Ce qui attend les Québécois avec la charte des valeurs québécoises
Sur le site du journal La Presse du 26 août 2013, cette analyse du chroniqueur Vincent Marissal:
Laissez un commentaire(...) On peut fort bien comprendre les motivations politiques derrière la Charte des «valeurs québécoises» du gouvernement Marois, mais juridiquement on se dirige vers un bourbier.En arrivant au pouvoir, il y a bientôt un an, les péquistes ont trouvé sur leur bureau les avis juridiques rédigés pour l'ancien régime et qui démontraient ce qu'on savait déjà: on ne peut hiérarchiser les droits. Les libertés de religion et d'expression, notamment, ne sont pas à géométrie variable, elles ne peuvent être subordonnées à un autre droit.Interdire à un employé de l'État de porter un signe religieux, c'est une atteinte à la liberté de religion. Pauline Marois a déjà dit qu'elle utilisera la clause dérogatoire pour contourner les limites imposées par la Charte canadienne, mais elle devra aussi trouver une façon de contourner la Charte des droits et libertés du Québec, adoptée sept ans avant la version canadienne et qui garantit les mêmes droits fondamentaux. Les deux chartes garantissent aussi l'égalité entre hommes et femmes.En plus de relancer le débat politique, la Charte des «valeurs québécoises» risque de créer des problèmes là où il n'y en a pas. En plus de provoquer des batailles juridiques totalement contre-productives.Que fera la direction d'un hôpital, par exemple, si un médecin sikh (rare au Québec, il va sans dire) démissionne parce qu'il ne peut pratiquer avec son turban? Que feront les candidats à des postes de la fonction publique à qui le gouvernement dira qu'ils doivent laisser tomber leur signe religieux pour avoir un emploi? Que feront les grandes centrales syndicales lorsque leurs membres, fonctionnaires, éducatrices ou enseignants seront congédiés pour port de hijab, de kippa ou de la croix? Accordera-t-on des exemptions à certaines institutions, comme à l'Hôpital juif de Montréal (un modèle de gestion et de cohabitation), mais pas à d'autres, créant du coup des inégalités?Et puis, de toute façon, avant de se lancer dans pareille aventure politique et juridique, le gouvernement ne devrait-il pas nous faire la démonstration (chiffrée, pas anecdotique à partir de cas montés en épingle par certains médias) qu'une telle Charte est nécessaire, en plus de celle des droits et liberté?Le rapport Bouchard-Taylor, qui s'est penché sérieusement sur la question, concluait en 2008 qu'il n'y avait eu que 73 cas d'accrochages avec les accommodements raisonnables au cours des 22 années précédentes. On est loin de la présumée "criiiiiiiiiiiiiiiiiise" qui donne des ulcères à certains.J'ai du mal à croire qu'avec tous les défis qui se dressent en ce moment devant le Québec (atteinte du déficit zéro, fiscalité des particuliers et revenus du gouvernement, l'exploitation des ressources naturelles, en particulier du gaz et du pétrole, le lourd problème des régimes de retraite sous-capitalisés, etc.), nous devions absolument nous taper en priorité un nouvel épisode de crise identitaire.Pour le moment, toutefois, le ballon du gouvernement Marois sur les «valeurs québécoises» fonctionne à merveille: il fait diversion sur les vrais problèmes économiques et il force Ottawa et les partis de l'opposition à se mouiller dans ce débat délicat.(...)
Homme célibataire cherche mère porteuse
Sur le site du journal La Presse du 26 août 2013:
(Pas de mère autre que porteuse. Est-ce sans importance?)
