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Dossier Avortement dans le Devoir

Le journal Le Devoir du 26-27 janvier a préparé un dossier sur l'avortement. À côté d'éléments intéressants, on y trouve nombre d'inexactitudes...

 

 

 

(...)En mars prochain, la Chambre des communes à Ottawa débattra, puis disposera, d’une motion qui a priori devrait rallier tout le monde et sa mère : M-312 condamne, parce que considérés comme discriminatoires envers les femmes, les avortements dits sexo-sélectifs visant à se débarrasser des foetus féminins. Mais voilà. Comme chaque fois que le mot « avortement » émaille une initiative parlementaire, le débat sera tout sauf nuancé. Dans le coin gauche du ring, on retrouve déjà les opposants à la motion, les groupes de femmes et les pro-choix, au motif qu’elle rouvre le débat sur l’avortement. Dans le coin droit, ceux qu’on soupçonne de vouloir revenir 25 ans en arrière.

Pourtant, divers sons de cloche (sondages, vox pop, lettres aux lecteurs) tendent à démontrer que les Canadiens n’aiment pas l’idée qu’on interrompe une grossesse seulement parce que celle-ci résultera en une fille. « Notre intuition morale à nous est qu’il y a un aspect de discrimination qui est inacceptable, […] mais on ne peut pas trop en parler car on voit que ça risque d’être récupéré par le lobby avec lequel on n’a pas trop d’affinités : les opposants à l’avortement », résume Bernard Keating, professeur d’éthique à la Faculté de théologie de l’Université Laval.
 

Tout le débat sur l’avortement et ses dérivés se trouve ainsi résumé. Il existe une multitude d’enjeux connexes qui ne sont pas discutés sur la place publique parce que le débat a été polarisé à son extrême. Pratique-t-on trop d’avortements au Québec ? Les pratique-t-on trop tard, au point de parfois avorter des foetus qui, avec deux semaines de gestation de plus, seraient réanimés dans les unités de soins néonataux ? Les avortements « thérapeutiques » contribuent-ils à l’avènement d’un nouvel eugénisme ? Ces jours-ci, on ne peut être que contre l’avortement ou pour le libre-choix en toutes circonstances, semble-t-il.
 

« Il y a une incapacité de la situation juridique actuelle - et je le dis sans remettre en question ce cadre juridique […] - qui fait en sorte que des intuitions morales fondamentales n’arrivent plus à se dire », estime M. Keating.
Pour Margaret Somerville, directrice fondatrice du Centre de médecine, éthiques et droit de l’Université McGill, c’est l’effet pervers de la normalisation de l’avortement. « On sait en éthique qu’une fois qu’une chose est normalisée, on perd toute notre sensibilité éthique à ce qui se passe. »
 

Ainsi, quand le chercheur Joel G. Ray a découvert en avril 2012 que les diasporas de l’Asie du Sud avaient peut-être importé la pratique des avortements sexo-sélectifs au Canada, les autorités d’ici ont hésité à se prononcer. Le Dr Ray a analysé 766 688 naissances en Ontario et découvert que les mères nées en Inde et en Corée du Sud étaient « significativement » plus susceptibles de donner naissance à un garçon à leur deuxième grossesse. À la troisième, le ratio était encore plus faussé, ces femmes donnant naissance à 136 garçons pour 100 filles. Pour les mères nées au Canada, ce ratio est de 105 pour 100. « En l’absence d’autres explications plausibles, la sélection de mâles reste la raison la plus probable de ce ratio mâles-femelles plus élevé », écrit-il.
 

Rapidement, divers intervenants ont appelé à la prudence, ici offrant des explications de rechange, là rappelant que le phénomène est marginal (une carence de 245 filles en Ontario). Même la Fédération des femmes du Québec n’a pas condamné la pratique. La Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada (SOGC) a refusé de prendre position contre le dévoilement du sexe lors de l’échographie, misant plutôt sur l’éducation.
 

(...) 

La loi canadienne n’impose aucune limite temporelle à l’avortement. Théoriquement, celui-ci pourrait avoir lieu la veille d’un accouchement, ce qui soulève l’ire du mouvement pro-vie. Les pro-choix rétorquent que ce genre de décision n’est jamais pris à la légère et qu’une femme et son médecin sont les mieux placés pour la prendre.
On pratique au Canada des avortements jusqu’à 23 semaines de grossesse alors que les unités de soins néonataux s’échinent régulièrement à maintenir en vie des bébés nés prématurément à 24 ou 25 semaines de gestation… Le paradoxe saute aux yeux de tous les éthiciens interrogés.(Note de CQV :  l'hôpital Ste-Justine pratique des avortements de dernier trimestre, il est donc faux de dire qu'on ne pratique que jusqu'à la 23e semaine.)

(...) 

On estime qu’en 2008, il y aurait eu 556 avortements effectués au-delà de la 20e semaine. Une goutte d’eau dans l’océan des quelque 100 000 avortements annuels effectués au pays. Plusieurs de ces avortements tardifs s’expliquent par une maladie de la mère nécessitant des soins qui attaqueraient le foetus (une chimiothérapie) ou encore le dépistage d’une « anomalie incompatible avec la vie » chez l’enfant à naître.
 

