La banalité du mal, dans leurs propres mots - Campagne Québec-Vie
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La banalité du mal, dans leurs propres mots

En mars dernier, une personne que nous ne connaissons pas a déposé une demande d'accès à l'information auprès de Santé Québec, l'organisme qui dirige désormais le réseau public de la santé du Québec. Elle demandait à chaque établissement régional ses règles internes sur l'avortement. Les réponses sont maintenant publiques. Nous les avons vues.

Ce qui m'a le plus frappé, ce n'est pas ce qu'elles révèlent de cette intervention mortelle. C'est la banalité avec laquelle elles la traitent.

Les canules d'aspiration sont numérotées

Dans un CLSC (centre local de services communautaires) de l'est de Montréal, les canules d'aspiration sont numérotées. Le numéro, précise le manuel, correspond approximativement au nombre de semaines de grossesse.

À la fin, le médecin examine « les produits ». Ils sont ensuite dirigés vers l'incinération.

Serez-vous à nos côtés aujourd'hui, par un don et par vos prières ?

   

Plus que 5 jours, et encore plus de 15 000 $ à amasser pour atteindre notre objectif d'automne de 25 000 $. Notre campagne se termine le jeudi 1er octobre.

Dans les lectures prescrites à l'infirmière débutante, le cadre légal tient en une ligne : l'avortement est « gratuit et légal tout au long de la grossesse ». Plus bas, parmi les formations générales, figure une capsule de cinq minutes sur la « bienveillance auprès des enfants ».

Dans le même envoi, du même établissement, se trouve l'aide-mémoire des infirmières pour le cas où un bébé meurt avant ou pendant la naissance. Vérifier le prénom et le nom du bébé avec les parents. Remettre la boîte souvenir. Renseigner les parents sur les choix d'inhumation. Les informer de la cérémonie des anges annuelle, en juin. À partir de 19 semaines, informer la mère de son admissibilité au Régime québécois d'assurance parentale.

Dans un dossier, un enfant désiré, qui porte un nom. Dans l'autre, l'enfant non désiré, réduit à des « produits ».

« Population adolescente »

L'établissement de santé du centre-sud de Montréal a transmis une procédure, en vigueur depuis février 2024, pour les avortements du troisième trimestre chez les filles de moins de 18 ans.

L'adolescente est admise à l'unité des naissances de Sainte-Justine, l'hôpital pour enfants de Montréal. Ce matin-là, selon les mots mêmes du document, « le fœticide est effectué avec xylocaïne et KCL » (chlorure de potassium). Puis on déclenche le travail. Au besoin, le personnel signe un certificat de congé de maternité. Un rendez-vous de suivi est planifié « de routine », six à huit semaines plus tard.

La personne-contact désignée travaille à la clinique de l'hôpital pour les mères adolescentes et les jeunes enfants.

Le même établissement a déclaré 655 patientes en 2025-2026 pour des avortements commis à 14 semaines de grossesse ou plus. Interrogé sur ses propres politiques internes en matière d'avortement, il a répondu qu'elles sont « inexistantes ».

En Estrie, l'établissement de Sherbrooke prend en charge les grossesses « à tous les stades ». Sa feuille d'ordonnances pharmaceutiques s'intitule « Interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu'à 23 semaines ». Interrogé sur le nombre d'avortements commis après 12 semaines, l'établissement a répondu que ses systèmes ne permettent pas de le savoir « sans avoir à vérifier chacun des dossiers de nos usagers ».

Une ordonnance collective de la même région, adoptée en 2009 et jamais révisée, précise qu'une fois le misoprostol introduit, « l'usagère ne peut modifier sa décision, car ce médicament peut amener des malformations chez le fœtus ».

Et un « centre de santé » de l'Ouest-de-l'Île, à Montréal, qui commet des avortements, avertit les femmes sur son site Web : « Par respect pour notre clientèle, ne pas amener d'enfants avec vous. »

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La banalité du mal

Ces documents terribles ont été rédigés par des infirmières, des médecins et des gestionnaires. C'est ce qui les rend si difficiles à lire.

La réalité de l'enfant ne cesse de percer à travers la paperasse : un prénom, une boîte souvenir, un congé de maternité, une salle d'attente où les jeunes enfants ne sont pas les bienvenus. Chaque fois que la vérité sur l'avortement commence à percer, une procédure se referme sur elle. La vérité est retirée et des mots creux prennent sa place, tout comme la vie de l'enfant est aspirée et qu'une « liberté » vide prend sa place.

L'avortement agit comme un désertificateur. Il assèche les âmes, puis une société entière, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un désert moral et spirituel. Cela commence dans les établissements d'avortement. De là, cela gagne les universités et les salles de rédaction, où les mensonges et les euphémismes soufflent jour après jour, comme des vents chauds et secs, poussant les sables toujours plus loin. Ils appellent cela la liberté.

Rien de tout cela n'est propre au Québec. Le Canada n'a plus aucune loi sur l'avortement depuis 1988.

Nous l'avons appelé Daniel

En février 2023, nous avons appris qu'un bébé de 38 semaines devait être avorté le lendemain matin à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Nous vous avons demandé de prier. L'établissement de santé de la région nous a écrit qu'aucun « fœticide » n'avait eu lieu et ajoutait : « Nous vous demandons de cesser de relayer de fausses informations. »

Un mois plus tard, Le Journal de Montréal écrivait : « La procédure médicale a eu lieu le lendemain comme prévu, et s'est déroulée selon les normes. »

Nous l'avons appelé Daniel.

Depuis 37 ans

Depuis 1989, Campagne Québec-Vie regarde la tragédie de l'avortement en face, sans détourner les yeux. On nous dit que le débat est clos. Il ne l'est pas pour nous, et il ne le sera pas tant que nous aurons une voix et des amis comme vous qui prient et qui donnent.

Sans la prière, nous aurions abandonné depuis longtemps. Je vous demande donc deux choses aujourd'hui.

  • Priez pour les enfants, pour leurs mères, et pour les infirmières et les médecins qui remplissent ces formulaires. Et priez pour nous, à CQV, afin que nous tenions bon au milieu du désert spirituel du Québec d'aujourd'hui.
  • Donnez, afin que nous puissions continuer à voir et à témoigner de ce que d'autres préféreraient ignorer, et continuer à le dire tout haut.

Nous ne recevons aucune subvention gouvernementale — en fait, le gouvernement est actuellement notre plus grand adversaire. Notre seul soutien, c'est vous. Et avec encore plus de 15 000 $ à amasser, chaque don compte d'ici le jeudi 1er octobre.

Pour la Vie,

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Georges Buscemi
Président, Campagne Québec-Vie

P.S. Ne nous croyez pas sur parole. La procédure pour les filles de moins de 18 ans figure dans la réponse même de l'établissement du Centre-Sud, publiée sur son site Web. Lisez-la, puis aidez-nous à continuer de la faire connaître.



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