Bien qu'il soit toujours célibataire, Trey Powell est maintenant père de famille grâce à l'arrivée il y a six mois de ses jumelles nées d'une mère porteuse.À l'âge de 42 ans, il fait partie de ces hommes qui ont volontairement choisi de devenir père en solo. Certains optent pour l'adoption, mais d'autres préfèrent avoir un lien biologique avec leurs enfants, et ce, même s'il leur faut débourser quelque 100 000 $ US pour réaliser leur projet.S'il n'existe pas de statistiques officielles sur ce phénomène, Growing Generations, une agence spécialisée dans les services de mère porteuse établie à Los Angeles, affirme que sa clientèle masculine célibataire ne cesse d'augmenter. L'an dernier, elle a traité environ 25 dossiers d'hommes sans partenaire qui souhaitaient être papa.(...)«Ils disent qu'ils ont toujours voulu être père, qu'ils n'ont pas trouvé quelqu'un avec qui fonder une famille, qu'ils vieillissent et qu'ils ne veulent pas attendre. Bref, ils disent les mêmes choses que les femmes», explique Madeline Feingold, une psychologue californienne qui a fait beaucoup de consultation en maternité de substitution.(...) «Nous disons aux gens de prévoir entre 125 000 $ et 150 000 $ US pour un enfant et de 150 000 $ à 175 000 $ US pour des jumeaux», indique Stuart Bell, copropriétaire de Growing Generations.Ces sommes comprennent entre 8000 $ et 10 000 $ US pour la donneuse d'ovule et au moins 25 000 $ US pour la mère porteuse.Ce chemin atypique vers la paternité passe par des évaluations psychologiques et des négociations juridiques détaillées pour minimiser les chances que la donneuse ou la mère porteuse ne réclame des droits parentaux.(...)Alan Bernstein, un homme d'affaires de 48 ans qui élève trois enfants nés d'une mère porteuse à Los Angeles, affirme que d'être un père monoparental est un travail ardu, mais très satisfaisant.Comme Trey Powell et beaucoup de clients de Growing Generations, M. Bernstein est gai. Il ne s'attendait pas à pouvoir expérimenter la paternité un jour. «Lorsque je suis sorti du placard au début de la vingtaine, j'ai senti que je choisissais de mener une existence honnête, mais que j'abandonnais l'idée d'avoir une famille, se souvient-il. Le fait de ne jamais avoir d'enfants me semblait triste, mais inévitable.»Même si les homosexuels représentent une bonne partie de la clientèle masculine de Growing Generations, l'agence reçoit aussi des demandes de la part d'hommes hétérosexuels, comme Steven Harris, un avocat new-yorkais de 58 ans dont le fils, Ben, est sur le point de commencer sa première année.M. Harris raconte qu'il a eu quelques conversations avec des hommes qui songent à suivre son exemple. «Je leur dis: "N'y pense pas à deux fois, fais-le", assure-t-il. Quand on veut vraiment un enfant, il n'y a pas de mauvais côtés à cette expérience.»(...)
Réflexions et précisions de Mathieu Bock-Côté sur les valeurs québécoises et commentaires de CQV
Le chroniqueur pose d'excellentes questions. Sur le site du Journal de Montréal du 23 août 2013 :
(Mathieu Bock-Côté)
Mais comment distinguer les croyances qui peuvent s’exprimer des autres? Le critère de la «sincérité» n’ouvre-t-il pas grande la porte aux choses les plus ridicules?Un souverainiste pourrait-il travailler en CPE avec un chandail sur lequel serait écrit: vive l’indépendance? Un communiste avec un tee-shirt affichant la faucille et le marteau y serait-il le bienvenu? Et un athée avec une camisole affichant: Dieu n’existe pas? Si tel n’est pas le cas, d’où provient le privilège des religions que n’ont pas les idéologies?Je ne suis aucunement opposé aux grandes religions. Loin de là. Mais à partir de la logique multiculturaliste, je vois mal comment distinguer légalement entre les «vraies religions» et les sectes farfelues? Les droits individuels sont évidemment indispensables. Ils n’épuisent pas la réflexion. Ne faut-il pas aussi utiliser d’autres critères pour penser la place du religieux dans l’espace public?Réflexion historiqueNous en revenons à la grande absente de ce débat: la réflexion historique. Si toutes les convictions «spirituelles» sont égales en droit, toutes les religions n’ont pas laissé la même empreinte sur notre société. Et il faudrait un jour se rappeler qu’en Occident, le christianisme n’est pas qu’une foi parmi d’autres. Il a servi de matrice à notre civilisation.Il y a aussi, dans ce débat, une naïveté bouleversante. On fait comme si les convictions religieuses n’avaient aucune dimension communautaire ou politique. On oublie que les franges militantes de certaines religions pratiquent un prosélytisme agressif. On peut rappeler aussi les tensions historiques entre l’Islam et l’Occident sans verser dans la logique du choc des civilisations.L’individualisme radical entraîne la dissolution de l’idée même de collectivité. Et bien évidemment, il abolit l’idée de société d’accueil. Il pave le chemin à certains groupes radicaux qui dissimulent derrière la «liberté de religion» des pratiques culturelles régressives qui n’ont pas leur place ici. C’est au nom des droits de la personne qu’on cherche désormais à légitimer le voile et d’autres symboles.(...)