Peu le savent, car le sujet est extrêmement délicat, mais avant de procéder à ces interruptions, les médecins injectent un mélange de chlorure de potassium dans le coeur du foetus afin d’en provoquer le décès avant l’expulsion. Ce qui amène Margaret Somerville à demander si le droit à l’avortement est un droit « à l’expulsion » ou un droit « à la destruction ». « Est-ce que le droit d’avorter donne aux femmes le droit d’évacuer leur utérus ou leur donne-t-il aussi le droit de tuer l’enfant quand c’est nécessaire ? »
 

Risque d’eugénisme (Note de CQV : on ne peut parler de «risques» quand la pratique eugénique est clairement établie!)
 

Les avortements en cas de malformation ne font pas tous l’unanimité. C’est le cas pour la trisomie 21. Depuis janvier 2012, le Québec offre gratuitement le test sanguin de dépistage à toutes les Québécoises. Ce test probabiliste est suivi d’une amniocentèse à 16 semaines (avec résultats quatre semaines plus tard). Les avortements qui en résultent, dans l’éventualité d’un diagnostic positif, ne peuvent qu’être tardifs.
 

L’Association du Québec pour l’intégration sociale (AQIS), qui fait la promotion du développement du plein potentiel des personnes trisomiques, s’interroge sur le message qu’envoie ainsi l’État.
« On nous montrait des calculs coûts-bénéfices indiquant que c’est moins cher pour la société de mettre un programme de dépistage en place que de faire naître des enfants qui seront une charge pour l’État. Ça, c’est drôlement Hitler ! », lance la porte-parole de l’AQIS, Anik Larose.
 

Les statistiques sur les naissances trisomiques depuis l’offre universelle du test ne sont pas compilées. En France, où le dépistage systématique a été instauré, 92 % des cas sont détectés et 96 % d’entre eux se terminent par un avortement.
 

Son rôle a amené Mme Larose sur plusieurs tribunes publiques pour discuter de cet épineux problème. Cette mère de trois enfants, dont une aînée atteinte de trisomie, est tout sauf une militante enragée. Son discours est posé, tout en nuances, et elle déplore justement la difficulté qu’elle éprouve à faire passer ce message. « Sur toutes les tribunes où je suis allée, on m’a toujours amenée sur ce terrain-là, dit-elle. Nous ne sommes ni pro-vie, ni pro-choix, on est pro-diversité. […] Du côté des pro-choix, je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de nuances. Dire qu’il ne faut pas remettre en cause l’avortement en aucun cas, je suis désolée, mais ce n’est pas noir ou blanc, ce dossier-là. »
 

C’est ce genre d’interrogation qui donne espoir à Georges Buscemi, le président de Campagne Québec-vie. « On sent qu’il y a de la braise sous la cendre. La société dit avoir la conviction qu’on peut disposer de son corps comme on l’entend, mais il y a des remords venant d’une conscience qu’il y a peut-être des abus et des incohérences. »

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Plusieurs Marches pour la Vie aux États-Unis cette semaine...

Sur le site de Riposte Catholique du 25 janvier 2013:

 

(Photo prise lors de la manifestation de Dallas)

 

Outre les considérables concentrations des marches pour la vie de Washington D.C. (March for Life) et de San Francisco en Californie (Walk for Life West Coast) qui se déroulent autour de la date anniversaire de l’arrêt Roe vs Wade de la Cour suprême des États-Unis (22 janvier), de nombreux autres rassemblements et marches sont organisées aux États-Unis. Une correspondante et amie aux États-Unis, ma chère « Texan Bea », m’en signale une qui s’est tenue samedi dernier à Dallas (Texas) et qui a réuni entre 9 et 9 500 participants, une affluence en hausse par rapport à l’année dernière où l’on compta environ 7 500 participants. C’est une initiative catholique, fortement soutenue par l’évêque de Dallas Mgr Kevin Farrell, dont rend compte le blogue localA Blog for Dallas Area Catholics,(...)

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Des centaines de milliers de manifestants à Washington? Richard Hétu, spécialiste de la politique américaine, n'en parle pas...

40 ans après Roe vs Wade qui a décriminalisé l'avortement aux États-Unis, les Américains manifestent contre les millions d'enfants tués depuis.

Pour voir des photos de la manifestation en cours à Washington contre l'avortement, cliquez ici.

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Pas de « propagande de l'homosexualité » en Russie

Sur le site de JDD du 25 janvier 2013 :

 

 

(Dans les écoles québécoises...)

 

Les députés russes ont adopté vendredi en première lecture une proposition de loi controversée punissant tout acte public constituant une "propagande de l'homosexualité auprès de mineurs". Le texte a été voté par 388 voix pour, une contre et une abstention.

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Interdire la «destruction de preuves» pour lutter contre l'avortement?

Sur le site de genethique.org du 25 janvier 2013:

 

(L'État du Nouveau-Mexique près de l'Arizona)

 

Aux Etats-Unis, dans l'état du Nouveau-Mexique, une parlementaire républicaine, Catherynn Brown, a déposé ce mercredi "un projet de loi qui vise à définir l'avortement 'comme une destruction de preuve dans les cas de pénétration sexuelle criminelle ou d'inceste' ". En outre, il prévoit que "la destruction de preuve doit inclure, le fait d'obtenir ou de faciliter, ou de contraindre ou d'obliger une tierce personne à avorter d'un foetus résultant d'une pénétration sexuelle criminelle ou d'un inceste avec l'intention de détruire la preuve du crime". Enfin, le texte "veut [...] faire de l'IVG après viol un délit, passible de trois ans de prison".
 

