  • Le fait que tous les hommes sont appelés à passer l’éternité avec Dieu.

La dignité est « inaliénable et intrinsèque », écrit le cardinal dans la partie 22, qui ajoute que « le choix d’exprimer cette dignité et de la manifester pleinement ou de l’obscurcir dépend de la décision libre et responsable de chaque personne ».

Si chaque personne est créée à l’image de Dieu, « dans la mesure où la personne répond au bien, la dignité de la personne peut se manifester librement, dynamiquement et progressivement ; avec cela, elle peut aussi grandir et mûrir », a écrit Fernández.

Il a affirmé que « le péché peut blesser et obscurcir la dignité humaine, car il s’agit d’un acte contraire à cette dignité ; cependant, le péché ne peut jamais annuler le fait que l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ».

Dans cette partie, Fernández semble assimiler linguistiquement la dignité qui découle du fait d’être créé à l’image de Dieu à la dignité surnaturelle d’un catholique baptisé, qui correspond à sa conformité à la grâce.

L’enseignement traditionnel constate bien une égalité de dignité entre les hommes face à l’appel universel à la sainteté et à l’appel à passer l’éternité avec Dieu. Mais l’enseignement traditionnel n’envisage pas une égalité universelle dans la dignité surnaturelle, celle qui correspond à la conformité de l’homme à la grâce.

Violations de la dignité

Dans l’avant-dernière partie de Dignitas infinita, Fernández énumère certaines « graves violations de la dignité humaine ». S’inspirant de la liste présentée par Gaudium et Spes, Fernández a ajouté — peut-être sans surprise — qu’« il faut également mentionner la peine de mort, car elle aussi viole la dignité inaliénable de toute personne, quelles que soient les circonstances ». Cela découle des déclarations répétées du pape François sur le sujet dans cette ligne, et de sa modification du catéchisme de l’Église catholique pour déclarer la peine de mort immorale, allant ainsi à l’encontre de l’enseignement traditionnel catholique.

Certains sujets ont été abordés dans une liste autoproclamée non exhaustive de Fernández, notamment :

  • Pauvreté
  • Guerre
  • Immigration
  • Traite des êtres humains
  • Abus sexuels
  • Violence à l’égard des femmes
  • Avortement
  • Gestation pour autrui
  • Euthanasie et suicide assisté
  • Marginalisation des personnes handicapées
  • Théorie du genre
  • Changement de sexe
  • Violence numérique

Pas de guerre juste

Le texte fait écho à un autre thème clé du pape François, à savoir que la guerre est toujours une « défaite pour l’humanité ». L’enseignement social catholique décrit traditionnellement les cas dans lesquels une « guerre juste » pourrait se produire, mais Dignitas infinita suggère qu’« aujourd’hui, il est très difficile de maintenir les critères rationnels mûris au cours des autres siècles pour parler d’une possible “guerre juste” ».

« La relation intime entre la foi et la dignité humaine signifie qu’il serait contradictoire que la guerre soit fondée sur des convictions religieuses », a ajouté Fernández, citant le « Discours sur la Journée mondiale de prière pour la paix » prononcé par le pape François en 2016.

Avortement et maternité de substitution

Dans l’une des sections les plus longues de la liste des violations de la dignité, Fernández a dénoncé le fait que « l’acceptation de l’avortement dans l’esprit populaire, dans les comportements et même dans la loi elle-même est un signe révélateur d’une crise extrêmement dangereuse du sens moral, qui devient de plus en plus incapable de distinguer entre le bien et le mal, même lorsque le droit fondamental à la vie est en jeu. »

Condamnant l’utilisation d’expressions telles qu’« interruption de grossesse », Fernández a écrit que : « Nous devons plus que jamais avoir le courage de regarder la vérité en face et d’appeler les choses par leur nom, sans céder à des compromis commodes ou à la tentation de l’auto-illusion ».

Le cardinal a cité Evangelium Vitæ pour décrire l’avortement comme « le meurtre délibéré et direct, par quelque moyen que ce soit, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, qui s’étend de la conception à la naissance ». Toutefois, il n’a pas mentionné la peine de péché mortel encourue en cas de coopération directe à l’avortement.

Fernández a également souligné que la maternité de substitution « porte atteinte à la dignité de l’enfant », ainsi qu’à la dignité de la femme qui devient « un simple moyen subordonné au gain ou au désir arbitraire d’autrui ».

Euthanasie, suicide assisté

En ce qui concerne l’euthanasie, Fernández l’a décrite comme « un cas particulier de violation de la dignité humaine, plus silencieux mais qui gagne rapidement du terrain ».

Il a insisté pour que les personnes « gravement malades ou en phase terminale » bénéficient de « tous les efforts appropriés et nécessaires pour atténuer leurs souffrances grâce à des soins palliatifs appropriés et en évitant les traitements agressifs ou les procédures médicales disproportionnées ».

Contredisant les partisans de l’euthanasie, il a déclaré que « la vie humaine porte en elle une dignité qui doit toujours être défendue, qui ne peut jamais être perdue et qui appelle un respect inconditionnel. En effet, il n’existe aucune circonstance dans laquelle la vie humaine cesserait d’être digne et pourrait, par conséquent, être interrompue ».

Théorie du genre et homosexualité

Au début de son traitement de la « théorie du genre », Fernández a cité Amoris Lætitia :

L’Église souhaite avant tout « réaffirmer que toute personne, quelle que soit son orientation sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et traitée avec considération, tandis que “tout signe de discrimination injuste” doit être soigneusement évité, en particulier toute forme d’agression et de violence ».

Il a condamné le fait que « dans certains endroits », des personnes sont « emprisonnées, torturées et même privées du bien de la vie uniquement en raison de leur orientation sexuelle ».

Le préfet du DDF a indiqué que l’Église note « des problèmes critiques certains » avec la théorie du genre. « La cohérence scientifique de la théorie fait l’objet d’un débat considérable entre les experts », a écrit Fernández, ajoutant que « l’Église rappelle que la vie humaine dans toutes ses dimensions, physiques et spirituelles, est un don de Dieu ».

Il écrit que la théorie moderne du genre nie « la plus grande différence possible qui existe entre les êtres vivants : la différence sexuelle », qui est « la plus belle et la plus puissante d’entre elles ». La différence entre les hommes et les femmes devient « la source de ce miracle qui ne cesse de nous surprendre : l’arrivée de nouveaux êtres humains dans le monde ».

« Le respect de son propre corps et de celui d’autrui est crucial face à la prolifération des revendications de nouveaux droits avancés par la théorie du genre », écrit Fernández, qui ajoute que « toute tentative d’occulter la référence à la différence sexuelle inéliminable entre l’homme et la femme doit être rejetée ».

La discussion sur la théorie du genre a été en partie très prudente. L’absence de toute référence à l’homosexualité est remarquable. Le document de 1975 de la CDF, Persona Humana, indiquait qu’« il ne peut y avoir de véritable promotion de la dignité de l’homme si l’ordre essentiel de sa nature n’est pas respecté ».

Tout en demandant que les personnes ayant des tendances homosexuelles soient traitées avec « compréhension » et aidées à surmonter leurs épreuves, Persona Humana ajoute que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et ne peuvent en aucun cas être approuvés ».

L’absence de toute référence à l’homosexualité dans Dignitas infinita mérite donc d’être soulignée.



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