Pour se défendre contre les sectes avec la Loi Sommes-nous démunis devant les manoeuvres sectaires de groupes et personnes qui « poursuivent des activités ayant pour but ou pour effet de créer ou d'exploiter la dépendance psychologique ou physique des personnes » ? Absolument pas. La loi protège le citoyen. Encore faut-il la connaître et s'en servir. Il m'arrive souvent de la faire connaître aux victimes d'agissements manipulatoires pernicieux. Car la plupart des personnes, et peut-être des hommes de loi..., ignorent les moyens dont notre législation française s'est dotée pour protéger le citoyen et réprimer les agissements des propagandistes de groupes totalitaires.
Voici un simple et bref rappel des principales infractions au titre desquelles toute personne (il faut souvent l'y aider...) peut porter plainte pour demander l'application et la protection de la Loi (4). On a d'abord les moyens dits « de droit pénal général », qui concernent : l'escroquerie, les blessures volontaires ou involontaires, la non-assistance à personne en danger, les agressions sexuelles, l'incitation des mineurs à la débauche, la mise en péril des mineurs.
Il existe aussi des moyens dits « de droit pénal spécial ». La contrainte en vue de l'exercice d'un culte par exemple : contre « ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu (...) l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte » (art. 31, Loi du 9 décembre 1905).
L'exercice illégal de la médecine ou le manquement au Code de déontologie médicale : « Les médecins ne pourront proposer aux malades comme salutaires ou sans danger un remède ou procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé » (art. 30).
Le viol de la correspondance : « Le fait commis de mauvaise foi, d'ouvrir, supprimer, retarder ou détourner des correspondances adressées à des tiers, ou d'en prendre frauduleusement connaissance » (art. 226-16, al. 1 du Code pénal).
Les appels téléphoniques malveillants : « Ceux qui ont pour but, en raison de leur réitération volontaire, de troubler la tranquillité d'autrui » (art. 22-16 du Code pénal). On retrouve ici bien des dols commis communément dans des groupes totalitaires. Mais l'article du Code pénal le plus pertinent pour prévenir la manipulation mentale, quitte à le muscler, est l'art. 313-4 sur l'abus de vulnérabilité, à savoir « L'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse, soit d'un mineur, soit d'une personne dont la particulière vulnérabilité due à son âge, à une maladie (...), à une déficience physique ou psychique (...) pour obliger ce mineur ou cette personne à un acte ou une abstention qui lui sont gravement préjudiciables ». Et les personnes morales - pensons aux groupes sectaires - peuvent être déclarées pénalement responsables de ce délit, et frappées de peines complémentaires (art. 313-9 du Code pénal et 131-9).
Un couple de Rimouski poursuit un médecin à cause de la naissance d'un enfant...
Sur le site de rythmefm.com du 23 août 2013:
Laissez un commentaireUn couple de Rimouski poursuit un médecin pour 385 000 $ après que la dame soit tombée enceinte après que l'homme eut subi une vasectomie.(...)VasectomieD'un commun accord, ils décident que la vasectomie est la plus sage décision. C’est le Dr Charles Talon qui pratiquera l’intervention. Le médecin, bien connu dans le milieu, a pratiqué quelque 20 000 vasectomies durant sa carrière.L'opération a lieu en décembre 2009.Après deux tests de taux de fertilité de routine, quelques mois plus tard, le laboratoire de la clinique privée envoie une lettre dans laquelle elle indique que l'homme est stérile, mais un nouveau rendez-vous est prévu «parce que ''l’objectif zéro'' n'est pas encore atteint».EnceinteEn septembre de la même année, un nouveau bébé s'annonce. La mère est contre l’avortement, donc l’enfant viendra au monde le 28 avril 2011.(...)Le médecin planifie une rencontre et un nouveau test qui permettra finalement de déterminer que M. n'a en réalité jamais été stérile, contrairement à la lettre qui lui avait été envoyé.Pas sûr à 100 %(...)La vasectomie n’est pas fiable èa 100%. Il y a toujours un risque minime et le couple en était conscient.Dans ce cas-ci, on reproche au médecin d’avoir divulgué une fausse information dans la lettre.