Cette nouvelle fait le tour du monde. Si la tentative de protéger l'enfant à naître est maladroite, elle demeure malgré tout plus humaine que cette volonté d'ajouter au crime du viol, la mort d'un enfant innocent. On peut retrouver sur internet le témoignage de Gitane Maltais, qui fut victime d'un viol, est tombée enceinte et a donné son enfant en adoption. Cet enfant l'a guéri du traumatisme du viol.

 

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Les pro-vies manifestent à Washington aujourd'hui

Sur le site de yahoo du 22 janvier 2013 :

 

 

(...)

"Marche pour la vie"
 
"Nous n'avons pas baissé les bras, nous allons continuer à nous battre jusqu'à ce que +Roe vs Wade+ soit abrogé, jusqu'à ce que l'avortement soit illégal dans ce pays", a répliqué Mark Harrington, dirigeant de Created Equal, avant de déposer des oeillets sur le pavé à la mémoire des "50 millions de bébés qui ne sont pas nés, tués depuis 1973".
 
La conférence des évêques catholiques de l'USCCB, très en pointe dans la lutte contre l'avortement, a organisé neuf jours de "prières et de pénitence", du 19 au 27 janvier pour marquer l'anniversaire de cette "décision tragique" alors que le National Right to life se réjouissait dans un communiqué que "de plus en plus de jeunes soient contre l'avortement".
 
Une grande manifestation nationale contre l'avortement aura lieu vendredi à l'occasion d'une "Marche pour la Vie" dont la date a été décalée en raison des festivités marquant l'investiture du président Obama.
 
Pour Terry O'Neill, présidente de NOW, le droit à l'avortement "est très sérieusement en danger" dans le pays. "Je pense qu'il va être demandé dans les cinq prochaines années à la Cour Suprême d'abroger" son ancienne décision, dit-elle à l'AFP, "à cause de nombreuses lois anticonstitutionnelles qui sont passées" dans les Etats.
 
Le mouvement "pro life" est à l'origine de lois liées à l'avortement qui ont atteint un nombre record ces deux dernières années, votées par les parlements des Etats. Elles couvrent un large champ, du remboursement de l'opération à l'allongement des délais de réflexion dont le seul but est, selon les "pro choice", de compliquer l'accès à l'IVG, techniquement légal.

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L'Inde ferme ses portes à l'exploitation de «mères porteuses» par les célibataires et les partenaires de même sexe

Une fermeture qui devrait s'adresser à tous les couples. Une «mère porteuse» est une femme que l'on exploite. Ce n'est  pas un hasard si on les choisit principalement dans les pays pauvres... Un article paru dans le journal Le Devoir du 24 janvier 2013:

(Les «mères porteuses» sont soumises à un ensemble de restrictions dans leur contrat qui permet d'affirmer qu'elles sont victimes d'un véritable esclavagisme)

New Delhi — Le business de la maternité de substitution est en Inde un créneau clé de sa florissante industrie du tourisme médical et procréatif. Des milliers de couples étrangers — Américains, Européens, Africains, Québécois — viennent chaque année s’y faire faire un bébé par mère porteuse, pour la double raison que la pratique est souvent interdite dans leur pays et que la «gestation pour autrui» (GPA) coûte en Inde une fraction de ce qu’elle coûte ailleurs.

Or, le gouvernement indien vient d’imposer une nouvelle série de contraintes qui vont inévitablement compliquer une situation qui n’était déjà pas simple pour les étrangers qui veulent «louer le ventre» d’une Indienne, sinon carrément les obliger à renoncer à leurs projets d’adoption.

D’abord, les nouvelles directives interdisent dorénavant aux couples homosexuels et aux célibataires de recourir aux services d’une mère porteuse.

Ensuite, il faudra que le couple hétéro ait été marié depuis au moins deux ans pour être admissible. Les autorités indiennes ne lui délivreront pas de visa l’autorisant à retenir les services d’une mère porteuse si la GPA n’est pas reconnue dans son pays d’origine (elle ne l’est pas au Canada). La démarche sera permise sur obtention d’un visa médical, et non plus simplement touristique.
 
Aux abois, l’industrie craint pour son portefeuille. Les groupes de défense des droits des gais ont dénoncé ces mesures discriminatoires. 

(...)
 

Cela dit, le commerce de la mère porteuse soulève en Inde beaucoup de questions éthiques. Dans un pays pauvre et patriarcal comme l’Inde, la «location d’utérus» est considérée par des organisations comme la All India Democratic Women's Association comme une façon de plus d’exploiter les femmes.
 

 

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40 ans de culture de mort : une magnifique lettre pastorale à l’occasion de l’anniversaire de Roe vs Wade

(Sur la photo de gauche, Jane Roe qui s'est engagée à combattre toute sa vie pour réparer le mal de la loi Roe Vs Wade, loi qui porte son nom)
 
 
 
