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Caq-ophonie sur les signes religieux


Photo : Myriams Photos (Pixabay)

Par Jean-Claude Dupuis, Ph. D. 

Le gouvernement Legault n’était pas encore assermenté qu’il se couvrait déjà de ridicule dans le dossier de la laïcité. Le matin, les enseignants qui porteraient un signe religieux visible seraient congédiés. Le soir, il n’était plus question d’imposer de sanctions. Le lendemain, la loi ne s’appliquerait qu’aux nouveaux enseignants. Comme si une clause d’ancienneté pouvait prévaloir sur les « valeurs québécoises ». Mais faut-il s’étonner qu’un homme d’affaires préfère marchander plutôt que réfléchir sur les principes qui devraient guider une société ?

Peut-on réglementer, pour des raisons idéologiques, la tenue vestimentaire des citoyens dans une société qui se réclame de la « laïcité ouverte » ?

La laïcité ouverte exige que l’État soit neutre sur le plan religieux pour mieux protéger le droit d’expression de toutes les religions, même dans l’espace public. La laïcité fermée demande à l’État de chasser toutes les religions de l’espace public pour les refouler dans la vie privée. Cela se rapproche de l’athéisme institutionnel des pays communistes. L’application de ces principes varie d’un pays à l’autre. La laïcité américaine est traditionnellement plus ouverte que la laïcité française. Le Québec oscille entre les deux modèles. Il a officiellement opté pour la laïcité ouverte, mais il y a chez nous des relents d’anticatholicisme dignes de la Troisième République française.

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Le pouvoir judiciaire (juges, avocats, policiers) fait partie des institutions publiques. L’interdiction de signes religieux pourrait être justifiée à ce niveau. Mais l’école, qu’elle soit publique ou privée, n’est pas une institution de l’État. Elle se rattache plutôt à l’espace public. C’est le lieu de circulation des idées et des valeurs culturelles. Contrairement au juge, l’enseignant n’a pas de pouvoir coercitif. L’État devrait donc respecter sa liberté d’expression et compter sur son professionnalisme pour que celle-ci n’opprime pas ses élèves de quelque manière.

Il n’y a aucun problème à ce qu’un enseignant se dise chrétien en classe, pourvu qu’il ne force pas ses élèves à adhérer au christianisme. Ce n’est pas pire que de se dire écologiste ou altermondialiste. Dans les années 1970, presque tous les profs des écoles secondaires étaient péquistes et les profs de cégeps, marxistes. Ils n’hésitaient pas à promouvoir leur « vision du monde », et personne ne s’en scandalisait. Pourquoi devrait-on museler les seuls chrétiens ?

Car soyons certains que la première enseignante qui subira les foudres de l’ayatollah Legault sera sanctionnée à cause d’une croix au cou, et non pas d’un hidjab sur la tête. Après tout, il ne faudrait pas que le Québec passe pour « raciste ». Notons au passage que ce projet de loi vise surtout la tenue vestimentaire des femmes. Or les féministes n’ont pourtant pas encore crié à la discrimination.

Avant la Commission Bouchard-Taylor, personne n’avait entendu parler de la question du port des signes religieux. L’État doit-il adopter une loi potentiellement totalitaire pour résoudre un problème imaginaire ? On n’a jamais vu un juge arborer un gros crucifix sur sa toge. C’est plutôt la loi qui va créer une multitude de problèmes pratiques. Le premier ministre Legault devrait avoir la prudence de ne pas ouvrir cette boîte de pandore.

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