Le Mouvement Laïque Québécois veut aller en Cour Suprême pour faire interdire la prière à la mairie du Saguenay
Le Mouvement Laïque Québécois, c'est bien connu, n'a poursuivi en justice que les institutions chrétiennes dans son histoire. Poursuivant sa tradition, elle tente de faire interdire la prière à la mairie du Saguenay. Sur le site du journal La Presse du 23 août 2013:
Le Mouvement laïque québécois (MLQ) a décidé d'en appeler devant la Cour suprême du Canada de la décision de permettre que la prière soit récitée en ouverture d'une séance de conseil municipal.Le 27 mai dernier, la Cour d'appel du Québec écrivait que le fait de réciter une prière et la nature de la prière en question ne portaient pas atteinte à la neutralité religieuse de la Ville de Saguenay, celle qui était impliquée dans cette cause.Le tribunal soutenait que la Ville n'imposait aucune vue religieuse à ses citoyens et que son action était à l'abri d'une telle influence.En prenant connaissance du jugement, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, avait invité les Québécois de se tenir debout pour conserver leurs valeurs et leurs traditions.(...)
À noter que le ministre Bernard Drainville avait soulevé cette possibilité dès le mois de mai 2013. Sur le site du journal La Presse du 29 mai 2013 :
Bernard Drainville a refusé de commenter le jugement de la Cour d'appel ayant autorisé, lundi, la Ville de Saguenay à conserver sa prière. Il a invoqué la possibilité que le Mouvement laïque québécois interjette appel et que la Cour suprême accepte de l'entendre pour justifier sa discrétion.
Laissez un commentaire
Tous peuvent économiquement fonder une famille selon l'Institut Fraser
Sur le site du journal Le Devoir du 23 août 2013:
(Et l'institut Fraser ne parle pas de la joie qui donne des ailes...)
Laissez un commentaireOttawa - L’Institut Fraser affirme qu’il n’a jamais été aussi facile, financièrement, d’élever un enfant au Canada, avec des coûts annuels beaucoup moins élevés que ne le croient plusieurs.Dans une étude rendue publique jeudi, le groupe de réflexion avance qu’il coûte environ de 3000 $ à 4500 $ par année pour élever un enfant au pays, et même moins si les parents ne s’attardent qu’aux dépenses nécessaires et font attention à leur budget. Il s’agit d’une somme beaucoup moins élevée que les estimations de dépenses annuelles de 10 000 $ à 15 000 $ par enfant de certaines études, selon lesquelles élever un enfant jusqu’à l’âge de 18 ans peut coûter plus de 200 000 $.L’Institut Fraser croit que ces estimations plus élevées « envoient aux familles à faible revenu le message clair qu’elles n’ont vraiment pas les moyens d’avoir des enfants ». L’organisme ajoute que « des millions de parents canadiens, y compris d’innombrables familles immigrantes, ont élevé des enfants ces dernières décennies et réussi à en faire des personnes heureuses, en bonne santé et bien éduquées à bien moindre coût ».L’auteur de l’étude, Christopher Sarlo, reconnaît cependant que l’estimation moins élevée de l’Institut Fraser repose sur ce qu’il en coûte pour subvenir aux besoins essentiels d’un enfant : nourriture, vêtements, soins personnels, accessoires pour la maison, divertissement et fournitures scolaires.L’institut Fraser ne tient pas compte des frais de garderie ou encore des revenus perdus si l’un des parents décide de demeurer à la maison afin de prendre soin de l’enfant.(...)
Un site aux propos rares sur la modestie vestimentaire...
Bien qu'ayant une présentation en français, malheureusement les vidéos ne sont qu'en anglais, mais ils sont à voir... Sur le site Libre et Vrai.com :
//www.youtube.com/embed/SH0PUjdPLQw
Laissez un commentaireEntrevue du Pasteur Éric Lanthier par Éric Duhaime sur la charte des valeurs québécoises sur les ondes de CHOI 91,9
Il est intéressant d'avoir un point de vue d'un chrétien engagé. Pour écouter l'entrevue avec Éric Lanthier et Éric Duhaime, cliquez ici.