Un article de l’archevêque de Denver, Samuel J. Aquila (traduction CQV)
Chers frères et sœurs dans le Christ
Je suis allé à l'université en 1968 avec l'idée de devenir médecin, comme mon père. Les campus à la fin des années 60 et tout au long des années 70 étaient des lieux de tourmente. Je n'ai pas bien pratiqué ma foi au cours des trois premières années de collège et je n'ai certainement jamais imaginé que le Seigneur, un jour, ferait de moi un évêque.
J'ai passé mes trois premières années de collège à travailler comme infirmier hospitalier, aidant à la salle d'urgence, à un centre universitaire de santé des élèves et dans un hôpital de Californie, pendant les vacances d'été.
Quand j'ai commencé ce travail, je n'avais pas beaucoup réfléchi à la souffrance humaine, ou à la dignité humaine.
Mais au cours de mon emploi dans les hôpitaux, quelque chose a changé. À cette époque, certains États ont approuvé des lois sur l’avortement et je n'étais même pas au courant. En raison de ces lois, quand j'étais au collège, j'ai vu les résultats de deux avortements.
Le premier était dans un service de chirurgie. Je suis entré dans une salle extérieure et dans l'évier, sans surveillance, était le corps du petit enfant à naître qui avait été abandonné. Je me souviens avoir été assommé. Je me souviens avoir pensé que je devais baptiser l'enfant.
Le deuxième avortement était plus choquant. Une jeune femme entra dans la salle d'urgence en criant. Elle a expliqué qu'elle avait déjà subi un avortement. Lorsque le médecin l'a renvoyé chez elle, il lui a dit que tout le reste allait se passer naturellement. Elle saignait alors que le médecin, son petit ami, l'infirmière et moi l’avons posé sur une table.
J'ai tenu un bassin pendant que le médecin a récupéré un petit bras, une jambe minuscule et puis le reste du corps brisé d'un petit enfant à naître. J'étais choqué. J'étais attristé pour la mère et l'enfant, le médecin et l'infirmière. Aucun d'entre nous n’aurait participé à une telle chose s'il n'y avait pas eu urgence. J'ai vu un petit homme être détruit par la violence.
Ma mémoire me hante. Je n'oublierai jamais que je fus témoin d'actes d'une brutalité inouïe. Dans les avortements dont j'ai été témoin, les gens forts ont pris des décisions qui ont tué la vie des petits, des faibles, des enfants. À travers les mensonges et les manipulations, les enfants ont été considérés comme des objets. Les femmes et les familles étaient convaincues que la fin de leur vie serait indolore, et oubliable. Les experts ont présenté des arguments apparemment convaincants que les enfants à naître ne sont pas du tout des personnes, qu'ils ne peuvent pas ressentir la douleur, et qu’ils étaient mieux morts.
J'ai été témoin de la mort de deux personnes de petite taille qui n'ont jamais eu la chance de prendre une grande respiration. Je ne pourrai jamais l'oublier. Et je n'ai jamais été le même. Ma foi était faible à l'époque. Mais je savais que par ma raison, et par ce que j'ai vu, que la vie humaine a été détruite. Ma conscience fut éveillée à la vérité de la dignité de l'être humain dès le moment de sa conception. Je suis devenu pro-vie et j’ai fini par retourner à ma foi.
J'ai appris ce que la dignité humaine était quand je l'ai vue cyniquement ignorée. Je sais, sans l’ombre d’un doute, que l'avortement est un acte violent de meurtre et d'exploitation. Et je sais que notre responsabilité est de travailler et de prier sans cesse pour la fin de l’avortement.
Le repentir, la prière, le renouvellement
À chaque messe, avant de recevoir l'Eucharistie, l'Église nous enseigne à considérer et à confesser notre péché. Quand nous prions le Confiteor à la messe, nous proclamons les péchés de « ce que j'ai fait, et de ce que j'ai omis de faire. »
Nous demandons au Seigneur sa miséricorde. Nous demandons aux autres leurs prières.
À l'acte pénitentiel, nous reconnaissons les fois où nous avons choisi le péché, ainsi que les temps où nous avons choisi de ne rien faire face à la méchanceté de ce monde. Nos péchés d'omission permettent le mal. Ils permettent l'injustice. À l'acte pénitentiel, je pense parfois aux  avortements dont j'ai été témoin et mon cœur éprouve toujours de la tristesse. Je demande pardon pour les médecins, les infirmières, les politiciens, et d'autres qui soutiennent l'avortement si ardemment et je prie pour leur conversion.
Aujourd'hui, nous reconnaissons le 40e anniversaire de Roe vs Wade, nous reconnaissons 40 ans de meurtres légaux dans notre pays. Aujourd'hui, nous reconnaissons l'impact de ces 40 ans. Tolérer l'avortement depuis 40 ans nous a abrutis. Nous avons appris à voir les gens comme des problèmes et des objets. Au cours des quatre décennies qui ont suivi Roe vs Wade, notre nation a trouvé de nouveaux moyens pour affaiblir la famille, de marginaliser les pauvres, les sans-abris, les malades mentaux, nous avons trouvé de nouvelles façons d'exploiter et d’abuser.
Aujourd'hui, nous devons reconnaître que 40 ans de meurtres légalisés ont donné à la culture de mort une assise solide, une base dans notre nation.
Nous devons aussi reconnaître notre péché. Lorsque nous examinons ce que l'avortement a causé de dommages dans notre culture, nous devons nous repentir de nos péchés d'omission. Nous, les chrétiens avons une responsabilité pour notre honte nationale. Certains d'entre nous ont soutenu des positions pro-choix. Beaucoup d'entre nous n'ont pas réussi à changer les mentalités ou gagner les cœurs. Nous n’avons pas réussi à convaincre notre culture que toute vie a une dignité. Dans la perspective d’un mal indicible, nous avons fait trop peu, trop longtemps, avec des résultats tragiques.
