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Georges Buscemi, Président

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Pour combattre Mammon

Par l’historien Jean-Claude Dupuis, Ph. D. — Photo : Galleria Doria Pamphilj/Wikimedia Commons

Le R. P. Denis Fahey (1883-1954) est un écrivain contre-révolutionnaire bien connu dans les milieux catholiques anglophones. Son principal ouvrage a été traduit en français sous le titre Le Corps Mystique du Christ et la réorganisation de la société (1945). L’idée maîtresse de l’auteur est que le culte de l’argent est à la source de tous les désordres contemporains. Des trois visages du Diable : Belzébuth (orgueil), Mammon (avarice) et Asmodée (luxure), c’est définitivement Mammon qui cause le plus de ravage.

D’après le Père Fahey, la Révolution avec un « R » majuscule, c’est-à-dire la révolte systématique de la civilisation moderne contre la Loi de Dieu, a commencé avec le relâchement de la discipline traditionnelle de l’Église sur la question de l’usure, dès la fin du Moyen Âge. Le prêt à intérêt était jusqu’alors considéré comme un péché en vertu de la maxime aristotélicienne qui dit que « l’argent ne fait pas de petits ». L’argent n’est qu’une unité de mesure pour échanger des biens. Il n’est pas en soi productif de richesse.

La fondation de la Banque d’Angleterre (1694) marque un point tournant de l’histoire. En 1688, l’armée du prince hollandais Guillaume d’Orange a débarqué en Angleterre pour soutenir le renversement du roi catholique Jacques II par le Parlement protestant de Londres. L’expédition a été financée par les banquiers d’Amsterdam. Le nouveau roi, Guillaume III, a remboursé sa dette en créant la Banque d’Angleterre.

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Malgré ce que son nom laisse entendre, la Banque d’Angleterre était une institution privée. Sa charte lui permettait de prêter de l’argent qui n’existait pas. Les banquiers s’étaient aperçus par expérience qu’il était impossible que tous les épargnants veuillent retirer tout leur argent en même temps. Une banque pouvait donc prêter plus d’argent qu’elle n’en possédait dans ses coffres. Il lui suffisait d’avoir une certaine réserve liquide, correspondant à environ 10 % des sommes prêtées. Mais la loi interdisait de procéder ainsi, car cela revenait à mettre en circulation de l’argent qui n’avait pas été créé par le souverain. La Banque d’Angleterre a été à l’origine de l’actuel procédé de création monétaire ex nihilo. Elle fut à l’avant-garde du système financier moderne en servant de modèle aux futures banques centrales, comme celles qui ont été instituées aux États-Unis et au Canada en 1913.

Est-à dire que la Banque d’Angleterre pouvait créer de l’argent à la manière d’un faux-monnayeur ? Pas exactement. Lorsque l’argent prêté est remboursé, la banque a l’obligation de le détruire par une opération comptable. Les banques ont donc le pouvoir de créer et de détruire de l’argent en inscrivant ou en rayant des zéros sur une feuille, ou dans un système informatique. Entre-temps, elles vous prêtent ces zéros imaginaires et vous chargent de l’intérêt pour le « service rendu ». Elles s’enrichissent sans faire aucun travail réel, en recueillant des intérêts sur de l’argent fictif. Les profits des banques découlent du travail réel des débiteurs, et non pas des banquiers. En théologie morale, c’est ce qu’on appelle tout simplement du vol.

Le Père Fahey affirme que l’État devrait, non seulement interdire le prêt à intérêt, mais également récupérer le droit exclusif d’émettre de l’argent. Le roi seul frappe monnaie. C’est un principe de base d’une société chrétienne. Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques (1988), recommandait la même chose.

Le système financier moderne a procuré à l’oligarchie internationale les moyens d’abattre la Chrétienté. Mayer Amschel Rothschild (1744-1812) disait : « Donnez-moi le pouvoir de créer de l’argent et je me moque de qui gouverne l’État. » La citation est peut-être apocryphe, mais le fait est réel.

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