Laissez un commentaire
Le gouvernement annonce l'ouverture d'un centre de soins palliatifs... à l'Île-du-Prince-Edouard
Alors que le gouvernement du Québec veut s'engager sur la voie de l'euthanasie, d'autres se préoccupent du bien de leurs patients. Sur le site de Radio-Canada du 22 août 2013:
Laissez un commentaireLe gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard vient de lancer le processus d'appel d'offres pour la construction du nouveau centre de soins palliatifs.Il s'agira d'un établissement autonome, situé près de l'hôpital Reine-Elizabeth de Charlottetown.Le coût du projet est estimé à 5 millions de dollars.Sur certains points, le centre sera unique au Canada.Il s'agira d'abord d'un établissement autonome, détaché de l'hôpital.Il se distinguera surtout par la vaste gamme de services qu'il offrira aux patients en fin de vie et à leur famille. Il comptera notamment une dizaine de lits en soins palliatifs, un programme de jour, une clinique externe, une salle commune et une salle pour les familles.Le centre réservera également de l'espace pour les groupes de soutien et les services aux personnes en deuil.(...)
Approches de Patrick Lagacé et Denise Bombardier sur la charte des valeurs québécoises
D'abord le commentaire de Patrick Lagacé paru sur le site du journal La Presse du 22 août 2013:
(Patrick Lagacé et Denise Bombardier)
Ça faisait longtemps qu'on attendait les détails de la Charte des valeurs québécoises et c'est Le Journal de Montréal, lundi, qui a mis la main sur ce scoop tout chaud. Aucun travailleur de l'État ne pourra afficher une croix, un hijab, une kippa, un turban, si le ministre Bernard Drainville réussit à faire passer ce projet de loi (ce qui est loin d'être acquis).(...)Je l'ai écrit 100 fois depuis 2006: la vue d'un hijab ou d'un turban ne me fait pas capoter. Chaque fois, ça m'a valu des remontrances de la part de mes camarades commentateurs: t'es un naïf, Lagacé, un idiot utile...Ce qui m'attriste, évidemment. Surtout quand ça vient de gens que j'estime, parfois. Est-ce que je leur dis qu'ils sont alarmistes, frileux et que cette écume à la bouche leur donne des airs de Joseph McCarthy, moi?Je ne fais pas la danse du bacon parce que je crois à trois trucs, de façon quasi religieuse.Un, la plupart de ces accommodements qui ont dérapé ne sont pas la faute des croyants à kippa, à hijab ou à turban, qui ont exagéré dans leurs demandes. C'est plutôt la faute de bons Québécois qui ont eu peur de dire un mot très simple. Ce mot, c'est: non.Deux, mon «identité» québécoise est assez forte pour résister à des couteaux cérémonials de pacotille, à des épais à boudins qui ne veulent pas recevoir un ticket d'une policière. Si vous avez peur du hijab d'une éducatrice de CPE, ben le mot le dit: vous êtes peureux.Trois, j'ai beau avoir divorcé du p'tit Jésus et astiquer mon athéisme, ma conception de la liberté inclut la liberté de religion. Et la liberté de religion, c'est la liberté de la pratiquer et de l'afficher. (...)
L'analyse de Denise Bombardier sur l'empressement du Parti Québécois à brasser certaines questions. Sur le site du Journal de Montréal du 22 août 2013:
(...) Il faut alors en conclure que le débat sur la charte des valeurs s’inscrit dans une démarche purement électoraliste.
Une proportion importante de Québécois nationalistes et fédéralistes est opposée au multiculturalisme canadien si cher à Pierre Elliott Trudeau, dont le fils Justin est l’ardent héritier. Il s’agit donc de créer un momentum favorable à la souveraineté qui pourrait se résumer par un slogan: pas de laïcité sans l’indépendance du Québec. Le débat, le gouvernement l’espère, alimentera la peur historique des Québécois de l’envahissement extérieur et de la perte de l’identité dans un melting pot façon canadienne. Et la fracture entre Montréal et le reste du Québec sera mise de l’avant, c’est inévitable.
Le machiavélisme transpire dans cette urgence à débattre de cette charte. Mais le plus grave est cette irresponsabilité sociale de nous entraîner dans des combats aussi épuisants que coûteux. Ne serait-ce qu’en termes juridiques alors qu’on devra contester les chartes canadienne et québécoise. Nous mobiliserons nos énergies et nous déchirerons de nouveau, entre «nous» et avec «les autres», qu’ils soient du Québec ou du Canada.
Laissez un commentaireEn ce sens, la laïcité est instrumentalisée, détournée de son objectif dans l’espoir de convaincre une majorité de Québécois de reporter au pouvoir le PQ. C’est la politique du pire. Sachant qu’il perdrait un nouveau référendum, le gouvernement cherche à obtenir une victoire. Or, seule une victoire majoritaire à la prochaine élection lui donnerait la légitimité d’imposer sa charte et son référendum.