Aujourd'hui est un jour pour se repentir. Mais avec la repentance vient la résolution de réparer. Le 40e anniversaire de Roe vs Wade est un jour pour s'engager à promouvoir une culture de vie. Aujourd'hui, le Seigneur nous appelle à nous lever.
Quand j'ai travaillé dans des hôpitaux de l'université, je ne savais pas ou ne comprenais pas ce que l'Église enseigne sur la vie humaine. J'ai appris par des expériences que la vie humaine est détruite dans chaque avortement. Mais je n'étais pas préparé à défendre la vie, préparé à voir la dignité humaine réelle, et encore moins à la proclamer. Je prie pour que personne d'entre vous, chers frères et sœurs, ne se retrouve jamais dans cette position où j’étais il y a tant d'années. Je prie pour que vous soyez prêts à défendre la vérité sur la vie humaine.
La vie est un don de Dieu
L'enseignement de l'Église sur la dignité de la vie humaine est clair. « La vie humaine », affirme le Catéchisme de l'Église catholique, « doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier instant de son existence, l'être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie ». [1]
Le droit inviolable à la vie est enseigné dans l'Écriture, la Tradition sacrée, et le témoignage de la loi morale naturelle. L'Église croit que la vie est un droit donné par Dieu, et un cadeau. Notre existence même est une expression de l'amour que Dieu a pour nous, l’amour du Seigneur pour nous nous a littéralement donné l'existence, et son amour parle de la valeur de la personne humaine. Nous prenons le don de la vie au sérieux, parce que chaque être humain est une création unique de Dieu le Père.
Au moment de la conception, nous recevons le don de la vie, et le droit à la vie. « Avant même de te former au ventre maternel », dit le Seigneur au prophète Jérémie : « Je t’ai connu; avant même que tu sois sorti du sein, je t'ai consacré; » [2]
La dignité humaine commence avec le don divin de la vie. Mais notre dignité est enrichie parce que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, a choisi de vivre parmi nous en tant qu'être humain. En raison de l'Incarnation, tous les êtres humains peuvent partager non seulement la dignité humaine, mais la dignité divine. Notre vie humaine nous permet de partager la vie même de Dieu, partager la vie intime de la Trinité. L’Église enseigne que « La vie est sacrée », « parce que... elle reste toujours dans une relation spéciale avec le Créateur, qui est son unique fin. » [3]
La dignité et le caractère sacré de la vie humaine ont très clairement des implications morales : la vie humaine innocente est absolument inviolable. « (...) tuer directement et volontairement un être humain innocent », enseigne l'Église », est toujours gravement immoral ». [4]
« Que l’on soit le maître du monde ou le dernier des “misérables” », enseignait le bienheureux Jean-Paul II en 1993, « cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux » [5]. L’Église condamne sans équivoque l'avortement, l'euthanasie, l’expérimentation sur l’embryon et sa destruction, et le ciblage des civils dans la guerre.
L'Église prend la dignité humaine tellement au sérieux qu'elle enseigne que, sauf dans les « cas de nécessité absolue », la peine de mort est immorale. [6]
Tuer de manière injuste est un rejet du don de Dieu.
L'avortement est toujours un tort
Cette lettre veut réfléchir en particulier sur l'enseignement de l'Église sur l'avortement.
En 1974, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi affirme que « dans le cours de l'histoire, les Pères de l'Église, ses pasteurs et ses docteurs ont enseigné la même doctrine », à savoir que l'avortement est une « faute objectivement grave ». [7] En 1972, le Pape Paul VI a déclaré que « cette doctrine n'a pas changé et est immuable. » [8]
Aujourd'hui, de nombreux catholiques semblent croire que si l'avortement est malheureux, il n'est pas toujours un mal moral. Les arguments séculiers pour justifier l'avortement ne manquent pas. Une nouvelle vie représente souvent des difficultés. Lorsque la grossesse semble menacer la santé ou la vie, la pauvreté, ou quand un enfant peut naître avec une déficience grave, l'avortement est souvent la solution du monde.
Mais, comme le Saint-Siège a noté en 1974, « aucune de ces raisons ne peut jamais objectivement conférer le droit de disposer de la vie d'autrui, même lorsque la vie ne fait que commencer. En ce qui concerne le malheur futur de l'enfant, personne, pas même le père ou la mère, ne peut agir comme son substitut... pour choisir au nom de l'enfant, la vie ou la mort... La valeur de la vie est trop fondamentale pour être mise dans la balance, même avec de très graves inconvénients ». [9]
Bien que l'avortement ne soit jamais une action justifiable, la réponse de l'Église aux femmes qui ont subi un avortement devrait être celui de la compassion, de la solidarité et de la miséricorde. L'avortement est un péché, et une tragédie. Les pères et les mères d'enfants avortés sont aimés par Dieu, et dans le besoin de miséricorde et de guérison de Jésus-Christ. Des programmes comme le Projet Rachel existent pour aider les femmes qui ont avorté à rencontrer l'amour miséricordieux et indulgent de Dieu, notre Père.
Une juste loi protège la vie
Parce que la vie est une valeur fondamentale, nous avons le devoir de proclamer sa bonté et sa dignité. Nous avons aussi un devoir de la protéger par la loi. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a observé en 1987 que « les droits inaliénables de la personne devront être reconnus et respectés par la société civile et l'autorité politique : ces droits de l'homme ne dépendent ni des individus, ni des parents, et ne représentent pas même une concession de la société et l'État; ils appartiennent à la nature humaine et sont inhérents à la personne en raison de l'acte créateur dont elle tire son origine. » [10]
Il est clair que des lois justes doivent respecter la dignité de l'enfant à naître, et leur droit à la vie. Les lois qui ne parviennent pas à le faire devraient être rejetées. Et c'est la vocation de tous les catholiques, surtout les laïcs catholiques, de travailler à changer les lois injustes qui permettent la destruction de la vie humaine. Le Concile Vatican II a décrété que « C’est à eux qu’il revient particulièrement d’illuminer et d’ordonner toutes les choses temporelles, auxquelles ils sont étroitement liés, en sorte qu’elles soient toujours accomplies selon le Christ, qu’elles croissent et soient à la louange du Créateur et Rédempteur. » [11]
Malgré le clair enseignement de l'Église, de nombreux catholiques, et en particulier les hommes politiques catholiques, soutiennent que leur opposition personnelle à l'avortement ne devrait pas affecter leur participation à la vie civique. Ces arguments ne sont pas raisonnables, et de mauvaise foi. Personne, en particulier une personne dans la fonction publique, n’est exempté de l'obligation de défendre le bien commun. Et la condition première et indispensable pour le bien commun est le respect du droit à la vie. Notre Déclaration d'Indépendance commence avec un argument que tous les hommes doivent protéger les droits inaliénables qui leur sont accordés par Dieu, et parmi eux, le droit à la vie.
À la base des arguments qui reconnaissent l'immoralité de l’avortement, mais appuient sa protection juridique, sont le relativisme et la lâcheté : le refus de défendre la vérité essentielle et fondamentale. La loi ne fait rien de plus important que de protéger le droit à la vie.
Les pères du Concile Vatican II ont rappelé aux catholiques : « Ils s’éloignent de la vérité ceux qui, sachant que nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais que nous marchons vers la cité future, croient pouvoir, pour cela, négliger leurs tâches humaines, sans s’apercevoir que la foi même, compte tenu de la vocation de chacun, leur en fait un devoir plus pressant. Mais ils ne se trompent pas moins ceux qui, à l’inverse, croient pouvoir se livrer entièrement à des activités terrestres en agissant comme si elles étaient tout à fait étrangères à leur vie religieuse – celle-ci se limitant alors pour eux à l’exercice du culte et à quelques obligations morales déterminées. Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps. (…) Que l’on ne crée donc pas d’opposition artificielle entre les activités professionnelles et sociales d’une part, la vie religieuse d’autre part. En manquant à ses obligations terrestres, le chrétien manque à ses obligations envers le prochain, bien plus, envers Dieu Lui-même, et il met en danger son salut éternel. » [12]
Cette déclaration est d’autant plus vraie aujourd'hui que beaucoup de catholiques ont retiré leur foi du monde et de la place publique.
En 1987, le bienheureux Jean-Paul II a dit aux Américains que « toute personne humaine — peu importe le degré de vulnérabilité ou d'impuissance, qu'elle soit jeune ou vieille, peu importe son état de santé, les personnes handicapées ou malades, qu'elle soit utile ou non productive pour la société — est un être d'une valeur inestimable, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Il s'agit de la dignité de l'Amérique, la raison pour laquelle elle existe, la condition de sa survie — oui, le test ultime de sa grandeur. Respecter toute personne humaine, en particulier les plus faibles et les plus vulnérables, ceux à venir » [13]
L'héritage de l'Amérique est le respect de la dignité humaine, en particulier le respect de l'innocent, des plus vulnérables et marginalisés.
Les dirigeants politiques catholiques qui prétendent qu'ils peuvent séparer les vérités de la foi de leurs vies politiques ont choisi de se séparer de la vérité, du Christ et de la communion de l'Église catholique.
Au contraire, les dirigeants politiques catholiques qui comprennent vraiment les enseignements de l'Église et qui utilisent leur créativité et leur initiative visant à développer de nouvelles façons créatives pour mettre fin à la protection juridique de l'avortement méritent les éloges et le soutien de l'Église et des fidèles laïcs. Nous devons tous mettre notre énergie et nos efforts à mettre fin à la protection juridique de l'avortement. Cela est, et doit être l'objectif principal de la politique américaine catholique, il est difficile d'imaginer un enjeu politique avec la même signification que le meurtre légal des enfants.
Bâtir une culture de la vie
La protection de la vie est notre devoir en tant que catholiques, et éliminer la protection juridique de l'avortement est impératif. 40 ans ont passé et nous n'avons toujours pas trouvé une stratégie efficace pour mettre fin au massacre juridiquement protégé de l'enfant à naître. Mais nous avons aussi échoué à gagner l'opinion publique. Aujourd'hui, les sondages indiquent que 63 % des Américains sont favorables à la protection juridique de l'avortement. [14] C'est là que le changement doit commencer.
Même si nous devons poursuivre les efforts juridiques, nous devons également reconnaître que le droit suit la culture, alors si nous vivons dans une culture qui respecte la dignité de toute vie humaine, nous pourrons facilement faire adopter des lois qui font la même chose.
Notre tâche, disait le bienheureux Jean-Paul II en 1995, est « d'aimer et honorer la vie de tout homme et de toute femme, et de travailler avec constance et avec courage pour qu’en notre temps, traversé par trop de signes de mort, s’instaure enfin une nouvelle culture de la vie, fruit de la culture de la vérité et de l’amour. » [15]
Une culture de la vie, tout simplement, est celle qui reçoit avec joie et célèbre le don divin de la vie. Une culture de la vie ne reconnaît pas la dignité humaine en tant que concept théorique ou théologique, mais comme un principe vivifiant, comme une mesure de l'activité de la famille et de la communauté. Une culture de la vie soutient plus particulièrement la vie de la famille. Elle soutient et célèbre la dignité des personnes handicapées, des enfants à naître et des personnes âgées. Une culture de la vie cherche à vivre dans la gratitude pour le don de la vie que Dieu nous a donné.
Si nous voulons bâtir une culture de vie, nous devons commencer par la charité. La charité sociale ou la solidarité est la marque d'une culture de la vie et d’une civilisation de l'amour. Elle nous permet de voir l'autre à travers les yeux de Dieu, et donc de voir la valeur unique et personnelle de l'autre. La Charité nous permet de traiter l'autre avec justice non pas parce cela nous est obligatoire, mais à cause de notre désir d'aimer comme Dieu aime.
Cette charité doit commencer dans la famille. Nos familles sont le premier endroit où ceux qui sont marginalisés, et dont la dignité est oubliée, peuvent être pris en charge. Pour bâtir une culture de vie, nous devons nous engager à renforcer nos propres familles, et à soutenir les familles de notre communauté. Des familles fortes engendrent des liens solides qui nous permettent d'aimer les personnes les plus en danger d'être perdues et abandonnées à une culture de mort.
La charité de la culture de la vie soutient également les œuvres de miséricorde, l’apostolat de la justice sociale et du soutien. Les familles touchées par la culture de la mort sont souvent brisées. Soutenir l'adoption, le mariage, les programmes chargés de la protection sociale, les soins de santé et une politique d'immigration responsable parlent à tous d’une culture qui embrasse et soutient la dignité de la vie.
Une véritable culture de la vie est contagieuse. La joie qui vient de vivre dans la gratitude pour le don de la vie et de considérer toute vie comme un cadeau produit du changement. Quand les chrétiens commenceront à vivre avec un souci réel de la dignité humaine, notre nation se réveillera de la tragédie de l'avortement, et elle commencera à changer.
Enfin, chers frères et sœurs, je tiens à vous rappeler la puissance de la prière. Notre prière et nos sacrifices pour mettre fin à l'avortement, en union avec le Christ sur la croix, vont transformer les cœurs et renouveler les esprits. Dans la prière, nous confions notre nation à Jésus-Christ. Ce faisant, nous pouvons être assurés de la victoire.
Aujourd'hui, je vous demande de vous joindre à moi dans une nouvelle détermination à construire une culture qui voit avec les yeux de Dieu, qui voit la dignité de l'enfant à naître, des femmes et des hommes, des pauvres, des personnes âgées, des malades mentaux et des handicapés.
Nos ancêtres ont vu avec les yeux de Dieu quand ils ont reconnu dans la Déclaration d'Indépendance : « Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que tous les hommes sont créés égaux, qu'ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables, parmi lesquels se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
Je vous demande, chers frères et sœurs, de vous joindre à moi dans la construction d'une culture de la vie qui éliminera le meurtre brutal de l'enfant à naître, le plus petit au milieu de nous. Il n'y a pas de plus grande mission que nous pouvons entreprendre. Je prie pour que les paroles de l'Écriture puissent brûler dans nos cœurs, « C’est toi qui m’as formé mes reins, qui m'as tissé au ventre de ma mère; je te rends grâce pour tant de prodiges : merveille que je suis, merveille que tes œuvres. » [16]
Sincèrement vôtre dans le Christ,
Mgr Samuel J. Aquila, STL
Archevêque de Denver
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[1] La CCC 2270
[2] Jérémie 1:5
[3] REC 2278
[4] Evangelium vitae, 57.
[5] Veritatis Splendor, 97
[6] Evangelium vitae, 56
[7] Déclaration sur l'avortement, de la Congrégation de la Doctrine pour la Foi, 1974.
[8] « Salutiamo con paterna effusione, » 9 décembre 1972, AAS 64 (1972), p. 737.
[9] Déclaration sur l'avortement, de la Congrégation de la Doctrine pour la Foi, 1974.
[10] Instruction sur le respect de la vie humaine à son origine et à la dignité de la procréation Congrégation., de la Doctrine de la Foi, 1987.
[11] Lumen gentium, 31.
[12] Gaudium et spes, 43.
[13] Jean-Paul II, cérémonie d'adieu, visite apostolique aux États-Unis et au Canada, 19 septembre 1987
[14] Roe contre Wade à 40 : plus s'opposer à la décision d'avortement renversement, Pew Research Center, 2013
[15] Evangelium vitae, 77.
[16] Psaume 139 : 13-14
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Une bonne réflexion dans le journal Le Devoir sur l'euthanasie et la dignité

Sur le site du journal Le Devoir du 24 janvier 2013, une lettre de Renald Veilleux, de Gatineau:

 

 

 

Faut-il se faire euthanasier pour mourir dans la dignité ? Quelle belle pirouette de singe pour tenter de nous faire croire qu’en se faisant euthanasier, nous mourrons dans la dignité. Et qu’en est-il de tous ceux et celles qui sont morts sans interventions indues, sont-ils morts dans l’indignité ? N’avons-nous pas la responsabilité d’accompagner nos mourants dans la souffrance des derniers moments ?
 

C’est sans aucun doute dans ces derniers instants qu’ils ont le plus besoin de notre compassion et de toute notre affection. Allons-nous les laisser mourir comme des chiens ou devancer leur mort en se faisant croire qu’ils mourront dans la dignité ?
 
 
L’aide médicale à mourir ? Un autre euphémisme pour nous endormir. Jusqu’à tout récemment, l’aide médicale était destinée à nous aider à vivre, non à mourir. Avec l’euthanasie, on suspend l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, mais rassurez-vous, votre bon médecin va vous aider à mourir dans la dignité. Faites-moi rire, mais je vous l’avoue, je ris jaune. […]

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Bulletin Janvier 2013 -- L'année à venir

De la part de toute l’équipe de Campagne Québec-Vie, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2013 !

Il me semble qu’avec chaque année qui passe, les inévitables revers et les humiliations aidant, nous nous imprégnons de plus en plus de cette vérité que nous n’avons pas à gagner le combat pour le respect de la vie, mais qu’il a en fait déjà été gagné sur la croix il y a 2000 ans ! Tout ce qu’il nous reste à faire est d’attester par notre vie que nous croyons que cette victoire a bel et bien eu lieu.

Aussi, d’une certaine manière, la victoire, même si elle s’est déroulée sur le Golgotha, reste inachevée et il faut la compléter, comme le dit saint Paul dans sa première épitre aux Colossiens : « … je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Église. » (Col 1 :24)

Nous défendons donc la vie des plus faibles car nous avons la conviction que la Vie l’a emporté sur la Mort, que le « chacun pour soi » qui régit les comportements des gens du monde n’est plus la voie à prendre. La nouvelle loi n’est pas celle du plus fort mais de l’Amour; la nouvelle espérance n’est pas celle du plaisir mondain mais de la vie éternelle. C’est cela que nous annonçons en tant que personnes pro-vie.

Quand l’on défend la vie des plus faibles, nous « complétons en notre chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Église. » C’est-à-dire que nous suivons le chemin que Dieu a pris – celui de la Croix – pour notre plus grand bien, car lorsque l’on partage les souffrances du Christ, l’on partage aussi ses récompenses.

Et voilà un conseil pratique : si nous vivons simplement de façon cohérente avec notre foi en un Dieu qui a conquis la mort, nous subirons les persécutions en ce monde et nous recevrons le gage de cette persécution. Bref, en défendant la Vie et la famille, nous annonçons la Victoire de Jésus sur la croix, nous subissons des persécutions et nous méritons la Vie éternelle. (par la grâce de Dieu, bien sûr !)

Mais encore faut-il que cette annonce de la victoire sur la Mort se fasse par des gestes concrets et des paroles claires. Que ferons-nous cette année pour manifester notre confiance en Celui qui nous a promis que la mort n’aurait pas le dernier mot ? Voici un bref aperçu des activités que nous voulons mettre en marche en 2013:

1. 40 jours pour la vie : cette vigile de prière devant un avortoir de Montréal pour 40 jours, 12 heures par jour, se fera deux fois, du 13 février au 24 mars et en automne de la mi-septembre au début novembre.

2. Triduum 2013 : une série de conférences, de vigiles de prières et de messes à Montréal qui se tiendront du 4 au 8 mai et qui précéderont la Marche pour la vie à Ottawa.

3. Marche pour la vie 2013 : cette marche annuelle attirant plus de 15 000 personnes se tiendra sur la colline parlementaire à Ottawa le jeudi 9 mai.

4. Manifestation avec pancartes : durant l’été 2013 nous comptons faire une tournée de quelques villes du Québec avec pancartes illustrées pour manifester notre désaccord avec l’avortement.

5. Crossroads Walk (« Pèlerins de la croisée des chemins ») : Nous accueillerons de nouveau cette année, au début du mois d’août, ces jeunes qui traversent à pied le Canada pour le respect de la vie.

6. Initiative d’arrêt de financement des avortements : Nous voulons lancer une campagne d’arrêt de financement public de l’avortement en automne 2013. Nous vous offrirons également la feuille à remplir pour le temps des impôts comme nous l’avons fait l’année dernière.

7. Congrès 2013 : Comme à chaque année, nous vous convions à notre congrès qui se tiendra en automne. Le lieu reste à fixer. (Voir notre congrès 2012.) 

8. Veillée pour la Vie : Une veillée de prière pour la vie se tiendra le dimanche soir qui précédera l’Avent (autour du 1er décembre 2013)

9. Ministère des « bergers sur trottoir » (« Sidewalk counselling ») : tous les matins de semaine pour une heure, sauf lors des 40 jours pour la vie, nous sommes présents à l’extérieur d’un avortoir montréalais pour offrir aux femmes qui pensent se faire avorter des alternatives à l’avortement et une aide concrète.

10. Site Web / Facebook / Twitter : Nous continuerons à faire croître notre auditoire sur notre site Internet (www.cqv.qc.ca), qui de septembre 2009 à aujourd’hui, est passé de 1000 visiteurs différents par mois à près de 7500 visiteurs différents mensuels.

11. Ministère de guérison post-avortement : En collaboration avec d’autres groupes pro-vie de Montréal, nous tenterons cette année d’établir un groupe d’appui pour les femmes et les hommes qui vivent un deuil post-abortif.

12. Enceinte / Inquiète : Nous continuerons en 2013 à répondre aux appels reçus sur notre service téléphonique sans frais pour femmes enceintes en difficulté (1-855-871-4442)

Merci de porter dans vos prières tous ces projets ; et d’y participer selon vos capacités !

Pour la vie,

Georges Buscemi , président

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